Bilan valaisan sur le loup : les chiffres d'un massacre
Le canton du Valais appelle cela une «régulation proactive». Ce que documente le bilan officiel du 1er septembre 2025 au 31 janvier 2026 est tout autre chose : la destruction planifiée de meutes de loups, l'élimination systématique de jeunes animaux et une machine de chasse organisée par l'État, qui transforme les chasseurs de loisir en troupe d'appoint pour des programmes de tir officiels. 24 loups ont été tués durant cette période, dont sept jeunes loups issus de trois meutes, abattus dans le cadre d'une soi-disant «régulation de base» qui autorise explicitement le prélèvement des deux tiers des jeunes animaux nés dans l'année.
Derrière ces chiffres se cachent des cellules familiales détruites, des individus tués au sein de structures sociales complexes et une situation juridique qui se retourne de plus en plus contre la Suisse : en octobre 2024, le Bureau de la Convention de Berne a constaté que les tirs préventifs motivés par de simples « dommages potentiels » reposaient sur une interprétation erronée de la Convention. En décembre 2024, le Comité permanent du Conseil de l'Europe a ouvert à l'unanimité une procédure d'enquête contre la Suisse. Pendant ce temps, le Valais continue d'étoffer son appareil bureaucratique de tir. Ce dossier montre ce que signifient ces chiffres, qui prend les décisions, quelles questions juridiques restent ouvertes et ce que devrait accomplir, à la place, une politique du loup crédible dans l'espace alpin.
Situation en octobre 2026
En Valais, la fenêtre de régulation de la période 2026/27 s'étend du 1er septembre 2026 au 31 janvier 2027. Le canton recense onze meutes (état au 30 septembre 2026). Le 28 août, il a déposé cinq demandes auprès de l'OFEV : le prélèvement complet des meutes d'Augstbord, de Nanz et de Réchy-Anniviers, ainsi que la mise à mort de jusqu'à deux tiers des jeunes loups de l'année à Nendaz-Isérables et aux Toules.
L'OFEV en a approuvé quatre : le 14 septembre, les tirs de jeunes loups à Nendaz-Isérables et aux Toules ; le 23 septembre, le prélèvement total de la meute d'Augstbord ; le 29 septembre, celui de la meute de Nanz. La décision concernant Réchy-Anniviers n'a pas encore été prise. Dans les périmètres concernés, les chasseurs de loisir munis d'une autorisation de régulation peuvent également tirer. Détails dans l'article Meute de Nanz autorisée à l'abattage total, le nombre actualisé de loups tués figure dans le compteur Tirs de loups Suisse 2026/27.
Concernant la population : selon le bilan cantonal de février 2026, 75 loups ont été identifiés génétiquement en Valais en 2025, contre 61 en 2024. Au total, 318 animaux de rente ont été tués en 2025.
Un chasseur de loisir qui a abattu une louve à Herbriggen et prétend l'avoir confondue avec un renard a été condamné, selon le «Walliser Bote», à une amende de 300 francs. De plus, le Valais entend être le premier canton à demander une régulation du lynx. D'autres incidents dans le Ticker Valais 2026/27.
Ce qui vous attend ici
- Ce que le bilan 2025/2026 montre réellement : Les chiffres concrets, les meutes, les périmètres de tir et l'objectif de réduire la population de loups de onze à trois meutes, ainsi que ce que cela signifie sur le plan biologique et éthique.
- Les jeunes animaux comme cible privilégiée : l'éthique mise sens dessus dessous : Pourquoi la «régulation de base» des jeunes loups est non seulement contraire à la protection animale, mais aussi contre-productive sur le plan biologique.
- Les chasseurs de loisir comme troupe de soutien étatique : Comment le canton du Valais fusionne systématiquement chasse de loisir et mandat de tir souverain.
- Les coûts bureaucratiques du massacre : Ce que coûtent réellement 13 390 heures de travail et plusieurs postes à temps plein dans la gestion valaisanne du loup, et à quoi ils servent.
- Darbellay et la guerre contre le loup : Comment un conseiller d'État issu de la chasse de loisir fait avancer la politique de tir en évinçant au passage les normes minimales scientifiques et juridiques.
- Fabio Regazzi et le modèle suisse comme fiction politique : Pourquoi le modèle suédois, vanté comme exemple à suivre, échoue devant les tribunaux, et pourquoi cela ne dérange pas Regazzi.
- Convention de Berne : ce que signifie la procédure d'enquête : Analyse juridique de la procédure européenne engagée contre la Suisse et lien entre les tirs préventifs et le droit international.
- Ce que signifierait une véritable coexistence dans l'espace alpin : Les mesures politiques et structurelles qui seraient nécessaires, mais que l'on évite systématiquement.
- Argumentaire : Réponses aux justifications les plus fréquentes de la politique de tir.
- Liens rapides : Tous les articles, études et dossiers pertinents.
Ce que le bilan 2025/2026 montre réellement
Pour la période 2025/2026, le canton du Valais a demandé et obtenu de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) l'autorisation de prélever intégralement les meutes du Chablais, de la Salentin et du Simplon. En outre, une « régulation de base » a été autorisée pour trois autres meutes (Réchy-Anniviers, Nendaz-Isérables, Posette-Trient), ce qui permet au canton de tuer les deux tiers des jeunes nés cette année. Du 1er septembre 2025 au 31 janvier 2026, 24 loups ont été tués : 17 lors du prélèvement intégral des meutes (Chablais 10, Salentin 3, Simplon 4) et 7 louveteaux dans le cadre de la régulation de base. Entre le 1er juin et le 31 août 2025 déjà, des gardes-faune professionnels avaient tué trois loups sur la base de trois autorisations de tir individuel.
Parallèlement, 318 animaux de rente ont été tués par le loup dans le canton en 2025 : 191 dans le Haut-Valais (lors de 48 attaques), 127 dans le Bas-Valais (lors de 33 attaques). L'objectif politique que Darbellay a formulé publiquement est sans équivoque : le nombre de meutes en Valais doit passer de onze à trois, soit le minimum légal pour la région. Ce n'est pas une « gestion » au sens scientifique du terme. C'est une décision politique visant la réduction maximale d'une population, prise par un conseiller d'État qui est lui-même chasseur de loisir, et mise en œuvre avec des chasseurs de loisir comme équipe de tir.
À titre de comparaison : dans le canton des Grisons, 35 loups ont été tués en 2025. CHWOLF a documenté au niveau national le bilan de la deuxième période de régulation : 92 loups morts, dont l'intégralité de la meute du Parc national. La désignation officielle de ces interventions comme « régulation proactive » dissimule ce qu'elles sont en réalité : l'élimination préventive de meutes de loups, avant même que des dommages concrets, graves et répétés ne soient survenus. C'est précisément cette pratique que la Convention de Berne a qualifiée d'illégale.
Pour en savoir plus : Loup : fonction écologique et réalité politique et Des politiciens à problèmes plutôt que des loups à problèmes : la Suisse chasse le mauvais animal
Les jeunes animaux comme cible privilégiée : l'éthique mise sens dessus dessous
La « régulation de base » (prélèvement de jusqu'à deux tiers des jeunes loups dans certaines meutes) est la partie la plus problématique sur le plan éthique de la politique valaisanne en matière de loups. Les jeunes animaux ne sont pas tués au cas par cas sur la base de dommages avérés, mais selon un quota planifié : dans la meute de Réchy-Anniviers, 2 jeunes loups, dans la meute de Nendaz-Isérables, 3, dans la meute de Posette-Trient, 2, avec pour résultat que la régulation de base a été « entièrement mise en œuvre ».
Ce n'est pas seulement contraire à la protection animale, c'est aussi contre-productif sur le plan biologique. Au cours de leurs premières années de vie, les jeunes loups apprennent, en observant la structure de la meute, comment fonctionnent le comportement territorial, le choix des proies et l'évitement des infrastructures humaines. Les loups dominants expérimentés transmettent ce savoir. Tuer de jeunes loups avant qu'ils n'aient appris comment leur meute gère l'élevage et le paysage cultivé revient à éliminer précisément les processus d'apprentissage qui pourraient, à long terme, réduire les conflits. Les meutes dont la structure d'âge est perturbée et qui manquent de porteurs d'expérience sont avérées plus sujettes aux conflits, et non moins.
Une éthique digne de ce nom définirait les jeunes animaux comme une ligne rouge. Le système valaisan inverse ce principe : les jeunes animaux deviennent la cible privilégiée, car ils sont plus faciles à abattre et permettent d'afficher rapidement un «succès» statistique. Appeler cela de la «régulation» masque le fait que le fondement même de toute responsabilité morale (la protection des plus vulnérables) est sciemment ignoré.
Pour en savoir plus : Chasse et protection animale : ce que la pratique fait aux animaux sauvages et Animaux sauvages, peur de la mort et absence d'étourdissement
Les chasseurs de loisir comme troupe d'appui étatique
Le canton du Valais a explicitement intégré la chasse de loisir dans le système étatique de tir. Durant la période de régulation 2025/2026, les chasseurs de loisir munis d'une autorisation de régulation valide pourront abattre des loups dans les périmètres de tir définis, en complément des gardes-faune professionnels lors de l'élimination complète d'une meute. Une formation spécifique à la régulation du loup est organisée chaque année pour tous les chasseurs de loisir inscrits. Les chasseurs de loisir spécialisés sont intégrés dans un «groupe d'appui chasse (GAC)» placé sous la responsabilité du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF).
Il s'agit d'une fusion institutionnelle entre les intérêts de la chasse de loisir et une mission relevant de la puissance publique, d'une ampleur inédite en Suisse. Le canton délègue des tâches de mise à mort relevant de l'État à des chasseurs de loisir, conférant ainsi à une activité de loisir une légitimité étatique qu'elle ne justifie ni ne mérite. Il crée en parallèle une infrastructure dont la logique est exclusivement orientée vers le tir : des chasseurs de loisir spécialement formés, des périmètres de tir généreusement dimensionnés, un objectif de réduction fixé politiquement. Quiconque travaille une fois dans ce système ne se demandera plus si les tirs sont nécessaires, mais seulement combien sont possibles.
Des défenseurs de l'environnement ont précisément mis en évidence ce mécanisme : en fixant délibérément de grands périmètres de tir, le Valais se donne la possibilité d'abattre un maximum de loups. Ce n'est pas une interprétation. C'est le fonctionnement documenté d'un système qui vise la mise à mort maximale et se sert d'une protection minimale comme feuille de vigne.
Pour en savoir plus : Chasseurs : rôle, pouvoir, formation et critique et Psychologie de la chasse dans le canton du Valais
Les coûts bureaucratiques du massacre
Selon le bilan officiel, 13 390 heures de travail ont été investies en 2025 dans la gestion et la régulation du loup en Valais, contre 16 400 heures en 2024. Parallèlement, dans le cadre de la convention-programme 2025-2028 de la Confédération, 3,2 postes à temps plein ont été créés pour soutenir le service concerné. En comptant un coût complet prudent de 60 à 80 francs de l'heure, cela représente pour 2025 entre 800 000 et un peu plus d'un million de francs d'argent public, rien que pour la régulation du loup en Valais. Le tir d'un seul loup coûte au contribuable suisse, selon les estimations disponibles, environ 35 000 francs.
L'appareil administratif grossit, la régulation se professionnalise. La question décisive est de savoir où vont ces ressources. Le bilan officiel donne une réponse claire : l'accent est mis sur les dossiers, les procédures d'autorisation et l'organisation des tirs. Une protection des troupeaux conséquente, un conseil structurel à l'agriculture, une prévention des conflits à long terme : ce sont des tâches qui n'apparaissent dans le bilan que comme un complément rhétorique, et non comme une priorité opérationnelle. « Coexistence » est le mot que l'on remplit chaque année de nouveaux chiffres de tirs.
Le canton n'indique pas ces coûts globaux de manière transparente dans son bilan. Cela n'a rien d'étonnant dans un canton qui fait depuis des années l'objet d'accusations de copinage, de népotisme et de manque de transparence, des malfaçons de construction aux échecs de protection contre les crues en passant par des scandales de mauvaise gestion politique. S'agissant du loup, on gouverne avec une grande fermeté, tandis que les questions fondamentales d'efficience des coûts et d'efficacité ne sont pas posées.
Pour en savoir plus : Lois sur la chasse et contrôle : pourquoi l'autosurveillance ne suffit pas et Chasse en Suisse : chiffres, systèmes et la fin d'un récit
Darbellay et la guerre du loup
Depuis son entrée en fonction à la tête du département responsable des autorités de chasse, Christophe Darbellay est devenu la force motrice de la politique valaisanne en matière de loup. Il est lui-même chasseur de loisir et participe activement à des chasses. Depuis son entrée en fonction, il a multiplié les décisions de tir, avec un objectif formulé publiquement : réduire le nombre de meutes de loups de onze à trois. Les défenseurs de l'environnement qualifient sa démarche d'«antiscientifique et contreproductive» et comparent sa rhétorique à une «guerre contre le loup», dans laquelle il se met en scène en défenseur de la population de montagne, tandis que les faits relatifs à la protection des troupeaux, à la biologie et au cadre juridique «dérangent plus qu'ils ne guident».
Darbellay se présente comme un politicien du Centre d'inspiration chrétienne. Dans la pratique, son département fait figure de bureau d'exécution des populations de loups : 27 loups morts entre juin 2025 et janvier 2026, dont sept louveteaux, des dissolutions complètes de meutes, des chasseurs de loisir comme équipe de tir formée par l'État. Cela contraste violemment avec des valeurs telles que la protection de la vie et la sauvegarde de la Création, dont il se réclame publiquement. L'écart entre l'image politique qu'il donne de lui-même et ses actes réels est documenté et avéré, et s'explique au mieux par le conflit d'intérêts qui naît lorsqu'un chasseur de loisir dirige l'autorité de la chasse.
Ce que Darbellay met en scène publiquement est un antagonisme chargé culturellement : le loup contre le paysan de montagne, les défenseurs de la nature contre une politique «réaliste», Bruxelles contre la Suisse. Cette émotionnalisation a une fonction politique : elle crée un climat dans lequel des programmes de tir radicaux peuvent apparaître comme un «juste milieu raisonnable», alors qu'ils ne sont objectivement ni nécessaires ni proportionnés, et de moins en moins souvent légaux. Notre article La guerre du loup de Christophe Darbellay : la polémique contre les faits documente ces schémas en détail.
Pour en savoir plus : La guerre du loup de Christophe Darbellay : la polémique contre les faits et Le lobby des chasseurs en Suisse : comment fonctionne l'influence
Fabio Regazzi et le modèle suédois comme fiction politique
Depuis des années, le conseiller aux Etats du Centre Fabio Regazzi, tessinois, présente le modèle suédois de gestion du loup comme un exemple à suivre pour la Suisse : chasses sous licence, objectifs de population fixés politiquement, réduction rapide et planifiable. Le problème : le modèle suédois a échoué devant les tribunaux ou a été massivement restreint, car les tribunaux suédois et européens ont constaté que les chasses sous licence visant des espèces strictement protégées violent des principes élémentaires de l'Etat de droit et le droit de la protection des espèces.
Regazzi promet des solutions rapides et préconise une politique de coups de feu précipités, qui relègue la protection de la faune et l'État de droit au second plan. La réalité du modèle qu'il cite comme exemple ne cadre pas avec sa communication, alors il ne la mentionne pas. C'est symptomatique d'une politique du loup qui mise sur l'émotionnalisation, parce que les faits jouent contre elle. Darbellay comme Regazzi sont issus d'un parti qui se réclame publiquement de valeurs chrétiennes, et pratiquent une politique du loup où la « préservation de la création » n'apparaît plus, au mieux, que dans les discours du dimanche.
Du point de vue de IG Wild beim Wild, ces deux figures sont exemplaires d'une diabolisation du loup orchestrée politiquement : elles déplacent le débat des solutions fondées sur des faits vers un combat culturel chargé d'émotion, dans lequel le loup devient le réceptacle de conflits bien différents : l'agriculture de montagne contre la protection de la nature, la souveraineté cantonale contre les accords internationaux, la tradition contre la science.
Pour en savoir plus : Le loup en Europe : statut de protection, conflits et pression politique et Crise de la chasse en Europe : la FACE se bat pour des tirs, la Suisse reste dans l'ombre
Convention de Berne : ce que signifie la procédure d'enquête
La situation juridique est claire, et la Suisse l'ignore. En octobre 2024, le Bureau de la Convention de Berne a constaté que les tirs préventifs, en l'absence de dommages concrets, répétés et importants, ne sont pas couverts par la Convention. En décembre 2024, le Comité permanent a ouvert à l'unanimité un dossier d'enquête contre la Suisse, après avoir accueilli favorablement les plaintes de CH-Wolf et d'Avenir Loup Lynx Jura (ALLJ). Dès cette séance, la présentation de l'OFEV avait suscité un grand scepticisme parmi les pays participants. En 2025, la Suisse a dû à nouveau rendre compte de la situation.
Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Avec l'ordonnance sur la chasse révisée (OChP), entrée en vigueur le 1er février 2025, la Suisse a explicitement légalisé les tirs préventifs de meutes entières sous certaines conditions, y compris des louveteaux et jeunes loups faisant partie de ces meutes. Selon l'appréciation de la Convention de Berne, cette base légale n'est pas conforme au traité de droit international que la Suisse a ratifié en 1979. Le Valais applique systématiquement cette base légale durant la période de régulation 2025/2026, dans le cadre d'une procédure d'enquête en cours qui remet en question sa légalité. Cette contradiction n'est pas un détail bureaucratique. Elle montre à quel point la politique suisse en matière de loup s'éloigne des standards minimaux de l'État de droit.
Avec son programme de tirs, le Valais crée également des situations de fait qui rendent difficiles les retraits politiques : qui dissout des meutes ne peut pas en restaurer la structure. Qui tue des jeunes loups anéantit le capital d'apprentissage de la population. Les conséquences irréversibles de cette politique ne deviendront visibles que lorsque la procédure d'enquête débouchera sur des mesures concrètes, et il faudra alors reconstruire des structures qui sont aujourd'hui détruites de manière systématique.
Pour en savoir plus : Chasse illégale au loup en Suisse et Comment les associations de chasse influencent la politique et l'opinion publique
Ce qui devrait changer
Une approche politique qui prendrait réellement au sérieux la coexistence serait radicalement différente du modèle valaisan.
- La protection des troupeaux comme priorité structurelle, et non comme exercice de pure forme : Des investissements conséquents dans les chiens de protection des troupeaux, les parcs de nuit, les clôtures et le conseil à l'agriculture, non pas comme un soutien ponctuel, mais comme une composante permanente du système avec des normes contraignantes.
- Repenser la politique d'agriculture de montagne : La question de savoir quelles formes d'élevage sont compatibles avec les prédateurs en zone de montagne escarpée doit être posée politiquement, avec des paiements directs qui favorisent les adaptations au lieu de les empêcher.
- La protection des structures de meute comme mesure de prévention des conflits : Des loups dominants expérimentés et des structures sociales intactes réduisent, c'est prouvé, les conflits. Les protéger n'est pas du romantisme, c'est une prévention des conflits fondée biologiquement.
- Interdictions de tir pour les jeunes animaux : Définir les jeunes loups comme groupe cible est contraire à la protection animale, contre-productif biologiquement et juridiquement problématique au regard de la Convention de Berne. Une interdiction immédiate est le strict minimum.
- Un suivi indépendant de la population de loups, sans conflit d'intérêts : Le monitoring et les estimations de populations doivent être réalisés par des institutions scientifiques indépendantes, sans implication des autorités de chasse ni des structures de la chasse de loisir.
- Rétablir la conformité juridique avec la Convention de Berne : Les tirs préventifs de meutes entières doivent être supprimés de la base légale suisse, indépendamment de l’issue de la procédure d’enquête.
- Interventions types : Textes types pour des interventions critiques envers la chasse et Lettre type : appel pour un changement en Suisse
Pour en savoir plus : Protection des troupeaux en Suisse et Alternatives à la chasse : ce qui aide vraiment, sans tuer d'animaux
Argumentaire
« 318 animaux de rente tués sont inacceptables, le loup doit être régulé.» 318 animaux de rente tués sont un véritable problème. Mais la réponse à ce problème détermine si la coexistence est possible ou non. Celui qui exige systématiquement un tir à chaque attaque, sans se demander si la protection des troupeaux était suffisante, si la conduite du pâturage peut être adaptée, et si les paiements directs créent de mauvaises incitations, ne résout pas le problème. Il le déplace : aux dépens des loups et aux dépens des contribuables, qui financent les tirs.
« La régulation proactive évite les dommages avant qu’ils ne surviennent.» C’est précisément ce que dit la Convention de Berne qui est illégale. Les mises à mort préventives d’animaux sauvages sans dommage concret, important et répété ne sont pas couvertes par les accords de protection de droit international auxquels la Suisse a adhéré. Ce qui est présenté comme « proactif » est juridiquement « non conforme », et la procédure d’enquête du Conseil de l’Europe, décidée à l’unanimité, en est la conséquence.
« Les chasseurs de loisir ne font qu’assister les autorités, ce n’est pas de la chasse.» Les chasseurs de loisir reçoivent une formation spécifique pour les tirs sur le loup, sont intégrés dans des structures de tir étatiques et abattent des loups dans des périmètres définis par l’État. Ce n’est pas un soutien à une tâche administrative. C’est la privatisation de mandats de mise à mort confiés à un groupe d’intérêt dont l’intérêt principal est le tir.
« Le loup menace la population de montagne et l’agriculture de montagne.» Le loup tue des animaux de rente. Il ne menace pas les êtres humains : statistiquement, zéro attaque contre des personnes en Suisse. L’agriculture de montagne fait face à des défis structurels liés aux systèmes de paiements directs, à la taille des exploitations et aux conditions de marché, que le tir du loup ne résout en rien. Faire du loup la cause de problèmes structurels qu’il n’a pas provoqués, c’est faire de la politique avec le mauvais bouc émissaire.
« C’est une mise en œuvre légale de l’ordonnance sur la chasse révisée.»Oui, et c'est précisément cette ordonnance sur la chasse révisée qui fait l'objet d'une procédure d'enquête en cours du Conseil de l'Europe pour non-conformité avec la Convention de Berne. Être légal en droit suisse et être conforme aux accords internationaux de protection de la nature sont deux mesures différentes. Selon l'évaluation du Conseil de l'Europe, la Suisse enfreint actuellement la seconde.
Liens rapides
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Notre exigence
Le bilan du loup valaisan 2025/2026 documente un système qui relègue systématiquement la protection animale, la biologie de la faune sauvage et les normes juridiques internationales au second plan, au profit d'une logique de tir dictée par les intérêts de la chasse de loisir et du lobby de l'élevage. Ce que le bilan appelle une « mise en œuvre complète » n'est autre que la destruction planifiée de meutes de loups. Ce qu'on nomme « régulation de base » correspond à sept jeunes loups tués.
IG Wild beim Wild documente cette politique avec des chiffres, des sources et une analyse juridique, car une société qui se réclame de la protection animale et de la biodiversité doit savoir ce qui se passe en son nom dans les régions de montagne valaisannes. Celles et ceux qui en savent davantage ou disposent d'indices sur d'autres cas sont invités à nous écrire. Une bonne information est la base de toute critique efficace.
Exigez de votre commune, en raison de la politique du loup du conseiller fédéral Albert Rösti (UDC) et des programmes cantonaux de tir, une demande de remise d'impôts fédéraux et cantonaux : le modèle de lettre peut être téléchargé ici.
Plus d'informations sur la chasse de loisir : dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.






