21.10.2026, 22:37

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Alternatives à la chasse de loisir

En Suisse, 35 % de toutes les espèces animales et végétales sont menacées ; aucun pays voisin ne compte une proportion plus élevée d'espèces menacées. Selon l'OFEV, un peu plus de 13 % seulement de la surface du pays sont placés sous protection ou garantis pour la biodiversité. Dans le même temps, selon statistique fédérale de la chasse 133 508 animaux sauvages ont été tués en 2025. Et 64 % de la population suisse se prononcent, dans des sondages représentatifs, pour une interdiction du déterrage ; 79 % ont des réserves envers la chasse de loisir ou la rejettent (Aperçu des sondages).

Ces chiffres côtoient un récit tenace : la chasse de loisir serait une forme de protection de la nature. Les chasseurs de loisir seraient les gardiens de la nature. Sans eux, les populations d’animaux sauvages exploseraient. Quiconque affirme le contraire ne comprendrait rien à la nature.

Celui qui connaît les faits comprend le contraire. Ce dossier rassemble les principaux arguments scientifiques, éthiques, sanitaires, sociaux et politiques contre la chasse de loisir dans sa forme actuelle. Il s'adresse à toutes celles et tous ceux qui découvrent le sujet, souhaitent affiner leur propre position ou veulent débattre sur la base des faits. Ce n'est pas un cri d'indignation émotionnel. C'est un état des lieux sobre de ce qu'est la chasse de loisir, de ce qu'elle provoque et de ce qui serait possible à la place.

Ce qui vous attend ici

  • Pourquoi la chasse de loisir n’est pas défendable sur le plan éthique : ce que signifie tuer des êtres sensibles par plaisir, pourquoi les tirs manqués et les recherches au sang constituent des problèmes structurels, et pourquoi le « plaisir de tuer » n’est pas une valeur culturelle
  • Pourquoi la chasse de loisir est contre-productive sur le plan écologique : comment la pression de chasse déstabilise les populations au lieu de les réguler, pourquoi les zones sans chasse présentent une plus grande biodiversité, et ce que signifie la destruction des structures sociales pour les animaux sauvages
  • Pourquoi la viande de gibier n’est pas un produit naturel : ce que recommande l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) au sujet du plomb dans la viande de gibier, pourquoi les femmes enceintes, les enfants et les femmes en âge de procréer ne devraient pas consommer de gibier, et ce que les hormones de stress présentes dans la viande révèlent des dernières minutes de la proie
  • Pourquoi la population rejette la chasse de loisir et pourquoi la politique la protège malgré tout : données de sondages, structures de lobbying et raisons pour lesquelles les associations de chasse empêchent depuis des décennies avec succès ce que souhaite une large majorité de la société
  • Pourquoi la chasse de loisir n'est psychologiquement pas un passe-temps neutre : ce que la psychologie comportementale, la recherche sur les droits des animaux et les études sur l'agressivité et le culte du trophée disent des chasseurs de loisir, et pourquoi cela concerne la société
  • Pourquoi la chasse de loisir porte une part de responsabilité dans la crise de la biodiversité en Suisse : un tiers des espèces menacées, la plus petite part de zones protégées d'Europe, des décennies de blocage par le lobby contre les parcs nationaux et les surfaces protégées
  • « Le saviez-vous ? » : 39 faits qui réfutent le discours sur la chasse
  • Pourquoi des alternatives à la chasse de loisir existent et ont fait leurs preuves : régulation naturelle, promotion des prédateurs, modèles de gardes-faune, protection de l'habitat
  • Ce qui devrait changer : revendications politiques concrètes
  • Argumentaire : réponses aux justifications les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir
  • Liens rapides : tous les articles, études et dossiers pertinents

Éthique : quand tuer n'est pas de la protection de la nature

Les animaux sauvages sont des êtres sensibles. Ils connaissent la douleur, la peur et les liens sociaux. Ils fuient lorsqu'ils perçoivent une menace. Ils sont en deuil lorsque des unités sociales sont brisées. Ce n'est pas une affirmation sentimentale, mais un consensus scientifique, reconnu internationalement notamment dans la Déclaration de Cambridge sur la conscience de 2012. Sur cette base, la question éthique de départ de la critique de la chasse n'est pas difficile : quelle justification existe-t-il pour tuer des êtres sensibles par plaisir de loisir ?

Les réponses du lobby de la chasse de loisir (régulation, protection de la nature, tradition) sont réfutées une à une dans d'autres chapitres de ce dossier. Reste l'essentiel : en Suisse, la chasse de loisir n'est aujourd'hui pas une nécessité vitale. C'est un loisir. Un loisir qui signifie la mort de plus de 130’000 animaux sauvages par an en Suisse, dont une part considérable ne meurt pas sur le coup, mais après des minutes ou des heures de souffrance. Les tirs manqués ne sont pas l'exception dans le système de la chasse, mais une réalité qui se produit de manière systématique : dans le canton des Grisons, l'office a enregistré chaque année, de 2012 à 2020, plus de mille amendes et dénonciations contre des chasseurs de loisir, pour la plupart en raison de tirs manqués (Analyse).

Une société qui punit la cruauté envers les animaux dans le cadre domestique, mais qui finance et protège politiquement comme patrimoine culturel ce même acte lorsqu'il vise des animaux sauvages en forêt, a un problème de cohérence. L'obligation d'étourdissement, qui s'applique à chaque animal de boucherie, s'arrête à la lisière de la forêt. Celui qui veut changer cela doit d'abord nommer ce qu'est réellement la chasse de loisir sous sa forme actuelle : un passe-temps armé dont le contenu central est la mise à mort d'êtres vivants et dont la légitimation repose sur des récits qui ne résistent pas à un examen factuel.

Pour en savoir plus : Chasse et protection animale : ce que la pratique fait aux animaux sauvages et Animaux sauvages, peur de la mort et absence d'étourdissement

Écologie : pourquoi les tirs ne sont pas une régulation

La chasse de loisir prétend réguler les populations d'animaux sauvages. L'écologie comportementale démontre le contraire. La dynamique de reproduction compensatoire est le principe biologique fondamental qui réfute cet argument. Les animaux sauvages réagissent aux pertes de population dues à la chasse par un taux de natalité accru, une maturité sexuelle plus précoce et des portées plus grandes. Chez le sanglier en particulier, ce mécanisme est documenté de manière particulièrement frappante : normalement, seule la laie dominante se reproduit au sein d'une compagnie. Si elle est abattue, toutes les femelles du groupe se reproduisent. La pression de chasse engendre davantage d'animaux sauvages, et non moins.

Ce que produit la chasse de loisir sur le plan écologique, ce n'est pas de la régulation, mais une déstabilisation des structures sociales. Le tir d'individus expérimentés qui mènent le groupe (la laie meneuse chez le sanglier, le cerf dominant chez le cerf élaphe, la renarde dominante) laisse derrière lui des groupes désorganisés, avec un comportement d'utilisation de l'espace modifié, une mobilité accrue et une pression d'abroutissement renforcée sur les arbres de la forêt, parce que les animaux sont refoulés sur un espace restreint. La solution que le lobby de la chasse propose pour le problème de l'abroutissement contribue donc structurellement à le créer. Les zones sans chasse montrent le tableau inverse : dans le canton de Genève, la biodiversité s'est nettement améliorée depuis l'interdiction de la chasse en 1974, les populations d'animaux sauvages se sont stabilisées et l'avifaune est passée de quelques centaines d'individus à 30’000 oiseaux hivernants.

Pour en savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme moyen de contrôle des populations et Changement climatique, diversité génétique et chasse de loisir

Santé : pourquoi la viande de gibier n'est pas un produit propre

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) recommande : les enfants jusqu'à sept ans, les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et celles qui désirent avoir un enfant devraient si possible éviter de consommer du gibier tué avec de la munition au plomb. Il ne s'agit pas d'une affirmation de campagne hostile à la chasse. C'est une recommandation officielle fondée sur des constats mesurables. La Protection Suisse des Animaux (PSA) a analysé la teneur en plomb de produits de viande de gibier issus de la chasse de loisir indigène : dans 5 échantillons sur 13, du plomb a été détecté à des concentrations supérieures à la valeur de référence. Une étude allemande de l'Office fédéral de la protection des consommateurs (BVL) a révélé des résidus de plomb dans environ trois quarts de tous les produits de charcuterie à base de gibier analysés.

Le plomb est toxique pour l'organisme humain même à faibles doses : il altère la formation du sang, le foie, les reins et le système nerveux central. Pour les enfants en pleine croissance, les conséquences sont particulièrement graves : des lésions nerveuses et des troubles du développement cérébral sont documentés. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) le souligne : «Le plomb est nocif même en petites quantités.» À cela s'ajoutent les hormones de stress : les animaux sauvages qui ont été traqués, effarouchés ou blessés par balle avant leur mort présentent des taux de cortisol drastiquement élevés dans le sang et dans la viande. Ce qui est commercialisé comme un «produit proche de la nature» est, d'un point de vue biologique, le résultat final d'un processus aigu de peur et d'agonie.

Pour en savoir plus : La viande de gibier du chasseur est de la charogne et Résidus de plomb dans les produits de gibier et Des chasseurs de loisir empoisonnent des rapaces

Société : pourquoi la majorité dit non et pourquoi la politique protège pourtant la chasse

L'acceptation sociale de la chasse de loisir diminue. Ce n'est pas une affirmation des opposants à la chasse, mais un constat empiriquement établi. L'enquête WaMoS 2 montre que 79 pour cent de la population suisse critiquent la chasse de loisir sous une forme ou une autre ; 19 pour cent y sont fondamentalement opposés ou en demandent l'abolition. Le sondage Demoscope réalisé pour la Protection Suisse des Animaux PSA montre que 64 pour cent sont favorables à une interdiction du déterrage, tandis que seuls 21 pour cent souhaitent la maintenir. Ce rejet traverse les générations, ne connaît pas de «Röstigraben» et est particulièrement marqué chez les femmes et les jeunes.

Dans le même temps, la politique protège la chasse de loisir avec une constance remarquable. Les associations de chasse s'assurent, par leur influence politique, des mandats constitutionnels et leur présence médiatique, des privilèges qui vont à l'encontre de la volonté de la majorité de la population. Dans le canton de Zurich, l'initiative «Des gardes-faune plutôt que des chasseurs» a échoué le 23 septembre 2018 avec 16,1 pour cent de oui : non pas en raison de la force de conviction des arguments du lobby de la chasse, mais à cause d'un déficit de mobilisation au sein d'une majorité de la population jusqu'ici peu politisée. Le débat est asymétrique : les chasseurs de loisir sont organisés, financés et bien intégrés politiquement. Les animaux sauvages n'ont pas de voix. Et la grande majorité, qui n'a aucun intérêt pour la chasse de loisir, ne dispose jusqu'ici d'aucun organe politique qui défende systématiquement sa position.

Pour en savoir plus : ChasseSuisse : la population suisse est mal informée et Textes types pour des interventions critiques envers la chasse dans les parlements cantonaux

Psychologie : ce que le culte du trophée et le plaisir de tuer révèlent

La chasse de loisir est la seule activité de loisir socialement acceptée dont le contenu central est la mise à mort d'un être vivant. Que ce contenu appelle une analyse psychologique n'est pas une insinuation, mais de la curiosité scientifique. Les psychologues du comportement et les psychologues criminels qui décrivent la cruauté envers les animaux comme un indicateur précoce de violence envers les êtres humains s'appuient sur un constat bien documenté : la capacité d'ignorer les souffrances d'autrui ou de les traiter comme sans importance est une compétence cognitive, et elle ne se limite pas à une seule espèce animale.

Le culte du trophée est la forme visible de cette structure : empailler et exposer l'animal tué comme démonstration de réussite à la chasse, de statut et de contrôle. Des spécialistes de la psychologie sociale décrivent cette pratique comme l'expression de l'agressivité, de la volonté de puissance et du désir de disposer de la vie et de la mort d'un autre être vivant. Le prétendu « amour des animaux et de la nature » des chasseurs ne vise pas l'existence de l'objet aimé, mais sa possession, et culmine dans l'acte de mise à mort. Il ne s'agit pas d'une condamnation générale de tous les chasseurs et chasseuses de loisir. C'est la logique structurelle du système dans lequel ils évoluent. À cela s'ajoute une dimension de sécurité concrète : les armes de chasse sont impliquées dans des suicides, des menaces et des actes de violence. Il n'existe en Suisse aucun test psychologique de personnalité pour les chasseurs de loisir. Aucune interdiction de l'alcool pendant l'exercice de la chasse non plus.

Pour en savoir plus : Psychologie de la chasse et Études sur les effets de la chasse sur les animaux sauvages et les chasseurs

Biodiversité : la Suisse en queue de peloton, avec une part de responsabilité de la chasse de loisir

Un tiers de toutes les espèces animales et végétales de Suisse est menacé. Près de la moitié des 167 types de milieux naturels examinés sont menacés selon OFEV . Selon l'OFEV, un peu plus de 13 pour cent seulement de la surface du pays sont placés sous protection ou garantis pour la biodiversité, bien en dessous de l'objectif mondial de 30 pour cent. Le plan d'action de la Stratégie Biodiversité Suisse (phase 2, 2025–2030) l'énonce ainsi : « En Suisse, près de la moitié des milieux naturels sont considérés comme menacés ; en outre, 17 pour cent de toutes les espèces sont menacées d'extinction ou fortement menacées. »

Le lobby de la chasse de loisir est structurellement coresponsable de cet état de fait. Pas à lui seul, mais de manière constante : pendant des décennies, les associations de chasse ont bloqué la création de parcs nationaux, parce que les zones protégées réduisent les surfaces de chasse. Elles se sont opposées à la désignation de zones protégées plus strictes. Elles mènent des campagnes de lobbying politique contre les prédateurs (loup, lynx, chat sauvage), qui remplissent des fonctions de stabilisation écologique qu'aucun chasseur de loisir ne peut remplacer. Et elles définissent avec succès le cadre politique du droit de la faune, de la loi sur la chasse et des zones protégées dans un système qui protège leurs propres intérêts, et non ceux de la nature. La protection de la nature et le lobby de la chasse de loisir poursuivent structurellement des objectifs opposés, même là où leur rhétorique se rejoint parfois.

Pour en savoir plus : Le parc national du Locarnese ne verra pas le jour et Le loup en Europe : politique et chasse de loisir contre la protection des espèces

« Le saviez-vous ? » : 39 faits qui réfutent le discours sur la chasse

  1. En 2025, 133’508 animaux sauvages ont été tués en Suisse, dont 42’789 chevreuils (Statistique fédérale de la chasse)
  2. Un tiers des espèces animales et végétales de Suisse est menacé. Aucun pays voisin n'affiche une proportion plus élevée d'espèces menacées
  3. À peine plus de 13 pour cent de la surface du pays sont placés sous protection ou garantis pour la biodiversité
  4. Les analyses isotopiques de la Station ornithologique prouvent que le plomb présent chez les aigles royaux et les gypaètes barbus des Alpes suisses provient de munitions de chasse (plus)
  5. L'Office fédéral de la sécurité alimentaire recommande : les enfants, les femmes enceintes et les femmes désirant un enfant ne devraient pas consommer de gibier abattu avec de la munition au plomb
  6. En Allemagne, des résidus de plomb ont été trouvés dans environ les trois quarts de tous les produits de charcuterie à base de viande de gibier examinés
  7. 79 pour cent de la population suisse se montre critique envers la chasse de loisir
  8. 64 pour cent sont favorables à une interdiction du déterrage, seuls 21 pour cent souhaitent son maintien
  9. Dans le canton des Grisons, plus d'un millier d'amendes et de dénonciations visant des chasseurs de loisir ont été enregistrées chaque année de 2012 à 2020
  10. Les poussées et les battues effraient les animaux sauvages et les poussent, terrorisés, sur les routes. La pression de chasse est une cause directe d'accidents de la faune
  11. Sous forte pression de chasse, les sangliers atteignent plus tôt la maturité sexuelle et se reproduisent plus jeunes (Servanty et al. 2009, Journal of Animal Ecology)
  12. Dans le canton de Genève, qui ne connaît plus de chasse de milice depuis 1974, le nombre d'oiseaux d'eau hivernants est passé de quelques centaines à 30’000
  13. Selon des études de longue durée, les zones sans chasse présentent systématiquement une biodiversité plus élevée que les régions comparables fortement chassées
  14. Les chasseurs de loisir refusent régulièrement la création de parcs nationaux et de zones protégées, car ceux-ci réduisent leur surface de chasse
  15. Il n'existe en Suisse aucun test psychologique de personnalité pour les chasseurs de loisir
  16. Il n'existe pas en Suisse d'interdiction généralisée de l'alcool pendant l'exercice armé de la chasse
  17. Il n'existe aucune réglementation uniforme à l'échelle suisse concernant le test de vue et la pratique du tir des chasseurs de loisir
  18. Les animaux effrayés lors des chasses en mouvement présentent des taux d'hormones de stress nettement plus élevés dans leur chair, ce qui est scientifiquement démontré
  19. Les tirs de plomb sur les lièvres et le petit gibier n'entraînent souvent pas une mort immédiate, mais des blessures conduisant à une mort lente
  20. Les chasseurs de loisir abattent de préférence les individus les plus forts et les plus expérimentés, précisément ceux qui sont décisifs pour la stabilité des structures sociales et la résilience génétique
  21. La Waidgerechtigkeit (le code d'éthique de la chasse) contredit la loi sur la protection des animaux sur des points essentiels
  22. Après la chasse de loisir, les renards sont le plus souvent jetés aux déchets, et non mangés. Ils sont chassés pour éliminer la concurrence du gibier chassable
  23. Les renards ne se nourrissent pas de lièvres à plus de 90 pour cent et ne capturent pratiquement jamais de lièvres en bonne santé. La justification de la chasse par la « protection du lièvre » est factuellement fausse
  24. Par temps d'hiver rigoureux, des chasseurs de loisir attirent avec de la nourriture des animaux affamés pour ensuite les abattre. Cela se concilie difficilement avec la notion de « soin et entretien »
  25. Le déterrage lance des chiens rendus agressifs dans les terriers de renards et de blaireaux : du point de vue de la protection animale, l'une des méthodes de chasse les plus cruelles
  26. Le piégeage laisse parfois les animaux sauvages attendre pendant des jours dans des cages-pièges avant que le chasseur de loisir ne les tue
  27. Des écoliers mineurs reçoivent des armes à feu entre les mains de chasseurs de loisir, sous l'étiquette de «formation à la chasse»
  28. Les chasseurs de loisir partent à l'étranger pour des chasses au trophée dans des pays sans normes comparables de protection animale et des espèces
  29. Des actions comme le «sauvetage des faons» servent d'alibi à la protection de la nature: peu après, ces mêmes faons sont abattus en automne
  30. Les animaux brouteurs comme les chevreuils et les cerfs étaient à l'origine surtout actifs de jour dans les champs et les prairies. La chasse de loisir les repousse dans les forêts et vers une activité nocturne, avec des conséquences pour l'abroutissement et la sécurité routière
  31. Le loup capture les animaux malades et affaiblis avec une précision bien supérieure à celle de n'importe quel chasseur de loisir et stabilise ainsi durablement les populations
  32. Seuls environ 0,3 pour cent de la population suisse sont des chasseurs de loisir. 99,7 pour cent n'ont aucun intérêt à tuer des animaux sauvages
  33. Des espèces protégées figurant sur la Liste rouge (lynx, loup, lièvre d'Europe, perdrix grise) sont régulièrement abattues illégalement par des chasseurs de loisir
  34. Des miradors illégaux et non signalés dans les forêts représentent parfois un véritable danger pour la sécurité des enfants et des randonneurs
  35. Depuis des décennies, les chasseurs de loisir couvrent politiquement les améliorations modernes de la protection animale et bloquent une véritable protection des animaux et des espèces
  36. En Suisse, les armes de chasse sont impliquées dans des suicides, des menaces et des actes de violence, sans test de personnalité, sans interdiction de l'alcool, sans exigences psychologiques minimales uniformes
  37. Le jargon des chasseurs (le langage mythologisant de la culture cynégétique) sert à masquer la réalité de la mise à mort par des termes romantiques
  38. La chasse de loisir est de loin la forme la plus coûteuse de ne pas résoudre le problème des populations d'animaux sauvages
  39. Hormis la vivisection, ce sont les chasseurs de loisir qui infligent le plus de souffrances et de mauvais traitements aux animaux, y compris par la manière de tuer

Alternatives : ce qui est possible à la place

La régulation naturelle n'est pas un vœu pieux. Les populations d'animaux sauvages se régulent par la disponibilité de la nourriture, le climat, les maladies, la territorialité et les structures sociales, pour autant qu'on les laisse faire. Le canton de Genève est depuis 50 ans la preuve empirique que cette régulation fonctionne sans chasse de milice. Ce qui la complète et l'améliore, c'est la promotion systématique des prédateurs: le loup capture les animaux malades et affaiblis avec une précision qu'aucun chasseur de loisir n'atteint. Le lynx régule les populations de chevreuils de manière spatiale et socialement compatible. Le chat sauvage et le renard contrôlent les populations de rongeurs et de petits animaux sans intervention humaine.

Des structures de garde-faune sur le modèle genevois remplacent la milice armée par du personnel spécialisé employé par l'État, qui agit selon des critères écologiques clairs, de manière transparente, dans le respect de la protection animale et sans logique de trophée. Entretien des biotopes, mise en réseau des habitats, corridors fauniques, protection des amphibiens, renaturation : ce sont des formes de protection de la nature qui se passent d'armes et dont l'efficacité est mesurable, contrôlable et durable. Là où des interventions ciblées sont nécessaires (pour des raisons de protection animale, aux points noirs d'accidents, en cas de pression de dégâts avérée), un personnel professionnel accomplit cette tâche de manière plus efficace, plus sûre et plus transparente qu'une milice décentralisée dépourvue de normes uniformes, de tests de comportement et d'interdictions de consommer de l'alcool.

Pour en savoir plus : Le modèle du garde-faune et Corridors fauniques et mise en réseau des habitats et Une initiative demande « des gardes-faune à la place des chasseurs »

Ce qui devrait changer

Premièrement : l'égalité juridique des animaux sauvages avec les autres animaux dans le droit de la protection animale. Ce qui constitue de la maltraitance animale dans un foyer ne peut pas être un patrimoine culturel en forêt. La loi sur la protection des animaux doit s'appliquer sans lacune aux animaux sauvages, y compris dans le contexte de la chasse de loisir. Cela implique des normes minimales de mise à mort, une obligation de recherche au sang avec des quotas mesurables et des conséquences pénales pour les tirs manqués.

Deuxièmement : l'interdiction immédiate des méthodes de chasse les plus cruelles. Déterrage, piégeage avec pièges vivants sans contrôle quotidien, battues sur des animaux gestants ou accompagnés de jeunes : ces pratiques sont incompatibles avec une conception minimale de la protection animale et doivent être interdites par le droit fédéral. La majorité de la population l'a déjà décidé ; la politique doit suivre.

Troisièmement : l'interdiction de la munition de chasse au plomb. Le plomb présent dans la viande de gibier met en danger les consommateurs, les prédateurs et l'environnement. L'interdiction est techniquement réalisable sans difficulté : des munitions sans plomb sont disponibles. Le Danemark interdit depuis avril 2024 toute munition au plomb pour la chasse de loisir, la Grande-Bretagne le fera à partir du 1er avril 2029 (La chasse sous la loupe des faits). La Suisse doit suivre.

Quatrièmement : un test de personnalité psychologique obligatoire et une interdiction d'alcool lors de l'exercice de la chasse. Quiconque manie des armes à feu dans des forêts publiques doit répondre à des exigences psychologiques minimales. Une interdiction d'alcool pendant l'exercice de la chasse constitue le minimum que tout autre domaine professionnel armé connaît d'ores et déjà comme une évidence.

Cinquièmement : l'extension systématique des zones protégées et des parcs nationaux. La Suisse doit faire passer la part de ses zones protégées de bon 13 % à au moins 30 % ; l'objectif international en matière de biodiversité lie aussi la Suisse. L'opposition du lobby de la chasse aux parcs nationaux et à la désignation de zones protégées ne doit plus constituer un veto politiquement contraignant.

Sixièmement : transition progressive de la chasse de milice vers des structures professionnelles de garde-faune. Selon le modèle genevois, avec des projets pilotes cantonaux, un calcul transparent des coûts et une évaluation scientifique. La première étape : la reconnaissance, au niveau fédéral, du modèle de garde-faune comme alternative équivalente à la chasse de milice.

Argumentaire

«Sans la chasse de loisir, les populations d'animaux sauvages croîtraient de manière incontrôlée.»
Les populations d'animaux sauvages se régulent par la disponibilité de nourriture, la capacité d'accueil de l'habitat, le climat et des mécanismes sociaux. La pression de chasse déclenche une reproduction compensatoire : davantage de tirs produisent davantage de jeunes. Canton de Genève : pas de chasse de milice depuis 1974, des populations d'animaux sauvages stables, voire en croissance, et davantage de biodiversité. La réfutation la plus simple de cet argument tient en une adresse : Genève.

«Les chasseurs de loisir accomplissent un travail de protection de la nature.»
La protection de la nature est mesurable : surfaces entretenues, mesures concrètes, effets vérifiables, durée. Le système de chasse tel qu'il existe aujourd'hui (en particulier la chasse à patente, dans laquelle 65 pour cent des chasseurs de loisir sont actifs) ne contient aucune base institutionnelle pour une protection durable des habitats. Ce qui est accompli est sélectif, non contrôlé et non évalué. Qui veut protéger la nature n'a pas besoin d'un permis de chasse.

«Le gibier est plus sain que la viande du supermarché.»
L'OSAV recommande expressément aux groupes vulnérables de renoncer au gibier. Dans la majorité des produits de charcuterie de gibier examinés, des résidus de plomb sont détectables. Les hormones de stress dans la viande d'animaux chassés sont mesurablement plus élevées que chez les animaux morts paisiblement. Le gibier n'est pas un aliment bio. C'est le produit final d'un processus de mort violent, souvent chargé de plomb et d'hormones de stress.

«La chasse est un patrimoine culturel et fait partie de la tradition suisse.»
Le patrimoine culturel n'est pas une catégorie juridiquement protectrice lorsqu'il engendre de la souffrance animale, que la majorité de la population le rejette et qu'il est écologiquement contre-productif. Les combats de chiens, les combats d'ours et d'autres pratiques historiques étaient eux aussi des traditions. La société les a abolis, sur la base d'une évolution des valeurs, du développement de l'empathie et des connaissances. La même mesure vaut pour la chasse de loisir.

«Les chasseurs de loisir contribuent à la sécurité routière en réduisant les populations sauvages.»
Le canton de Genève réfute empiriquement cet argument : le nombre d'accidents impliquant la faune y n'est pas plus élevé que dans les cantons où l'on chasse. Les poussées et les battues effarouchent activement les animaux sauvages et augmentent de manière causale les accidents de la faune. Les mesures efficaces sont les passages à faune, les dispositifs d'avertissement de la faune, les réductions de vitesse et la mise en réseau des habitats, pas les tirs.

«Les chasseurs de loisir se financent eux-mêmes, ils ne coûtent rien à la société.»
Ce calcul ignore les coûts externes : indemnisations des dégâts de la faune, prestations d'assurance pour les accidents de chasse, coûts de contrôle de l'État, pertes de biodiversité dues aux zones protégées bloquées par le lobby, coûts liés à la pression d'abroutissement résultant de la concentration des animaux sauvages sous la pression de la chasse. Un véritable bilan global honnête reste à établir, et le lobby de la chasse n'a aucun intérêt à ce qu'il le soit.

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Notre exigence

La chasse de loisir n'est ni défendable sur le plan éthique, ni écologiquement constructive, elle est dangereuse pour la santé, majoritairement rejetée par la société et politiquement protégée par des intérêts de lobby. Aucun de ces arguments ne tient seul. Ensemble, ils dessinent une image claire : la chasse de loisir sous sa forme actuelle n'a plus d'avenir dans une société éclairée et orientée vers la science. Ce qui pourrait la remplacer existe déjà et a fait ses preuves : des structures professionnelles de garde-faune, une protection conséquente des habitats, la promotion des prédateurs et la reconnaissance sérieuse du fait que les animaux sauvages ne sont pas des produits de récolte.

IG Wild beim Wild documente cette réalité : avec des chiffres, des études, des rapports de cas et des analyses politiques. Nous le faisons parce que plus de 130’000 animaux sauvages par an en Suisse n'ont pas de voix. Et parce que les 99,7 pour cent de la population qui n'ont aucun intérêt à tuer des animaux sauvages sont en droit d'attendre que leur position soit défendue politiquement. Ce dossier est mis à jour en continu lorsque de nouvelles études, de nouveaux chiffres ou de nouveaux développements politiques l'exigent.

Plus d'informations sur la chasse de loisir : dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.