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Animaux sauvages

Initiative sur les feux d'artifice du 29 novembre : ce qui est en jeu pour les animaux sauvages

Le peuple et les cantons se prononcent sur une interdiction des feux d'artifice bruyants. Pour les animaux sauvages, l'essentiel est que la protection ne s'arrête pas à la frontière communale.

Rédaction Wild beim Wild — 7 octobre 2026
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«Pour qui le ciel brûle»

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Le 29 novembre 2026, le peuple et les cantons voteront sur l'initiative populaire «Pour une limitation des feux d'artifice». Le Conseil fédéral l'a fixée en même temps que trois autres objets : le financement additionnel de l'AVS par la TVA, l'initiative sur l'imposition des couples mariés et la modification de la loi sur le matériel de guerre.

L'initiative sur les feux d'artifice concerne directement les animaux sauvages, domestiques et de rente. Elle détermine si les feux d'artifice générateurs de bruit seront désormais limités dans toute la Suisse, ou si la protection restera variable d'une commune à l'autre.

Ce qui figure sur le bulletin de vote

L'initiative veut inscrire un nouvel article 74a dans la Constitution fédérale. La vente et l'utilisation d'engins pyrotechniques générant du bruit seraient interdites. Pour des manifestations d'importance suprarégionale, l'autorité cantonale compétente peut, sur demande, accorder des autorisations exceptionnelles. Les engins pyrotechniques non bruyants, comme les feux de Bengale ou les volcans, pourraient selon le message du Conseil fédéral continuer à être vendus et utilisés. La délimitation précise sera fixée par la loi. En cas d'acceptation, les dispositions d'exécution devront entrer en vigueur au plus tard deux ans après la votation populaire. L'interdiction ne sera donc pas encore en vigueur pour le Nouvel An 2026.

L'initiative a été lancée par un comité autour de l'Argovien Roman Huber ; l'association Initiative feux d'artifice a déposé 137'193 signatures valables. Le Conseil fédéral recommande de la rejeter. Un contre-projet indirect du Parlement, qui aurait interdit les pétards dans toute la Suisse, a échoué le 19 juin 2026 lors du vote final du Conseil national, par 114 voix contre 79 et 6 abstentions. Depuis lors, l'initiative est seule soumise au peuple. Nous avons retracé l'historique de ce dossier en juin dernier.

Ce que les feux d'artifice laissent dans l'environnement

La nuisance est officiellement bien documentée. En Suisse, 1'000 à 2'000 tonnes de feux d'artifice sont consommées chaque année. Leur combustion génère 200 à 400 tonnes de particules fines, qui se déposent dans les sols et les cours d'eau. En cas d'inversion thermique, la valeur limite journalière pour les PM10 peut être dépassée. Nous avons rassemblé ici.

Pour Animaux sauvages, le bruit s'ajoute à cela. Les réactions de fuite coûtent de l'énergie, et c'est justement en hiver qu'il peut être difficile de compenser cette dépense supplémentaire. Une étude menée sur 347 oies sauvages montre à quel point les feux d'artifice perturbent le repos nocturne : la nuit de la Saint-Sylvestre, elles ont volé jusqu'à 16 kilomètres plus loin et jusqu'à 150 mètres plus haut que d'habitude, certains animaux parcourant plus de 500 kilomètres. D'autres constats figurent dans notre article Les feux d'artifice sont une torture pénible pour les animaux.

Pourquoi les règlements communaux ne suffisent pas

Le principal argument contre l'initiative est que les cantons et les communes pourraient déjà restreindre les feux d'artifice aujourd'hui. C'est vrai, et certains le font : Davos a interdit les feux d'artifice de la Saint-Sylvestre et du 1er août par votation populaire. Pour les animaux sauvages, cette voie reste néanmoins insuffisante, pour trois raisons.

Premièrement, le bruit des feux d'artifice ne s'arrête pas à la frontière communale, et les animaux sauvages non plus. Les interdictions locales peuvent soulager les animaux, mais elles ne les protègent pas des feux d'artifice tirés dans la commune voisine. Un chevreuil en lisière de forêt ou des oiseaux aquatiques sur un lac réagissent de la même manière aux deux.

Deuxièmement, les interdictions locales d'utilisation ne limitent pas la vente. L'initiative s'attaque donc aussi à l'offre nationale de pièces pyrotechniques bruyantes.

Troisièmement, des réglementations locales différentes ne créent pas de règle de protection uniforme. L'initiative instaurerait un cadre contraignant pour toute la Suisse.

L'argument de la tradition, bien connu de la chasse de loisir

Ceux qui s'opposent à l'initiative invoquent la tradition : les feux d'artifice feraient partie du 1er août, de la Saint-Sylvestre, de la fête du village. Le même schéma est connu du débat sur la chasse de loisir : là aussi, la longue histoire d'une pratique est censée prouver qu'elle est juste.

Or, la tradition ne dit que depuis combien de temps une chose est pratiquée. Elle ne répond pas à la question de savoir si elle est justifiable. Les coutumes ont toujours évolué lorsque les connaissances sur leurs conséquences se sont développées. Un 1er août sans pétards reste un 1er août, et les spectacles de lumière et de drones montrent qu'il est possible de faire la fête sans détonations.

Il est remarquable de voir qui se contredit dans cette question. ChasseSuisse, l'association faîtière des chasseurs de loisir suisses, soutient l'initiative depuis septembre 2025 en raison du stress sonore imposé aux animaux sauvages. Son vice-président Fabio Regazzi se trouve quant à lui dans le camp opposé en tant que président de l'Union suisse des arts et métiers. Nous avons examiné en détail.

Commentaire : un oui pour ceux qui ne peuvent pas voter

Les animaux sauvages n'ont pas voix au chapitre dans les urnes. Pourtant, ils subissent chaque année les conséquences d'une pratique festive décidée par d'autres. L'initiative n'interdit aucune fête. Les feux d'artifice bruyants seraient en principe interdits, mais les cantons pourraient accorder des exceptions pour des manifestations d'importance suprarégionale. Ce qui serait limité, c'est la pétarade privée, dont les coûts retombent sur les animaux non humains, dans les airs et au sol.

L'IG Wild beim Wild recommande de voter oui à l'initiative sur les feux d'artifice le 29 novembre. Pour les animaux sauvages, ce serait un soulagement, pas une solution : d'autres nuisances, à commencer par la chasse de loisir, subsisteraient. C'est justement pour cela que chaque perturbation en moins compte.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos dossiers sur la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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