11 faits sur la chasse de loisir : le compte à rebours jusqu'à la Journée mondiale contre la chasse
Onze jours, onze preuves : ce que montrent les études et la statistique fédérale sur la chasse de loisir, une par jour jusqu'au 11 novembre.
Photo : Benjamin Raffetseder / Unsplash
« Vantardises de chasseur »
Du 1er au 11 novembre, nous publions chaque jour un constat documenté sur la chasse de loisir et ses conséquences, en guise de compte à rebours jusqu'à la Journée mondiale contre la chasse. Les sources sont la statistique fédérale de la chasse et des études évaluées par des pairs. Vous retrouvez ici les onze constats réunis au même endroit, chacun avec sa source. L'analyse détaillée des études figure dans «La chasse sous la loupe», les chiffres de la Confédération dans le Dossier Statistique de la chasse 2025.
1. 1’400 bécasses des bois, une espèce de la Liste rouge
En 2025, 1’400 bécasses des bois ont été tirées en Suisse, dont 1’172 au Tessin. L'espèce est considérée en Suisse comme vulnérable (VU). En dix ans, les tirs se montent à 16’935 animaux. Figurent également sur la Liste rouge le lièvre d'Europe (vulnérable, 1’343 tués) et le lièvre variable (potentiellement menacé, 743 tués). Source : OFEV, Statistique fédérale de la chasse 2025 ; analyse dans le dossier sur la bécasse des bois.
2. Plus de 3’000 animaux retrouvés morts avec des blessures par balle
Pour le gibier mort trouvé, la statistique fédérale recense la cause de décès « blessures par balle ». De 2016 à 2025, 3’189 animaux de ce type ont été retrouvés pour six espèces de mammifères seulement : 1’429 chevreuils, 821 renards, 409 sangliers, 307 cerfs élaphes, 161 chamois, 62 blaireaux. La statistique ne dit pas si, ni comment, ces animaux ont été recherchés. Seuls les animaux retrouvés sont recensés. Source : OFEV, Gibier mort trouvé par causes 2016 à 2025.
3. Poussée : 3,6 fois plus de cortisol dans le sang
Une équipe de recherche croate a mesuré l'hormone du stress, le cortisol, dans le sang de 407 sangliers abattus. Après les poussées, la valeur moyenne atteignait 431 nmol/l, contre 119 nmol/l après la chasse individuelle depuis le mirador. La viande issue des poussées présentait en outre des valeurs de pH et de couleur modifiées. Source : Kelava Ugarković et al. 2025, European Journal of Wildlife Research.
4. Chassés avec des chiens : 6,5 fois plus de cortisol chez le lièvre variable
Les lièvres variables traqués avec des chiens présentaient un taux de cortisol 6,5 fois plus élevé que les animaux abattus sans chiens. La chasse avec des chiens représente pour les animaux une charge de stress physiologique nettement plus élevée. Source : Pedersen et al. 2024, Wildlife Biology.
5. Fusil de chasse sans test d'aptitude
En Suisse, celui qui achète un fusil de chasse n'a jamais à prouver qu'il est psychiquement apte. Certains fusils de chasse s'obtiennent même sans permis d'acquisition d'armes, avec un contrat écrit et une déclaration à l'office cantonal des armes. Parallèlement, 29’328 personnes pratiquent la chasse de loisir, et leurs armes se trouvent dans des foyers privés, souvent pendant des décennies. L'IG Wild beim Wild demande un test d'aptitude psychologique régulier pour tous les détenteurs d'armes : Pétition « Pas d'arme à feu sans test d'aptitude psychologique ». Sources : fedpol, armes à feu; OFEV, Statistique de la chasse 2025.
6. Les espèces chassées évoluent plus de 300 pour cent plus vite
Une méta-analyse le montre : là où l'être humain chasse ou pêche des animaux, des caractères comme la taille du corps et des cornes évoluent en moyenne plus de 300 pour cent plus vite que dans des conditions naturelles. La raison : on chasse de préférence les animaux les plus grands et les plus forts. Source : Darimont et al. 2009, PNAS.
7. Les faons de cerf orphelins dépérissent, ce que confirme l'Office grison de la chasse
Lorsque la mère est abattue, le risque de mortalité du faon augmente avant et après le sevrage. L'Office de la chasse et de la pêche des Grisons constate lui-même, dans son évaluation spécialisée de mars 2025, que les faons de cerf orphelins dépérissent socialement, ne trouvent pas d'intégration et présentent une mortalité élevée. Sources : OCP Grisons, Évaluation spécialisée 2025 ; Andres et al. 2013, « Sex differences in the consequences of maternal loss in a long-lived mammal, the red deer », Behavioral Ecology and Sociobiology 67.
8. 55’000 rapaces manquent en Europe à cause de la munition au plomb
Sur la base des valeurs hépatiques de plus de 3’000 rapaces trouvés morts, des chercheurs ont calculé que, pour dix espèces, il manque théoriquement quelque 55’000 oiseaux adultes. La population de pygargues à queue blanche est inférieure de 14 pour cent à ce qu'elle serait sans munition au plomb, celle de l'aigle royal de 13 pour cent. La Station ornithologique suisse de Sempach a démontré que le plomb présent chez les aigles royaux suisses correspond à la munition de chasse. Sources : Green, Pain et Krone 2022, Science of the Total Environment; Station ornithologique suisse.
9. 12,4 millions d'animaux tués, aucune réduction des dégâts démontrée
Entre 2015 et 2022, la France a tué environ 12,4 millions de renards, martres, corneilles, pies, geais des chênes et étourneaux, qualifiés de «nuisibles». Le coût : 791 millions d'euros. Les dégâts déclarés : 96 millions d'euros. Il n'existe aucun lien statistique entre l'effort de tir et la réduction des dégâts. Pour la Suisse, aucune évaluation comparable n'existe. En 2026, le canton de Zoug est le seul canton à avoir fait examiner scientifiquement la chasse au renard (rapport d'expertise SWILD). Source : Jiguet et al. 2026, Biological Conservation ; pour en savoir plus, voir dossier Renard.
10. L'arrêt de la chasse fonctionne : 40 pour cent de tourterelles des bois en plus
Avant 2019, environ un million de tourterelles des bois étaient abattues chaque automne en France, en Espagne et au Portugal. Après le moratoire sur la chasse entré en vigueur en 2021, la population nicheuse sur la voie de migration occidentale a augmenté de 40 pour cent entre 2021 et 2024, soit environ 615’000 couples nicheurs supplémentaires. Sur la voie de migration centre-orientale, où la chasse se poursuit, la population continue de décliner. Source : Operation Turtle Dove, mars 2025.
11. Genève vit sans chasse de loisir depuis 1974
Le canton de Genève a aboli la chasse de loisir en 1974 par votation populaire. Les interventions sont assurées par le service de la faune de l'État. En 2025, on a retrouvé à Genève 57,8 renards morts par 100 km², contre 57,9 à Berne et 83,3 à Zurich, alors que des centaines, voire des milliers de renards y sont abattus chaque année. Les animaux trouvés morts correspondent à des cadavres enregistrés, non à la taille des populations, et dépendent aussi du trafic routier. Les statistiques n'apportent aucun indice d'une prolifération de renards à Genève. Source : OFEV, Statistique fédérale de la chasse 2025 ; contexte dans Dossier Genève et l'interdiction de la chasse.
Et le 11 novembre : une minute de silence
Onze faits, onze jours. Le 11 novembre à 11h11, nous observons une minute de silence pour les animaux sauvages qui meurent en Suisse à cause de la chasse de loisir, soit 341 par jour en moyenne arithmétique en 2025. Pour savoir comment participer, consultez l'article «11h11 le 11.11. : une minute de silence pour les animaux sauvages».
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Pour celles et ceux qui souhaitent, le 11 novembre, ne pas seulement se taire mais aussi se montrer : le T-shirt «Protéger les renards, ne pas les tirer» est disponible dans le Shop de l'IG Wild beim Wild en coton bio, à partir de CHF 29.49. Chaque achat soutient notre travail en faveur des animaux sauvages.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Alternatives à la chasse de loisir nous montrons des alternatives politiques et pratiques à la chasse de loisir. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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