Bécasse des bois en Suisse : menacée, chassée et ignorée
La bécasse des bois figure sur la Liste rouge de la Suisse dans la catégorie « vulnérable » (VU). Sa population nicheuse est faible et continue de diminuer. Elle a presque entièrement disparu du Plateau. La Confédération a investi 500’000 francs dans un projet national censé élucider les causes de son déclin. Dans le même temps, 1’400 bécasses des bois ont été tirées en Suisse en 2025, contre 2’120 en 2024, en grande majorité au Tessin (Statistique de la chasse en Suisse 2025). L’étude de l’OFEV à ce sujet (Bohnenstengel et al., 2020) a démontré que les oiseaux nicheurs suisses restent dans le pays bien avant dans la saison de chasse et que, selon la méthode, 14 à 33 pour cent des bécasses des bois tirées sont des oiseaux indigènes. La Fondation Franz Weber commente : « La chasse à la bécasse des bois est une pure activité sportive et de loisir. Il n’existe aucune nécessité de réguler la population, puisqu’il n’y a pas non plus de conflit entre les humains et les animaux. » BirdLife Suisse compare la situation à l’alcool au volant : « C’est un peu comme si l’on n’interdisait pas l’alcool au volant parce que cette cause ne figure pas en premier rang des décès sur la route. »
Fiche signalétique
La bécasse des bois (Scolopax rusticola) appartient à la famille des scolopacidés (Scolopacidae) et est donc un limicole qui, contrairement aux habitudes de sa famille, ne vit pas au bord des eaux mais en forêt. Elle est à peu près aussi grande qu’un pigeon domestique, avec une longueur de 33 à 38 centimètres et un poids de 250 à 420 grammes. Son plumage est un chef-d’œuvre de camouflage : un motif complexe de tons bruns, noirs, gris et beiges qui la rend pratiquement invisible sur le sol forestier. Son long bec droit (6 à 8 centimètres) est son principal outil : elle s’en sert pour sonder le sol forestier meuble et humide à la recherche de vers de terre, qui représentent jusqu’à 90 pour cent de son alimentation.
Biologie et mode de vie
La bécasse des bois est un oiseau nocturne et solitaire. Pendant la journée, elle reste immobile sur le sol de la forêt et compte sur son camouflage. Au crépuscule et la nuit, elle s'envole vers des zones ouvertes (prairies, clairières) pour chercher de la nourriture. Au printemps, les mâles exécutent des vols nuptiaux spectaculaires (la «croule»): à la tombée du soir, ils survolent la cime des arbres en émettant leur caractéristique grognement grave, le «quorrement», et leur sifflement aigu, le «puitzement». La femelle couve seule et pond 4 œufs dans une dépression du sol, parmi les feuilles. L'incubation dure de 21 à 24 jours. En cas de danger, la femelle peut serrer un poussin entre son corps et sa cuisse et s'envoler avec lui, un comportement unique chez les oiseaux.
Le plus grand champ de vision de tous les oiseaux
La bécasse des bois possède sans doute la disposition des yeux la plus remarquable de tous les oiseaux. Ses grands yeux brun foncé sont placés très haut et sur les côtés de la tête, ce qui lui offre un champ de vision quasi complet de 360 degrés. Elle peut voir simultanément devant, derrière et au-dessus d'elle sans bouger la tête (Umweltnetz Schweiz, 2023). Cette adaptation lui permet, lorsqu'elle est posée au sol, de repérer les ennemis venant de toutes les directions tandis qu'elle fouille la terre de son bec à la recherche de vers. Cet organe sensoriel exceptionnel, façonné par des millions d'années d'évolution, reçoit des chasseurs de loisir pour seule réponse un coup de fusil à plombs au crépuscule.
Effectifs et répartition: un oiseau en voie de disparition
Statut sur la Liste rouge
La bécasse des bois figure sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse (Knaus et al., 2021) dans la catégorie «vulnérable» (VU). Elle n'est pas la seule espèce d'oiseaux chassables de la Liste rouge: le fuligule milouin («en danger»), la sarcelle d'hiver, le fuligule morillon et le canard chipeau (tous «vulnérables») peuvent également être chassés. Parmi ces espèces, la bécasse des bois est toutefois de loin la plus souvent abattue. L'effectif nicheur suisse est estimé à 1’000 à 4’000 mâles chanteurs (Station ornithologique suisse, estimation des effectifs 2013–2016). Selon la Liste rouge, la population est faible et continue de diminuer. La Station ornithologique suisse de Sempach constate: «En tant qu'oiseau nicheur, la bécasse des bois a presque entièrement disparu de Suisse en dessous de 900 mètres depuis 1993–1996» (Station ornithologique de Sempach, Atlas).
Répartition en Suisse
La bécasse des bois est encore largement répandue le long de la bordure nord des Alpes et dans les Alpes centrales des Grisons. Elle a presque entièrement disparu du Plateau. Pour le Jura, des indices laissent penser que son aire de répartition a légèrement diminué (Station ornithologique suisse, Vogeljagd in der Schweiz, 2024). Elle affectionne les forêts humides et claires, dotées d'une strate arbustive et herbacée bien développée et d'un sol meuble, riche en humus. La disparition de ces habitats en raison de la densification des forêts, de l'assèchement lié au changement climatique et de la pollution lumineuse est considérée, avec la chasse de loisir, comme une cause de son déclin (Bohnenstengel et al., 2020).
Contexte européen
À l'échelle européenne, la population est estimée à environ 10 à 13,5 millions d'oiseaux adultes. La Liste rouge européenne (BirdLife International, 2021) classe l'espèce comme «non menacée» (LC), mais relève une tendance à la baisse. La menace est un problème spécifiquement suisse et ouest-européen: les habitats de nidification se dégradent, et la chasse pendant la migration et dans les zones d'hivernage s'ajoute à cette dégradation. En France, plusieurs centaines de milliers de bécasses des bois sont tirées chaque année. La Suisse fait partie d'une voie migratoire sur laquelle les oiseaux voyagent du nord-est de l'Europe, via l'Europe centrale, vers le bassin méditerranéen et la côte atlantique. Chaque tir effectué en Suisse s'ajoute à la mortalité cumulée le long de cette voie migratoire.
Pour en savoir plus : Dossier : chasse et biodiversité
La chasse: une chasse de loisir visant une espèce menacée
Situation juridique
Selon la loi fédérale sur la chasse, la bécasse des bois est une espèce chassable, avec une période de protection du 15 décembre au 15 septembre (art. 5 al. 1 let. p LChP). Elle est chassée dans sept cantons: Tessin, Valais, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Jura et Berne (dans le Jura bernois). Tous les cantons germanophones ont aboli la chasse à la bécasse des bois (Freiburger Nachrichten, 2024). La période de chasse varie selon les cantons, mais commence dans la plupart d'entre eux à la mi-septembre ou à la mi-octobre. Dans le canton de Fribourg, la période de chasse s'étend désormais du 1er novembre au 14 décembre (État de Fribourg). Dans certains cantons, une limite de deux oiseaux par chasseur ou chasseuse de loisir et par jour de chasse est appliquée (Fondation Franz Weber, 2020).
L'ampleur des tirs
Entre 2003 et 2022, le tableau de chasse annuel s'est élevé en moyenne à 1’911 bécasses des bois (fourchette : 1’424 à 2’508). En 2023, 1’157 bécasses ont été tirées, 2’120 en 2024 et 1’400 en 2025 (Statistique fédérale de la chasse). Environ 85 pour cent des tirs concernent le canton du Tessin : 1’172 en 2025, et même 1’864 en 2024. Parmi les espèces d'oiseaux de la Liste rouge, la bécasse des bois est ainsi de loin la plus souvent abattue. Au total, elle se classait en 2025 au quatrième rang des oiseaux abattus, derrière la corneille noire, le canard colvert et le grand cormoran (hors pigeons domestiques retournés à l'état sauvage). Les chiffres par canton figurent dans le dossier Statistique de la chasse en Suisse 2025. La Fondation Franz Weber constate : «La chasse à la bécasse des bois est une pure activité sportive et de loisir. Il n'existe aucune nécessité de réguler la population» (Fondation Franz Weber, 2020).
L'étude de l'OFEV : des oiseaux nicheurs suisses sont tirés
La question décisive de la chasse à la bécasse des bois a longtemps été la suivante : lors de la chasse d'automne, tire-t-on des oiseaux nicheurs indigènes ou seulement des migrateurs en provenance du nord-est de l'Europe ? Le lobby de la chasse de loisir soutenait que les oiseaux nicheurs suisses étaient depuis longtemps partis lorsque la chasse commençait. Une étude commandée par l'OFEV (Bohnenstengel et al., 2020 ; Info fauna/CSCF Neuchâtel avec la Station ornithologique de Sempach) a réfuté cette affirmation. L'étude a équipé des bécasses des bois d'émetteurs satellites dans le Jura neuchâtelois et constaté que les oiseaux nicheurs suisses ne se mettent en route vers leurs quartiers d'hiver qu'à partir de la mi-octobre. Début novembre, bien plus de la moitié d'entre eux est encore présente dans l'aire de nidification. 95 pour cent des départs ont lieu entre le 21 octobre et le 20 novembre (Bohnenstengel et al., 2020 ; Station ornithologique de Sempach, Vogeljagd in der Schweiz, 2024).
Comme plus de 75 pour cent de tous les tirs ont lieu entre le 16 octobre et le 15 novembre (Bohnenstengel et al., 2020), des oiseaux nicheurs indigènes sont eux aussi abattus. Une analyse isotopique complémentaire a montré que, selon la méthode, entre 14 et 33 pour cent des bécasses abattues sont indigènes. Pour 19 pour cent des animaux examinés, l'origine est restée incertaine (Umweltnetz Schweiz, 2023). La Station ornithologique de Sempach conclut : «La pression de chasse sur la bécasse des bois doit être réduite» (Station ornithologique de Sempach, 2024).
La révision avortée de la JSG : de la cosmétique au lieu de la protection
La loi sur la chasse révisée, rejetée par le peuple en 2020, aurait prolongé d'un mois la période de protection de la bécasse des bois (ouverture de la chasse au 16 octobre au lieu de la mi-septembre). BirdLife Suisse a critiqué : «Cette adaptation n'est que cosmétique : 96 pour cent des bécasses des bois peuvent aussi être chassées avec la nouvelle loi sur la chasse, y compris nos oiseaux nicheurs suisses, qui restent dans le pays bien au-delà du début de la saison de chasse» (BirdLife Suisse, statistique de la chasse). La Fondation Franz Weber a calculé que, durant la période qui aurait été couverte par la prolongation de la période de protection, seuls 4 pour cent des tirs ont lieu. La révision était une occasion manquée de placer enfin la bécasse des bois sous protection. La loi sur la chasse en vigueur depuis le 1er février 2025 autorise elle aussi la chasse à la bécasse des bois du 16 septembre au 14 décembre (art. 5, al. 1, let. p LChP).
Le double financement grotesque
D'un côté, l'OFEV finance des projets de promotion de l'espèce en faveur de la bécasse des bois à hauteur de 500’000 francs (versement unique) et participe chaque année, à raison d'environ 200’000 francs, aux coûts de projets de protection des oiseaux. De l'autre, il autorise la chasse de cette même espèce dans sept cantons. Le magazine de consommateurs Saldo commente : «Grotesque : la bécasse des bois est une espèce prioritaire pour la promotion des espèces. La Confédération et les cantons financent des projets pour accroître les effectifs, tandis que la Confédération livre en même temps ces animaux au tir» (Saldo, 2021).
Pour en savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme moyen de contrôle des populations
Importance écologique
Soigneuse des sols et espèce indicatrice
La bécasse des bois est une spécialiste des forêts humides et riches en structures, au sol meuble. En cherchant intensément sa nourriture (en sondant le sol à la recherche de vers de terre et de larves d'insectes), elle ameublit le sol forestier et favorise son aération et son drainage. Sa présence témoigne de sols intacts, d'une humidité suffisante et d'une population de vers de terre en bonne santé. Là où la bécasse des bois disparaît, c'est un indicateur de la qualité de l'écosystème forestier qui disparaît.
Réseau trophique
La bécasse des bois est la proie de l'autour des palombes, du grand-duc, de la chouette hulotte et du renard. Ses œufs et ses poussins sont la proie des martres, des corneilles et des sangliers. Maillon entre l'écosystème du sol (vers de terre, larves d'insectes) et les prédateurs forestiers, elle remplit une fonction importante dans le réseau trophique de la forêt.
Histoire culturelle
La bécasse des bois est depuis des siècles un motif central de la culture et de la littérature cynégétiques européennes. Le «passage de la bécasse», ce vol nuptial au crépuscule, a été décrit par des poètes et des naturalistes, de Johann Peter Eckermann à Peter Berthold. La chasse à la bécasse des bois était considérée comme la «discipline reine» de la chasse au petit gibier. Aujourd'hui, elle est le symbole d'une chasse de loisir qui refuse de reconnaître que les temps ont changé et qu'une espèce menacée n'est plus disponible comme trophée sportif.
Ce qui devrait changer
- Protection immédiate de la bécasse des bois dans toute la Suisse: La bécasse des bois figure sur la Liste rouge comme «vulnérable» (VU). Sa population nicheuse est faible et continue de diminuer. Elle a presque disparu du Plateau. La chasse de loisir constitue, de façon avérée, un facteur de mortalité supplémentaire qui touche des oiseaux nicheurs indigènes. La bécasse des bois doit être retirée du catalogue des espèces chassables. Ce que tous les cantons germanophones ont déjà mis en œuvre doit être appliqué dans les sept cantons restants et au niveau fédéral.
- Report immédiat de la période de chasse au moins jusqu'au 1er décembre: Tant que la bécasse des bois reste chassable, la période de protection doit être prolongée de manière à ne plus affecter les oiseaux nicheurs indigènes. Selon l'étude de l'OFEV, 95 pour cent des prélèvements de bécasses des bois indigènes ont lieu entre le 21 octobre et le 20 novembre (Bohnenstengel et al., 2020). Seule une période de protection jusqu'au 1er décembre épargnerait largement les oiseaux nicheurs suisses.
- Fin de l'absurde double financement: La Confédération ne peut pas financer simultanément la promotion de l'espèce bécasse des bois et en autoriser la chasse. C'est un gaspillage d'argent public et une contradiction qui sape toute la crédibilité de la politique de biodiversité.
- Valorisation des habitats: Les forêts humides et claires, dotées d'une strate herbacée bien développée et d'un sol meuble, doivent être favorisées de manière ciblée. Le drainage des sols forestiers et l'assombrissement dû à l'abandon des éclaircies sont les principales causes de la perte d'habitat. Le projet de l'OFEV sur la préférence d'habitat de la bécasse des bois (Station ornithologique de Sempach/CSCF) en fournit les bases.
- Engagement international en faveur d'une réduction de la chasse sur les voies de migration: Dans le cadre de la Convention de Berne et de l'accord AEWA (Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie), la Suisse doit s'engager en faveur d'une réduction de la mortalité cynégétique cumulée le long de la voie migratoire. Les plusieurs centaines de milliers de bécasses des bois tuées chaque année en France concernent aussi des oiseaux qui traversent la Suisse ou y nichent.
Argumentaire
«La plupart des bécasses des bois tuées en Suisse sont des migratrices de passage, la chasse ne nuit pas à la population suisse.» L'étude de l'OFEV (Bohnenstengel et al., 2020) a réfuté cette affirmation. Les oiseaux nicheurs suisses restent dans le pays bien avant dans la saison de chasse: début novembre, la moitié se trouve encore dans la zone de nidification. Selon la méthode employée, entre 14 et 33 pour cent des bécasses tuées sont indigènes. Pour 19 pour cent, l'origine reste incertaine. La Station ornithologique suisse de Sempach demande donc une réduction de la pression de chasse. Le fait que des oiseaux de passage soient abattus ne rend pas la chasse plus acceptable: ces oiseaux sont également chassés sur le reste de leur voie migratoire, en France, en Espagne et en Italie. Chaque tir en Suisse s'ajoute à la mortalité cumulée.
«La bécasse des bois n'est pas menacée à l'échelle européenne, son tir est justifiable.» La population européenne globale n'est pas un argument pour chasser une espèce considérée comme «vulnérable» en Suisse. La Liste rouge évalue l'état national. La Suisse a l'obligation propre de préserver ses populations nicheuses. Lorsqu'une espèce est menacée au niveau national, elle ne doit pas être chassée au niveau national, quel que soit son statut mondial. Tout le reste revient à se décharger de sa responsabilité.
«Les cantons adapteront la période de chasse, cela suffit pour la protection.» Les adaptations réalisées jusqu'ici sont cosmétiques. La prolongation de la période de protection prévue dans la loi sur la chasse révisée, rejetée en votation, n'aurait empêché que 4 pour cent des tirs. Le canton de Fribourg s'est lui aussi contenté de repousser l'ouverture de la chasse au 1er novembre et a expressément exclu une interdiction de chasse, en invoquant la «chasse à la bécasse riche en traditions» (Freiburger Nachrichten, 2024; Canton de Fribourg : chasse à la bécasse des bois malgré la Liste rouge). Tant que la chasse reste autorisée par principe, la bécasse des bois n'est pas protégée. Seule une interdiction de chasse complète offre à l'espèce la sécurité que son statut sur la Liste rouge exige.
«La chasse de loisir à la bécasse des bois a une longue tradition.» La tradition de la chasse à la bécasse est une tradition de la classe supérieure, qui n'a rien à voir avec la préservation de la biodiversité. La croule de la bécasse passait pour la «discipline reine» de la petite chasse. Cette tradition ne doit pas passer avant la survie d'une espèce. La tradition n'est pas un argument pour poursuivre une pratique qui met une espèce menacée sous une pression supplémentaire. Tous les cantons alémaniques ont déjà aboli la chasse à la bécasse des bois et montrent qu'on peut s'en passer.
«La Confédération investit dans la promotion de l'espèce qu'est la bécasse des bois, donc le problème est reconnu.» Le problème est reconnu, mais la solution est refusée. La Confédération a investi 500’000 francs dans la recherche sur la bécasse des bois tout en laissant abattre chaque année bien plus d'un millier d'individus (2025 : 1’400). C'est comme réparer une fuite dans un bateau tout en perçant de nouveaux trous. La promotion de l'espèce perd toute crédibilité tant que la chasse de l'espèce soutenue n'est pas interdite.
Liens rapides
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Sources
- OFEV, Statistique fédérale de la chasse : bécasse des bois 2003–2025, par canton, consultée le 21.10.2026 (jagdstatistik.ch)
- Station ornithologique suisse de Sempach (2024) : La chasse aux oiseaux en Suisse, prise de position (vogelwarte.ch)
- Station ornithologique suisse de Sempach : Préférences d'habitat et début du comportement migratoire chez la bécasse des bois, projet (vogelwarte.ch)
- Station ornithologique suisse de Sempach : Atlas des oiseaux nicheurs de Suisse, chasse et persécution par l'homme (vogelwarte.ch)
- Bohnenstengel T., Rocheteau V., Delmas M., Vial N., Rey E., Homberger B., Gonseth Y. (2020) : Projet national sur la Bécasse des bois, Rapport final. Info fauna, Neuchâtel, sur mandat de l'OFEV (bafu.admin.ch)
- Knaus P., Antoniazza S., Keller V., Sattler T., Schmid H., Strebel N. (2021) : Liste rouge des oiseaux nicheurs. OFEV et Station ornithologique suisse, Exécution environnement n° 2124 (bafu.admin.ch) (bécasse des bois : VU)
- Station ornithologique suisse (2020) : Estimation des effectifs des oiseaux nicheurs en Suisse, mise à jour 2013–2016 (bécasse des bois : 1’000 à 4’000 mâles)
- BirdLife International (2021) : European Red List of Birds 2021 (bécasse des bois en Europe : LC, en déclin)
- BirdLife Suisse : La statistique de chasse actuelle et la loi sur la chasse révisée (birdlife.ch, 2020)
- BirdLife Suisse (2023) : Chasse d'animaux menacés, une anomalie persiste dans le canton de Vaud (birdlife.ch)
- État de Fribourg, Service des forêts et de la nature : bécasse des bois, période de chasse du 1er novembre au 14 décembre (fr.ch)
- Fondation Franz Weber (2020) : La bécasse des bois, une espèce vulnérable chassée pour le sport (ffw.ch)
- Freiburger Nachrichten (2024) : Le Conseil d'État ne veut pas interdire la chasse de l'oiseau menacé (freiburger-nachrichten.ch)
- Umweltnetz Schweiz (2023) : L'oiseau à la vue panoramique (umweltnetz-schweiz.ch)
- Saldo (2021) : Oiseaux menacés, livrés au tir (saldo.ch)
- Naturschutz.ch (2020) : LChP : NON à la chasse d'espèces menacées (naturschutz.ch)
- NABU NRW : La bécasse des bois, menaces et droit de la chasse (nabu.de)
- CH-Wildinfo n° 1 (2018) : projet de recherche de l'OFEV sur la bécasse des bois, émetteurs ARGOS (wildtier.ch)
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0), version du 1er février 2025 (fedlex.admin.ch)
- Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
- Convention de Berne : Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe
Notre exigence
La bécasse des bois est l'un des oiseaux les plus mystérieux de Suisse. Nocturne, parfaitement camouflée, dotée du plus grand champ visuel de tous les oiseaux, elle vit cachée dans nos forêts et fouille de son long bec le sol humide à la recherche de vers de terre. Celui qui la voit survoler la cime des arbres lors de la croule, qui entend le grondement grave et le « puitz » aigu au crépuscule, vit l'un des derniers moments de nature sauvage intacte en Suisse.
Cet oiseau figure sur la Liste rouge. Sa population nicheuse est petite et continue de diminuer. Il a disparu du Plateau. La Confédération investit des centaines de milliers de francs dans sa recherche et sa promotion. Et pourtant, chaque année, bien plus d'un millier de bécasses des bois sont abattues (2024 : 2’120, 2025 : 1’400), au crépuscule, au fusil de chasse, repérées par des chiens de chasse. Parmi elles, des oiseaux nicheurs suisses dont la présence est avérée, et qui devraient justement être favorisés. Aucun chasseur ni aucune chasseuse de loisir n'a besoin d'une bécasse des bois. Elle ne cause aucun dommage. Il n'existe aucun conflit entre l'être humain et l'animal. Il n'existe qu'une tradition plus ancienne que la prise de conscience qu'une espèce menacée ne doit pas être livrée au tir. Tous les cantons alémaniques ont déjà mis en œuvre cette prise de conscience. Il manque encore sept cantons et la Confédération.
La conséquence est claire : la bécasse des bois doit être protégée dans toute la Suisse. La chasse d'une espèce menacée est incompatible avec la loi sur la protection des animaux, avec la Liste rouge et avec toute forme de raison écologique. Ce dossier est actualisé en continu dès que de nouveaux chiffres, de nouvelles études ou de nouveaux développements politiques l'exigent.
Pour en savoir plus sur le thème de la chasse de loisir : dans notre aperçu des dossiers nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.
