22.10.2026, 05:53

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Les oiseaux d'eau en Suisse : hôtes hivernaux dans la ligne de mire

Environ un demi-million d’oiseaux d’eau hivernent chaque année sur les lacs et les rivières de Suisse. En tant que site d’hivernage et de halte migratoire, la Suisse revêt une importance internationale particulière, raison pour laquelle le Conseil fédéral a signé en 1974 la Convention de Ramsar pour la protection des zones humides. Dans le même temps, des milliers d’oiseaux d’eau sont abattus chaque année en Suisse. En 2025, environ 4’100 canards ont été tués, ainsi que 22 grèbes huppés, 201 foulques macroules et 1’538 cormorans (Statistique de la chasse en Suisse 2025). Selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5), les canards sauvages peuvent être chassés, à l’exception des espèces expressément protégées. BirdLife Suisse constate : « Sur le plan écologique, non seulement la chasse au lièvre, mais aussi celle aux oiseaux est tout à fait inutile. » Le fuligule milouin figure sur la Liste rouge mondiale de l’UICN comme « vulnérable » et sur la Liste rouge suisse des oiseaux nicheurs comme « fortement menacé » ; la sarcelle d’hiver, le canard pilet, le canard chipeau et le canard souchet sont considérés comme « vulnérables » en Suisse. Tous sont pourtant chassés. La foulque macroule est classée « potentiellement menacée » à l’échelle européenne. La Suisse accueille des hôtes d’hiver venus de la moitié de l’Europe et leur tire dessus.

Aperçu des oiseaux d’eau pouvant être chassés

Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Le canard colvert est l’espèce de canard la plus répandue et la plus connue de Suisse. Le mâle en plumage nuptial est inimitable : tête d’un vert métallique, collier blanc, poitrine marron, corps gris. La femelle est tachetée de brun, avec un miroir alaire bleu. Le canard colvert pèse de 850 à 1’400 grammes pour une longueur de 50 à 65 centimètres. Il vit dans pratiquement tous les types de plans d’eau, des lacs de montagne aux parcs urbains en passant par les rivières. En Suisse, le canard colvert est à la fois nicheur et hôte d’hiver. Il se reproduit dès mars, pond de 7 à 13 œufs et élève seule les canetons. Le canard colvert est de loin l’espèce de canard la plus chassée de Suisse. En 2025, 3’792 colverts ont été tués, dont 568 dans le canton de Saint-Gall, 444 à Berne et 370 à Fribourg (statistique fédérale de la chasse). En 2016, ils étaient encore 5’142.

Sarcelle d’hiver (Anas crecca)

La sarcelle d'hiver est la plus petite espèce de canard d'Europe : seulement 34 à 38 centimètres de long pour 250 à 400 grammes. Le mâle a la tête brun marron barrée d'une large bande verte autour de l'œil. En Suisse, la sarcelle d'hiver niche en petit nombre et est surtout présente comme hivernante et migratrice de passage. Elle préfère les eaux peu profondes et riches en végétation. Sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse (Knaus et al., 2021), la sarcelle d'hiver est classée « vulnérable » (VU). En 2025, 142 sarcelles d'hiver ont tout de même été tirées, dont 55 dans le canton de Fribourg et 37 à Saint-Gall (Statistique fédérale de la chasse). La sarcelle d'hiver est l'une des trois espèces de canards qui seraient restées chassables même après la révision (rejetée) de la loi sur la chasse (Tages-Anzeiger, 2019).

Fuligule morillon (Aythya fuligula)

Le fuligule morillon est un canard plongeur au plumage noir et blanc frappant chez le mâle, avec une huppe caractéristique à l'arrière de la tête. Il pèse de 550 à 900 grammes et mesure de 40 à 47 centimètres. En Suisse, le fuligule morillon ne s'est établi comme nicheur qu'au cours des dernières décennies et compte 160 à 280 couples nicheurs (Station ornithologique suisse, estimation des effectifs 2013–2016) ; sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs, il est classé « vulnérable » (VU). Comme hivernant, il est nettement plus fréquent. Le fuligule morillon plonge jusqu'à six mètres de profondeur pour se nourrir de moules, d'escargots et de larves d'insectes. En 2025, 59 fuligules morillons ont été tués, contre 124 en 2016 (Statistique fédérale de la chasse). La Station ornithologique suisse de Sempach décrit les zones de nidification les plus riches en espèces comme des « zones humides très structurées au bord ou à proximité des grands lacs » et souligne que, parmi les canards de Suisse, seul le colvert est fréquent et largement répandu, toutes les autres espèces de canards étant des nicheurs rares (Station ornithologique de Sempach, Zones de nidification et quartiers d'hiver des oiseaux d'eau).

Fuligule milouin (Aythya ferina)

Le fuligule milouin est un canard plongeur de taille moyenne, dont le mâle arbore une tête brun-roux et une poitrine noire. Il est classé « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge mondiale de l'UICN depuis 2015 et est également considéré comme menacé à l'échelle européenne (BirdLife International, European Red List of Birds 2021 : VU). En Suisse, avec 6 à 9 couples nicheurs, c'est un oiseau nicheur très rare, classé « en danger » (EN) sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs ; il est par ailleurs un important hôte hivernal. Des dizaines de milliers de fuligules milouins hivernent sur le lac de Constance, une région qui accueille en plein hiver des parts d'importance internationale de la population de la voie de migration (Wildtierportal BW, Tafelente). En 2025, 35 fuligules milouins ont été tués en Suisse, 46 en 2024 et encore 99 en 2016 (statistique fédérale de la chasse). BirdLife Suisse critique : sur les 4’729 canards abattus en 2018, seuls 2,2 pour cent appartenaient aux espèces que la loi sur la chasse révisée aurait dû protéger (BirdLife Suisse, statistique de la chasse).

Autres oiseaux d'eau chassables

Outre les canards, on chasse également en Suisse le Grèbe huppé (Podiceps cristatus), la foulque macroule (Fulica atra) et le Cormoran (Phalacrocorax carbo). Le grèbe huppé figure sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs comme « potentiellement menacé » (NT) et fait partie des espèces prioritaires au niveau national. En 2019, 142 grèbes huppés ont été abattus, soit 71 pour cent de plus que l'année précédente, sans qu'une protection ne soit même discutée (BirdLife Suisse, statistique de la chasse). En 2025, ils n'étaient plus que 22, dont 12 à Saint-Gall. La foulque macroule est classée « potentiellement menacée » (NT) à l'échelle européenne et est pourtant chassée en Suisse : 201 tirs en 2025, 423 en 2019 (statistique fédérale de la chasse ; BirdLife International, 2021). Le grand cormoran est abattu en tant que prétendu pilleur de poissons, dans l'intérêt de la pêche professionnelle : 1’538 cormorans en 2025, dont 287 au titre de tirs spéciaux (statistique fédérale de la chasse).

La Suisse, quartier d'hiver : une responsabilité internationale

Un demi-million d'hôtes

La Station ornithologique suisse de Sempach le documente : « En hiver, la Suisse accueille environ un demi-million d'oiseaux d'eau » (Station ornithologique de Sempach, recensements des oiseaux d'eau). Les lacs suisses gèlent rarement et offrent de la nourriture toute l'année. Cela fait de la Suisse l'une des principales aires d'hivernage d'Europe centrale pour des espèces de canards qui nichent en Scandinavie, en Russie et en Europe de l'Est. Sur le lac de Constance et le lac Léman, des dizaines de milliers de canards plongeurs et de surface se concentrent.

Convention de Ramsar et zones protégées

La Suisse a signé la Convention de Ramsar en 1974, désigné onze sites Ramsar et délimité 10 réserves d'oiseaux d'eau et de passage d'importance internationale ainsi que 25 d'importance nationale (OFEV, Réserves d'oiseaux d'eau et de passage). Mais BirdLife Suisse critique : sur les quelque 40 sites qui devraient en principe être protégés, plus d'un tiers manque encore dans l'ordonnance fédérale de protection. Cela fait des années que la Suisse n'a plus désigné de nouveau site Ramsar et elle est « lanterne rouge en matière de zones protégées en Europe » (BirdLife Suisse, Zones humides, 2022). Notamment sur le lac de Constance et le lac inférieur, l'une des zones d'oiseaux d'eau les plus importantes d'Europe, la Suisse n'a désigné aucun site Ramsar, alors que l'Allemagne et l'Autriche l'ont fait depuis longtemps.

La contradiction

La Suisse s'engage sur le plan international à protéger les oiseaux d'eau et leurs habitats, et abat pourtant chaque année des milliers d'hôtes hivernaux. Les oiseaux qui cherchent refuge sur les lacs suisses y sont accueillis par des chasseurs et chasseuses de loisir. La chasse aux canards, aux grèbes huppés et aux foulques sur les plans d'eau d'hivernage sape la stratégie de protection internationale et contredit l'esprit de la Convention de Ramsar.

Pour en savoir plus : Dossier : chasse et biodiversité

La chasse : 15 espèces dans la ligne de mire

Situation juridique

Selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5, al. 1, let. o), les canards sauvages peuvent être chassés en Suisse, avec une période de protection du 1er février au 31 août ; seuls les oies sauvages, les demi-oies, les harles, les cygnes et quelques espèces rares de canards sont protégés (art. 5, al. 2, LChP), de même que le fuligule nyroca (art. 3bis OChP). S'y ajoutent le grèbe huppé, la foulque macroule et le cormoran. Les cantons peuvent prolonger les périodes de protection ou protéger des espèces. La grenaille de plomb est interdite depuis des années pour la chasse aux oiseaux d'eau (art. 2, al. 1, let. l, OChP). En 2020, une révision de la loi sur la chasse a été rejetée par le peuple suisse. La loi révisée aurait réduit à trois le nombre d'espèces de canards chassables (canard colvert, sarcelle d'hiver, fuligule morillon), mais BirdLife Suisse a critiqué le fait que 98 pour cent des tirs de canards auraient ainsi continué à être autorisés et que seuls 2,2 pour cent des tirs auraient concerné des espèces nouvellement protégées (BirdLife Suisse, Statistique de la chasse ; Tages-Anzeiger, 2019).

L'ampleur des tirs

Selon la statistique fédérale de la chasse, 3’792 canards colverts, 142 sarcelles d’hiver, 59 fuligules morillons, 35 fuligules milouins, 18 canards chipeaux, 7 canards siffleurs et 4 canards souchets ont été tués en 2025, soit environ 4’100 canards de toutes espèces. À cela s’ajoutent 22 grèbes huppés, 201 foulques macroules et 1’538 grands cormorans. Les tirs de canards ont reculé depuis 2016 (environ 5’600), mais ceux des espèces menacées que sont la sarcelle d’hiver et le canard chipeau ont de nouveau augmenté en 2025 par rapport à l’année précédente.

Des espèces menacées dans la ligne de mire

Le scandale de la chasse aux oiseaux d’eau en Suisse tient au fait que l’on chasse aussi des espèces inscrites sur les listes rouges. Le fuligule milouin est classé depuis 2015 « vulnérable » (VU) sur la liste rouge mondiale et « en danger » (EN) sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse. La sarcelle d’hiver, le fuligule morillon, le canard chipeau et le canard souchet sont considérés comme « vulnérables » (VU) en Suisse, le grèbe huppé comme « potentiellement menacé » (Knaus et al., 2021). La foulque macroule est classée « quasi menacée » (NT) à l’échelle européenne (BirdLife International, 2021). Que la Suisse chasse des espèces considérées comme menacées au niveau international tout en ayant signé la Convention de Ramsar est une contradiction qu’aucune « raison valable » au sens de la loi sur la protection des animaux ne permet de justifier.

Pour en savoir plus : Problème de protection animale : des animaux sauvages agonisent à cause des chasseurs de loisir

Importance écologique : les oiseaux d’eau, ingénieurs des écosystèmes

Cycle des nutriments

Les canards et autres oiseaux d’eau transportent des nutriments entre les plans d’eau et les milieux terrestres. Leurs déjections fertilisent les rives et favorisent la croissance des plantes. Les canards plongeurs comme le fuligule morillon et le fuligule milouin contribuent à réguler les populations de moules et d’escargots et influencent ainsi la qualité de l’eau.

Dissémination des graines

Les canards de surface comme le colvert et la sarcelle d’hiver dispersent des graines de plantes sur des centaines de kilomètres, par leur système digestif (endozoochorie) et dans leur plumage (épizoochorie). Cette fonction est irremplaçable pour la mise en réseau de zones humides isolées et pour la diversité génétique des plantes aquatiques. Des études ont montré que jusqu’à dix pour cent des graines ingérées par les canards survivent à la digestion et restent aptes à germer.

Chaîne alimentaire

Les oiseaux d'eau sont des proies essentielles pour des prédateurs tels que le pygargue à queue blanche, le faucon pèlerin, l'autour des palombes et le renard. Le pygargue à queue blanche, qui apparaît occasionnellement en Suisse comme hôte hivernal et pourrait s'y réinstaller à l'avenir, dépend des oiseaux d'eau comme nourriture principale. Le grand-duc capture lui aussi régulièrement des canards et des foulques. Qui décime les oiseaux d'eau décime aussi la base alimentaire des prédateurs.

espèce indicatrice

Les effectifs d'oiseaux d'eau constituent un indicateur reconnu de la qualité des écosystèmes aquatiques. La Suisse effectue depuis des décennies des recensements d'oiseaux d'eau (Station ornithologique de Sempach, recensements d'oiseaux d'eau). Le déclin des effectifs signale une dégradation de la qualité de l'eau, de la disponibilité de la nourriture ou une augmentation des dérangements. Il est paradoxal que les mêmes espèces qui servent d'indicateurs de la santé de nos eaux soient en même temps chassées.

Ce qui devrait changer

  • Retrait immédiat de toutes les espèces d'oiseaux d'eau menacées du catalogue des espèces chassables: Le fuligule milouin (VU au niveau mondial, EN en Suisse), la sarcelle d'hiver, le canard souchet, le canard chipeau et le canard pilet (VU en Suisse), le grèbe huppé (NT en Suisse) et la foulque macroule (NT au niveau européen) ne doivent plus être chassés. La chasse d'espèces figurant sur les listes rouges internationales est incompatible avec la Convention de Ramsar et avec la loi sur la protection des animaux.
  • Réduction à zéro du nombre d'espèces de canards chassables: La chasse de loisir aux oiseaux d'eau n'a aucun motif raisonnable. Les canards ne causent aucun dommage qui justifierait leur tir. Le rendement en viande est marginal, le dérangement des hôtes hivernaux considérable. Toutes les espèces de canards devraient être retirées du catalogue des espèces chassables.
  • Extension des réserves d'oiseaux d'eau et d'oiseaux migrateurs: La Suisse doit intégrer dans l'ordonnance de protection les 15 zones d'importance nationale pour les oiseaux d'eau qui manquent encore, et désigner des sites Ramsar transfrontaliers au lac de Constance et au lac inférieur.
  • Zones sans chasse sur tous les plans d'eau d'hivernage: La chasse aux oiseaux d'eau sur les plans d'eau d'hivernage doit cesser. Les hôtes hivernaux, qui viennent d'une grande partie de l'Europe en Suisse, méritent d'être protégés, pas d'être criblés de plomb.
  • Contrôle rigoureux de l'interdiction de la grenaille de plomb: La grenaille de plomb est interdite en Suisse pour la chasse aux oiseaux d'eau (art. 2 OChP), car elle empoisonne les eaux et tue les oiseaux d'eau qui confondent les grains de plomb avec de la nourriture. L'UE a suivi en 2023 (L'UE interdit la chasse aux oiseaux à la grenaille de plomb dans les zones humides). Les cantons doivent aussi faire appliquer l'interdiction.

Argumentaire

«Le canard colvert est répandu et peut être chassé de manière durable.» Qu'une espèce soit courante ne rend pas automatiquement son abattage judicieux. Le canard colvert ne cause aucun dommage justifiant un tir. Le rendement en viande d'un colvert est minime. Le dérangement des plans d'eau causé par la chasse aux canards ne touche pas seulement le colvert, mais tous les oiseaux d'eau qui hivernent sur le même plan d'eau, dont des espèces menacées comme le fuligule milouin. Chaque coup de feu tiré sur un colvert chasse des dizaines d'autres oiseaux de leur site de repos.

« La chasse aux oiseaux d'eau est une tradition en Suisse. » La tradition de la chasse aux oiseaux d'eau remonte à une époque où les canards constituaient une source de nourriture importante. Aujourd'hui, la chasse aux canards est un loisir qui entre en conflit avec la loi sur la protection des animaux. Au XXIe siècle, le « motif raisonnable » justifiant la mise à mort d'un animal ne saurait être le plaisir de loisir de quelques chasseurs et chasseuses de loisir.

« La Suisse a créé des zones protégées pour les oiseaux d'eau, la chasse a lieu en dehors de ces zones. » Les zones protégées présentent des lacunes : plus d'un tiers des sites d'importance nationale pour les oiseaux d'eau ne figurent pas dans l'ordonnance sur les réserves (BirdLife Suisse, 2022). Les oiseaux d'eau ne respectent pas les limites des réserves. Ils utilisent différents plans d'eau et se déplacent sur leurs sites d'hivernage. La chasse en dehors des réserves dérange les oiseaux et les repousse vers des plans d'eau moins adaptés et énergétiquement moins favorables.

« La chasse aux canards n'a aucune influence sur les effectifs. » Si la chasse aux canards n'a aucune influence sur les effectifs, elle n'a pas non plus de raison d'être. Un tir sans effet et sans nécessité est une mise à mort inutile. La loi sur la protection des animaux exige un motif raisonnable pour la mise à mort d'un animal, et « cela n'a aucune influence » n'est pas un motif raisonnable.

« Le cormoran mange trop de poissons et doit être régulé. » Le cormoran est un élément naturel de la faune aquatique suisse. La pêche professionnelle a souffert ces dernières décennies de divers facteurs, parmi lesquels la surfertilisation, le prélèvement de nutriments par les stations d'épuration, le changement climatique et les espèces invasives. Faire du cormoran un bouc émissaire détourne l'attention des véritables causes. À Genève, où la chasse de loisir n'existe plus depuis 1974, aucun cormoran n'a été tué en 2025 (Dossier : Genève et l'interdiction de la chasse).

Liens rapides

Articles sur Wild beim Wild :

Dossiers apparentés

Sources

  • OFEV, Statistique fédérale de la chasse : oiseaux d'eau 2016–2025, tirs et tirs spéciaux par canton, consultée le 21.10.2026 (jagdstatistik.ch)
  • BirdLife Suisse : La statistique de chasse actuelle et la loi sur la chasse révisée (birdlife.ch, 2020)
  • BirdLife Suisse (2015) : Liste rouge mondiale 2015, la tourterelle des bois et le fuligule milouin désormais menacés à l'échelle mondiale (birdlife.ch)
  • BirdLife International (2021) : European Red List of Birds 2021 (fuligule milouin VU, fuligule morillon NT, foulque macroule NT, eider à duvet EN)
  • BirdLife Suisse (2022) : La Suisse accuse un grand retard dans la protection des zones humides et des réserves d'oiseaux d'eau (birdlife.ch)
  • Station ornithologique suisse de Sempach : Recensements des oiseaux d'eau, environ un demi-million d'hôtes hivernaux (vogelwarte.ch)
  • Station ornithologique suisse de Sempach : Zones de nidification et quartiers d'hiver des oiseaux d'eau (vogelwarte.ch)
  • Station ornithologique suisse (2020) : Estimation des effectifs des oiseaux nicheurs en Suisse, mise à jour 2013–2016 (fuligule milouin 6–9 couples, fuligule morillon 160–280 couples)
  • Tages-Anzeiger / Landbote (2019) : Im Visier der Jäger (fuligule milouin, 15 espèces de canards chassables, référendum)
  • Schweizer Bauer (2020) : Loi sur la chasse, votation (seulement 3 espèces de canards chassables prévues)
  • OFEV : Réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs d'importance internationale et nationale (bafu.admin.ch)
  • OFEV : Listes rouges, espèces menacées en Suisse (bafu.admin.ch)
  • Knaus P., Antoniazza S., Keller V., Sattler T., Schmid H., Strebel N. (2021) : Liste rouge des oiseaux nicheurs. OFEV et Station ornithologique suisse, Exécution environnement n° 2124 (bafu.admin.ch)
  • Convention de Ramsar : Convention relative aux zones humides d'importance internationale (RS 0.451.46)
  • Wildtierportal Baden-Württemberg : Fuligule milouin, le lac de Constance abrite 7,7 % de la population de la voie migratoire
  • Liste rouge de l'UICN : Fuligule milouin (Aythya ferina), statut VU depuis 2015
  • IG Wild beim Wild (2026) : Statistique de la chasse en Suisse 2025 (wildbeimwild.com)
  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0), version du 1er février 2025 (fedlex.admin.ch)
  • Ordonnance sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (OChP, RS 922.01), art. 2 et 3bis (fedlex.admin.ch)
  • Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
  • Ordonnance sur les réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs (ORO, RS 922.32)

Notre exigence

La Suisse est un quartier d'hiver pour un demi-million d'oiseaux d'eau. Canards, plongeons, foulques et cormorans viennent de Scandinavie, de Russie, d'Europe de l'Est et de l'espace alpin sur nos lacs, parce qu'ils y trouvent de l'eau libre, de la nourriture et une relative tranquillité. Par la Convention de Ramsar, la Suisse s'est engagée à protéger ces habitats et leurs habitants. Elle a créé des réserves d'oiseaux d'eau et d'oiseaux migrateurs, financé des recensements d'oiseaux d'eau et s'est positionnée sur la scène internationale comme une gardienne responsable des zones humides. Et puis elle tire sur ses hôtes.

Chaque année, quelque 4 000 canards, des centaines de foulques, des dizaines de grèbes huppés et environ 1 500 cormorans sont tués en Suisse. Parmi eux figurent des espèces inscrites sur la Liste rouge mondiale et sur la Liste rouge suisse. Le fuligule milouin, dont l'effectif hivernal au lac de Constance est d'importance internationale, est abattu en Suisse. La foulque macroule, classée « potentiellement menacée » à l'échelle européenne, est abattue en Suisse. Le grèbe huppé, dont les tirs ont augmenté de 71 pour cent en une seule année, est abattu sans que sa protection ne soit même discutée. Cette chasse n'est pas de la gestion de la faune sauvage. Aucun problème n'est résolu par le tir de canards sur les lacs d'hivernage. Aucun dommage n'est évité. Il n'existe aucune « raison valable » au sens de la loi sur la protection des animaux. Il n'y a que la chasse au petit gibier comme passe-temps d'une petite minorité, pratiquée au détriment de la biodiversité et des engagements internationaux de la Suisse.

La conséquence est claire : tous les oiseaux d'eau doivent être retirés du catalogue des espèces chassables en Suisse. La Suisse doit prendre au sérieux sa responsabilité de quartier d'hiver, annoncer les zones protégées manquantes et mettre fin à la chasse aux canards sur les plans d'eau d'hivernage. Ce dossier est actualisé en continu dès que de nouveaux chiffres, de nouvelles études ou de nouveaux développements politiques l'exigent.

Pour en savoir plus sur le thème de la chasse de loisir : dans notre aperçu des dossiers nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.