22.10.2026, 06:34

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Geai des chênes en Suisse : le forestier de la forêt dans la ligne de mire

Le geai des chênes est le plus important planteur d’arbres naturel de Suisse. À l’automne, un seul oiseau cache jusqu’à 3’000 glands dans le sol de la forêt, en retrouve beaucoup moins qu’il n’en a enfouis et laisse ainsi germer de jeunes chênes. La sylviculture a même un terme technique pour cela : les « semis de geai ». Dans le Brandebourg, le geai des chênes est officiellement reconnu comme auxiliaire de la transformation de la forêt. En Suisse, on le tire. En 2025, 1’007 geais des chênes ont été tués, jusqu’à 2’684 lors des années d’invasion (2017) ; de 2016 à 2025, ils ont été 14’422 (Statistique de la chasse en Suisse 2025). BirdLife Suisse commente : « Pourquoi tire-t-on les geais des chênes ? C’est peu compréhensible. » Les chasseurs de loisir traitent le « forestier de la forêt » comme un simple problème de lutte antiparasitaire.

Fiche signalétique

Le geai des chênes (Garrulus glandarius) appartient à la famille des corvidés (Corvidae) et, après la pie bavarde et la corneille noire, il en est le représentant le plus connu en Suisse. Il est à peu près de la taille d’une pie, avec une longueur de corps d’environ 34 centimètres et un poids de 140 à 190 grammes. Son plumage est inimitable : le corps est brun rosé délicat à beige, le sommet de la tête beige clair strié de noir, la moustache noire, la gorge blanche. Sa marque de fabrique, ce sont les couvertures alaires d’un bleu ciel éclatant, barrées de noir, qui font de lui le corvidé le plus coloré d’Europe. En vol, le croupion blanc se remarque, tranchant avec la queue noire. Les deux sexes ont le même aspect.

Biologie et mode de vie

Le geai des chênes est un oiseau sédentaire qui reste toute l'année dans son territoire. Ce n'est que lors des années de mauvaise glandée ou en cas de pression démographique venue du nord-est de l'Europe que se produisent les « invasions », lors desquelles de grands vols arrivent en Suisse. Dans le canton des Grisons, 770 geais des chênes ont été abattus lors d'une telle année d'invasion, contre seulement 192 l'année précédente (Südostschweiz, 2018). Avec 60'000 à 75'000 couples nicheurs en Suisse, le geai des chênes est très répandu et n'est pas menacé (Station ornithologique suisse, estimation des effectifs 2013–2016). Il vit dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes dotées d'un sous-bois dense et privilégie les peuplements de chênes et de chênaies-charmaies. Il niche aussi dans les parcs et les grands jardins comptant de vieux arbres (Waldwissen.net, Station ornithologique suisse de Sempach).

Le geai des chênes vit en couples monogames, qui durent souvent plusieurs années. Dès le mois d'avril, le couple construit un nid dans le sous-bois dense ou dans la cime des arbres. La ponte compte de 4 à 6 œufs, rarement jusqu'à 9. L'incubation dure de 16 à 19 jours, puis les jeunes quittent le nid après 20 à 23 jours supplémentaires. L'espérance de vie à l'état sauvage peut atteindre 17 ans.

Intelligence et imitation des voix

Le geai des chênes compte parmi les oiseaux les plus intelligents d'Europe. Son nom scientifique Garrulus signifie « bavard » et fait référence à son riche répertoire vocal. Il peut imiter à la perfection les voix d'autres espèces d'oiseaux, notamment le cri de la buse variable, et utilise cette capacité aussi bien pour avertir ses congénères que pour semer la confusion chez d'autres animaux. Son cri d'alarme perçant, un « rätsch », avertit tous les habitants de la forêt, du chevreuil à l'écureuil, de l'approche d'un danger. Il est ainsi le système d'alarme sonore de la forêt.

Le « forestier de la forêt » : une contribution écologique essentielle

Les semis du geai : planter des arbres sans intervention humaine

La caractéristique écologique la plus importante du geai des chênes est son comportement de mise en réserve. En automne, il récolte en grande quantité des glands, des faînes et des noisettes, qu'il enfouit dans des centaines de cachettes dans le sol forestier. Un seul oiseau peut ainsi stocker jusqu'à 3’000 glands par automne, qu'il transporte dans son jabot et son bec sur des distances allant de plusieurs centaines de mètres à quelques kilomètres entre le lieu de récolte et la cachette (Waldwissen.net, avi-fauna.info). La performance cognitive est remarquable : ces oiseaux mémorisent avec précision l'emplacement, la quantité et la nature de leurs réserves, et les retrouvent même sous un manteau de neige.

Pourtant, toutes les cachettes ne sont pas retrouvées en hiver. Chaque gland oublié peut donner naissance à un jeune arbre. Cette régénération forestière naturelle assurée par le geai des chênes est connue en sylviculture sous le terme technique de «Hähersaat» (semis du geai) (Waldwissen.net, Brandebourg). Les forestières et forestiers d'Allemagne et d'Autriche exploitent ce mécanisme de manière ciblée : ils installent ce qu'on appelle des «Hähertische» (tables à geais), sur lesquelles ils proposent des glands et des faînes au geai afin qu'il les enfouisse dans la forêt environnante. Dans le Brandebourg, le geai des chênes est officiellement reconnu comme auxiliaire de la transformation des forêts et a été choisi comme oiseau emblème de la campagne de transformation forestière (Waldwissen.net, AG Wildtiere, document de position, 2021).

Pourquoi le chêne a besoin du geai des chênes

Les glands sont des graines lourdes qui tombent d'elles-mêmes à quelques mètres seulement de l'arbre mère. Sans disséminateur animal, le chêne ne peut pas conquérir de nouveaux sites. En Europe centrale, le geai des chênes est le principal disséminateur à longue distance des glands. Il les transporte sur des distances qu'aucun autre animal n'atteint et les enfouit précisément à la profondeur (2 à 5 centimètres) optimale pour la germination. Sans le geai des chênes, les forêts suisses compteraient nettement moins de chênes.

Le changement climatique rend le geai des chênes plus important que jamais

Avec le changement climatique, le chêne gagne massivement en importance pour la sylviculture suisse. Essence résistante à la sécheresse et thermophile, il est promu comme « essence d'avenir » dans de nombreux programmes sylvicoles. Le rapport forestier 2025 de l'OFEV et du WSL souligne que des essences plus résistantes au climat, comme le chêne et l'érable, sont décisives pour l'adaptation de la forêt au changement climatique. Le travail sylvicole du geai des chênes, qui plante des chênes gratuitement, efficacement et sans subventions, devient ainsi plus important que jamais (Waldwissen.net, Markwart der vorlaute Eichenpflanzer). C'est un paradoxe sans pareil que la Suisse autorise en même temps le tir de ce régénérateur naturel de la forêt.

Pour en savoir plus : Dossier : chasse et biodiversité

La chasse : une lutte contre les nuisibles héritée du XIXe siècle

Situation juridique

Selon la loi fédérale sur la chasse, le geai des chênes est une espèce d'oiseau qui peut être chassée toute l'année (art. 5 al. 3 LChP) ; l'ordonnance sur la chasse fixe une période de protection du 16 février au 31 juillet (art. 3bis OChP). Il est classé avec la corneille noire, la pie bavarde et le grand corbeau dans la chasse du petit gibier. Les cantons peuvent prolonger la période de protection ou protéger l'espèce. Dans le canton de Berne, le geai des chênes fait partie des espèces qui peuvent être abattues même pendant la période de protection dans le cadre de « tirs spéciaux », au même titre que les corneilles noires, les pies, les renards et les blaireaux (IG Wild beim Wild, Fuchsmassaker in der Schweiz).

L'ampleur des tirs

La statistique fédérale de la chasse recense le geai des chênes séparément : en 2025, 1’007 geais des chênes ont été tués, dont 341 aux Grisons, 215 au Tessin et 138 en Valais. En 2024, ils étaient 1’125 (Tessin : 422), et même 2’684 lors de l'année d'invasion 2017. De 2016 à 2025, 14’422 geais des chênes sont morts à cause de la chasse de loisir (Statistique de la chasse en Suisse 2025). Dès 1998, l'OFEFP constatait que la moitié de tous les oiseaux abattus étaient des corneilles noires et des geais des chênes (communiqué de presse de l'OFEFP, 1998). BirdLife Suisse a qualifié le tir de geais des chênes de « peu compréhensible » (BirdLife Suisse, statistique de la chasse). Dans le canton des Grisons, 770 geais des chênes ont été abattus en 2017, contre 192 en 2016 (Südostschweiz, 2018 ; statistique fédérale de la chasse). Watson.ch a fait remarquer : « Même des oiseaux atypiques pour les non-initiés, comme les pies et les geais des chênes, peuvent être chassés et ne sont pas des espèces protégées » (Watson, 2023).

Le récit du « nuisible »

La justification historique de la chasse au geai des chênes remonte au XIXe siècle. Les chasseurs et chasseuses de loisir le considéraient comme un «nuisible», un animal préjudiciable au gibier d'élevage, qu'il ne fallait pas chasser mais combattre comme un ravageur (AG Wildtiere, prise de position sur le geai des chênes, 2021). En Allemagne, le terme «Raubzeug» (nuisible) a été supprimé de la loi fédérale sur la chasse en 1976, car jugé «diffamatoire et inutile». En Autriche, il est toujours utilisé pour le geai des chênes. En Suisse, le récit perdure: le geai des chênes est dénigré comme «pilleur de nids» et «voleur d'œufs», censé nuire aux populations d'oiseaux chanteurs et de petit gibier et devant donc être «régulé».

Ce que le récit passe sous silence

Au printemps et en été, le geai des chênes mange effectivement des œufs et des oisillons d'autres espèces. Ce comportement est réel, mais il fait naturellement partie de l'écosystème forestier et, en des millénaires de coévolution, n'a fait disparaître aucune espèce d'oiseau. Les principales menaces pour les oiseaux chanteurs sont la perte d'habitat due à l'intensification de l'agriculture, l'usage de pesticides qui détruit leur nourriture d'insectes, les façades vitrées, les chats domestiques et le trafic routier, et non le geai des chênes. Criminaliser un oiseau comme «pilleur de nids» parce qu'il se nourrit de manière naturelle relève d'un non-sens pseudo-biologique, qui sert à légitimer la chasse au petit gibier visant les corvidés.

Pour en savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme moyen de contrôle des populations

Alimentation et fonction écologique: bien plus que des glands

Un omnivore au régime saisonnier

Le geai des chênes est un omnivore polyvalent. Au printemps et en été, la nourriture d'origine animale domine: chenilles, coléoptères, sauterelles et autres insectes en constituent l'essentiel. Il capture en outre des souris, des lézards et, occasionnellement, des œufs et des oisillons. En automne et en hiver, il passe à un régime végétal: les glands représentent jusqu'à 70 pour cent de son alimentation, complétés par des faînes, des noisettes, des châtaignes, des baies et des céréales (avi-fauna.info, Waldwissen.net).

Régulation des insectes

Grâce à la forte proportion d'insectes dans son alimentation estivale, le geai des chênes agit comme régulateur naturel des ravageurs en forêt. La capture de chenilles, en particulier de processionnaires du chêne et de cheimatobies, profite à la sylviculture. Cet avantage n'est pris en compte dans aucune planification de la chasse.

La fonction d'alerte

Le cri d'alarme sonore du geai des chênes n'avertit pas seulement ses congénères, mais l'ensemble de l'écosystème forestier. Chevreuils, lièvres, écureuils et autres oiseaux chanteurs profitent de sa vigilance. Ce sont précisément ces avertissements que les chasseurs de loisir trouvent gênants : le geai des chênes « trahit » le chasseur de loisir qui s'approche à pas de loup dans la forêt. Qu'un animal sauvage soit abattu parce qu'il avertit d'autres animaux sauvages est une perversion de la notion même de chasse, qui n'appelle aucun autre commentaire.

Ce qui devrait changer

  • Protection du geai des chênes à l'échelle nationale : un oiseau qui, en tant que planteur d'arbres naturel, favorise la régénération forestière, régule les populations d'insectes et protège tout l'écosystème en donnant l'alerte ne doit pas être chassé. Le geai des chênes doit être retiré de la liste des espèces chassables. Ce qui est célébré en Brandebourg comme l'oiseau emblématique de la transformation des forêts ne doit pas être traité en Suisse comme un « nuisible ».
  • Reconnaissance de sa contribution sylvicole : l'économie forestière doit reconnaître officiellement la contribution du geai des chênes à la dissémination des chênes et des hêtres et l'intégrer dans les programmes sylvicoles. Les « tables à geais » sur le modèle allemand devraient aussi être mises en place en Suisse afin de favoriser de manière ciblée la régénération forestière naturelle.
  • Abolition de la chasse du petit gibier sur les corvidés : la chasse du geai des chênes, de la pie et de la corneille noire n'est pas justifiée sur le plan de la biologie de la faune et sert uniquement au loisir des chasseurs de loisir. La Protection Suisse des Animaux PSA exige à juste titre que le sens et le but de la chasse de ces espèces soient examinés de manière critique.
  • Arrêt des « tirs spéciaux » pendant la période de protection : dans le canton de Berne, le geai des chênes est abattu dans le cadre de tirs spéciaux, y compris pendant la période de protection. Cette pratique vide de son sens la période de protection et doit cesser immédiatement.
  • Recherche sur le rôle du geai des chênes dans la forêt suisse : il n'existe aucune étude suisse spécifique sur l'importance quantitative des semis de geai pour la régénération des chênes. Compte tenu du changement climatique et de l'importance croissante du chêne comme essence d'avenir, il est urgent de combler cette lacune de recherche.

Argumentaire

« Le geai des chênes est un pilleur de nids et nuit aux populations d'oiseaux chanteurs. » Le geai des chênes mange occasionnellement des œufs et des oisillons au printemps et en été. Ce comportement est naturel et fait partie de l'écosystème forestier, qui fonctionne ainsi depuis des millénaires. Aucune espèce d'oiseau chanteur n'est menacée par le geai des chênes. Les véritables menaces pour les oiseaux chanteurs sont la perte d'habitat, les pesticides, les façades vitrées et les chats, et non un corvidé qui se nourrit de manière naturelle. Diffamer le geai des chênes en le traitant de «pilleur de nids» pour justifier son tir relève du discours sur les «nuisibles» du XIXe siècle, aboli en Allemagne en 1976 et qui perdure en Suisse.

«Le geai des chênes avertit le gibier de la présence du chasseur de loisir et perturbe ainsi la chasse.» Qu'un animal sauvage soit abattu parce qu'il avertit d'autres animaux sauvages de la présence de l'être humain est un aveu que la chasse de loisir n'est pas compatible avec l'écosystème, mais qu'elle agit contre lui. La fonction d'alerte du geai des chênes est un service écologique qui profite autant aux prédateurs qu'aux chasseurs et chasseuses de loisir. Ce n'est pas une raison de le tirer, mais un argument en faveur de sa protection.

«Le geai des chênes est répandu et non menacé, il peut donc être chassé.» Qu'une espèce ne soit pas menacée ne signifie pas que sa chasse soit judicieuse ou nécessaire. Le geai des chênes ne cause aucun dommage qui justifierait un tir. Son utilité écologique en tant que planteur d'arbres, régulateur d'insectes et sentinelle d'alerte dépasse de très loin tout «dommage» imaginable. Chasser une espèce uniquement parce qu'elle est répandue ne constitue pas un motif raisonnable au sens de la loi sur la protection des animaux.

«La chasse au geai des chênes n'a aucune influence sur la population.» Si le tir n'a aucune influence sur la population, il n'a pas non plus de raison d'être. Un tir sans effet et sans utilité est une mise à mort insensée. Le motif raisonnable que la loi sur la protection des animaux exige pour tuer un animal doit exister avant le tir, et non dans le constat qu'il n'a eu aucune conséquence.

«Les années d'invasion, il faut tirer les geais des chênes parce qu'il en arrive trop.» Les vols d'invasion sont un phénomène naturel, déclenché par la faible disponibilité de nourriture dans les régions d'origine. Les oiseaux qui migrent vers la Suisse y dispersent des milliers de glands et contribuent ainsi à la régénération forestière. Utiliser les années d'invasion comme argument pour intensifier les tirs revient à inverser la biologie : la nature envoie des planteurs d'arbres gratuits, et les chasseurs de loisir les abattent.

Liens rapides

Articles sur Wild beim Wild :

Dossiers apparentés

Sources

  • OFEV, Statistique fédérale de la chasse : geai des chênes 2016–2025, tir et tir spécial par canton, consulté le 21.10.2026 (jagdstatistik.ch)
  • Communiqué de presse de l'OFEFP (1998) : Statistique fédérale de la chasse 1997 (la moitié des oiseaux abattus étaient des corneilles noires et des geais des chênes)
  • BirdLife Suisse : La statistique de chasse actuelle et la loi sur la chasse révisée (birdlife.ch)
  • Waldwissen.net/WSL : Oiseaux forestiers indigènes, le geai des chênes (Garrulus glandarius)
  • Waldwissen.net : Markwart, le planteur de chênes bavard (semis de geai et « tables de geai » en Rhénanie-du-Nord-Westphalie)
  • Station ornithologique suisse de Sempach : Répartition du geai des chênes 2013–2016 ; estimation des effectifs des oiseaux nicheurs en Suisse, mise à jour 2013–2016 (60’000–75’000 couples)
  • Südostschweiz (2018) : les chasseurs établissent un nouveau record (770 geais des chênes dans les Grisons)
  • AG Wildtiere (2021) : Prise de position sur le geai des chênes (ag-wildtiere.com)
  • Watson.ch (2023) : Chasse, combien d'animaux sont abattus en Suisse pour la consommation de gibier
  • IG Wild beim Wild (2020/2026) : Massacre de renards en Suisse, statistique de la chasse Suisse 2025 (wildbeimwild.com)
  • Land de Brandebourg : dépliant sur le geai des chênes (forst.brandenburg.de)
  • avi-fauna.info : Le geai des chênes (Garrulus glandarius) en Allemagne
  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0), version du 1er février 2025 (fedlex.admin.ch)
  • Ordonnance sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (OChP, RS 922.01), art. 3bis (fedlex.admin.ch)
  • Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)

Notre exigence

Le geai des chênes est le héros méconnu des forêts suisses. Il plante des chênes là où l'être humain ne le fait pas. Il avertit la forêt des dangers. Il régule les populations d'insectes. Il est intelligent, haut en couleur et maître dans l'imitation des voix. La sylviculture lui doit plus qu'elle ne le soupçonne : sans les semis de geai, de nombreux peuplements de chênes d'Europe n'auraient jamais vu le jour. À une époque où le changement climatique fait du chêne l'essence d'avenir, le travail gratuit du geai des chênes est plus précieux que jamais. Et pourtant, il est abattu en Suisse dans le cadre de la chasse du petit gibier, environ mille individus par an. Parce qu'il mange à l'occasion un œuf d'oiseau. Parce qu'il « trahit » le chasseur de loisir. Parce qu'il est considéré comme « nuisible » depuis le XIXe siècle. Cette classification est un vestige d'une conception dépassée de la nature, qui range les animaux en « utiles » et « nuisibles » et livre ces derniers au tir. Le geai des chênes ne mérite pas une balle, il mérite d'être protégé. Ce dossier est mis à jour en continu, dès que de nouveaux chiffres, de nouvelles études ou de nouveaux développements politiques l'exigent.

Pour en savoir plus sur le thème de la chasse de loisir : dans notre aperçu des dossiers nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.