Blaireau en Suisse : ingénieur de l'écosystème dans la ligne de mire
Le blaireau est le plus grand mustélidé de Suisse. Il vit en groupes familiaux, creuse des terriers complexes, aère le sol forestier et régule les populations d’insectes. Pourtant, selon la statistique fédérale de la chasse, les chasseurs de loisir en ont tiré 3’166 en 2025, 883 autres ont été abattus lors de tirs spéciaux et 3’365 sont morts sur les routes (Statistique de la chasse en Suisse 2025). Un animal que personne ne veut valoriser et que l’administration de la chasse de Bâle-Campagne elle-même qualifie de «trophée peu convoité» continue d’être tué par habitude.
Fiche signalétique
Le blaireau européen (Meles meles) appartient à la famille des mustélidés (Mustelidae) et en est le plus grand représentant en Europe centrale. Il atteint une longueur de corps pouvant aller jusqu’à 90 centimètres (dont environ 15 centimètres de queue) et pèse, selon la saison, entre 10 et 18 kilogrammes. En automne, les blaireaux accumulent une couche de graisse de plusieurs kilogrammes dont ils vivent pendant leur repos hivernal. Son trait le plus marquant est le masque facial noir et blanc : deux larges bandes noires s’étendent du nez aux oreilles en passant par les yeux. Le dessus du corps est gris argenté, le dessous noir. Sa silhouette trapue, avec ses pattes courtes et robustes et les longues griffes de ses pattes avant, trahit son mode de vie de bâtisseur.
Biologie et structure sociale
Le blaireau est l’un des plus sociaux des mustélidés. Il vit en groupes familiaux, appelés clans, qui peuvent compter de 2 à 20 individus et partagent un même terrier (Stadtwildtiere Schweiz). Les couples de blaireaux restent unis toute leur vie. Au début du printemps, la femelle met bas le plus souvent 2 à 3 petits, rarement jusqu’à 6. Les jeunes naissent aveugles et blancs. Les bandes noires du visage ne se forment que dans les mois suivants. Une particularité de la biologie du blaireau est la diapause embryonnaire : l’ovule fécondé ne s’implante dans l’utérus qu’après un retard de plusieurs mois, si bien que la naissance a toujours lieu au printemps.
La population croît lentement. Après des effondrements d'effectifs, par exemple à la suite d'épizooties, le blaireau a besoin de nombreuses années pour se rétablir. À l'état sauvage, les blaireaux dépassent rarement 10 ans ; en captivité, ils peuvent atteindre jusqu'à 15 ans.
Le terrier du blaireau : un projet de plusieurs générations
Les terriers du blaireau comptent parmi les constructions animales les plus impressionnantes de la faune suisse. Un terrier de blaireau peut être utilisé pendant des décennies, voire des siècles dans certains cas, et agrandi par chaque génération. Un terrier étudié en Angleterre comprenait 50 chambres et 178 entrées, reliées par 879 mètres de galeries au total (Wikipedia, Blaireau européen). Les terriers descendent jusqu'à 5 mètres de profondeur. Contrairement au renard, le blaireau tapisse sa chambre d'habitation de feuilles sèches, de mousse ou de fougères et aménage ses propres latrines à une certaine distance afin de garder le terrier propre (Waldwissen.net, Le blaireau dans le canton de Lucerne).
Ces terriers n'ont pas d'importance que pour les blaireaux. Les renards, les lapins et de nombreuses espèces d'insectes utilisent les chambres abandonnées ou annexes des terriers de blaireaux comme abri. Le blaireau est ainsi un ingénieur de l'écosystème, dont l'activité de construction profite à d'autres espèces.
Alimentation et fonction écologique
Le blaireau est un omnivore opportuniste avec une forte prédilection pour les vers de terre. Il consomme en outre des insectes, des larves (en particulier des vers blancs), des escargots, des souris, des fruits, des baies, des noix et des cultures (Waldwissen.net, canton d'Argovie). Ce n'est pas un chasseur actif, mais un collecteur qui fouille et creuse le sol à la recherche de nourriture. Environ trois quarts de son alimentation totale se composent de matières végétales (Umweltberatung Luzern).
La fonction écologique du blaireau est systématiquement occultée dans le débat public. Par son activité de fouissage, il aère le sol forestier, favorise le mélange des couches du sol et contribue à la dissémination des graines. En tant que consommateur de vers blancs, de souris et d'escargots, il agit comme régulateur naturel de ravageurs dans l'agriculture et la sylviculture. Son utilité pour l'écosystème est considérable, mais elle n'est jamais intégrée dans le calcul coûts-bénéfices de la chasse de loisir.
La chasse : une tradition sans justification
Situation juridique
Selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5, al. 1, let. i), le blaireau est une espèce pouvant être chassée. Il est rattaché à ce que l'on appelle la chasse au petit gibier, avec le renard roux, la fouine et la martre des pins. Selon le droit fédéral, la période de protection s'étend du 16 janvier au 15 juin ; la chasse est donc autorisée du 16 juin au 15 janvier, soit pendant sept mois par an. Les cantons peuvent prolonger la période de protection ou retirer le blaireau de la liste des espèces pouvant être chassées (art. 5, al. 4, LChP). Aux Grisons et en Valais, la chasse au blaireau 2026/27 se termine le 15 janvier ; le Valais verse une prime de 20 francs pour chaque blaireau tiré (chasse du petit gibier 2026).
L'ampleur des tirs
Selon la statistique fédérale de la chasse, 3’166 blaireaux ont été tirés en Suisse en 2025, et chaque année depuis 2016, entre 2’800 et 3’800 environ. À cela s'ajoutent 883 tirs spéciaux. En 2025, 4’499 autres blaireaux ont été retrouvés morts, dont 3’365 victimes de la circulation routière et 337 du trafic ferroviaire. Au total, plus de 8’500 blaireaux morts sont ainsi recensés pour 2025 (Statistique de la chasse en Suisse 2025). Après la circulation routière, le tir est ainsi la cause de mortalité la plus fréquemment recensée chez le blaireau en Suisse.
Fait particulièrement frappant : dans certains cantons, les chiffres de tir explosent périodiquement. Dans le canton de Bâle-Campagne, les tirs sont passés en peu de temps d'une moyenne de longue date de 80 à 200 animaux à plus de 350 animaux par an (BZ Basel, 2017) ; en 2017, ils étaient de 431 selon la statistique fédérale de la chasse, et de 262 en 2025. L'administrateur cantonal de la chasse a expliqué à ce sujet : « Le nombre de blaireaux tirés dépend de l'engagement des chasseurs », reconnaissant que les blaireaux ne sont « pas un trophée recherché » et « ne peuvent pas être valorisés ». Ils finissaient « normalement tous au centre de collecte des cadavres » (BZ Basel, 2017). Dans le canton des Grisons, la commune de Laax versait une prime de 40 francs pour chaque blaireau tiré (IG Wild beim Wild, 2020).
Dans le canton de Genève, où la chasse de loisir est abolie depuis 1974, la statistique fédérale de la chasse 2025 ne fait état que d'un seul blaireau, tué par le service de la faune ; de 2016 à 2025, il n'y en a jamais eu plus de 4 par an. Dans le canton de Schaffhouse, les chasseurs de loisir ont tiré 61 blaireaux en 2025, en Argovie 538 et à Lucerne 437 (Statistique de la chasse en Suisse 2025). Cette comparaison illustre bien la situation : le blaireau n'est pas abattu parce que c'est nécessaire, mais parce qu'il se trouve par hasard dans le territoire et que les chasseurs de loisir cherchent des tirs.
Méthodes de chasse et protection animale
En Suisse, la chasse au blaireau se pratique principalement à l'affût près du terrier, au crépuscule tardif et la nuit. Depuis le 1er février 2025, la chasse de nuit en forêt est interdite par le droit fédéral, à l'exception de la chasse à l'affût (Passjagd) ; les cantons peuvent prévoir des exceptions (art. 3ter OChP). Dans les Grisons par exemple, la chasse à l'affût du renard, du blaireau et de la martre dure chaque fois de 17 h 00 à 6 h 30 (chasse du petit gibier 2026). Dans certains cantons, les blaireaux continuent d'être chassés avec des chiens de terrier (teckels, terriers), envoyés dans le terrier pour en faire sortir les animaux. Le droit fédéral n'interdit à cet égard que le gazage et l'enfumage, le déterrage des blaireaux et l'engagement de plus d'un chien par terrier (art. 2 al. 1 let. c OChP). Thurgovie, Vaud, Zurich et Bâle-Campagne ont interdit ou largement restreint la chasse au terrier, Berne a décidé une interdiction étendue (Dossier Baujagd). La Protection Suisse des Animaux PSA demande une interdiction de la chasse au terrier dans toute la Suisse, car elle provoque une peur extrême chez les deux espèces concernées et constitue un acte de cruauté envers les animaux (PSA, La chasse en Suisse).
Le terrier est pour le blaireau un refuge dans lequel, dans des conditions naturelles, aucun ennemi ne pénètre. La chasse au terrier détruit ce besoin élémentaire de sécurité. Le fait que des chasseuses et chasseurs de loisir envoient des chiens dans le terrier d'un animal capable de se défendre et pesant jusqu'à 18 kilogrammes est éthiquement injustifiable et entraîne régulièrement de graves morsures chez les chiens engagés.
Pour en savoir plus : Problème de protection animale : des animaux sauvages agonisent à cause des chasseurs de loisir
L'histoire de la rage : comment le blaireau est devenu un dommage collatéral
Gazage et effondrement de la population
Dans les années 1970 et 1980, la population de blaireaux a été massivement décimée en Suisse, non pas parce qu'il était lui-même atteint de la rage, mais parce qu'il vivait dans les mêmes terriers que le renard roux, considéré comme le principal vecteur de la rage. Dans le cadre de la lutte contre la rage, les terriers de renards ont été traités au gaz. Comme blaireaux et renards partagent souvent les mêmes galeries, les blaireaux sont morts en grand nombre en tant que dommage collatéral (canton d'Argovie, Umweltberatung Luzern).
La rage est considérée comme éradiquée en Suisse depuis 1999. Elle n'a pas été vaincue par le gazage ni par la chasse de loisir, mais par des appâts vaccinaux respectueux des animaux, disséminés à grande échelle. Le Centre suisse de la rage a expressément souligné qu'une réduction des populations de renards par la chasse n'est pas possible pour lutter contre la rage et qu'elle est même contre-productive (IG Wild beim Wild, 2020). Le blaireau a donc payé un lourd tribut pour une stratégie de lutte qui s'est révélée erronée.
La reconstitution
Après l'effondrement provoqué par la lutte contre la rage, la population de blaireaux s'est lentement reconstituée au cours des dernières décennies. L'augmentation du tableau de chasse et le nombre croissant de blaireaux écrasés sur les routes indiquent une hausse des effectifs (canton d'Argovie). Un comptage exact de la population est impossible chez le blaireau en raison de son mode de vie nocturne. Que les chasseurs de loisir utilisent aujourd'hui cette hausse pour justifier un nombre croissant de tirs est cynique : ce sont eux qui, par le gazage, l'ont d'abord décimée, et ils veulent maintenant, alors qu'elle s'est rétablie, la chasser à nouveau.
L'argument des dégâts : exagéré et disproportionné
Dégâts agricoles
Le principal argument en faveur de la chasse au blaireau est le suivant : le blaireau causerait des dégâts aux cultures agricoles, notamment au maïs, aux raisins et aux cultures de baies. En outre, il fouille les jardins et son activité de creusement peut déstabiliser des talus ou des pentes. Ces dégâts sont réels, mais leur ampleur est modeste et localement limitée.
Le canton d'Argovie relève que le blaireau peut causer des dégâts « de manière similaire aux sangliers ». Mais la comparaison avec le sanglier est trompeuse : alors que les sangliers peuvent retourner de vastes surfaces de champs, les dégâts du blaireau se limitent à un fouissage sur de petites surfaces et à des prélèvements ponctuels. Lors de ses incursions nocturnes, un blaireau s'éloigne rarement de plus de 1’600 mètres de son terrier (Waldwissen.net, Le blaireau dans le canton de Lucerne). Ses dégâts sont donc clairement circonscrits localement et peuvent être évités par des moyens simples et respectueux des animaux.
Des alternatives respectueuses des animaux
Des clôtures électriques basses à deux fils, installées autour des champs de maïs ou de baies, tiennent les blaireaux à distance de façon fiable. Cette mesure de protection est peu coûteuse, immédiatement efficace et rend le tir superflu. D'autres moyens d'effarouchement, tels que les substances odorantes, les flashs lumineux ou les détecteurs de mouvement, peuvent être utilisés en zone habitée. Si les chasseurs de loisir continuent malgré tout de promouvoir le tir comme première et souvent unique mesure, ce n'est pas faute d'alternatives, mais en raison de l'identité d'une culture cynégétique qui voit dans la mise à mort des animaux la solution standard à chaque problème.
Ce que l'argument des dégâts passe sous silence
Les dommages économiques causés par les blaireaux sont sans commune mesure avec les coûts et les souffrances engendrés par leur chasse. L'utilité écologique du blaireau, qui aère le sol, disperse les graines et régule naturellement les ravageurs, n'est prise en compte dans aucun calcul cantonal des dégâts. Lorsqu'un blaireau dévore des vers blancs et des souris, il épargne à l'agriculture des frais de produits phytosanitaires. Lorsqu'il fouille et aère le sol forestier, la régénération forestière en profite. Ces services positifs ne sont jamais comptabilisés, car ils saperaient le récit du «fauteur de dégâts».
Pour en savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme moyen de contrôle des populations
Le blaireau et ses prédateurs : des ennemis naturels plutôt que des coups de fusil
Les seuls ennemis naturels du blaireau sont le loup, le lynx, l'ours brun et l'être humain (Umweltberatung Luzern). Dans de vastes régions de la Suisse, les trois premiers font toujours défaut. Le retour du loup pourrait à long terme contribuer aussi à réguler naturellement les populations de blaireaux, mais le blaireau n'est pas au centre des proies du loup. Son principal ennemi reste la circulation : en 2025, 3’365 blaireaux sont morts sur les routes suisses et 337 sur les voies ferrées (Statistique fédérale de la chasse).
La fragmentation du paysage par les routes et les zones d'habitation représente pour le blaireau une menace plus grande que n'importe quel conflit agricole. Les jeunes animaux qui traversent des routes à la recherche de leur propre territoire sont particulièrement exposés. Les corridors fauniques et les passages inférieurs, tels qu'ils sont prévus pour les cerfs élaphes, profitent aussi au blaireau, mais les concepts de gestion de la faune sauvage les envisagent rarement pour les espèces plus petites.
Pour en savoir plus : La chasse sous la loupe des faits
Ce qui devrait changer
- Abolition de la chasse au petit gibier du blaireau : un animal qui ne fournit pas de trophée, n'est pas valorisé et finit au centre de collecte des cadavres ne doit pas être chassé. La chasse au blaireau n'a aucun motif raisonnable au sens de la loi sur la protection des animaux (LPA, art. 4). Ce qui fonctionne dans le canton de Genève, avec au maximum 4 tirs par an effectués par le service de la faune, doit servir de référence.
- Interdiction du déterrage à l'échelle nationale : le déterrage avec des chiens sur le blaireau et le renard est une forme de chasse archaïque qui relève de la cruauté envers les animaux. La Protection Suisse des Animaux PSA en demande l'interdiction. Cette exigence doit être inscrite dans la loi.
- Protection des terriers de blaireaux: Les terriers de blaireaux sont utilisés pendant des générations et constituent des structures d'une grande valeur écologique. Ils doivent être reconnus comme des habitats dignes de protection et préservés de la destruction, du comblement et du dérangement, à l'instar des grottes ou des arbres à nid.
- Promouvoir une prévention des dégâts respectueuse des animaux: Les clôtures électriques autour des cultures sensibles sont la seule mesure proportionnée contre les dégâts causés par les blaireaux. Les cantons doivent soutenir les agricultrices et agriculteurs dans l'acquisition et l'installation de ces clôtures, au lieu de délivrer des autorisations de tir.
- Réduction de la mortalité routière: Plus de 3’300 blaireaux ont péri sur les routes suisses en 2025. Des passages pour petits animaux, des panneaux d'avertissement et des limitations de vitesse aux endroits de passage connus des blaireaux doivent être mis en œuvre de manière systématique.
- Recherche et suivi: Il n'existe aucun chiffre fiable sur la population de blaireaux en Suisse. Un monitoring national selon une méthodologie standardisée, par exemple par le recensement des terriers occupés, est la condition préalable à une stratégie de protection fondée sur des preuves.
Argumentaire
«Le blaireau cause des dégâts aux cultures agricoles et doit donc être chassé.» Les dégâts sont réels, mais limités localement et peuvent être évités de manière fiable grâce aux clôtures électriques. La chasse n'est pas un moyen proportionné, d'autant qu'elle ne contrôle pas la population, mais se contente de retirer quelques individus dont les territoires sont immédiatement repris par des voisins. Dans le canton de Genève, les dégâts dus aux blaireaux sont gérés par une gestion professionnelle de la faune et par la prévention, et non par des chasseurs de loisir.
«La population de blaireaux s'est rétablie et doit être régulée.» La population s'est rétablie après s'être effondrée à cause du gazage absurde pratiqué dans le cadre de la lutte contre la rage. Qu'une espèce augmente à nouveau après une catastrophe causée par l'être humain n'est pas un argument pour une nouvelle chasse, mais le signe d'écosystèmes qui fonctionnent. Les populations de blaireaux s'autorégulent en fonction des ressources alimentaires disponibles et de la structure des territoires.
«Le blaireau fait partie du petit gibier et sa chasse est une tradition.» La tradition n'est pas un argument pour justifier la cruauté envers les animaux. La chasse du petit gibier visant le renard, le blaireau, la fouine et la martre des pins n'est pas fondée scientifiquement et sert avant tout au loisir des chasseurs de loisir. La Protection Suisse des Animaux PSA exige à juste titre que le sens et le but de la chasse de loisir de ces espèces soient examinés de manière critique et que tous les animaux aient droit à des périodes de protection.
«Sans chasse, le blaireau devient un problème dans les zones habitées.» Le blaireau pénètre dans les zones habitées parce qu'il y trouve de la nourriture, et non parce qu'il ne serait pas assez chassé. La solution passe par la suppression des sources de nourriture (tas de compost ouverts, poubelles accessibles, fruits tombés), et non par le tir. La chasse en zone habitée est de toute façon à peine praticable, comme les autorités cantonales le reconnaissent elles-mêmes. Que les blaireaux recherchent la proximité des habitations témoigne de leur faculté d'adaptation, et non d'une surpopulation.
«Les blaireaux ne peuvent pas être valorisés, le tir est néanmoins nécessaire.» Lorsqu'un animal ne sert ni de nourriture ni de trophée et qu'il est entièrement éliminé au centre de collecte des cadavres, le motif raisonnable de sa mise à mort fait défaut au sens de la loi sur la protection des animaux. La formulation de l'administrateur cantonal de la chasse de Bâle-Campagne, selon laquelle les blaireaux ne pourraient «pas être valorisés» et finiraient «normalement entièrement au centre de collecte des cadavres», démasque la chasse au blaireau pour ce qu'elle est: une mise à mort insensée et sans but.
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Sources
- Statistique fédérale de la chasse, OFEV/Wildtier Schweiz : http://www.jagdstatistik.ch (tir, tir spécial, animaux trouvés morts et animaux trouvés morts par cause 2016–2025, consulté le 21.10.2026)
- Canton d'Argovie, Département des constructions, des transports et de l'environnement: Portrait du blaireau (ag.ch)
- Waldwissen.net/WSL: Le blaireau dans le canton de Lucerne (Holzgang/Muggli, 2005, mis à jour)
- Stadtwildtiere Schweiz/Wilde Nachbarn: Portrait de l'espèce blaireau (stadtwildtiere.ch)
- Umweltberatung Luzern: Le blaireau, de la forêt à la ville (umweltberatung-luzern.ch)
- BZ Basel (2017): Statistique de chasse, les blaireaux dans le viseur des chasseurs locaux
- IG Wild beim Wild (2020/2026): Massacre des renards en Suisse; Statistique de chasse Suisse 2025; Chasse du petit gibier 2026; Dossier déterrage (wildbeimwild.com)
- Protection Suisse des Animaux PSA: La chasse en Suisse, protection des animaux sauvages et de leurs habitats (tierschutz.com)
- Wikipédia: Blaireau européen (Meles meles)
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (JSG, RS 922.0) et ordonnance sur la chasse (OChP, RS 922.01), état au 1er février 2025
- Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
Notre exigence
Le blaireau est un animal qui vit dans l'ombre et meurt dans l'ombre. Ses terriers, façonnés au fil des générations et d'une grande valeur écologique, sont détournés par les chasseurs de loisir en occasions de chasse. Sa contribution écologique en tant qu'aérateur du sol, régulateur de ravageurs et disséminateur de graines ne figure dans aucune statistique de chasse. On le stigmatise au contraire comme «fauteur de dégâts», alors que ses dommages sont localement limités et peuvent être évités par des moyens simples. Le fait que le blaireau, une fois abattu, finisse intégralement au centre de collecte des cadavres parce qu'il n'est pas valorisable souligne particulièrement l'absurdité de sa chasse. Tuer un animal uniquement parce qu'on le peut n'est pas de la gestion de la faune sauvage. C'est la faillite d'une culture de la chasse qui pratique le tir comme une fin en soi. La chasse du blaireau doit être abolie. Ce que le canton de Genève démontre depuis plus de 50 ans est la référence à suivre. Ce dossier est actualisé en continu, dès que de nouveaux chiffres, de nouvelles études ou de nouveaux développements politiques l'exigent.
Pour en savoir plus sur le thème de la chasse de loisir : dans notre aperçu des dossiers nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.






