8 septembre 2026, 13:44

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Chasse

Saint-Gall maintient la chasse aux oiseaux – Zurich en tire les conséquences

Saint-Gall maintient le geai des chênes, la pie et la tourterelle turque sur la liste de chasse. Zurich les protège depuis longtemps – car ils causent peu de dégâts et leur chasse n'est pas nécessaire.

Rédaction Wild beim Wild · 8 septembre 2026
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«Le feutre vert»

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Le geai des chênes, la pie et la tourterelle turque causent à peine des dégâts agricoles pertinents.

Alors que le canton de Zurich a mis en œuvre ce constat dans son ordonnance sur la chasse et protégé ces espèces, le gouvernement saint-gallois entend maintenir leur chasse. Cette différence montre bien qu'il ne s'agit pas forcément de science ou de nécessité, mais de politique cantonale en matière de chasse.

Dans le canton de Saint-Gall, le geai des chênes, la pie, la tourterelle turque et d'autres espèces d'oiseaux peuvent continuer à être tirés. Pour le geai des chênes et la pie, la période de chasse s'étend du 1er août au 15 février. Dans le même temps, le canton de Zurich, situé à quelques kilomètres, a retiré ces espèces de la liste des oiseaux chassables – en expliquant explicitement que leur chasse n'est judicieuse que dans des cas isolés et qu'elles causent à peine des dégâts en agriculture.

Cette opposition cantonale soulève une question fondamentale: pourquoi un geai des chênes devrait-il être protégé sur le territoire zurichois, alors qu'il est considéré comme une cible chassable à Saint-Gall? Les animaux ne font pas de distinction entre les frontières cantonales. Leur fonction écologique non plus.

Saint-Gall dit non

Le point de départ est une intervention du député cantonal saint-gallois du PVL Andreas Bisig. Il a demandé une révision de la liste des espèces d'oiseaux chassables. Sa critique: le canton continuerait à considérer comme chassables des espèces qui ne causent guère de dégâts significatifs. Il a nommément cité le geai des chênes; le tétras-lyre a également été évoqué, dont les populations sont sous pression à l'échelle suisse.

Le gouvernement saint-gallois refuse toute adaptation. Il explique que le choix des espèces chassables ne se fonde pas sur leur potentiel de dégâts, mais «avant tout sur la protection des espèces». Le geai des chênes ne serait pas menacé dans le canton, et les populations de tétras-lyre seraient jugées stables. Il n'y aurait donc pas besoin de règles plus strictes.

Cette logique ne convainc pas. Le fait qu'une espèce ne figure actuellement pas sur une liste rouge ne répond pas à la question de savoir pourquoi elle devrait être tuée. «Non menacée» peut tout au plus expliquer pourquoi une espèce n'a pas besoin d'une protection particulière. Ce n'est cependant pas une justification technique pour l'autoriser à la chasse de loisir.

L'ordonnance saint-galloise en vigueur ne prévoit que peu d'espèces supplémentaires protégées au niveau cantonal, dont le lièvre variable, le lagopède alpin et la bécasse des bois. Pour les autres animaux chassables, elle se réfère fondamentalement aux périodes de chasse et de protection fixées par le droit fédéral. Saint-Gall reprend ainsi une grande partie de la chasse possible selon le droit fédéral, au lieu d'exploiter la marge de manœuvre cantonale pour une protection préventive des espèces non menacées.

Zurich décide différemment

Le canton de Zurich a montré qu'une autre voie était possible. Avec une modification de l'ordonnance cantonale sur la chasse du 18 juin 2025, le geai des chênes, la pie et la tourterelle turque ont été retirés de la liste des espèces chassables. La justification du Conseil d'État est claire: leur chasse n'est «judicieuse que dans des cas isolés»; en agriculture, ils causent «à peine des dégâts».

Cette formulation est remarquable, car elle met à jour le critère central: si aucun dégât pertinent n'est constaté et qu'aucune chasse régulière n'est nécessaire, le fondement matériel d'une autorisation générale de chasse disparaît. Zurich a maintenu d'autres espèces sur la liste, notamment la corneille noire, le corbeau freux, la corneille mantelée et le pigeon ramier. Pour celles-ci, le Conseil d'État s'est référé à des indemnités documentées versées par le fonds pour les dégâts causés par le gibier ainsi qu'à des populations parfois en hausse.

Cela ne signifie pas que toute autorisation de chasse restante serait automatiquement justifiée. Cela montre cependant qu'un gouvernement peut différencier entre les espèces et orienter ses décisions au moins sur des données concrètes de dégâts. Pour le geai des chênes, la pie et la tourterelle turque, Zurich est arrivé à la conclusion que ce n'était pas le cas.

Zurich a également été plus loin que la protection des espèces: la chasse aux oiseaux d'eau a été interdite dans les zones alluviales, les marais, les sites de reproduction d'amphibiens d'importance nationale ainsi que dans d'autres zones humides importantes. Le Conseil d'État a justifié cette mesure par la protection d'espèces rares et sensibles aux perturbations, ainsi que par le fait que la chasse elle-même constitue un facteur de perturbation pour les animaux sauvages.

Aucune loi naturelle ne s'arrête aux frontières cantonales

Ces réglementations opposées ne résultent pas d'une biologie différente. Un geai des chênes n'est pas moins digne de protection parce qu'il vole de Zurich à Saint-Gall. Son mode de vie, sa capacité à ressentir la douleur et sa fonction dans la forêt ne s'arrêtent pas à une frontière administrative.

Le geai des chênes est répandu dans de larges parties de la Suisse. En automne, il ramasse des glands et des noix, les cache comme réserve hivernale, contribuant ainsi à la dissémination naturelle des arbres. Les graines non retrouvées peuvent germer au printemps. Le canton de Soleure qualifie donc cet oiseau d'élément important de la dissémination des graines.

La littérature spécialisée souligne cette fonction: les chênes, avec leurs graines lourdes, dépendent d'animaux pour transporter leurs semences. Des études montrent que le geai des chênes disperse les glands sur de longues distances, que son activité de mise en cache répartit spatialement les plantules et protège en partie les glands des petits mammifères.

Le geai des chênes n'est donc pas un «objet de chasse» superflu, mais fait partie d'un écosystème forestier complexe. Il dissémine les graines, favorise la régénération forestière naturelle et remplit, en tant qu'omnivore, d'autres fonctions écologiques. Qui l'autorise à être abattu sans but concrètement démontré ignore ces liens.

Des tirs sans but reconnaissable

Dans le canton de Saint-Gall, selon la statistique cantonale de chasse, 18 pies et 16 geais des chênes ont notamment été tirés l'an dernier. Ces chiffres sont faibles par rapport à l'ensemble de l'activité de chasse, mais c'est précisément ce qui rend la question du but d'autant plus pressante: si les tirs ne servent ni à prévenir des dégâts significatifs, ni à une mesure de protection clairement justifiée, pourquoi sont-ils encore autorisés?

Un nombre minime d'animaux tués n'est pas un argument en faveur de leur mise à mort. Au contraire: si peu de dégâts sont documentés pour une espèce et que sa chasse ne joue qu'un rôle secondaire, il serait simple et logique de la retirer de la liste des animaux chassables, comme l'a fait Zurich.

La modification de l'ordonnance zurichoise montre en outre que la protection de ces espèces ne doit entraîner ni nouveaux coûts ni charge administrative supplémentaire pour le canton ou les communes. Le Conseil d'État a explicitement précisé que cette adaptation n'engendrerait ni surcoûts ni charge administrative supplémentaire.

La protection des espèces ne doit pas être sélective

Le gouvernement saint-gallois invoque la «protection des espèces» pour ne pas étendre la protection. Mais la protection des espèces ne se limite pas à ne prendre une espèce au sérieux que lorsque sa population s'est déjà effondrée. La protection moderne de la nature devrait agir de manière préventive: éviter les contraintes inutiles, sécuriser les habitats et ne pas exposer les animaux à un usage de loisir mortel sans raison impérieuse.

Le principe de précaution est particulièrement important, car la chasse produit des effets bien plus larges que le nombre d'animaux tués. L'activité de chasse génère des perturbations. Les animaux sont effarouchés, le comportement de fuite coûte de l'énergie, les groupes sociaux peuvent être disloqués, et les zones de refuge sûres perdent leur fonction. Même le Conseil d'État zurichois reconnaît que la chasse constitue un facteur de perturbation pour les animaux sauvages.

Affirmer qu'une espèce n'est pas menacée ne dit rien sur la contrainte subie par les animaux individuels, sur la perturbation de leur population, ni sur la légitimité d'un tir. La seule protection des populations n'équivaut pas à une protection animale complète.

Lorsqu'un canton autorise la chasse d'animaux sans utilité démontrable, il ne s'agit pas seulement d'ordonnances et de listes. Il s'agit aussi de la question de savoir comment le pouvoir politique est exercé à l'égard de ceux qui n'ont pas de voix au parlement.

Un maître spirituel, dont les critiques envers la chasse et la politique suscitent la controverse encore aujourd'hui, voyait dans ces deux domaines la même tentation : le besoin de disposer des plus faibles. Sa vision n'est pas une explication scientifique et ne remplace pas une analyse politique. Elle désigne toutefois une question éthique souvent occultée dans les ordonnances sur la chasse : un être humain ou une autorité a-t-il le droit de disposer de la vie d'un animal sans défense en l'absence de motif impératif ?

Pour lui, la chasse de loisir n'était ni un sport, ni un service rendu à la nature, mais un jeu à sens unique. L'animal n'a jamais consenti à ses règles et ne peut se soustraire à l'arme. Selon cette lecture, la politique devient un jeu d'ego lorsqu'elle ne protège pas, mais dispose de la vie et de la mort.

C'est précisément pour cette raison qu'il ne suffit pas d'invoquer qu'une espèce d'oiseau «n'est pas menacée». L'absence de danger aigu n'est pas une autorisation de tuer. Une politique responsable devrait démontrer pourquoi un animal doit mourir – et non simplement pourquoi il n'a pas encore disparu.

Une question de posture politique

Le problème est plus profond qu'un simple gouvernement. En Suisse, la Confédération fixe certes le cadre légal avec la loi sur la chasse. Mais ce sont les cantons qui réglementent et planifient concrètement la chasse : ils établissent leurs prescriptions détaillées, déterminent les périodes de chasse, peuvent accorder une protection renforcée à certaines espèces et décident ainsi largement quels animaux sont considérés comme chassables.

Ainsi, la vie d'un geai des chênes ne dépend pas uniquement de son importance écologique ou de dommages éventuels. Elle dépend aussi du canton dans lequel il vole et de la volonté des autorités politiques concernées de revoir de manière critique des autorisations de chasse héritées du passé.

Le canton de Zurich a décidé, pour le geai des chênes, la pie et la tourterelle turque, que de faibles dommages agricoles et une chasse pertinente seulement dans des cas isolés ne constituent pas une base suffisante pour une autorisation de chasse régulière. Saint-Gall maintient quant à lui la réglementation actuelle. Le même oiseau est ainsi traité de manière fondamentalement différente dans deux cantons voisins.

Il ne s'agit pas d'une nécessité objectivement donnée. C'est une décision politique. Les décisions politiques reflètent les rapports de majorité, les pratiques administratives, les traditions et la volonté de mesurer les privilèges de chasse à des critères transparents et scientifiquement vérifiables.

Là où la chasse est considérée comme un état normal, le fardeau de la preuve est souvent inversé : ce ne sont pas les autorités qui doivent expliquer de manière plausible pourquoi un animal doit être tué. C'est la protection animale et la protection de la nature qui doivent justifier pourquoi il a le droit de vivre. Précisément pour les espèces sans potentiel de dommage pertinent, cette inversion du fardeau de la preuve est inacceptable, tant sur le plan éthique que politique.

Saint-Gall devrait donc suivre l'exemple zurichois et retirer le geai des chênes, la pie et la tourterelle turque de la liste des espèces chassables. Aussi longtemps qu'aucun but concret et étayé de manière vérifiable n'est démontré pour justifier leur chasse régulière, il manque une base pour autoriser leur mise à mort dans le cadre de la chasse de loisir.

En savoir plus sur le geai des chênes et sa fonction en forêt : Le geai des chênes en Suisse – planteur d'arbres naturel dans le viseur de la chasse au petit gibier.

Dossier administration de la chasse de Saint-Gall :

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos Dossiers sur la critique de la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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