La chasse en Suisse : la population est mal informée sur la chasse de loisir
Des mythes et de la propagande cynégétique circulent au sujet de la chasse en Suisse. La population est mal informée. Un fact-check du point de vue de la protection animale et de la protection de la faune sauvage.
L'association militante «Jagd Schweiz» a commandé à la société Demoscope AG un sondage qui révèle de manière alarmante à quel point la population suisse est mal informée sur la chasse de loisir.
Il est intéressant de noter que la même société Demoscope avait déjà réalisé, il y a un an, un sondage portant sur des thématiques liées à la chasse. Ses résultats concernant la protection animale diffèrent toutefois manifestement de ceux du sondage commandé par les chasseurs amateurs de Jagd Schweiz, qui circule actuellement sur Internet.
64 % pour l'interdiction de la chasse au terrier
Tandis que la fédération Jagd Schweiz affirme que «la grande majorité de la population suisse estime que la chasse pratiquée dans notre pays est durable et respectueuse du bien-être animal», la réalité révélée par le sondage de la Protection Suisse des Animaux PSA se présente notamment comme suit :
La chasse au terrier ne jouit guère d'acceptation au sein de la population suisse — c'est ce que montre un sondage représentatif mené auprès de 1’015 personnes par la société d'études de marché Demoscope, mandatée par la Protection Suisse des Animaux (PSA). 64 % des personnes interrogées soutiennent une interdiction, et seulement 21 % souhaitent maintenir la chasse au terrier.
Selon le même sondage de la Protection Suisse des Animaux, 43 % des personnes interrogées souhaitent également interdire la chasse à rabatteurs, et 32 % supplémentaires voudraient en limiter le nombre. Or, c'est précisément cette forme de chasse de loisir, source de souffrance animale, qui est largement répandue dans le Mittelland, notamment en raison de Jagd Schweiz.
Les cyclistes, les joggeurs, les skieurs de fond et les autres usagers de la forêt sont régulièrement invités à respecter la tranquillité de la faune sauvage. C'est légitime, mais on passe sous silence que les jusqu'à cinq chasses à rabatteurs organisées chaque année dans nos forêts représentent de loin le dérangement le plus grave pour la faune. Selon des études menées en Allemagne, 30 % des animaux touchés lors de chasses à rabatteurs ne sont pas tués sur le coup.
Dans le sondage des chasseurs amateurs figure cependant ce qui suit : 82 % des personnes interrogées estiment que la chasse de loisir en Suisse se déroule dans le respect du bien-être animal. Comment est-il possible que des chasseurs amateurs parviennent à de telles conclusions ?
Inconvénients d'une alimentation non végétale
En quoi exactement la venaison serait-elle précieuse ? L'enquête auprès des chasseurs amateurs de Jagd Schweiz affirme que 69 % des personnes interrogées considèrent la venaison comme une précieuse «viande bio».
La viande rend malade, cela est écrit dans chaque bon journal ou bonne source. Qu'il s'agisse de venaison, de bio ou d'élevage intensif. Depuis des années, les autorités recommandent aux enfants, aux femmes enceintes et aux femmes souhaitant avoir des enfants d'éviter de consommer de la viande et du gibier abattu avec des munitions au plomb. De plus, «bio» est un label protégé et ne peut en aucun cas s'appliquer aux animaux sauvages.
La population se voit fourguer la viande de la plus mauvaise qualité qui soit — issue de chasses à rabatteurs — par des chasseurs amateurs, viande qui est de surcroît souvent contaminée par les munitions.
Les accidents de chasse comme un rapport de guerre
L'enquête des chasseurs amateurs affirme également que 90 % des personnes interrogées confirment l'amour de la nature et le maniement responsable de l'arme de chasse chez les 30’000 chasseuses et chasseurs. Dans la réalité, voici ce que cela donne :
- Sur la moyenne pluriannuelle, on compte quatre personnes tuées par des accidents de chasse par an en Suisse.
- Depuis le début des statistiques du BPA (en 2000), on totalise 57 décès en Suisse (état 2016). Soit un mort toutes les 3,5 mois à cause de la chasse de loisir.
- Entre 2011 et 2015, les assurances-accidents ont enregistré au total 1’526 blessés suite à des accidents de chasse. En Suisse, un accident lié à la chasse de loisir survient toutes les 29 heures.
L'IG Wild beim Wild est convaincue que l'enquête des chasseurs amateurs a à peu près la même valeur informative qu'un poisson mort dans une assiette. Et ce que l'on aime vraiment, on ne le tue pas. En savoir plus sur le problème de bien-être animal posé par la chasse de loisir et sur les mythes de la chasse.
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