Initiative populaire cantonale – Canton des Grisons
«Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé
Fondée sur l'art. 12 de la Constitution du canton des Grisons du 18 mai 2003 et sur la loi sur les droits politiques dans le canton des Grisons
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, disposant du droit de vote dans le canton des Grisons, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton des Grisons du 18 mai 2003 est complétée par les articles suivants :
Art. [nouveau] Gestion professionnelle de la faune sauvage
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton des Grisons.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages incombent exclusivement à des gestionnaires de la faune sauvage formés professionnellement et au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou d'élimination des dangers ont été épuisées ou se sont révélées insuffisantes. Il requiert l'approbation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection des animaux et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et décide des mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
6 Les modalités sont réglées par la loi.
Art. [nouveau] Protection des espèces sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à déposer des demandes de régulation préventive des populations d'espèces sauvages protégées au sens de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, en particulier du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Les mesures contre des animaux sauvages individuels représentant un danger immédiat et considérable pour les êtres humains demeurent réservées. Elles doivent être limitées au strict minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et vis-à-vis de la Confédération, en faveur de la protection et de la conservation des espèces sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le gouvernement édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans après l'acceptation de cette modification constitutionnelle.
2 Les permis de chasse existants expirent à l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les redevances de permis déjà acquittées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.
3 Le gouvernement assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.
Explications
1. Contexte
Dans le canton des Grisons, le plus vaste canton de Suisse avec environ 200’000 habitantes et habitants sur une superficie de 7’105 km², la chasse de loisir actuelle constitue un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion contemporaine de la faune sauvage. Elle est l'exercice d'un divertissement sanglant aux dépens d'êtres vivants dotés de sensibilité, légitimé par des narratifs obsolètes qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est empiriquement réfutée depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet Dossier sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).
La chasse de loisir est organisée dans les Grisons sous forme de chasse à patente. La chasse haute grisonne et la chasse basse grisonne sont profondément ancrées dans la culture cantonale. Mais la tradition culturelle ne légitime aucune cruauté envers les animaux. Des particuliers acquièrent une patente cantonale et chassent sans responsabilité territoriale fixe (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons ainsi que l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).
Les Grisons sont le canton où le retour des prédateurs en Suisse a commencé : en 2012, la première meute de loups de la Suisse moderne a été confirmée au Calanda, au-dessus de Coire. Depuis, d'autres meutes sont venues s'y ajouter. L'ours M13 a été abattu dans les Grisons en 2013. Le lynx y est établi depuis des décennies. L'aigle royal niche dans tout le canton. Le gypaète barbu est présent en Engadine. Avec le Parc national suisse en Engadine, les Grisons abritent la plus ancienne et la plus grande réserve naturelle de Suisse, où la chasse est interdite depuis plus de 100 ans (cf. l'analyse de la politique cynégétique sur wildbeimwild.com et la politique du loup sur wildbeimwild.com).
Le canton des Grisons a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune sauvage plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection rigoureuse des espèces sauvages menacées au niveau cantonal. En tant que plus grand canton de Suisse, ce signal aurait un impact susceptible de transformer l'ensemble du débat national.
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève se sont prononcés en faveur de l'abolition de la chasse de loisir milicienne. Avant l'interdiction, le grand gibier du canton était pratiquement exterminé. Quelque 300 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix et des lièvres destinés à la chasse de loisir.
Les expériences faites depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
– La biodiversité a augmenté de manière significative. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30’000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
– La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux.
– En 2005, 90 pour cent des votants genevois se sont prononcés en faveur du maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une proposition de réintroduction a été rejetée par 70 voix contre 7.
– Les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600’000 francs pour le personnel, 250’000 francs pour la prévention et 350’000 francs pour l'indemnisation des dégâts. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.
L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker qualifie l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative la plus avantageuse sur le plan financier. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.
L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne, pour un tir sanitaire d'un sanglier, de 8 heures et au maximum 2 cartouches. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres bruns à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. Vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
Avec le Parc national suisse, les Grisons disposent depuis 1914 de leur propre exemple de référence : dans le Parc national, la chasse est interdite depuis plus de 100 ans. Les populations d'animaux sauvages se régulent d'elles-mêmes. Le Parc national prouve que l'autorégulation naturelle fonctionne aussi en haute montagne (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées).
3. Le concept : une gestion professionnelle de la faune au lieu de la chasse de loisir
L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune selon le modèle des gardes-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :
Compétence professionnelle au lieu de divertissement récréatif. Les gestionnaires professionnels de la faune agissent sur une base scientifique (cf. l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que des pressions politiques n'affaiblissent la gestion de la faune.
L'autorégulation naturelle comme principe directeur. Le Parc national suisse le prouve depuis plus de 100 ans : les populations d'animaux sauvages se régulent d'elles-mêmes en haute montagne. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques confirme ce principe.
4. Pourquoi les Grisons ?
Le canton des Grisons se prête pour plusieurs raisons à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :
Plus grand canton de Suisse. Avec 7’105 km², les Grisons sont le plus grand canton de Suisse en superficie. Un succès ici changerait l'ensemble du débat national. Si la gestion professionnelle de la faune fonctionne dans les Grisons, elle fonctionne partout.
Parc national suisse : 100 ans de preuve. Le Parc national suisse en Engadine prouve depuis 1914 que les populations d'animaux sauvages se régulent d'elles-mêmes en haute montagne sans chasse de loisir. Le Parc national est le modèle genevois des Grisons. Aucun autre canton ne dispose d'un exemple de référence propre aussi solide (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées). Dans le Parc national suisse en Engadine, on ne chasse plus depuis 1914, soit depuis plus de 100 ans. L'effectif de chamois est stable depuis 1920 à environ 1’350 individus. Le renard n'est pas chassé, les proies n'ont pas été exterminées, la biodiversité a doublé. Parallèlement, les chiffres de l'administration cantonale de la chasse documentent les dégâts causés par la chasse de loisir dans le reste du canton : entre 2012 et 2016, plus de 1’000 dénonciations et amendes par an ont été prononcées à l'encontre de chasseurs amateurs. En 2015, les gardes-faune ont dû effectuer 1’232 recherches au sang, avec un taux de succès de seulement 57 pour cent. En cinq ans, environ 3’836 animaux n'ont été que blessés par balle (cf. Dossier accidents de chasse).
Meute de loups du Calanda : berceau des meutes de loups suisses. Au Calanda, au-dessus de Coire, la première meute de loups de la Suisse moderne a été confirmée en 2012. Les Grisons sont le berceau du retour du loup. L'initiative propose une réponse constitutionnelle : une gestion professionnelle de la faune sauvage au lieu de tirs motivés politiquement (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).
Ours dans les Grisons. Les Grisons sont le seul canton où des ours ont été régulièrement documentés (l'ours M13 a été abattu en 2013). La formulation « en particulier » dans le deuxième article protège l'ours lors de son retour (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).
Trilinguisme. Les Grisons sont le seul canton trilingue de Suisse (allemand, romanche, italien). L'initiative doit être communiquée en trois langues.
4’000 signatures. Avec 200’000 habitants, 4’000 signatures représentent 2,00 pour cent de la population. La collecte peut se faire à Coire, Davos, Saint-Moritz, Ilanz, Landquart et Thusis (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone urbaine).
Chasse à patente = changement de système simplifié. Pas de contrats d'affermage, pas d'indemnisation communale.
Canton touristique. Davos, Saint-Moritz, Lenzerheide, Arosa, Flims/Laax : les Grisons sont l'un des cantons touristiques les plus importants de Suisse. La protection professionnelle de la faune sauvage et la coexistence avec les prédateurs sont un argument en faveur d'un tourisme durable.
5. Texte de l'initiative
Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir
L'interdiction de la chasse à patente par des particuliers correspond au modèle genevois. La compétence cantonale est incontestée : art. 3 al. 1 LChP. Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Genève est conforme au droit fédéral depuis 1974. La chasse haute grisonne et la chasse basse grisonne sont des traditions culturelles, mais la tradition culturelle ne légitime ni la cruauté envers les animaux ni un système écologiquement obsolète.
Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune sauvage
Au lieu de chasseurs amateurs, des gestionnaires de la faune sauvage professionnellement formés et au service du canton assument l'ensemble des tâches. À Genève, ce système a fait ses preuves depuis plus de 50 ans. Dans le Parc national suisse depuis plus de 100 ans.
Alinéa 3 – Le tir comme ultima ratio
Un tir est l'exception, non la règle. Les mesures passives ont la priorité.
Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage
La commission indépendante de la faune sauvage est inspirée du modèle genevois. Elle empêche que le gouvernement autorise des exceptions de manière autonome. Les tirs de l'ours M13 et de nombreux loups montrent à quelle vitesse la pression politique conduit à des décisions d'abattage (cf. wildbeimwild.com/jagd-fakten).
Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence
La promotion de la coexistence comprend dans les Grisons notamment l'extension du principe du Parc national à l'ensemble du canton, la mise en réseau des habitats alpins, la protection professionnelle des troupeaux et la sensibilisation de la population et des touristes (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone urbanisée).
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans donne au gouvernement suffisamment de temps. L'Office de la chasse et de la pêche (AJF) existant peut servir de base institutionnelle. L'AJF emploie déjà des gardes-faune professionnels.
6. Sur le deuxième article : Protection des espèces sauvages menacées et protégées
Le deuxième article revêt la plus haute importance pour les Grisons. La meute de loups du Calanda était en 2012 la première de la Suisse moderne. L'ours M13 a été abattu en 2013. Le lynx y est indigène. L'aigle royal et le gypaète barbu nichent dans le canton. Les Grisons abritent le Parc national suisse. La formulation « notamment » protège aussi les futurs revenants, en particulier l'ours et la loutre (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Conséquences financières : Budget concret pour les Grisons
Le budget de référence genevois
À Genève, les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an.
Projection conservatrice pour les Grisons
Pour les Grisons, avec une superficie de 7’105 km² et environ 200’000 habitants, on obtient l'estimation de coûts délibérément conservatrice suivante. Celle-ci calcule de manière généreuse et prend en compte les surcoûts alpins, la problématique du cerf élaphe et la mise en place de la protection des troupeaux :
Frais de personnel : 1’800’000 à 2’800’000 francs par an. Il faut 15 à 20 postes à plein temps. Les Grisons sont vingt-cinq fois plus grands que Genève et topographiquement extrêmement exigeants : haute montagne, vallées latérales isolées, économie alpestre étendue. L'office existant de la chasse et de la pêche (AJF) emploie déjà des gardes-faune professionnels, dont les postes peuvent être partiellement réaffectés. Le nombre plus élevé de postes tient compte de la gestion transitoire du cerf élaphe.
Frais matériels : 400’000 à 700’000 francs par an. En haute montagne, les frais matériels sont plus élevés qu'en plaine : véhicules tout-terrain, équipement alpin, matériel de protection des troupeaux, infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS, drones), mesures de protection structurelles et communication publique en trois langues.
Indemnisation des dommages : 300’000 à 600’000 francs par an. Principalement les dommages causés par les prédations du loup sur les animaux de rente, les dégâts d'abroutissement dans les forêts protectrices et d'éventuels dommages causés par l'ours. L'estimation haute tient compte de la présence du loup dans l'ensemble du canton.
Investissement initial pour la protection des troupeaux : 800’000 à 1’500’000 francs. Durant les trois à cinq premières années suivant le changement de système, un investissement initial unique est nécessaire dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour l'ensemble de la zone d'alpage grisonne : programmes de chiens de protection, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation des bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et sera amorti sur trois à cinq ans.
Coûts totaux : 2’500’000 à 4’100’000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 12.50 à 20.50 francs par habitant et par an.
Gestion transitoire du cerf élaphe
Les Grisons possèdent les plus grandes populations de cerfs élaphes de Suisse. Malgré des milliers de chasseurs de loisir et une chasse haute annuelle, les effectifs ne sont pas réduits de manière durable – bien au contraire : la chasse de loisir produit, par reproduction compensatoire, davantage de naissances qu'elle ne prélève d'animaux. La littérature scientifique démontre cet effet de manière univoque : une forte pression de chasse entraîne une maturité sexuelle plus précoce, des portées plus importantes et un taux de survie plus élevé des jeunes animaux. Après le changement de système, un management de transition ciblé du cerf élaphe sera nécessaire durant les trois à cinq premières années, assuré par des professionnels qualifiés qui réguleront les effectifs de manière scientifique et sélective – et non de façon extensive et saisonnière comme la chasse de loisir. Les effectifs de postes plus élevés tiennent compte de ce management de transition. Le Parc national suisse prouve depuis plus de 100 ans que les populations de faune sauvage se régulent aussi en haute montagne sans chasse de loisir. La garde-faune professionnelle étendra ce principe à l'ensemble du canton (cf. Études sur wildbeimwild.com).
Économies et contre-financement
En contrepartie, des économies considérables sont réalisées : plus d'examens de chasse, plus de gestion de patentes pour des milliers de permis (les Grisons comptent l'une des plus grandes communautés de chasseurs de loisir de Suisse), plus de planification des tirs, plus de surveillance de la chasse. S'y ajoutent les coûts énormes liés aux tirs de loups : un seul loup tué inutilement coûte au public environ 35’000 francs (interventions en hélicoptère, coordination, procédures juridiques). Avec des dizaines de tirs par an, cela se chiffre en centaines de milliers de francs.
Recettes supprimées
Avec l'abolition de la chasse de loisir, les redevances de permis, estimées à 4 à 5 millions de francs par an, disparaissent. Cependant, celles-ci sont largement compensées par les coûts externes de la chasse de milice, jamais comptabilisés – accidents de gibier, dégâts d'abroutissement en forêt protectrice imputables à la chasse, charges administratives, interventions de police et de justice –, qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974 – sans aucun problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs amateurs étaient actifs ; aujourd'hui, trois postes à plein temps accomplissent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice fondée sur le jargon cynégétique ou une «expérience de la nature» mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets le démontre : la chasse de milice coûte au contribuable nettement plus qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, co-façonnée par ce lobby, a échoué en votation populaire (51,9 pour cent de non). En 2016, la fédération de chasseurs tessinoise a torpillé le Parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir au Parlement ont politisé majoritairement contre les préoccupations environnementales. Quiconque prétend que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Fédération de chasseurs tessinoise : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
Les surcoûts nets devraient se situer entre 1’500’000 et 3’000’000 francs par an, ce qui correspond à environ 7,50 à 15,00 francs par habitant. Dans un canton extrêmement vaste et alpin ne comptant que 200’000 habitants, les coûts par habitant sont naturellement plus élevés que dans les cantons très peuplés. Mais même en calculant généreusement : cela représente moins de 0,15 pour cent du budget cantonal d'environ 2,8 milliards de francs (comptes d'État 2024, AFF). Ou autrement dit : moins d'un café par personne et par an – pour une protection professionnelle de la faune sauvage dans le plus grand canton de Suisse (cf. Vérification des mythes cynégétiques sur wildbeimwild.com).
8. Compatibilité avec le droit supérieur
Premier article : Abolition de la chasse de loisir
Conforme au droit fédéral. Art. 3 al. 1 LChP. Trois systèmes de chasse équivalents. Genève depuis 1974 sans contestation.
Deuxième article : Protection des espèces protégées
L'art. 7a LChP permet la régulation préventive, mais n'y oblige pas. Le renoncement ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne.
Unité de la matière
Respectée, car l'ensemble des dispositions se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.
9. Anticipation des objections prévisibles
«Les Grisons sont vingt-cinq fois plus grands que Genève – le modèle genevois ne fonctionne pas ici»
Les faits : Les Grisons disposent avec le Parc national suisse de leur propre exemple de référence : depuis plus de 100 ans, aucune chasse de loisir, des populations de faune sauvage stables. Ce qui fonctionne dans le Parc national fonctionne aussi en dehors. L'habitat humain est concentré dans les vallées. La plus grande partie de la superficie est constituée de haute montagne sans peuplement permanent. Les coûts absolus (1’500’000 à 3’000’000 francs) représentent moins de 0,15 pour cent du budget cantonal (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons).
Formule communicative abrégée : «Le Parc national suisse le prouve depuis 100 ans : pas de chasse de loisir, des populations stables. Ce qui fonctionne dans le Parc national fonctionne aussi en dehors.»
«La chasse grisonne est une tradition»
Les faits : La tradition ne légitime pas la cruauté envers les animaux. Les corridas en Espagne sont aussi une tradition. La question n'est pas de savoir si quelque chose est une tradition, mais si c'est écologiquement et éthiquement justifiable. Le Parc national suisse a une tradition plus longue que la chasse à patente grisonne sous sa forme actuelle et prouve que la gestion de la faune sauvage fonctionne sans chasse de loisir.
Formule communicative abrégée : «La tradition ne légitime pas la cruauté envers les animaux. Le Parc national a une tradition plus longue et le prouve : on peut s'en passer.»
«Les coûts sont trop élevés»
Les faits : Même selon un calcul généreux et conservateur : 1’500’000 à 3’000’000 francs en valeur absolue. Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal d'environ 2,8 milliards de francs (comptes d'État 2024, AFF). Moins qu'un café par personne et par an. Les économies réalisées sur l'administration des patentes et les tirs de loups sont considérables.
Formule communicative abrégée : «Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Moins qu'un café par personne et par an.»
10. Résumé
Cette initiative donne à la population grisonne la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection complète des espèces animales menacées. Le premier article s'inspire du modèle genevois, qui a fait ses preuves depuis plus de 50 ans, et du principe du Parc national, éprouvé depuis plus de 100 ans. Le second article protège en particulier le loup (Calanda), l'ours, le lynx, l'aigle royal et le gypaète barbu. En tant que plus grand canton de Suisse et berceau des meutes de loups helvétiques, un succès aux Grisons aurait un effet de signal au niveau national, susceptible de transformer l'ensemble du débat.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(Membres du comité conformément au droit cantonal, domiciliés dans le canton des Grisons)
Adresse de contact : [Adresse du comité]
Annexe : Documentation complémentaire
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien
La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons : wildbeimwild.com – Psychologie de la chasse de loisir dans le canton GR
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd
Parcs nationaux et zones protégées : wildbeimwild.com/category/nationalpark
Faune sauvage en zone urbaine : wildbeimwild.com/category/wildtiere-im-siedlungsgebiet
Mythes cynégétiques : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen
Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville : Texte modèle de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville
Note relative à la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la Chancellerie cantonale des Grisons pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. Pour l'aboutissement de l'initiative, 4’000 signatures valables sont nécessaires. Le délai de récolte est d'un an à compter de la publication officielle dans la Feuille officielle cantonale. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur les droits politiques du canton des Grisons.
Briefing stratégique à l'intention des militantes et militants
Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage» – Canton des Grisons Document de travail interne – État mars 2026
Résumé
Les Grisons sont le plus grand canton de Suisse et le berceau des meutes de loups suisses (Calanda 2012). Aucun autre canton ne dispose d'un exemple de référence propre aussi fort : le Parc national suisse prouve depuis plus de 100 ans que l'autorégulation naturelle fonctionne en haute montagne. 4’000 signatures pour 200’000 habitants, c'est réalisable. Les coûts absolus (800’000–1’800’000 francs) représentent moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Un succès ici changerait l'ensemble du débat national.
1. Pourquoi précisément les Grisons ?
Plus grand canton. 7’105 km². Signal d'envergure nationale.
Parc national suisse. 100 ans de preuves : pas de chasse de loisir, populations stables.
Meute de loups du Calanda. Berceau des meutes de loups suisses (2012).
Ours. Seul canton avec des preuves de présence de l'ours. Ours M13 abattu en 2013.
4’000 signatures. 2,00 pour cent. Réalisable.
Chasse à patente = changement de système plus simple. Pas de contrats d'affermage.
2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment
Titre positif. «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage».
Le Parc national comme référence grisonne. Au lieu de se référer uniquement à Genève, les GR se réfèrent à leur propre Parc national : 100 ans de preuves en haute montagne.
Coûts absolus. 800’000–1’800’000 francs. Moins de 0,1 pour cent du budget cantonal.
Réfuter offensivement l'argument de la tradition. «Le Parc national a une tradition plus longue que la chasse à patente dans sa forme actuelle.»
3. Défis particuliers
Culture de la chasse. La chasse grisonne est profondément ancrée culturellement. La campagne doit s'appuyer sur les faits et l'argument du Parc national.
Trilinguisme. Matériel en allemand, romanche et italien.
Grande superficie, population clairsemée. Concentrer la collecte sur les villes (Coire, Davos, Saint-Moritz).
4. Analyse des adversaires et réponses préparées
Contre-argument 1 : «Les Grisons sont trop grands»
Formule de communication courte : «Le Parc national le prouve depuis 100 ans : pas de chasse de loisir, populations stables. Ce qui fonctionne dans le Parc national fonctionne aussi en dehors.»
Contre-argument 2 : «La chasse grisonne est une tradition»
Formule de communication courte : «La tradition ne légitime pas la cruauté envers les animaux. Le Parc national a une tradition plus longue.»
Contre-argument 3 : «Les coûts sont trop élevés»
Formule de communication courte : «Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Moins qu'un café par personne et par an.»
5. Stratégie de communication : les trois messages clés
«Le Parc national le prouve depuis 100 ans.» L'argument grison le plus percutant.
«Genève le démontre depuis 50 ans.» 90 pour cent d'approbation.
«Professionnel au lieu d'amateur.» Des spécialistes au lieu de tireurs de loisir.
6. Calendrier et prochaines étapes
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Formation du comité & examen préliminaire du texte | Faire appel à un·e juriste ; membres du comité domiciliés dans les GR issus des trois régions linguistiques | Mois 1–4 |
| Dépôt pour examen préliminaire | Chancellerie d'État des Grisons | Mois 4–5 |
| Publication & début de la récolte | Objectif : 5’000+ signatures comme marge de sécurité | Mois 5 |
| Contacts avec les partis & construction de la coalition | PS, Verts, PVL ; Pro Natura GR ; BirdLife GR ; WWF GR ; Association du Parc national | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Après le délai de récolte |
| Débat au Grand Conseil | Ancrage parlementaire ; travail médiatique | Mois suivants |
| Campagne de votation | Argument du Parc national, loup du Calanda, déconstruire offensivement la tradition | Avant la votation |
7. Matériel de campagne
- Le dossier Genève sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- La psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons comme documentation de fond.
- Médias locaux : Südostschweiz, Bündner Zeitung, Engadiner Post, La Quotidiana, Tele Südostschweiz.
- Infographie : Parc national suisse comme motif directeur («100 ans sans chasse de loisir»). Loup du Calanda. Comparaison des coûts GR vs GE.
- Matériel trilingue (DE/RM/IT) pour les régions respectives.
8. Sources complémentaires
- Interdiction de la chasse à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons
- Vérification des mythes sur la chasse
- Parcs nationaux et zones protégées
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale Bâle-Ville
Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militant·e·s, des organisations ou des comités d'initiative et adapté aux conditions du canton des Grisons.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure «La chasse en Suisse protège et profite» de JagdSchweiz se lit comme un prospectus publicitaire – mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix narratifs passés au crible, de la «mission étatique» à la «biodiversité» en passant par «80 % d'approbation» : Dossier : Vérification des faits de la brochure JagdSchweiz →
