Initiative populaire cantonale : canton des Grisons
«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé
En vertu de l'art. 12 de la Constitution du canton des Grisons du 14 septembre 2003 et de la loi sur les droits politiques du canton des Grisons
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton des Grisons, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton des Grisons du 14 septembre 2003 est complétée par l'article suivant :
Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton des Grisons.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
6 La loi règle les modalités.
Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le gouvernement édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'acceptation de la présente modification constitutionnelle.
2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.
3 Le gouvernement assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire.
Explications
1. Situation initiale
Dans le canton des Grisons, le plus grand canton de Suisse en superficie avec environ 200'000 habitantes et habitants sur 7'105 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni à la protection des espèces ni à une gestion moderne de la faune sauvage. C'est l'exercice d'un loisir sanglant au détriment d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).
La chasse de loisir est organisée dans les Grisons sous forme de chasse à patente. La haute chasse et la chasse basse grisonnes sont profondément ancrées dans la culture cantonale. Mais la tradition culturelle ne légitime pas la maltraitance animale. Les personnes privées acquièrent un patente cantonale et chassent sans responsabilité fixe sur une réserve de chasse (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Les Grisons sont le canton où a commencé le retour des prédateurs en Suisse : en 2012, la première meute de loups de la Suisse moderne a été confirmée au Calanda, au-dessus de Coire. D'autres meutes se sont ajoutées depuis. L'ours M13 a été abattu dans les Grisons en 2013. Le lynx y est présent depuis des décennies. L'aigle royal niche dans tout le canton. Le gypaète barbu est présent en Engadine. Avec le Parc national suisse en Engadine, les Grisons abritent le plus ancien parc national des Alpes, où aucune chasse n'a lieu depuis plus de 100 ans (cf. la analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).
Le canton des Grisons a la possibilité d'envoyer ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces sauvages menacées au niveau cantonal. En tant que plus grand canton de Suisse, ce signal aurait un impact qui transformerait l'ensemble du débat national.
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, environ 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé l'abolition de la chasse de loisir milicienne. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.
Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
- La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
- La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-faune professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux.
- L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
- Les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600 000 francs pour le personnel, 250 000 francs pour la prévention et 350 000 francs pour les indemnisations de dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.
L'inspecteur de la faune genevois de longue date, Gottlieb Dandliker, qualifiait l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative la plus avantageuse financièrement. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.
L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
Les Grisons disposent, avec le Parc national suisse fondé en 1914, de leur propre exemple de référence : dans le parc national, on ne chasse plus depuis plus de 100 ans. Les populations sauvages se régulent de manière autonome. Le parc national prouve que l'autorégulation naturelle fonctionne aussi en haute montagne (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées).
3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir
L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :
Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. Le Parc national suisse prouve depuis plus de 100 ans que les populations sauvages se régulent de manière autonome en haute montagne. L'expérience de Genève, de parcs nationaux et de nombreuses Études confirme ce principe.
4. Pourquoi les Grisons ?
Le canton des Grisons se prête, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :
Le plus grand canton de Suisse. Avec 7'105 km², les Grisons sont le plus grand canton de Suisse en termes de superficie. Un succès ici transformerait l'ensemble du débat national. Si la gestion professionnelle de la faune fonctionne aux Grisons, elle fonctionne partout.
Parc national suisse : 100 ans de preuves. Le Parc national suisse, en Engadine, prouve depuis 1914 que les populations sauvages se régulent de manière autonome en haute montagne, sans chasse de loisir. Le parc national est le modèle genevois grison. Aucun autre canton ne dispose d'un exemple de référence aussi solide qui lui soit propre (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées). Dans le Parc National Suisse en Engadine, on ne chasse plus depuis 1914, soit depuis plus de 100 ans. La population de chamois est stable depuis 1920, à environ 1'350 animaux. Le renard n'y est pas chassé, les proies n'ont pas été exterminées, la biodiversité a doublé. Parallèlement, les chiffres de l'administration cantonale de la chasse documentent les dégâts causés par la chasse de loisir dans le reste du canton : entre 2012 et 2016, plus de 1'000 dénonciations et amendes ont été prononcées chaque année contre des chasseurs de loisir. En 2015, les gardes-faune ont dû effectuer 1'232 recherches au sang, avec un taux de réussite de seulement 57 pour cent. En cinq ans, environ 3'836 animaux ont été simplement blessés par un tir (cf. Dossier accidents de chasse).
Meute de loups du Calanda : berceau des meutes de loups suisses. Au Calanda, au-dessus de Coire, la première meute de loups de la Suisse moderne a été confirmée en 2012. Les Grisons sont le berceau du retour du loup. L'initiative offre une réponse constitutionnelle : une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que des tirs à motivation politique (cf. le politique du loup sur wildbeimwild.com).
Ours dans les Grisons. Les Grisons sont le canton comptant le plus de preuves de présence d'ours en Suisse (l'ours M13 a été abattu en 2013). La formulation « notamment » dans le deuxième article protège l'ours lors de son retour (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).
Trilinguisme. Les Grisons sont le seul canton trilingue de Suisse (allemand, romanche, italien). L'initiative doit être communiquée dans les trois langues.
4'000 signatures. Sur 200'000 habitants, 4'000 signatures représentent 2,00 pour cent de la population. On peut récolter des signatures à Coire, Davos, Saint-Moritz, Ilanz, Landquart et Thusis.
Chasse à patente = simple changement de système. Pas de baux de chasse, pas d'indemnisation communale.
Canton touristique. Davos, Saint-Moritz, Lenzerheide, Arosa, Flims/Laax : les Grisons sont l'un des cantons touristiques les plus importants de Suisse. Une protection professionnelle de la faune sauvage et la coexistence avec les prédateurs constituent un argument en faveur d'un tourisme durable.
5. Sur le texte de l'initiative
Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir
L'interdiction de la chasse à patente par des particuliers correspond au modèle genevois. La compétence cantonale n'est pas contestée : art. 3 al. 1 et 2 de la LChP. Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Genève est conforme au droit fédéral depuis 1974. La haute chasse grisonne et la chasse basse grisonne sont des traditions culturelles, mais la tradition culturelle ne légitime ni la maltraitance animale ni un système écologiquement dépassé.
Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage
Au lieu de chasseuses et chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage formés professionnellement, employés par le service cantonal, assument l'ensemble des tâches. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans. Dans le Parc national suisse, depuis plus de 100 ans.
Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio
Un tir est l'exception, pas la règle. Les mesures passives ont la priorité.
Alinéa 4 : commission de la faune sauvage
La commission indépendante pour la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle empêche le gouvernement d'accorder des dérogations de manière autonome. Les tirs de l'ours M13 et de nombreux loups montrent à quelle vitesse la pression politique peut conduire à des décisions de mise à mort (voir Mythes sur la chasse passés au crible).
Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence
La promotion de la coexistence comprend notamment, dans les Grisons, l'extension du principe du Parc national à l'ensemble du canton, la mise en réseau des habitats alpins, la protection professionnelle des troupeaux et l'information de la population et des touristes.
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans laisse suffisamment de temps au gouvernement. L'Office de la chasse et de la pêche (AJF) existant peut servir de base institutionnelle. L'AJF emploie déjà des gardes-faune professionnels.
6. Sur le second article : protection des espèces animales sauvages menacées et protégées
Le deuxième article revêt une importance capitale pour les Grisons. La meute de loups du Calanda était, en 2012, la première de la Suisse moderne. L'ours M13 a été abattu en 2013. Le lynx y est indigène. L'aigle royal et le gypaète barbu nichent dans le canton. Les Grisons abritent le Parc national suisse. La formulation « notamment » protège aussi les futurs animaux de retour, en particulier l'ours et la loutre (voir la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Incidences financières : budget concret pour les Grisons
Le budget de référence genevois
À Genève, les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an.
Estimation conservatrice pour les Grisons
Pour les Grisons, avec une superficie de 7'105 km² et environ 200'000 habitants, on obtient l'estimation des coûts suivante, délibérément conservatrice. Celle-ci calcule de manière généreuse et tient compte des coûts supplémentaires liés au milieu alpin, de la problématique du cerf élaphe et de la mise en place de la protection des troupeaux :
Coûts de personnel : 1'800'000 à 2'800'000 francs par an. Il faut compter 15 à 20 postes à plein temps. Les Grisons sont vingt-cinq fois plus grands que Genève et présentent une topographie extrêmement exigeante : haute montagne, vallées latérales isolées, économie alpestre étendue. L'Office de la chasse et de la pêche (AJF) existant emploie déjà des gardes-faune professionnels, dont les postes peuvent en partie être reconvertis. Le nombre de postes plus élevé tient compte de la gestion transitoire du cerf élaphe.
Coûts matériels : 400'000 à 700'000 francs par an. En haute montagne, les coûts matériels sont plus élevés qu'en plaine : véhicules tout-terrain, équipement alpin, matériel de protection des troupeaux, infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS, drones), mesures de protection structurelles et travail de communication en trois langues.
Indemnisation des dommages : 300'000 à 600'000 francs par an. Principalement les dommages causés par les attaques de loups sur le bétail, les dommages d'abroutissement en forêt protectrice et d'éventuels dommages causés par les ours. L'estimation la plus élevée tient compte de la présence du loup dans l'ensemble du canton.
Investissement initial pour la protection des troupeaux : 800'000 à 1'500'000 francs. Durant les trois à cinq premières années suivant le changement de système, un investissement initial unique est nécessaire pour l'infrastructure de protection des troupeaux sur l'ensemble de l'estivage grison : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs nocturnes, formation des bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et sera amorti sur trois à cinq ans.
Coûts totaux : 2'500'000 à 4'100'000 francs par an (bruts). Cela correspond à environ 12,50 à 20,50 francs par habitant et par an.
Gestion transitoire du cerf élaphe
Les Grisons possèdent les plus grandes populations de cerfs de Suisse. Malgré des milliers de chasseurs de loisir et la haute chasse annuelle, les populations ne sont pas réduites durablement. Au contraire : la chasse de loisir produit, par le biais de la reproduction compensatoire, davantage de naissances qu'elle ne prélève d'animaux. La littérature scientifique démontre clairement cet effet : une forte pression de chasse entraîne une maturité sexuelle plus précoce, des portées plus grandes et un taux de survie plus élevé chez les jeunes animaux. Après le changement de système, une gestion transitoire ciblée du cerf par des professionnels qualifiés sera nécessaire durant les trois à cinq premières années, afin de réguler la population de manière scientifique et sélective, et non de façon généralisée et saisonnière comme le fait la chasse de loisir. Le nombre plus élevé de postes tient compte de cette gestion transitoire. Depuis plus de 100 ans, le Parc national suisse prouve que les populations d'animaux sauvages se régulent aussi en haute montagne sans chasse de loisir. Le service professionnel de la faune étendra ce principe à l'ensemble du canton (cf. études sur wildbeimwild.com).
Économies et financement compensatoire
Face à cela, d'importantes économies sont réalisées : plus d'examens de chasse, plus de gestion de patentes pour des milliers de permis (les Grisons comptent l'une des plus grandes communautés de chasseurs de loisir de Suisse), plus de planification des tirs, plus de surveillance de la chasse. S'y ajoutent les coûts énormes des tirs de loups : un seul loup abattu inutilement coûte à la collectivité environ 35'000 francs (interventions en hélicoptère, coordination, procédures judiciaires). Avec des dizaines de tirs par année, cela se chiffre en centaines de milliers de francs.
Recettes supprimées
Avec la suppression de la chasse de loisir, les taxes de patente, estimées à 4 à 5 millions de francs par an, disparaissent. Mais face à cela se trouvent les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse milicienne (accidents de la faune, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions de la police et de la justice), qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps accomplissent le même travail, en mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas comparables à une chasse régulatrice fondée sur les histoires de chasseurs ou sur une «expérience de la nature» mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets montre que la chasse milicienne coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne lui rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
L'Les coûts supplémentaires nets devraient se situer entre 1'500'000 et 3'000'000 de francs par an, ce qui correspond à environ 7.50 à 15.00 francs par habitant correspond. Dans un canton alpin extrêmement vaste ne comptant que 200'000 habitants, les coûts par habitant sont naturellement plus élevés que dans des cantons plus peuplés. Mais même en calculant largement : cela représente moins de 0.15 pour cent du budget cantonal d'environ 2.8 milliards de francs (compte d'État 2024, AFF). Ou dit autrement : moins qu'un café par personne et par an, pour une protection professionnelle de la faune sauvage dans le plus grand canton de Suisse (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
8. Compatibilité avec le droit supérieur
Premier article : abolition de la chasse de loisir
Conforme au droit fédéral. Art. 3 al. 1 et 2 JSG. Trois systèmes de chasse équivalents. Genève depuis 1974, sans contestation.
Deuxième article : protection des espèces protégées
L'art. 7a JSG permet la régulation préventive, mais n'y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 JSG. La renonciation ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne.
Unité de la matière
Garantie, car toutes les dispositions se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.
9. Anticipation des objections prévisibles
«Les Grisons sont vingt-cinq fois plus grands que Genève, le modèle genevois ne fonctionne pas ici»
Les faits : Les Grisons disposent de leur propre exemple de référence avec le Parc national suisse : depuis plus de 100 ans, pas de chasse de loisir, des populations d'animaux sauvages stables. Ce qui fonctionne dans le parc national fonctionne aussi à l'extérieur. L'habitat est concentré dans les vallées. La plus grande partie de la surface est constituée de haute montagne sans habitat permanent. Les coûts absolus (1'500'000 à 3'000'000 de francs) représentent moins de 0,15 pour cent du budget cantonal (cf. Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons).
Formule communicative courte : « Le Parc national suisse le prouve depuis 100 ans : pas de chasse de loisir, des populations stables. Ce qui fonctionne dans le parc national fonctionne aussi à l'extérieur. »
« La chasse grisonne est une tradition »
Les faits : La tradition ne légitime pas la maltraitance animale. Les corridas en Espagne sont aussi une tradition. La question n'est pas de savoir si quelque chose a une tradition, mais si c'est écologiquement et éthiquement défendable. Le Parc national suisse a une tradition plus longue que la chasse à patente grisonne sous sa forme actuelle et prouve que la gestion de la faune sauvage fonctionne sans chasse de loisir.
Formule communicative courte : « La tradition ne légitime pas la maltraitance animale. Le parc national a une tradition plus longue et le prouve : on peut aussi s'en passer. »
«Les coûts sont trop élevés»
Les faits : Même avec un calcul généreux et prudent : 1'500'000 à 3'000'000 de francs en valeur absolue. Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal d'environ 2,8 milliards de francs (compte d'État 2024, AFF). Moins d'un café par personne et par année. Les économies réalisées sur l'administration des patentes et les tirs de loups sont considérables.
Formule communicative courte : « Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Moins d'un café par personne et par année. »
10. Résumé
Cette initiative donne à la population grisonne la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage ainsi que d'une protection globale des espèces sauvages menacées. Le premier article s'inspire du modèle genevois, qui a fait ses preuves depuis plus de 50 ans, et du principe du parc national, éprouvé depuis plus de 100 ans. Le second article protège en particulier le loup (Calanda), l'ours, le lynx, l'aigle royal et le gypaète barbu. En tant que plus grand canton de Suisse et berceau des meutes de loups suisses, un succès dans les Grisons aurait un effet de signal national qui changerait l'ensemble du débat.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton des Grisons)
Adresse de contact : [adresse du comité]
Annexe : documentation complémentaire
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien
La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd
Parcs nationaux et zones protégées : wildbeimwild.com/tag/schweizerischer-nationalpark
Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/tag/stadtwildtiere
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville
Remarque sur la procédure
Le comité d'initiative dépose le texte de l'initiative auprès de la Chancellerie d'État du canton des Grisons pour examen préalable avant le début de la récolte des signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 4’000 signatures valables. Le délai de récolte est d'un an à compter de la publication officielle dans la feuille officielle cantonale. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur les droits politiques du canton des Grisons.
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage », canton des Grisons Document de travail interne, état en mars 2026
Résumé
Les Grisons sont le plus grand canton de Suisse et le berceau des meutes de loups suisses (Calanda, 2012). Aucun autre canton ne dispose d'un exemple de référence aussi fort : le Parc national suisse démontre depuis plus de 100 ans que l'autorégulation naturelle fonctionne en haute montagne. 4’000 signatures pour 200’000 habitants, c'est réalisable. Les coûts absolus (1’500’000 à 3’000’000 de francs) représentent moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Un succès ici changerait l'ensemble du débat national.
1. Pourquoi précisément les Grisons ?
Le plus grand canton. 7’105 km². Effet de signal national.
Parc national suisse. 100 ans de preuve : pas de chasse de loisir, populations stables.
Meute de loups du Calanda. Berceau des meutes de loups suisses (2012).
Ours. Canton comptant le plus de preuves de présence d'ours. L'ours M13 a été abattu en 2013.
4'000 signatures. 2,00 pour cent. Réalisable.
Chasse à patente = simple changement de système. Aucun bail de chasse.
2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment
Titre positif. « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage ».
Le parc national comme référence grisonne. Au lieu de simplement se référer à Genève, les Grisons peuvent se référer à leur propre parc national : 100 ans de preuve en haute montagne.
Coûts absolus. 1’500’000 à 3’000’000 de francs. Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal.
Réfuter l'argument de la tradition de manière offensive. « Le parc national a une tradition plus longue que la chasse à patente sous sa forme actuelle. »
3. Défis particuliers
Culture de la chasse. La chasse grisonne est culturellement fortement ancrée. La campagne doit s'appuyer sur des faits et sur l'argument du parc national.
Trilinguisme. Matériaux en allemand, en romanche et en italien.
Grande surface, faible densité de population. Concentrer la récolte sur les villes (Coire, Davos, Saint-Moritz).
4. Analyse des opposants et réponses préparées
Contre-argument 1 : « Les Grisons sont trop grands »
Formule communicative courte : « Le parc national le prouve depuis 100 ans : pas de chasse de loisir, populations stables. Ce qui fonctionne dans le parc national fonctionne aussi à l'extérieur. »
Contre-argument 2 : « La chasse grisonne est une tradition »
Formule communicative courte : « La tradition ne légitime pas la maltraitance animale. Le Parc national a une tradition plus ancienne. »
Contre-argument 3 : « Les coûts sont trop élevés »
Formule communicative courte : « Moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Moins d'un café par personne et par année. »
5. Stratégie de communication : les trois messages clés
« Le Parc national le prouve depuis 100 ans. » L'argument grison le plus fort.
«Genève le démontre depuis 50 ans.» Jamais levée depuis 1974.
«Professionnel plutôt qu'amateur.» Des professionnels plutôt que des tireurs de loisir.
6. Calendrier et prochaines étapes
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Constitution du comité & prévérification du texte | Faire appel à une/un juriste ; membres du comité domicilié-e-s aux Grisons issus des trois régions linguistiques | Mois 1–4 |
| Dépôt pour prévérification | Chancellerie d'État des Grisons | Mois 4–5 |
| Publication & lancement de la récolte | Objectif : 5'000+ signatures comme marge de sécurité | Mois 5 |
| Contacts avec les partis & construction de coalitions | PS, Les Verts, PVL ; Pro Natura GR ; BirdLife GR ; WWF GR ; Association du Parc national | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Après le délai de récolte |
| Débat au Grand Conseil | Ancrage parlementaire ; travail médiatique | Mois suivants |
| Campagne de votation | Réfuter de manière offensive l'argument du Parc national, le loup du Calanda et la tradition | Avant la votation |
7. Matériel de campagne
- Le Dossier genevois sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- L'Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons comme matériel de référence.
- Médias locaux : Südostschweiz, Bündner Zeitung, Engadiner Post, La Quotidiana, Tele Südostschweiz.
- Infographie : le Parc national suisse comme fil conducteur (« 100 ans sans chasse de loisir »). Le loup du Calanda. Comparaison des coûts GR vs GE.
- Matériel trilingue (DE/RM/IT) pour les régions respectives.
8. Sources complémentaires
- L'interdiction de chasser à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton des Grisons
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- Parcs nationaux et zones protégées
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être utilisé librement par les militant-e-s, les organisations ou les comités d'initiative et adapté aux conditions du canton des Grisons.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure «Die Jagd in der Schweiz schützt und nützt» de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la «tâche d'État» à la «biodiversité» en passant par les «80 % d'approbation» : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →
