22 juillet 2026, 07:57

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Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse : la facture que personne ne présente

Les chasseurs de loisir affirment volontiers qu'ils s'autofinancent : les taxes de patente, les contributions aux dégâts causés par le gibier et l'engagement bénévole ne coûteraient rien à l'État. Ce récit ne résiste pas à l'examen. Les coûts externes de la chasse de milice, les accidents impliquant du gibier, les frais administratifs, les accidents de chasse, les pertes de biodiversité dues à la pression cynégétique, les dégâts forestiers causés par le déplacement des animaux, les interventions policières et les frais de justice ne sont jamais entièrement comptabilisés. Le canton de Genève montre depuis 1974 qu'une autre voie est possible : une gestion professionnelle de la faune par des gardes-faune formés, trois postes à plein temps, pour un coût d'environ un million de francs par an, dégâts causés par le gibier inclus. Cela correspond à une tasse de café par habitante et habitant. Ce dossier met au jour les coûts cachés de la chasse de loisir et les compare au modèle genevois.

Accidents impliquant du gibier : 20’000 par an, 76 millions de francs de coûts d'assurance

En Suisse, on dénombre chaque année environ 20’000 accidents impliquant du gibier (Protection suisse des animaux). En moyenne, un chevreuil meurt chaque heure sous les roues d'une voiture. Dans une centaine de cas par an, il y a des blessés. La pression cynégétique augmente la distance de fuite et l'activité de déplacement des animaux sauvages, en particulier pendant la saison de chasse. Les animaux effarouchés traversent les routes plus fréquemment et de manière plus imprévisible. Le lien de causalité entre la pression cynégétique et la fréquence des accidents impliquant du gibier est documenté scientifiquement.

La facture pour la collectivité

Selon l'assurance Axa, un sinistre lié à un accident impliquant du gibier coûte en moyenne environ 3’800 francs, soit 800 francs de plus qu'il y a dix ans (SRF, octobre 2025). Avec 20’000 accidents impliquant du gibier par an, cela représente des coûts d'assurance estimés à environ 76 millions de francs par an. Ces coûts sont supportés par les automobilistes à travers leurs primes d'assurance casco. L'assurance casco partielle couvre la collision directe, l'assurance casco complète couvre également les manœuvres d'évitement. À cela s'ajoutent les interventions policières, l'élimination des carcasses, le nettoyage des routes et la recherche au sang par le service de la faune, autant de coûts imposés à la collectivité.

Ces 76 millions de francs n'apparaissent dans aucun bilan de la chasse. Ils ne sont jamais imputés au système de chasse, bien que la pression cynégétique aggrave manifestement les accidents impliquant du gibier : les animaux effarouchés fuient de manière incontrôlée à travers les routes. À Genève, où aucune chasse de loisir n'a lieu depuis 1974, les animaux sauvages se comportent de manière plus calme et plus prévisible.

Les chiffres : 585’000 hectares de forêt protectrice

Selon le projet SilvaProtect-CH de l'OFEV, environ 585’000 hectares, soit 49 pour cent de toutes les forêts suisses, remplissent les critères d'une forêt protectrice. Elles protègent les zones habitées, les routes et les lignes ferroviaires contre les avalanches, les chutes de pierres, les glissements de terrain et les crues. La valeur économique de cet effet protecteur est estimée à environ 4 milliards de francs par an.

La Confédération, les cantons et les bénéficiaires (communes, exploitants ferroviaires) investissent chaque année environ 150 millions de francs dans l'entretien des forêts protectrices : environ 60 millions par la Confédération, environ 90 millions par les cantons et les bénéficiaires (Waldwissen.net/OFEV). L'entretien des forêts protectrices est environ dix fois moins coûteux que les ouvrages techniques (paravalanches, filets pare-pierres). Pour la période de programme 2025 à 2028, le Conseil fédéral a demandé 451 millions de francs pour le domaine forestier (Message conventions-programmes 2025-2028).

Forêt protectrice par canton

CantonForêt protectrice (ha)Part de la forêtBesoin d'entretien estimé/an
Grisons122’33461%~61 mio de fr.
Tessin114’59690%~57 mio de fr.
Berne88’89050%~44 mio de fr.
Valais82’16287%~41 mio de fr.
Saint-Gall37’34764%~19 mio de fr.
Vaud24’16926%~12 mio de fr.
Fribourg17’58841%~9 mio de fr.
Schwyz16’34662%~8 mio de fr.
Uri11’58368%~6 mio de fr.
Jura10’75630%~5 mio de fr.
Glaris10’13055%~5 mio de fr.
Obwald10’02151%~5 mio de fr.
Lucerne7’97819%~4 mio de fr.
Suisse total585’00049%~150 mio de fr.
Source : OFEV SilvaProtect-CH. Besoin d'entretien calculé sur la base de 12’500 fr./ha avec un rythme d'entretien minimal de 25 ans (Canton d'Obwald/OFEV).

Situation d'abroutissement : détérioration malgré la chasse de loisir

Le rapport forestier 2025 (OFEV/WSL) documente : la part de la surface de forêt protectrice avec très peu de régénération (moins de 5 pour cent de taux de couverture de régénération) est passée à 30 pour cent. Le versant sud des Alpes (Tessin) est le plus touché avec 41 pour cent, suivi des Alpes avec 34 pour cent. Selon la Société forestière suisse, la part de forêt protectrice avec une influence supportable du gibier est passée de plus de deux tiers en 2015 à moins de la moitié. Le sapin blanc et les feuillus sont particulièrement touchés.

La chasse de loisir n'a pas empêché cette détérioration, bien que des dizaines de milliers de chevreuils, cerfs et chamois soient abattus chaque année. Au Tessin, environ 3’000 cerfs et chamois sont tirés chaque année, soit près de la moitié de tous les ongulés du canton. Malgré cela, la situation d'abroutissement s'aggrave. L'explication : la chasse de loisir produit, par reproduction compensatoire, davantage de naissances qu'elle ne prélève d'animaux, et la pression de chasse pousse les animaux dans la forêt protectrice, où ils causent davantage de dégâts (cf. analyse de la forêt protectrice sur wildbeimwild.com).

Valais: 82’000 hectares, 87 pour cent de forêt protectrice

Le canton du Valais compte 82’162 hectares de forêt protectrice, soit 87 pour cent de la surface forestière totale, la deuxième plus grande proportion de tous les cantons après le Tessin (90 pour cent). Avec des coûts nets moyens de 12’500 francs par hectare (rythme d'entretien minimal tous les 25 ans, selon l'OFEV), cela représente un besoin d'entretien annuel théorique d'environ 41 millions de francs. Sur une période de programme de quatre ans, cela représente plus de 160 millions de francs. Ces coûts sont supportés par la collectivité. Parallèlement, le canton du Valais dépense chaque année des centaines de milliers de francs pour les tirs de loups (estimés entre 0,8 et 1 million de francs durant l'hiver 2024/25), bien que le loup, en tant que régulateur naturel, réduise de manière avérée la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice (cf. Politique du loup sur wildbeimwild.com).

La subvention cachée: qui paie pour l'abroutissement?

Les 150 millions de francs annuels consacrés à l'entretien de la forêt protectrice constituent un investissement nécessaire dans la protection contre les dangers naturels. Mais une part considérable de ces coûts est imputable à des mesures directement liées à la pression d'abroutissement: entretien des jeunes peuplements, protection contre l'abroutissement (clôtures, protection individuelle), reboisement et transformation des peuplements. Ces coûts ne sont jamais attribués au système de chasse, bien que la pression de chasse aggrave de manière avérée l'abroutissement. Les cantons financent les conséquences de la chasse de loisir avec l'argent des contribuables et les déclarent comme protection contre les dangers naturels. Un calcul des coûts complets devrait imputer ces coûts au système de chasse de milice.

Accidents de chasse et coûts de sécurité

En Suisse, des accidents de chasse surviennent régulièrement, dont certains sont mortels. Les coûts des interventions de secours, des séjours hospitaliers, des enquêtes et des procédures judiciaires sont supportés par la collectivité. À cela s'ajoutent les dommages matériels causés par les ricochets et les restrictions à l'usage récréatif de la forêt et des champs durant la saison de chasse, un aspect qui n'est jamais évalué sur le plan économique.

Forêt protectrice et abroutissement: 150 millions de francs par an

La chasse de loisir prétend qu'elle prévient les dégâts causés par le gibier en forêt. De nombreuses études le réfutent: la pression de chasse repousse les chevreuils et les cerfs dans la forêt et vers la nuit, ce qui augmente l'abroutissement des jeunes arbres au lieu de le réduire. Le cerf était à l'origine un animal des paysages ouverts. Qu'il soit aujourd'hui massivement présent dans la forêt de montagne n'est pas naturel, mais le résultat de la pression de chasse (cf. Forêt protectrice: la chasse de loisir crée les problèmes qu'elle prétend résoudre). Là où des prédateurs comme le lynx et le loup sont présents, l'abroutissement diminue, car les animaux sauvages se répartissent naturellement et modifient leur comportement (Landscape of Fear).

Selon le projet SilvaProtect-CH de l'OFEV environ 585’000 hectares soit 49 pour cent de toutes les forêts suisses remplissent les critères d'une forêt protectrice. La valeur économique de cet effet protecteur est estimée à environ 4 milliards de francs par an. La Confédération, les cantons et les bénéficiaires investissent chaque année environ 150 millions de francs dans l'entretien des forêts protectrices (Waldwissen.net/OFEV). Ces coûts ne sont jamais imputés au système de la chasse, bien que la pression de chasse aggrave manifestement l'abroutissement.

Le Rapport forestier 2025 (OFEV/WSL) documente : 30 pour cent de la surface des forêts protectrices présentent très peu de régénération. Le versant sud des Alpes (Tessin) est le plus touché avec 41 pour cent. Dans le canton du Valais, les 82’162 hectares de forêt protectrice (87 pour cent de la surface forestière) représentent des coûts d'entretien estimés à environ 41 millions de francs par an (cf. Analyse des forêts protectrices).

Accidents de chasse : 300 par an, 3,6 millions de francs de coûts SUVA

La statistique du BPA documente depuis l'an 2000 plus de 75 décès dus à des accidents de chasse jusqu'en 2019. Statistiquement parlant, un accident de chasse survient toutes les 29 heures, et environ tous les trois mois et demi une personne perd la vie.

Données SUVA : ce que paient les assurés

Une analyse des données SUVA pour 2006 à 2015 montre chaque année environ 300 accidents reconnus lors de l'activité de chasse de loisir, avec environ 2 décès par an, environ 2 nouvelles rentes d'invalidité par an et des coûts annuels d'environ 3,6 millions de francs. Des analyses plus récentes pour 2016 à 2020 confirment ce constat : toujours environ 300 accidents par an. Ces coûts alimentent directement les primes d'assurance contre les accidents non professionnels (ANP), que tous les travailleurs paient par le biais de leurs déductions salariales. La chasse de loisir constitue ainsi un risque de loisir cofinancé par l'ensemble de la population active.

Ce que les statistiques de la SUVA ne saisissent pas est déterminant : les données se réfèrent exclusivement aux personnes actives obligatoirement assurées contre les accidents. Les chasseurs de loisir retraités, la plus grande tranche d'âge (à partir de 45 ans, le taux d'accidents augmente de façon spectaculaire), manquent totalement. De même que les enfants, les promeneurs, les cavalières et les vététistes qui sont blessés par des ricochets ou des confusions. Les coûts réels sont nettement supérieurs aux 3,6 millions (cf. Statistique des accidents de chasse mortels).

Charge des primes pour la collectivité

La SUVA fonctionne selon le principe de réciprocité: les primes couvrent les coûts des accidents. Les accidents de chasse sont classés comme accidents non professionnels (ANP). La prime ANP est répartie entre l'employeur et l'employé. Cela signifie: Chaque salarié en Suisse cofinance, via sa prime ANP, les accidents de chasse des chasseurs de loisir. Les 3,6 millions de francs par an (données SUVA) ne représentent que la limite inférieure, car le groupe à risque le plus important (les retraités) n'est même pas comptabilisé. À cela s'ajoutent les interventions de sauvetage (hélicoptère, ambulance), les séjours hospitaliers, les enquêtes et les procédures judiciaires, qui sont également à la charge de la collectivité.

S'ajoutent les dégâts matériels dus aux ricochets et les restrictions à l'utilisation des loisirs en forêt et dans les champs pendant la saison de chasse, un aspect économique qui n'est jamais évalué. Dans le canton des Grisons, en seulement cinq ans, environ 3’836 animaux ont été simplement blessés par balle, ce qui a entraîné des amendes d'ordre de plus de 700’000 francs (cf. Dossier accidents de chasse).

Régulation du loup: des coûts en millions pour un alibi

Durant l'hiver 2024/25, la régulation du loup en Valais a coûté entre 0,8 et 1 million de francs d'argent public estimé, soit environ 35’000 francs par loup abattu. Cette régulation n'est pas payée par les chasseurs de loisir, mais par la collectivité. Parallèlement, les chiffres montrent que le nombre d'attaques de loups diminue alors même que la population augmente, et que 80 pour cent des attaques ont lieu dans des troupeaux non protégés. Les coûts seraient nettement plus bas grâce à une protection des troupeaux cohérente.

Pour en savoir plus: Dossier: mythes de la chasse

Parc national de l'Engadine: 100 ans de preuve sans chasse de loisir

Le Parc national suisse en Engadine est exempt de chasse depuis 1914, soit depuis plus de 100 ans. Les résultats réfutent tous les arguments du lobby de la chasse de loisir: la population de chamois est constante depuis 1920, aux alentours de 1’350 animaux. Le renard n'est pas chassé, il n'y a pas d'extermination des espèces proies. La biodiversité a doublé. Le parc national prouve que l'autorégulation naturelle fonctionne aussi dans la haute montagne suisse, depuis plus d'un siècle, sans un seul chasseur de loisir (Vérification des faits Conseil d'État de Zurich).

Chasse au renard: 18 études, un seul résultat

Au moins 18 études de biologie faunique menées sur une période de plus de 30 ans aboutissent au même résultat: La chasse au renard ne régule pas et ne sert pas à lutter contre les épizooties. Dans le canton de Zurich, environ 2’000 renards en bonne santé sont abattus chaque année, soit environ 200 par mois. Parallèlement, la population de renards ne diminue pas, car la chasse augmente le taux de reproduction. Un renard capture environ 11 faons de chevreuil entre mai et juillet dans le Mittelland bernois, il constitue donc un régulateur naturel. L'élimination systématique des renards par les chasseurs de loisir déstabilise cet équilibre naturel et favorise la propagation de maladies telles que la borréliose (6’000 à 12’000 cas par an selon l'OFSP) et la méningo-encéphalite verno-estivale (FSME) (100 à 250 cas par an) (cf. Faits plutôt que jargon de chasseurs et Études sur wildbeimwild.com).

Canton de Zurich : l'administration de la chasse déficitaire

L'administration de la chasse du canton de Zurich est dans les chiffres rouges : dépenses annuelles d'environ 1,6 million de francs, recettes provenant du bail et du permis de chasse d'environ seulement 1,0 million de francs. Le déficit de 600’000 francs est supporté par le contribuable. À cela s'ajoute l'assainissement des stands de tir de chasse, qui peut coûter des dizaines de millions. Dans le canton de Zurich, environ 1’500 chasseurs de loisir chassent dans 172 réserves, surveillés par un seul garde-faune titulaire d'un certificat fédéral de capacité (état 2017). L'affirmation selon laquelle un modèle professionnel de garde-faune coûterait « 20 à 30 millions de francs » n'a jamais été prouvée par le Conseil d'État. Ce chiffre provient du lobby de la chasse de loisir et a été réfuté dans le contrôle des faits. À titre de comparaison : le canton de Vaud, avec 3’212 km², est presque deux fois plus grand que Zurich (1’729 km²), mais compte plus de 50 pour cent de chasseurs de loisir en moins et des dégâts causés par le gibier comparables.

Grisons : plus de 1’000 dénonciations par an

Dans le canton des Grisons, qui compte la plus grande communauté de chasseurs de loisir de Suisse, entre 2012 et 2016, plus de 1’000 dénonciations et amendes ont été prononcées chaque année contre des chasseurs de loisir (2016 : 1’201, 2015 : 1’298, 2014 : 1’102). Rien qu'en 2015, les gardes-faune ont dû effectuer 1’232 recherches au sang, parce que des chasseurs de loisir n'avaient fait que blesser des animaux. Le taux de réussite était de 57 pour cent, c'est-à-dire que 43 pour cent des animaux blessés n'ont jamais été retrouvés et sont morts dans d'atroces souffrances. En cinq ans, environ 3’836 animaux ont été seulement blessés dans les Grisons, ce qui a entraîné des amendes d'ordre de plus de 700’000 francs. Ces chiffres ne sont jamais communiqués par le lobby de la chasse de loisir (cf. Dossier accidents de chasse et Initiative Gardes-faune plutôt que chasseurs).

Coûts politiques : comment le lobby de la chasse de loisir bloque la protection de la nature

Les coûts de la chasse de loisir ne sont pas uniquement de nature financière. Le lobby de la chasse de loisir, mené par JagdSchweiz et les associations cantonales de chasse de loisir, combat systématiquement depuis des décennies les préoccupations de protection de la nature à tous les niveaux politiques. Les chasseurs de loisir en politique votent majoritairement contre la biodiversité, contre les parcs nationaux et contre la protection des espèces menacées. Les coûts politiques de cette politique de blocage sont énormes, mais ils n'apparaissent dans aucun décompte.

Défaites en votation dues au lobby de la chasse de loisir

Loi sur la chasse 2020 : 51,9 pour cent de non. Le 27 septembre 2020, l'électorat suisse a rejeté la révision de la loi fédérale sur la chasse avec 51,9 pour cent (SRF). Le projet aurait assoupli la protection du loup et permis aux cantons d'abattre préventivement des espèces animales protégées. Le lobby de la chasse de loisir avait largement contribué à façonner cette loi, l'électorat l'a fait échouer. Ce non serré fut une défaite pour le Conseil fédéral et les partis bourgeois, étroitement liés au lobby de la chasse de loisir (DETEC).

Initiative sur la biodiversité 2024 : 63 pour cent de non. Le 22 septembre 2024, l'initiative sur la biodiversité a été rejetée avec 63 pour cent de non (USP). Le lobby de la chasse de loisir, conjointement avec l'Union suisse des paysans et le PLR, a activement combattu l'initiative (SRF). Le résultat : la Suisse ne dispose toujours pas d'une base constitutionnelle suffisante pour la protection de la diversité biologique.

Parc national Parc Adula 2016 : torpillé par les chasseurs de loisir. Fin novembre 2016, le deuxième parc national suisse, le Parc Adula autour du Rheinwaldhorn, a échoué dans les communes des cantons des Grisons et du Tessin. L'association tessinoise des chasseurs FCTI a mené une campagne agressive faite de propagande alarmiste et mensongère contre le parc (SRF). Les chasseurs de loisir craignaient pour leurs réserves de chasse. Le résultat : après plus de 100 ans, la Suisse ne compte toujours qu'un seul parc national, l'un des plus petits d'Europe.

Association tessinoise des chasseurs FCTI : 30 ans contre la nature

L'association des chasseurs tessinois FCTI est un exemple type de la politique de blocage du lobby de la chasse de loisir. Ces 30 dernières années, le FCTI a systématiquement combattu les préoccupations de protection de la nature: en 2018, le FCTI a combattu la création d'un deuxième parc national. En 2021, le FCTI a combattu sans succès la protection du lagopède alpin menacé dans le canton du Tessin. Le FCTI a combattu l'initiative pour la biodiversité. Durant la législature de 2015 à 2019, l'ancien président de la chasse du FCTI et d'autres chasseurs de loisir ont politisé au Parlement suisse majoritairement contre l'environnement. En 2023, une motion de la conseillère nationale Martina Munz visant à interdire la munition au plomb a été rejetée par 99 voix contre 94, sous la résistance active de l'ancien président de la chasse du FCTI. En 2025, ce même ex-président de la chasse a essuyé un refus au Parlement avec sa motion en faveur de zones sans loups (wildbeimwild.com).

JagdSchweiz: échec juridique

JagdSchweiz, l'organisation faîtière des chasseurs de loisir suisses, a également tenté par la voie juridique de faire taire les voix critiques. Le 17 juillet 2020, le tribunal pénal du canton du Tessin à Bellinzone a acquitté wildbeimwild.com sur tous les points. Les déclarations citées au sujet de JagdSchweiz, par exemple concernant l'encouragement de la maltraitance animale et une culture de la violence, ne constituaient pas de la diffamation. David Clavadetscher (JagdSchweiz/Sandona GmbH) n'a pu fournir aucune preuve pertinente. Une procédure civile à Locarno a été suspendue. JagdSchweiz a perdu sur toute la ligne (wildbeimwild.com).

Ce que coûte le blocage

Les coûts économiques de cette politique de blocage menée pendant des décennies ne peuvent être chiffrés, mais ils sont réels: pas de base constitutionnelle suffisante pour la biodiversité, pas de deuxième parc national, une protection des espèces retardée, une protection du loup affaiblie, une interdiction du plomb dans les munitions retardée. Chaque votation perdue, chaque loi de protection retardée signifie des pertes de biodiversité qui ne peuvent être réparées. Le lobby de la chasse de loisir ne protège pas la nature. Il protège un loisir aux dépens de la nature.

Ce que montrerait un bilan honnête

Aucune autorité suisse n'a jamais présenté un calcul des coûts complets de la chasse de milice. Un tel bilan devrait au minimum contenir les postes suivants : coûts administratifs cantonaux directs pour le système de chasse. Coûts des accidents impliquant la faune pendant et après la saison de chasse. Coûts des dommages forestiers dus à l'effet de déplacement lié à la chasse. Coûts pour la police, les secours et la justice lors d'accidents de chasse. Coûts des recherches au sang d'animaux blessés. Coûts de la régulation du loup et des prédateurs. Pertes de biodiversité dues à la chasse d'espèces menacées (lièvres bruns, bécasses des bois, lagopèdes alpins). Restrictions économiques de l'usage récréatif pendant la saison de chasse. Coûts politiques de la politique de blocage contre la biodiversité, les parcs nationaux et la protection des espèces. Ces coûts devraient être mis en regard des recettes réelles issues des patentes et des baux. Le résultat serait catastrophique pour le lobby de la chasse de loisir.

Ce qui devrait changer

  • Calcul des coûts complets de la chasse de milice : Chaque canton devrait être tenu de présenter un bilan global transparent du système de chasse, incluant tous les coûts externes. Ce n'est qu'ainsi qu'un débat fondé sur les faits sur les alternatives peut être mené.
  • Le modèle genevois comme référence : Le modèle genevois prouve qu'une gestion professionnelle de la faune sans chasseurs de loisir non seulement fonctionne, mais est aussi abordable. Une tasse de café par habitante et habitant. Les autres cantons doivent se mesurer à cette aune.
  • Principe du pollueur-payeur pour les dommages de chasse : Les coûts engendrés par la pression de la chasse (accidents impliquant la faune, dommages forestiers dus au déplacement, recherches au sang) doivent être imputés au système de chasse, et non à la collectivité.
  • Professionnalisation au lieu de la milice : Le système suisse de chasse de milice est un anachronisme. Les gardes-faune professionnels sont mieux formés, travaillent toute l'année, agissent selon des critères scientifiques et doivent rendre des comptes au public.
  • Protection des troupeaux au lieu du tir du loup : Les coûts en millions pour la régulation du loup pourraient être investis dans la protection des troupeaux, qui est manifestement plus efficace et moins coûteuse à long terme.

Argumentaire

« Les chasseurs de loisir s'autofinancent. » Les taxes de patente ne couvrent qu'une fraction des coûts totaux. Les coûts externes, accidents impliquant la faune, dégâts forestiers, administration, police, justice, pertes de biodiversité, ne sont jamais comptabilisés et sont entièrement à la charge de la collectivité. Un calcul des coûts complets montrerait que la chasse de milice coûte nettement plus au contribuable qu'une gestion professionnelle de la faune.

«Le modèle genevois est trop cher.» Un million de francs par an, soit une tasse de café par habitant. À titre de comparaison: la régulation du loup en Valais a coûté à elle seule un montant similaire en 2024/25. Les dégâts causés par le gibier à Genève sont comparables à ceux des cantons de même taille où la chasse de loisir est autorisée. Le modèle genevois n'est pas trop cher. Il est plus transparent que la chasse de milice.

«Le modèle genevois ne fonctionne que dans un canton urbain.» Genève a des vignobles, des surfaces agricoles et des zones rurales comme les autres cantons. Genève dispose d'un aéroport international qui nécessite des mesures supplémentaires pour la sécurité aérienne. Si le modèle fonctionne là-bas, il n'existe aucun argument structurel qui s'opposerait à ce qu'il fonctionne aussi bien ailleurs. Durant la saison de chasse, de nombreux animaux sauvages des cantons voisins et de France cherchent d'ailleurs refuge à Genève. Une preuve vivante que les animaux sauvages évitent les zones de chasse.

«Sans chasse de loisir, les dégâts causés par le gibier explosent.» 50 ans à Genève prouvent le contraire: des populations sauvages stables, des dégâts causés par le gibier maîtrisés, une biodiversité plus élevée. La chasse de loisir provoque souvent des dégâts causés par le gibier, car la pression de la chasse repousse les animaux dans la forêt et augmente l'abroutissement. Là où des prédateurs sont présents, l'abroutissement diminue.

«Les chasseurs de loisir rendent un service bénévole à la collectivité.» Ce discours sous-entend que les chasseurs de loisir agissent de manière désintéressée. En réalité, il s'agit d'un loisir fondé sur la mise à mort d'animaux. Les coûts sociaux de ce loisir, des accidents de chasse aux problèmes de protection animale en passant par les pertes de biodiversité, sont supportés par la collectivité. Les gardes-faune professionnels rendent effectivement un service à la population, alors que les chasseurs et chasseuses de loisir rendent service à leur loisir.

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Articles sur Wild beim Wild

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Efficacité : 8 heures et 2 cartouches au lieu de 80 heures et 15 cartouches

L'efficacité du modèle genevois se révèle dans une comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum pour un tir sanitaire d'un sanglier. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin, pour le même tir, de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches (Vérification des faits du Conseil d'État de Zurich). Ce n'est pas une amélioration de l'efficacité, c'est un changement de système : des professionnels au lieu de tireurs de loisir.

Lièvre commun : la preuve vivante

Le lièvre commun est la preuve vivante de la supériorité du modèle genevois. Dans le canton de Genève, où aucune chasse de loisir n'a lieu depuis 1974, la densité de lièvres communs atteint 17,7 animaux pour 100 hectares (2016), la plus élevée de toute la Suisse. Dans le canton de Zurich, où environ 2’000 renards et de nombreux autres animaux sont abattus chaque année par des chasseurs de loisir, la densité de lièvres communs est de 1,0 pour 100 hectares. Le lièvre commun figure à Zurich comme « vulnérable » sur la Liste rouge. À Genève, il prospère. Genève abrite en outre l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse (cf. Des faits plutôt que des histoires de chasseurs).

Références des sources

  • SUVA : statistique des accidents LAA, 300 accidents de chasse/an, 3,6 mio. de fr. de coûts (suva.ch)
  • BPA : plus de 75 décès dus à des accidents de chasse entre 2000 et 2019
  • SRF/Axa : coûts des accidents avec la faune sauvage de 3’800 fr. en moyenne par sinistre (srf.ch, octobre 2025)
  • Protection suisse des animaux : 20’000 accidents avec la faune sauvage par an en Suisse
  • OFEV SilvaProtect-CH : surface de forêt protectrice par canton, 585’000 ha de forêt protectrice (bafu.admin.ch)
  • Waldwissen.net/OFEV : 150 mio. de fr. par an pour l'entretien des forêts protectrices (waldwissen.net)
  • Conseil fédéral : message sur les crédits d'engagement environnement 2025-2028, 451 mio. de fr. pour la forêt (admin.ch)
  • OFEV/WSL : rapport forestier 2025, 30 % de forêt protectrice avec très peu de régénération
  • Canton d'Obwald : coûts nets de l'entretien des forêts protectrices 12’500 fr./ha (ow.ch)
  • Canton de Genève, inspecteur de la faune Gottlieb Dandliker : coûts et fonctionnement de la gestion genevoise de la faune sauvage
  • IG Wild beim Wild : statistique de chasse 2022, comparaison Genève vs Schaffhouse
  • IG Wild beim Wild : la Suisse chasse, mais au fond pourquoi encore ? (2025)
  • Parti animaliste suisse : protection des animaux sauvages, coûts externes de la chasse de milice
  • IG Wild beim Wild : argumentaire en faveur de gardes-faune professionnels
  • Prescriptions de chasse bernoises : redevances de patente, suppléments pour dégâts du gibier, contributions de gestion
  • Fondation Franz Weber: modèle genevois, référendum LChP 2020
  • OFEV: statistique des accidents impliquant la faune en Suisse
  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
  • Canton du Valais: régulation du loup 2024/25, estimation des coûts 0,8–1 mio de fr.
  • SRF: loi sur la chasse rejetée, 27.9.2020, 51,9% de non (srf.ch)
  • DETEC: votation sur la loi sur la chasse 2020 (uvek.admin.ch)
  • USP: initiative biodiversité rejetée, 22.9.2024, 63% de non (sbv-usp.ch)
  • SRF: Parc Adula, scepticisme dans le val de Blenio, 2016 (srf.ch)
  • wildbeimwild.com: l'association valaisanne des chasseurs FCTI fête 30 ans d'absurdités (wildbeimwild.com)
  • wildbeimwild.com: succès – JagdSchweiz perd, acquittement au tribunal pénal de Bellinzone 17.7.2020 (wildbeimwild.com)

Notre exigence

Les chasseurs de loisir prétendent ne rien coûter à l'État. C'est un mensonge par omission: les coûts externes ne sont jamais relevés, jamais comptabilisés et jamais rendus publics. Le modèle genevois montre qu'il est possible de faire autrement: de manière transparente, professionnelle et abordable. Une tasse de café par habitant pour un système dont l'efficacité est démontrée, qui favorise la biodiversité et qui n'a besoin d'aucun chasseur de loisir. Ce dossier réclame ce qui aurait dû être fait depuis longtemps: un décompte honnête. Qui dissimule des coûts a quelque chose à cacher. Ce dossier est mis à jour en continu.

Pour en savoir plus sur la chasse de loisir: dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons vérifications de faits, analyses et articles de fond.