3 avril 2026, 23:57

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Mythes de la chasse : 12 affirmations examinées de manière critique

Le débat sur la chasse en Suisse est mené depuis des décennies avec les mêmes récits. Beaucoup de personnes entendent les mêmes phrases depuis leur enfance. Certaines semblent plausibles, jusqu'à ce qu'on les mesure à l'aune de sources scientifiques, d'observations empiriques et de questions logiques fondamentales. Alors apparaissent les lacunes, les contradictions et les constructions d'intérêts.

Ce dossier analyse douze des mythes de la chasse les plus répandus. Il ne s'agit pas de condamner les chasseurs de loisir. Il s'agit de révéler des arguments qui sont rarement vérifiés – et qui pourtant influencent les décisions politiques, façonnent les débats publics et assurent l'acceptation sociale. Quiconque veut débattre de manière fondée de la chasse de loisir, de la protection de la faune sauvage et de la politique de protection de la nature devrait connaître ces mythes.

Qui souhaite approfondir trouvera dans notre Dossier Chasse en Suisse : chiffres, systèmes et la fin d'un narratif la base systématique. Et dans l'Introduction à la critique de la chasse la structure argumentative plus large.

Ce qui t'attend ici

  • Mythe 1 – La chasse de loisir est protection de la nature : Pourquoi la chasse de loisir comme intervention et la protection de la nature comme protection sont des activités structurellement opposées.
  • Mythe 2 – Sans chasse de loisir il y a « surpopulation » : Ce que le mot « surpopulation » accomplit politiquement et ce qui régule réellement les populations biologiquement.
  • Mythe 3 – Les chasseurs de loisir régulent les populations comme un écosystème : Pourquoi l'abattage sélectif guidé par les intérêts n'est pas une simulation écologique.
  • Mythe 4 – La chasse de loisir prévient efficacement les dégâts de gibier : Pourquoi la chasse de loisir combat les symptômes mais n'adresse pas les causes.
  • Mythe 5 – La chasse de loisir est l'alternative humaine : Ce que signifie « humain » dans l'évaluation du stress, des tirs manqués et des jeunes orphelins.
  • Mythe 6 – Les chasseurs de loisir sont les meilleurs experts de la faune : Ce qui distingue l'expérience de terrain et la recherche indépendante sur la faune.
  • Mythe 7 – La chasse de loisir est nécessaire à cause des accidents de la route : Quelles mesures d'infrastructure sont prouvées plus efficaces que les abattages.
  • Mythe 8 – La chasse de loisir protège la forêt : Pourquoi les dommages forestiers ont de multiples causes et les animaux sauvages servent souvent de boucs émissaires politiquement commodes.
  • Mythe 9 – La chasse de loisir finance la protection de la nature : Pourquoi un système de protection de la nature qui dépend de la mise à mort d'animaux n'est pas un système de protection de la nature.
  • Mythe 10 – La chasse de loisir est culturelle, donc intouchable : Pourquoi la tradition ne confère aucune immunité éthique.
  • Mythe 11 – Les critiques ne connaissent pas la réalité : Pourquoi cet argument vise à remplacer la discussion au lieu de la mener.
  • Mythe 12 – La chasse de loisir est toujours « nécessaire » : Ce que la nécessité comme concept de justification présupposerait et pourquoi elle est rarement satisfaite.
  • Ce qui devrait changer : Revendications politiques concrètes.
  • Argumentaire : Réponses aux contre-arguments les plus fréquents.
  • Liens rapides : Tous les articles, études et dossiers pertinents.

Mythe 1 : La chasse de loisir est de la protection de la nature

Ce mythe est le plus important car il porte tous les autres. Si l'on accepte que la chasse de loisir soit de la protection de la nature, tout le reste s'ensuit presque automatiquement : les chasseurs de loisir doivent alors être loués pour leur « engagement », les abattages sont nécessaires, les alternatives superflues. C'est pourquoi il vaut la peine de déconstruire précisément ce mythe.

La protection de la nature signifie préserver les habitats, favoriser la biodiversité, minimiser les interventions humaines dans les écosystèmes et protéger les espèces menacées. Ce sont les définitions centrales de l'OFEV, de l'UICN et de toutes les organisations de protection de la nature établies dans le monde. La chasse de loisir n'est pas de la protection de la nature selon ces définitions, mais une intervention : dans les populations, les structures sociales, l'utilisation des habitats et les comportements des animaux sauvages. La chasse de loisir tue annuellement environ 120 000 animaux sauvages en Suisse – soi-disant pour protéger la forêt. Pourtant, les études du Parc national suisse, de la Forêt bavaroise et de Slovénie montrent de manière cohérente : dans les zones sans chasse, les populations d'animaux sauvages se régulent par des mécanismes naturels – offre alimentaire, climat, prédateurs, structures sociales.wildbeimwild+1

Ce que les chasseurs de loisir accomplissent réellement pour la protection de la nature est sélectif, volontaire et souvent non vérifiable : sauvetage de faons au début de l'été, entretien de biotopes, travail de protection des forêts. Ces activités méritent reconnaissance – mais elles n'ont aucun lien logique avec le droit d'abattage. Celui qui sauve des faons et abat les mêmes faons à l'automne ne fait pas de la protection de la nature. Il pratique un loisir qui inclut parfois des activités proches de la protection de la nature. C'est une différence qui est centrale pour le débat public.

Plus d'informations : Pourquoi la chasse de loisir en Suisse n'est pas de la protection de la nature et La chasse en Suisse : chiffres, systèmes et la fin d'un narratif

Mythe 2 : Sans chasse de loisir, il y a « surpopulation »

« Surpopulation » est l'un des mots les plus efficaces dans la boîte à outils du lobby de la chasse de loisir. Il sonne scientifique, suscite l'inquiétude et implique une obligation d'agir. En réalité, le terme est dans la plupart des contextes où il est utilisé un construit politique, non un fait écologique.

Les populations de faune sauvage se régulent par la disponibilité de nourriture, la capacité d'habitat, les structures sociales, le climat et les maladies. Dans les zones non chassées, ce sont de préférence les animaux disposant de leur propre territoire ou statut social qui se reproduisent – un contrôle naturel des naissances via les structures sociales et les hormones, qui ne nécessite aucune arme. Le Prof. Dr. Ragnar Kinzelbach, zoologue à l'Université de Rostock, le résume avec précision : « La chasse est superflue. Si on l'arrête, les populations se régulent d'elles-mêmes. » Le Parc national suisse est totalement exempt de chasse depuis 1914 – et ne montre aucune explosion des populations de faune sauvage, mais des effectifs stables et une biodiversité croissante.

Ce que signifie « surpopulation » dans l'argumentation cynégétique, c'est le plus souvent : « Il y a plus de faune sauvage que ce que les chasseurs de loisir ou les agriculteurs jugent agréable. » C'est une préférence anthropocentrique, pas une nécessité écologique. La question décisive serait : Quelle capacité d'habitat a un territoire ? Ces capacités sont-elles artificiellement restreintes par l'agriculture, la sylviculture ou la pression de l'urbanisation ? Alors le problème n'est pas « trop de gibier », mais « trop peu d'habitat ». La chasse de loisir combat le symptôme, pas la cause.

En savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations et Études sur l'impact de la chasse sur la faune sauvage

Mythe 3 : Les chasseurs de loisir régulent les populations comme un écosystème

Ce mythe sonne comme une pensée systémique, mais sa logique interne est l'opposé. Un écosystème fonctionnel se régule via des mécanismes continus, non-sélectifs : les prédateurs prélèvent les animaux faibles et malades, les dynamiques alimentaires contrôlent les tailles de population, les structures sociales régulent la reproduction. La chasse de loisir ne fait rien de cela systématiquement.

Les chasseurs de loisir prélèvent selon des préférences humaines : les animaux-trophées forts sont tirés de préférence parce qu'ils démontrent le succès cynégétique. Les animaux difficiles d'accès sont épargnés car l'effort est trop important. Les objectifs d'abattage sont négociés politiquement, pas calculés écologiquement. Le résultat est un prélèvement sélectif qui déstabilise les structures sociales au lieu de les préserver : le loup atteint avec une probabilité bien plus élevée les animaux malades ou faibles que le chasseur de loisir – parce qu'il sélectionne sur l'efficacité énergétique, pas sur la taille du trophée. C'est la différence centrale entre régulation naturelle et abattage humain.

S'ajoute à cela : la régulation écosystémique nécessite une continuité sur toutes les saisons et décennies. La chasse de loisir est limitée saisonnièrement, fragmentée géographiquement et dépendante de la disponibilité et motivation de chasseurs de loisir individuels. Ce n'est pas une fonction écosystémique – c'est une intervention discontinue selon un planning personnel.

En savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations et Dossier Loup : Fonction écologique et réalité politique

Mythe 4 : La chasse de loisir prévient les dégâts de gibier de manière fiable

Les dégâts de gibier – abroutissement dans les forêts de protection, dommages dans les cultures et champs, dégâts de sangliers sur les surfaces agricoles – sont réels et économiquement pertinents. La question est de savoir si la chasse de loisir est la bonne mesure contre cela. La réponse de la recherche est décevante : dans la plupart des cas, la chasse de loisir combat les symptômes sans s'attaquer aux causes structurelles.

Les dommages forestiers causés par l'abroutissement surviennent particulièrement là où les animaux sauvages sont refoulés dans des habitats restreints par la pression de chasse, où des monocultures d'essences d'arbres non adaptées au site sont cultivées, et où les prédateurs naturels font défaut, ceux qui maintiennent les animaux sauvages en mouvement. L'OFEV établit dans son ouvrage de référence «Forêt et gibier» que les dommages d'abroutissement sont fonction de la densité du gibier, de la qualité de l'habitat et de la pression de dérangement – et que la pression de chasse seule ne résout pas le problème si les conditions structurelles ne sont pas réunies. En particulier, les battues et les chasses au rabat concentrent les animaux sauvages dans certaines zones et augmentent ainsi localement la pression d'abroutissement, au lieu de la diminuer.

Pour les sangliers et les cultures, le même principe s'applique : une pression de chasse intensive sur les laies meneuses déclenche une reproduction compensatoire – plus de jeunes, moins de structure sociale, plus de mouvement et donc plus de surfaces affectées. Qui veut sérieusement réduire les dégâts de gibier a besoin d'améliorations de l'habitat, de sylviculture adaptée au site, d'installations de protection sur les surfaces précieuses et de promotion des prédateurs – pas de quota d'abattage saisonnier.

Plus d'informations : OFEV : Forêt et gibier – Bases pour la pratique (PDF)

Mythe 5 : La chasse de loisir est l'alternative humaine

«Humain» signifie : infliger le moins de souffrance possible à un être. Les chasseurs de loisir utilisent volontiers ce terme en comparaison avec d'autres formes de mise à mort – abattage rituel, élevage intensif, piégeage dans d'autres pays. Cela peut être ponctuellement exact en comparaison directe. Comme caractérisation globale de la chasse de loisir, c'est faux.

Les tirs manqués – des impacts qui ne tuent pas immédiatement – sont structurellement inévitables dans la chasse de loisir. Il n'existe pas en Suisse de statistique uniforme sur le nombre d'animaux blessés par balle sans qu'une recherche réussie ait lieu. Ce qui existe, ce sont des estimations issues de la gestion des territoires de chasse et la pratique du travail des chiens de sang, qui montre : une partie considérable des animaux blessés par balle ne meurt qu'après des minutes ou des heures, parfois après des recherches de plusieurs heures. S'y ajoutent les jeunes orphelins dont la mère est abattue pendant l'élevage – une pratique non complètement exclue légalement en Suisse, qui a été documentée à plusieurs reprises notamment lors de la chasse spéciale dans le canton des Grisons.

Le stress est mesurable : les animaux sauvages qui ont été chassés, effrayés ou blessés par balle avant leur mort présentent des taux de cortisol drastiquement élevés dans le sang. Cette réalité physiologique contredit fondamentalement l'idée d'un «prélèvement humain». Ce qui vaut pour le produit viande de gibier – c'est le produit final d'un processus aigu d'angoisse et de mort –, vaut a fortiori pour la pratique qui produit ce produit. «Humain» est une autocertification du lobby de la chasse de loisir sans fondement objectif.

Plus d'informations : Animaux sauvages, angoisse de mort et absence d'étourdissement et Grisons : Les plus mauvais tireurs sont les chasseurs de loisir

Mythe 6 : Les chasseurs de loisir sont les meilleurs experts en faune sauvage

L'expérience de territoire est précieuse. Qui parcourt la même forêt pendant des décennies connaît les passages de gibier, les rythmes journaliers et les particularités locales. C'est un savoir authentique – mais ce n'est pas un savoir scientifique. La différence est méthodique : la science a besoin de transparence, de données reproductibles, d'examen indépendant et de contrôle des conflits d'intérêts. L'expérience de territoire n'a structurellement pas ces propriétés.

Le problème s'aggrave quand les chasseurs de loisir apparaissent dans les commissions spécialisées cantonales et les groupes consultatifs comme experts en faune sauvage et influencent ainsi des décisions politiques qui concernent leur propre hobby. C'est un conflit d'intérêts, pas un statut d'expert. La véritable expertise en faune sauvage réside chez les biologistes de la faune, les écologues comportementalistes, les généticiens des populations et les institutions de recherche indépendantes – et ceux-ci sont structurellement moins entendus dans les processus consultatifs de politique cynégétique que le lobby de la chasse de loisir. Ce n'est pas un hasard, mais le résultat d'un travail de lobby réussi.

Un exemple concret : l'expertise en biologie de la faune sauvage concernant la chasse spéciale dans le canton des Grisons avait déjà établi en 2014 que la chasse spéciale était problématique du point de vue de la protection des animaux et pas forcément nécessaire du point de vue de l'écologie des populations. La chasse spéciale a néanmoins été maintenue – non pas parce que la science l'aurait recommandée, mais parce que le lobby de la chasse de loisir l'a imposée. Le savoir des experts et le savoir des chasseurs de loisir ne sont pas la même chose.

En savoir plus : Mythes cynégétiques et jargon de chasseurs et Comment les fédérations de chasse influencent la politique et l'opinion publique

Mythe 7 : La chasse de loisir est nécessaire à cause des accidents de la circulation

Ce mythe associe deux problèmes réels – les accidents avec la faune sauvage sont fréquents et coûteux – avec une causalité erronée. L'affirmation est la suivante : moins d'animaux sauvages grâce à la chasse de loisir signifie moins d'accidents avec la faune. L'empirisme contredit clairement cela.

Les systèmes d'avertissement de la faune montrent un effet dramatiquement meilleur. En Autriche, le nombre d'accidents avec la faune a diminué de 93 pour cent sur les tronçons d'essai équipés d'appareils d'avertissement de la faune selon les études du biologiste Ernst Moser. En Suisse, les accidents avec des chevreuils ont diminué de 32 à 43 pour cent sur les tronçons de route équipés d'appareils d'avertissement de la faune. Un nouveau système d'avertissement à feux clignotants, testé dans le canton de Zurich, a montré que la majorité des automobilistes freinait activement. Les ponts à faune, écoducs et passages à faune permettent aux animaux sauvages des traversées sécurisées, sans être poussés en panique sur les routes – et donc sans le risque de sécurité que créent activement les chasses en battue et les rabattues en mettant les animaux sauvages en mouvement.

Le problème central est un problème d'infrastructure, pas un problème d'animaux sauvages : la Suisse a construit des routes dans des corridors fauniques, sans investir suffisamment dans les aides au passage. La chasse de loisir tire sur les symptômes, sans changer l'infrastructure. Ce qui serait efficace coûte – mais cela coûte moins que les dommages d'accidents avec la faune se chiffrant en centaines de millions par an, et cela ne tue aucun animal sauvage.

En savoir plus : Suisse : Statistiques des accidents de chasse mortels et Corridors fauniques et mise en réseau des habitats

Mythe 8 : La chasse de loisir protège la forêt

Les dégâts d'abroutissement dans les forêts de protection et d'exploitation sont réels. La question est de savoir qui ou quoi les cause et qui ou quoi les combat efficacement. La réponse de la recherche est nuancée – et elle contredit le récit simpliste selon lequel les animaux sauvages seraient coupables et la chasse de loisir serait la solution.

Les dommages forestiers ont de nombreuses causes : le réchauffement climatique et le stress hydrique, la culture non adaptée au site de monocultures issues de la sylviculture dominée par les épicéas ou les pins, la fragmentation de l'habitat par les routes et les établissements, et effectivement des concentrations accrues d'animaux sauvages. L'OFEV établit que là où les animaux sauvages sont poussés dans les zones de lisière forestière par la pression de chasse et les dérangements, l'abroutissement augmente fortement localement – non pas malgré la chasse de loisir, mais à cause d'elle. Le zoologiste Ragnar Kinzelbach le résume ainsi : les chevreuils seraient à l'origine principalement actifs le jour dans les champs et les prairies – pas en forêt. C'est seulement la chasse de loisir qui en a fait des habitants forestiers craintifs et nocturnes.

Une politique forestière durable nécessite un choix d'essences adapté au site, des forêts mixtes résistantes au climat, des dispositifs de protection sur les jeunes arbres menacés et la promotion de prédateurs qui maintiennent les animaux sauvages en mouvement naturel. L'ouvrage de base de l'OFEV « Forêt et gibier » précise : désigner les animaux sauvages comme seule cause des dégâts d'abroutissement, sans tenir compte de la qualité de l'habitat et de la pression de dérangement, n'est pas scientifiquement tenable.

En savoir plus : Chasse de loisir et changement climatique et Études sur l'impact de la chasse sur les animaux sauvages

Mythe 9 : La chasse de loisir finance la protection de la nature

Les recettes de permis, les loyers de chasse et les taxes versées aux fonds de chasse cantonaux affluent effectivement vers des mesures respectueuses de la nature. C'est réel – mais ce n'est pas un argument pour la chasse de loisir, c'est un argument pour le financement public de la protection de la nature.

La logique selon laquelle un système qui tue des animaux est légitimé parce qu'il réinvestit une partie de ses revenus dans la protection de la nature n'est pas structurellement tenable. Elle correspondrait à l'argument selon lequel une industrie de la pêche serait légitimée parce qu'elle cofinance des projets de renaturation. Le problème ne réside pas dans le flux financier, mais dans la conception du système : la protection de la nature ne devrait pas dépendre d'activités de loisir qui perturbent les écosystèmes. En Suisse, les dépenses publiques pour la biodiversité et la protection de la nature s'élèvent selon l'OFEV à plusieurs centaines de millions de francs par an – une fraction seulement provient des redevances de chasse. La plus grande partie provient des recettes fiscales, des subventions et des programmes publics.

Ce que le mythe tait également : les coûts sociétaux de la chasse de loisir – dommages causés par les accidents avec la faune, coûts administratifs, risques sanitaires liés à la viande de gibier contenant du plomb, objectifs de biodiversité manqués à cause d'aires protégées bloquées par le lobby – dépassent de loin les revenus issus des redevances de chasse. Un calcul complet coûts-bénéfices de la chasse de loisir n'a jamais été établi de manière indépendante. C'est systémique.

Plus d'informations : Introduction à la critique de la chasse et Modèle alternatif garde-faune

Mythe 10 : La chasse de loisir est une culture, donc intouchable

La tradition et la culture sont des valeurs sociétales importantes. Mais elles ne constituent pas un statut d'immunité éthique. Chaque société a défendu des pratiques comme traditionnelles qu'elle a ensuite abandonnées, parce que les connaissances scientifiques, l'empathie sociétale et la réflexion éthique ont progressé : combats de chiens, chasses à l'ours, exécutions publiques comme spectacles populaires, travail des enfants. Ce n'est pas une comparaison qui condamne personnellement les chasseurs de loisir. C'est un argument structurel : la tradition ne protège aucune pratique de l'examen éthique.

Il est également pertinent de savoir quelle société porte la « culture de la chasse » comme partie de son identité. En Suisse, cela représente 0,3 % de la population. 79 % de la population sont critiques envers la chasse de loisir. Quand une société évalue si une pratique mérite d'être protégée comme bien culturel, elle doit se demander : la culture de qui ? Quelles valeurs transmet-elle ? Et comment se comporte-t-elle par rapport aux valeurs que cette société partage majoritairement – notamment la protection animale, l'empathie envers les êtres vivants et la proportionnalité ?

La réponse est claire : une activité de loisir qui tue 120 000 animaux sauvages par an, produit structurellement de la souffrance animale et est rejetée par une majorité sociétale, ne peut pas invoquer la culture pour échapper à l'examen éthique. La culture n'est pas une licence générale pour la violence.

Plus d'informations : Psychologie de la chasse et Politique cynégétique 2025 : abattages de loups, chasse aux trophées et braconnage au service du lobby

Mythe 11 : Les critiques ne connaissent pas la réalité

Cet argument est le schéma de défense universel du lobby de la chasse de loisir. Il a une structure particulière : qui critique la chasse de loisir « n'a jamais été dehors », « ne sait pas comment la nature fonctionne vraiment », « ne comprend pas les interconnexions ». L'argument n'a pas besoin de réfuter des contenus – il délégitimise le critique avant que le contenu soit examiné.

Sur wildbeimwild.com, les critiques sont formulées sur la base de données de l'OFEV, de publications scientifiques, de statistiques cantonales de chasse, d'expertises en biologie de la faune sauvage et de rapports de cas vérifiés. Ces sources proviennent d'institutions dont le lobby de la chasse de loisir reconnaît également la compétence technique – tant que leurs déclarations sont favorables à la chasse. L'argument « les critiques ne connaissent pas la réalité » est ainsi reconnaissable comme un instrument d'empêchement du débat : il sert à compliquer les discussions qui remettent factuellement en question la chasse de loisir.

Ce qui résiste effectivement à un examen critique, c'est la question : quelles preuves le lobby de la chasse de loisir a-t-il pour ses affirmations centrales – régulation, protection de la nature, humanité ? La réponse à cette question est documentée dans ce dossier section par section.

Plus d'informations : Mythes cynégétiques et vantardises de chasseurs et Comment les associations de chasse influencent la politique et l'opinion publique

Mythe 12 : La chasse de loisir est toujours « nécessaire »

« Nécessaire » est le mot le plus fort dans le répertoire de légitimation de la chasse de loisir. Il implique : il n'y a pas d'alternative, le bénéfice l'emporte sur le préjudice, et l'abstention serait pire que l'action. Ces trois présupposés ne sont régulièrement pas étayés dans le contexte de la chasse de loisir.

Pour qu'une mesure soit considérée comme « nécessaire », trois conditions doivent être remplies : premièrement, le problème existe et est significatif ; deuxièmement, la mesure est efficace ; troisièmement, il n'existe pas d'alternatives plus douces, également efficaces ou plus efficaces. Concernant la chasse de loisir, l'argumentation échoue généralement sur les conditions deux et trois. Canton de Genève : pas de chasse de loisir depuis 1974, pas d'explosion des populations d'animaux sauvages, pas de dégâts forestiers dus à des populations d'animaux sauvages incontrôlées, mais au contraire une biodiversité accrue et une acceptation sociale des animaux sauvages. C'est une preuve empirique qui réfute le mot « nécessaire » dans son absolutisme.

Mesures prouvées comme étant plus efficaces ou équivalentes et respectueuses du bien-être animal : systèmes d'avertissement de gibier, passages à faune, sylviculture adaptée au site, promotion des prédateurs, structures professionnelles de garde-chasse selon le modèle genevois, mise en réseau des habitats et interventions ciblées sous contrôle étatique par du personnel spécialisé. Quiconque utilise néanmoins le mot « nécessaire » pour la chasse de loisir doit expliquer pourquoi précisément ces mesures ne constituent pas une alternative pour précisément ce contexte. Cette explication, le lobby de la chasse de loisir la doit régulièrement.

Plus d'informations : Alternatives à la chasse : Ce qui aide vraiment, sans tuer d'animaux et Chasse dans le canton de Genève : Interdiction de chasse, psychologie et perception de la violence

Ce qui devrait changer

  • Supprimer les mythes du discours politique : Les décisions politiques concernant les lois sur la chasse, l'abattage de loups et les zones protégées doivent se baser sur des fondements scientifiques vérifiés. Recours obligatoire à la recherche indépendante sur la faune sauvage dans les processus législatifs, sans droit de veto du lobby de la chasse de loisir. Proposition type : Surveillance de chasse indépendante : Contrôle externe au lieu d'autocontrôle
  • Institutionnaliser les vérifications factuelles des affirmations cynégétiques : Quiconque défend publiquement une mesure politiquement doit fournir les preuves d'efficacité. Des affirmations comme « la chasse de loisir est nécessaire » ou « les populations d'animaux sauvages explosent sans abattage » doivent être étayées par des chiffres vérifiables avant de devenir politiquement efficaces.
  • Plateforme pour la recherche indépendante sur la faune sauvages dans les débats de politique cynégétique : Les biologistes de la faune, les écologues comportementaux et les chercheurs en populations doivent être représentés aussi fortement dans les commissions spécialisées cantonales que les représentants de la chasse de loisir. Proposition type : Textes types pour les interventions critiques de la chasse
  • Analyse coûts-bénéfices publique de la chasse de loisir : Une analyse indépendante et uniforme au niveau fédéral des coûts et bénéfices sociétaux de la chasse de loisir doit être établie et publiée, incluant les coûts externes comme les dégâts d'accidents avec la faune, les violations du bien-être animal, les charges sanitaires et les objectifs de biodiversité manqués.

Argumentaire

« La chasse régule le gibier, c'est un fait. » Le Parc national suisse est exempt de chasse depuis 1914. Le canton de Genève depuis 1974. Les deux montrent des populations d'animaux sauvages stables sans chasse de loisir. Ce n'est pas un mythe, c'est de l'empirisme. « Régulation par la chasse de loisir » est en revanche une affirmation pour laquelle il n'existe pas d'études comparatives contrôlées qui l'étayent.

« Nous avons besoin de la chasse de loisir pour la forêt. » L'OFEV établit que les dégâts d'abroutissement sont une fonction de la qualité de l'habitat, de la pression de dérangement et de la concentration d'animaux sauvages – et que la chasse de loisir sans amélioration de l'habitat ne résout pas le problème. La sylviculture adaptée au site, les installations de protection et la promotion des prédateurs sont les mesures fondées sur des preuves.

« Les systèmes d'avertissement de gibier ne remplacent pas la chasse de loisir. » Les systèmes d'avertissement de la faune réduisent les accidents impliquant des animaux sauvages de 32 à 93 pour cent – prouvé empiriquement en Suisse et en Autriche. C'est plus efficace que les tirs, conforme à la protection des animaux et sans décès pour les animaux sauvages ou accidents de chasse de loisir pour les humains.cipra+1

«La protection de la nature a besoin des chasseurs de loisir comme partenaires.» La protection de la nature nécessite une expertise professionnelle, de la transparence et de l'indépendance. Les chasseurs de loisir ont des conflits d'intérêts structurels : ils paient pour le droit de tuer des animaux sauvages. Les organisations de protection de la nature, les structures de gardiennage de la faune et les instituts de recherche sur la faune sauvage travaillent sans ce conflit.

«Qui critique doit proposer des alternatives.» Ce dossier et wildbeimwild.com font exactement cela : structures de gardiennage de la faune selon le modèle genevois, systèmes d'avertissement de la faune, sylviculture adaptée au site, promotion des prédateurs, mise en réseau des habitats. Les alternatives existent, sont éprouvées et fonctionnent. Le problème n'est pas l'absence d'alternatives, mais la résistance du lobby contre les alternatives.

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Notre exigence

Les douze mythes de ce dossier sont efficaces parce qu'ils sont simples. Ils fonctionnent comme slogans, comme interruptions de conversation, comme formules de légitimation dans les débats politiques. Ce qu'ils ne sont pas : des arguments étayés. Qui les mesure à l'aune de sources scientifiques, d'observations empiriques et de questions logiques fondamentales, trouve des lacunes, des contradictions et des constructions d'intérêts – systématiquement en faveur d'une activité de loisir pratiquée par 0,3 pour cent de la population et qui tue 120 000 animaux sauvages par an.

IG Wild beim Wild documente cette réalité, car le débat sur la chasse en Suisse est marqué depuis des décennies par les mêmes narratifs non étayés. Qui veut discuter de manière fondée – dans la commune, au parlement cantonal, à l'école ou sur les réseaux sociaux – n'a pas besoin de slogans, mais de faits vérifiables. C'est exactement l'exigence de ce dossier et de tout le travail de wildbeimwild.com.

Quel mythe entends-tu le plus souvent ? Écris-nous avec le contexte et la source : wildbeimwild.com/kontakt – nous en ferons une série avec des vérifications factuelles datées, liées à des sources étayées et à des exemples cantonaux.

Plus sur le sujet de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications factuelles, analyses et reportages de fond.