« La chasse de loisir protège la biodiversité » : cette formule a un impact politique certain. Elle sonne moderne, scientifique et responsable. Les associations de chasse la répètent à la moindre occasion : dans les communiqués de presse, les réponses aux consultations et les échanges avec les autorités. Hunting Switzerland affirme sur son site web que les chasseurs de loisir apportent « une contribution importante à la protection de la biodiversité ». De prime abord, cela semble convaincant. Mais à y regarder de plus près, la vérité éclate : ce qui est présenté comme une action de conservation n'est en réalité qu'une pratique d'aménagement du territoire qui se pare d'une étiquette écologique.
La biodiversité ne se résume pas au nombre d'espèces animales présentes dans une zone. Elle englobe la diversité génétique au sein des populations, la diversité des habitats et la fonctionnalité des systèmes écologiques : insectes, organismes du sol, réseaux fongiques, communautés végétales, qualité de l'eau et richesse structurale. La Stratégie fédérale suisse pour la biodiversité identifie les principales menaces pesant sur la biodiversité en Suisse : la perte d'habitats due à l'étalement urbain et au développement des infrastructures, l'agriculture intensive, les pesticides, la pollution lumineuse, le changement climatique et le manque de connectivité. La chasse récréative n'apparaît pas comme un facteur de protection dans cette analyse. Elle ne constitue pas non plus une menace au sens strict, mais elle n'est pas non plus l'outil qu'on imagine souvent.
Quiconque prend la biodiversité au sérieux se doit de protéger les habitats, de favoriser la connectivité et de réduire l'impact humain. La chasse récréative ne répond à aucun de ces objectifs. Elle prélève chaque année environ 76 000 ongulés sauvages et 22 000 prédateurs dans les écosystèmes, modifie les structures sociales, exerce une pression de chasse et induit des changements de comportement, et chaque prélèvement est lié à des quotas fixés politiquement plutôt qu'à des objectifs écologiques. Si cela peut avoir des effets localisés, fonder une justification générale à la conservation de la nature sur ces seuls constats est scientifiquement insoutenable.
Qu'est-ce qui vous attend ici ?
- Crise de la biodiversité et discours sur la chasse : pourquoi l’affirmation « la chasse protège la biodiversité » fonctionne politiquement mais est scientifiquement infondée, et quels facteurs menacent réellement la biodiversité.
- Sélectivité et structures sociales. Comment la chasse récréative modifie l'âge, le sexe et les structures sociales des populations fauniques et pourquoi cela a peu à voir avec la conservation des espèces.
- Effets indirects : lorsque la pression de la chasse perturbe la nature. Le gibier chassé modifie ses habitats, devient plus nocturne et crée ainsi de nouveaux conflits qui, à leur tour, justifient la chasse.
- Nourrissage et soutien des populations : pourquoi nourrir les animaux sauvages perturbe les processus naturels, favorise les maladies et est rarement favorable à la biodiversité.
- Privilégier les prédateurs à la chasse récréative. Pourquoi le retour de régulateurs naturels comme les loups et les lynx est plus efficace pour la biodiversité que les quotas de chasse annuels.
- Les dégâts causés par le broutage ne font pas tout. Pourquoi réduire la biodiversité aux seuls conflits entre forêts et faune sauvage est une approche trop simpliste et quels sont les facteurs réellement importants ?
- Ce qui doit changer. Les exigences politiques en faveur d'une stratégie de biodiversité axée sur la protection des habitats plutôt que sur la chasse récréative.
- Argumentation. Réponses aux justifications les plus courantes du lobby de la chasse de loisir concernant la biodiversité.
- Liens rapides. Tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d'œil.
Sélectivité et structures sociales : quand les abattages sélectifs perturbent les populations
La chasse récréative est rarement une régulation écologique finement élaborée. Elle est soumise à des quotas de chasse, des traditions, des droits de propriété intellectuelle et des préférences individuelles. Certains animaux sont chassés en priorité, d'autres sont épargnés. Cela modifie la structure par âge et par sexe au sein des populations et peut avoir des conséquences importantes pour les espèces à comportement social complexe.
Chez le cerf élaphe, par exemple, des études montrent que l'élimination ciblée d'individus dominants expérimentés déstabilise les schémas migratoires, le comportement spatial et la dynamique reproductive. Les jeunes animaux inexpérimentés se retrouvent à jouer des rôles pour lesquels ils ne sont pas socialement préparés. Il en résulte des groupes désorganisés, une agitation accrue et une pression de broutage renforcée, car les animaux se comportent différemment sur leurs voies de fuite que dans des groupes sociaux stables. Le professeur Josef H. Reichholf décrit ce mécanisme ainsi : « La chasse ne régule pas. Elle crée des populations surpeuplées et des populations affaiblies. » L'écologie des populations montre qu'une chasse intensive entraîne des augmentations compensatoires de la reproduction : maturité sexuelle plus précoce, portées plus importantes et taux de survie des jeunes plus élevés. Plus la chasse est intensive, plus la descendance est nombreuse.
Cet effet est particulièrement bien documenté chez le renard. Dans les populations fortement chassées, l'âge moyen chute drastiquement, les structures territoriales s'effondrent et le taux de reproduction augmente. En Suisse, environ 20 000 renards roux sont abattus chaque année, pourtant les populations restent stables, voire augmentent. Le Luxembourg a placé le renard sous protection en 2015 et n'a depuis constaté aucune explosion démographique, mais plutôt une réduction de 20 % du taux d'infection par le ténia du renard, car des structures sociales stables ralentissent la propagation des parasites.
Ce que les défenseurs de la chasse récréative appellent « contrôle des populations » est en réalité une récolte périodique de gibier sauvage qui stabilise, voire accroît, les populations tout en détruisant les structures sociales essentielles au fonctionnement des écosystèmes. Il ne s'agit pas de conservation de la biodiversité, mais d'une intervention qui substitue à la complexité écologique des quotas de chasse simplifiés.
Pour en savoir plus : Pourquoi la chasse récréative échoue comme moyen de contrôle des populations et la chasse au renard sans fondement : comment Hunting Switzerland crée des problèmes
Effets indirects : Lorsque la pression de la chasse perturbe la nature
La chasse récréative affecte non seulement le nombre d'animaux vivant dans une zone, mais surtout leur comportement. Sous la pression de la chasse, les animaux sauvages modifient profondément leur comportement spatial : ils évitent les espaces ouverts, se réfugient dans les forêts denses et déplacent leurs activités vers la nuit. La professeure Ilse Storch, titulaire de la chaire d'écologie et de gestion de la faune sauvage à l'université de Fribourg, précise : « L'être humain est perçu comme une menace. » Il ne s'agit pas d'une habituation, mais d'une réponse au stress, d'origine biologique, face à une menace mortelle.
Ces changements de comportement ont des conséquences qui dépassent largement le cadre de l'animal individuel. Lorsque les cerfs et les daims évitent les espaces ouverts et se concentrent en forêt, la pression de broutage sur les jeunes arbres, les arbustes et la végétation au sol augmente. Ce que les chasseurs de loisir qualifient de « protection des forêts » produit ainsi parfois précisément les dégâts de broutage qu'ils prétendent combattre : les battues et les chasses en groupe poussent les animaux sauvages à se réfugier dans des zones de panique, où ils broutent ensuite la végétation disponible sous un stress accru. Ce lien est scientifiquement prouvé : une étude menée pendant 14 ans sur des échantillons sanguins d'ongulés chassés et morts, portant sur la concentration de cortisol, montre que les animaux issus de battues présentent des taux de cette hormone du stress nettement supérieurs à ceux des animaux morts sans être dérangés.
L'activité nocturne a des conséquences supplémentaires : lorsque les animaux sauvages se déplacent de nuit, le risque de collisions avec la faune sauvage augmente. Une étude américaine menée dans le Wisconsin a démontré que le retour des loups, qui régulent naturellement le comportement de la faune sauvage, a réduit les collisions de 24 %. La chasse récréative, en revanche, génère précisément les réactions de fuite et de stress qui favorisent les collisions avec la faune sauvage, et utilise ensuite les statistiques d'accidents qui en résultent pour justifier une augmentation du nombre d'animaux abattus. C'est un cercle vicieux.
Ces effets indirects sont graves pour la biodiversité. Lorsque le gibier chassé évite certaines zones, sa contribution écologique disparaît : dispersion des graines, mosaïque végétale due à l’alimentation sélective et piétinement créant des microhabitats. Le paysage devient plus uniforme au lieu d’être plus diversifié. La chasse récréative modifie non seulement les populations, mais aussi les paysages.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Études sur l’impact de la chasse sur les animaux sauvages et la faune sauvage, la peur de la mort et le manque d’étourdissement.
Alimentation et soutien des populations : quand la conservation de la nature devient production
Dans de nombreuses zones de chasse, les animaux sauvages sont nourris, officiellement par « nécessité » durant les hivers rigoureux, mais en pratique souvent pour renforcer les populations ou diriger la faune sauvage vers des zones spécifiques. Le nourrissage modifie fondamentalement les mécanismes de la sélection naturelle. Ce que la nature régule par la rareté de la nourriture, les maladies et la mortalité hivernale est neutralisé par l'intervention humaine : davantage d'animaux survivent à l'hiver que leur habitat ne peut en supporter naturellement.
Les conséquences sur la biodiversité sont bien documentées. Les points d'alimentation créent des concentrations anormales d'animaux dans un espace restreint. Ceci favorise la transmission de parasites et de maladies, accroît la pression de broutage à proximité immédiate et perturbe la répartition naturelle de la faune sauvage. Des études sur la propagation de la tuberculose chez les cerfs en régions alpines montrent que les points d'alimentation constituent de véritables foyers de transmission de maladies. Ce qui est présenté comme une mesure de protection animale est en réalité néfaste pour la santé de la population.
La contradiction avec la biodiversité est fondamentale : le nourrissage maintient les populations à un niveau qui n’existerait pas sans intervention humaine. Ces populations artificiellement accrues créent alors une pression de broutage qui, à son tour, justifie une augmentation de la chasse. La chasse récréative engendre ainsi son propre besoin de réglementation. Ceux qui nourrissent les animaux sauvages en hiver afin de pouvoir les chasser en nombre suffisant à l’automne ne mettent pas en œuvre une politique de biodiversité, mais plutôt une gestion des populations – une logique de production sans aucun lien avec la conservation de la nature.
Une stratégie de biodiversité digne de ce nom repose sur la mortalité hivernale naturelle comme élément régulateur, sur des habitats adaptés au site qui permettent à la faune sauvage de survivre même sans se nourrir, et sur une politique de la faune sauvage qui ne dépend pas des quotas de tir et des ventes de permis de chasse.
Pour en savoir plus : Alternatives à la chasse : ce qui est vraiment efficace sans tuer d’animaux et Chasse et bien-être animal : quelles conséquences pour les animaux sauvages ?
Des prédateurs plutôt que la chasse récréative : les avantages de la régulation naturelle
Les régulateurs les plus efficaces des populations d'ongulés ne sont pas les chasseurs amateurs armés de fusils et pratiquant des programmes d'abattage, mais les prédateurs : loups, lynx et ours. Ces espèces ont façonné les écosystèmes où se développe la biodiversité depuis des millénaires. Du point de vue de la biodiversité, leur retour en Suisse constitue l'un des développements les plus importants de ces dernières décennies.
L'impact écologique des prédateurs dépasse largement la simple réduction des populations de proies. L'effet de « paysage de la peur » décrit comment la simple présence des loups modifie le comportement spatial des cerfs et des wapitis : ces animaux évitent certaines zones, changent plus fréquemment d'emplacement et passent moins de temps dans les zones sensibles. La végétation de ces zones peut se régénérer : les jeunes arbres repoussent, la végétation riveraine se stabilise et de nouveaux habitats apparaissent pour les insectes, les oiseaux et les petits mammifères. Dans le parc national de Yellowstone, cette cascade d'effets a été scientifiquement documentée après la réintroduction des loups en 1995 : la modification des déplacements des orignaux a entraîné la régénération des saules et des trembles, ce qui a à son tour renforcé les populations de castors, de poissons et d'oiseaux chanteurs.
Des tendances similaires s'observent en Suisse. Dans les Grisons, le retour du loup dans certaines zones a déjà contribué à la diminution de la population de chevreuils et à la réduction du recours à la chasse spécifique . L'association forestière se félicite de cette évolution, car elle réduit la pression du broutage naturel. Le lynx a, de manière avérée, réduit les populations de chevreuils dans des régions comme le Toggenburg, l'Uri, l'Oberland bernois et Soleure. Une étude menée en Allemagne sur 3 000 échantillons d'excréments de loup a révélé que plus de 96 % des restes provenaient de chevreuils, de cerfs élaphes et de sangliers – précisément les espèces que la chasse récréative prétend « réguler ».
La différence cruciale : les prédateurs régulent les populations de manière sélective, continue et sans les effets déstabilisateurs de la chasse. Ils ciblent de préférence les individus malades, faibles et inexpérimentés. Ils ne créent pas de pics de stress saisonniers. Ils ne nécessitent aucun plan d’abattage, aucune vente de brevets ni aucun quota négocié politiquement. L’ abattage croissant des loups en Suisse contrecarre donc précisément la régulation naturelle qui serait la plus efficace pour la biodiversité. Quiconque souhaite préserver la biodiversité doit accepter les prédateurs, et non les combattre.
Pour en savoir plus : Le loup en Europe – comment la politique et la chasse récréative compromettent la conservation des espèces , les corridors fauniques et la connectivité des habitats
Les dégâts causés par le pâturage ne font pas tout : pourquoi le débat sur la biodiversité est insuffisant
Le conflit entre forêt et faune sauvage domine le débat public sur la chasse récréative et la nature. On entend souvent dire que trop de cerfs dévorent trop de jeunes arbres. La solution : un abattage sélectif accru. Or, on oublie que les dégâts causés par le broutage sont un symptôme, et non la cause. Et la biodiversité ne se résume pas à la simple survie d'un jeune arbre.
Les principaux facteurs de perte de biodiversité en Suisse ne sont pas les cerfs. Il s'agit de la destruction des habitats due à l'expansion des zones urbanisées et des infrastructures, à l'agriculture intensive avec l'utilisation de pesticides et d'engrais, à la fragmentation des habitats par les routes et les clôtures, au changement climatique entraînant des modifications des zones de végétation et des cycles phénologiques, et à la pollution lumineuse, qui perturbe les insectes nocturnes et leurs chaînes alimentaires. Sur la Liste rouge suisse, plus d'un tiers des espèces étudiées sont classées comme menacées. Cette disparition d'espèces touche principalement les insectes, les amphibiens, les reptiles et les plantes – des groupes qui ne sont absolument pas concernés par la chasse récréative.
La pression exercée par le broutage a plusieurs causes qui dépassent la simple question du nombre de cerfs : les monocultures forestières offrent moins de ressources alimentaires alternatives que les forêts mixtes à structure diversifiée. Le stress climatique fragilise les jeunes arbres et les rend plus vulnérables aux dommages. De plus, le repli des animaux sauvages dans la forêt, lié à la chasse, concentre la pression du broutage sur une zone plus restreinte. Le Parc national suisse a démontré depuis plus d’un siècle que les forêts peuvent exister et se régénérer naturellement sans chasse récréative si les habitats sont préservés et que les dynamiques naturelles peuvent suivre leur cours.
La conservation de la biodiversité exige une approche holistique : conversion des forêts en forêts mixtes résilientes au climat, réduction des pesticides, mise en réseau des habitats par des corridors fauniques , promotion des prédateurs, suppression des barrières à la migration et protection des zones humides, des prairies sèches et des lisières forestières. Rien de tout cela ne nécessite une milice armée dotée de droits de chasse. Ceux qui réduisent le débat sur la biodiversité au conflit entre la forêt et la faune sauvage et présentent la chasse récréative comme la solution détournent l’attention des véritables causes et perpétuent un discours qui garantit avant tout la poursuite de la chasse récréative, et non la préservation de la biodiversité.
Plus d'informations sur ce sujet : La chasse de loisir et le changement climatique , et Genève et l'interdiction de la chasse
L'exemple contraire de Genève : la biodiversité sans chasse récréative
L’argument empirique le plus convaincant contre la thèse selon laquelle « la chasse de loisir protège la biodiversité » se trouve au cœur même de la Suisse. En 1974, le canton de Genève a aboli la chasse par milice par référendum. Depuis lors, la gestion de la faune sauvage est assurée exclusivement par des gardes-chasse employés par l’État, selon des critères clairs, en toute transparence et sans aucune logique de trophée.
Le bilan de la biodiversité, établi après plus de 50 ans, est sans appel : l’inspecteur de la faune, Gottlieb Dandliker, constate une augmentation significative de la population d’oiseaux, passant de quelques centaines à 30 000 migrateurs hivernants. Un réseau d’habitats diversifiés s’est développé dans tout le canton, offrant un refuge à une multitude d’animaux et de plantes, dont certaines espèces rares. Une étude à long terme confirme cette forte augmentation de la biodiversité. Les animaux sauvages trouvent refuge à Genève, fuyant les zones de chasse environnantes. La population bénéficie d’observations de la nature plus fréquentes et moins stressantes, ainsi que d’une meilleure acceptation sociale de la faune sauvage en milieu urbain.
Le modèle de Genève réfute non seulement l'idée que la chasse récréative soit indispensable à la biodiversité, mais démontre également que l'inverse est possible : une biodiversité plus riche sans chasse récréative. L'absence de pression de chasse saisonnière, de battues, de points d'alimentation et l'élimination systématique des prédateurs créent les conditions propices au rétablissement des processus naturels. Genève est la preuve vivante qu'une politique de gestion de la faune sauvage sans chasse de loisir est non seulement efficace, mais qu'elle donne de meilleurs résultats en matière de biodiversité.
À ce sujet : La chasse dans le canton de Genève : interdiction de la chasse, psychologie et perception de la violence , et une initiative qui appelle à la création de « gardes-chasse à la place des chasseurs ».
Qu'est-ce qui devrait changer ?
- Stratégie de biodiversité sans recours à la chasse : la conservation de la nature doit privilégier la protection des habitats, leur connectivité et la réduction des impacts humains, et non les quotas de chasse annuels. La chasse récréative ne doit pas être considérée comme un instrument standard de la politique de biodiversité. Initiative modèle : corridors fauniques et zones de tranquillité.
- Promouvoir les prédateurs comme régulateurs naturels : les loups, les lynx et autres prédateurs sont les instruments les plus efficaces pour réguler les populations d’ongulés et favoriser la dynamique naturelle des écosystèmes. Leur retour doit être soutenu politiquement et non contré par des abattages sélectifs.
- Évaluation indépendante de la biodiversité liée à la chasse de loisir : Des études scientifiques indépendantes sont nécessaires pour déterminer si et comment la chasse de loisir impacte réellement la biodiversité en Suisse, positivement et négativement. L’auto-évaluation actuelle des chasseurs de loisir en tant que « défenseurs de la nature » est insuffisante. Initiative modèle : Statistiques de chasse transparentes
- Le nourrissage des animaux sauvages devrait être interdit, sauf en cas de situations d'urgence clairement définies : soutenir les populations par le nourrissage contredit une stratégie de biodiversité qui repose sur les processus naturels. La définition de « situation d'urgence » doit être scientifiquement justifiée et réglementée de manière uniforme dans tous les cantons.
- Dissocier les conflits entre la faune sauvage et la forêt de la légitimité de la chasse récréative : les problèmes de broutage résultent principalement de la perte d’habitat, des changements climatiques et des modifications de comportement liées à la chasse. Les politiques de biodiversité doivent s’attaquer à ces causes au lieu de préconiser systématiquement un abattage accru.
Argumentation
« La chasse récréative protège la biodiversité. » La biodiversité dépend principalement des habitats, de leur connectivité, de la vie du sol, des insectes et des processus naturels. La chasse récréative a un impact sélectif sur certaines espèces, modifie les structures sociales et, par la pression de chasse, engendre des changements comportementaux sources de nouveaux conflits. Justifier de manière générale une activité récréative qui consiste à tuer des animaux selon un quota n'est pas scientifiquement valable.
Sans la chasse récréative, la forêt serait ravagée par le broutage. Le broutage est un problème réel, mais ses causes sont plus profondes : perte d’habitat, stress climatique, monocultures forestières et repli des animaux sauvages vers la forêt, conséquence de la chasse. Des études montrent qu’une chasse intensive pousse les animaux sauvages précisément là où ils causent le plus de dégâts. Le Parc national suisse a démontré depuis plus d’un siècle que les forêts peuvent prospérer sans chasse récréative.
« Les prédateurs ne peuvent à eux seuls réguler les populations d'animaux sauvages. » Pourtant, les prédateurs régulent les populations d'ongulés depuis des millénaires, et ce, bien plus efficacement que n'importe quel programme de régulation mis en place par l'homme. Le retour du loup dans les Grisons a permis de réduire la population de cerfs et le besoin de chasses spéciales. Dans le Wisconsin, ce même retour a diminué de 24 % les collisions avec la faune sauvage. Affirmer que les prédateurs « ne suffisent pas » sert avant tout à perpétuer le système de la chasse récréative.
« Nourrir les animaux sauvages est indispensable à leur survie hivernale. » Cependant, le nourrissage perturbe les mécanismes de la sélection naturelle, favorise la transmission de maladies et de parasites, entraîne des concentrations anormales d'animaux dans quelques zones et encourage les populations à dépasser les capacités d'accueil de l'habitat. La nature a fonctionné pendant des millénaires sans intervention humaine pour nourrir les animaux. Bien souvent, le nourrissage ne vise pas le bien-être animal, mais plutôt à renforcer les populations en vue de la prochaine saison de chasse.
La biodiversité a besoin d'une gestion active, et non d'inaction. La gestion active consiste à protéger et à relier les habitats et à réduire l'impact humain, et non à abattre systématiquement des animaux. Les structures de gardes-chasse inspirées du modèle de Genève, la promotion des prédateurs, la gestion des habitats et les corridors fauniques sont des exemples de gestion active. La chasse récréative, avec sa logique de trophées, ses quotas et la vente de permis, est un système d'exploitation, et non une approche de conservation.
Liens rapides
Articles sur Wild beim Wild :
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- Études sur l'impact de la chasse sur la faune sauvage
- La Suisse chasse, mais pourquoi exactement ?
- Cette initiative préconise la création de « gardes-chasse à la place de chasseurs »
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Sources externes :
- FOEN : Stratégie suisse pour la biodiversité
- BAFU : Statistiques fédérales sur la chasse
- Fondation pour le droit animalier : La chasse en Suisse
- Professeur Josef H. Reichholf : « La chasse ne régule pas »
Notre revendication
L'affirmation selon laquelle la chasse récréative protège la biodiversité ne résiste pas à l'analyse scientifique. La biodiversité découle d'habitats intacts, de processus naturels et de réseaux trophiques fonctionnels, et non de quotas et de réglementations de chasse. Une politique de conservation qui considère la chasse récréative comme un outil standard confond utilisation et protection. Ce dossier est mis à jour régulièrement en fonction des nouvelles études, données ou évolutions politiques.
Nous documentons les initiatives qui fonctionnent sans chasse récréative : projets de renaturation, corridors fauniques, zones gérées de manière extensive, retour des prédateurs et zones sans chasse. Connaissez-vous un exemple dans votre région, canton ou commune ? Écrivez-nous . Nous établirons un panorama documenté des effets à long terme, afin de réfuter l’idée que la nature périrait sans la chasse récréative.
À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.