Introduction à la critique de la chasse
En Suisse, 35 pour cent de toutes les espèces animales et végétales sont menacées – dans aucun pays voisin la proportion d'espèces menacées n'est plus élevée. La Suisse possède la plus faible proportion d'aires protégées d'Europe : seulement environ 10 pour cent du territoire national. Parallèlement, environ 120’000 animaux sauvages sont tués chaque année par la chasse de loisir – dont 10’000 faons de chevreuil. Et 64 pour cent de la population suisse se prononcent dans des sondages représentatifs pour une interdiction de la chasse au terrier ; 79 pour cent sont globalement critiques envers la chasse de loisir.
Ces chiffres côtoient un narratif tenace : la chasse de loisir serait de la protection de la nature. Les chasseurs de loisir seraient les gardiens de la nature. Sans eux, les populations d'animaux sauvages exploseraient. Quiconque prétend le contraire ne comprendrait pas la nature.
Qui connaît les faits comprend l'inverse. Ce dossier rassemble les principaux arguments scientifiques, éthiques, sanitaires, sociétaux et politiques contre la chasse de loisir sous sa forme actuelle. Il s'adresse à tous ceux qui découvrent le sujet, veulent affûter leur propre position ou souhaitent débattre sur des bases factuelles. Ce n'est pas un cri émotionnel. C'est un état des lieux sobre de ce qu'est la chasse de loisir, de ce qu'elle produit – et de ce qui serait possible à la place. Qui veut approfondir trouvera dans notre Dossier sur la chasse en Suisse la base documentaire la plus complète.
Ce qui t'attend ici
- Pourquoi la chasse de loisir n'est pas éthiquement défendable: Ce que signifie tuer des êtres sensibles par plaisir, pourquoi les tirs manqués et les recherches constituent des problèmes structurels, et pourquoi le « plaisir de tuer » n'est pas une valeur culturelle.
- Pourquoi la chasse de loisir est écologiquement contre-productive: Comment la pression de chasse déstabilise les populations au lieu de les réguler, pourquoi les zones sans chasse présentent plus de biodiversité, et ce que signifie la destruction des structures sociales pour la faune sauvage.
- Pourquoi la viande de gibier n'est pas un produit naturel: Ce que recommande l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) concernant le plomb dans la viande de gibier, pourquoi les femmes enceintes, les enfants et les femmes en âge de procréer ne devraient pas consommer de gibier, et ce que les hormones de stress dans la viande révèlent sur les dernières minutes de la proie.
- Pourquoi la population rejette la chasse de loisir – et la politique la protège malgré tout: Données d'enquête, structures de lobbying et pourquoi les associations de chasse parviennent depuis des décennies à empêcher ce qu'une large majorité sociétale souhaite.
- Pourquoi la chasse de loisir n'est psychologiquement pas un hobby neutre: Ce que disent la psychologie comportementale, la recherche sur les droits des animaux et les études sur l'agression et le culte du trophée concernant les chasseurs de loisir – et pourquoi c'est pertinent pour la société.
- Pourquoi la chasse de loisir co-responsable de la crise de la biodiversité en Suisse: Un tiers des espèces menacées, la plus petite proportion de zones protégées d'Europe, des décennies de blocage par les lobbies contre les parcs nationaux et les surfaces protégées.
- « Le saviez-vous ? » – 40 faits qui contredisent le narratif de la chasse.
- Pourquoi les alternatives à la chasse de loisir existent et sont éprouvées: Régulation naturelle, promotion des prédateurs, modèles de gardes-faune, protection des habitats.
- Ce qui devrait changer: Revendications politiques concrètes.
- Argumentaire: Réponses aux justifications les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.
- Liens rapides: Tous les articles, études et dossiers pertinents.
Éthique : Quand tuer n'est pas de la protection de la nature
Les animaux sauvages sont des êtres sensibles. Ils connaissent la douleur, la peur et les liens sociaux. Ils fuient lorsqu'ils perçoivent une menace. Ils sont en deuil quand les groupes sociaux sont déchirés. Ce n'est pas une affirmation sentimentale, mais un consensus scientifique reconnu internationalement, notamment dans la Déclaration de Cambridge sur la Conscience de 2012. Sur cette base, la question éthique de départ de la critique de la chasse n'est pas difficile : Quelle justification existe-t-il pour tuer des êtres sensibles par plaisir ?
Les réponses du lobby de la chasse de loisir – régulation, protection de la nature, tradition – sont réfutées individuellement dans d'autres chapitres de ce dossier. Ce qui reste, c'est l'essence : La chasse de loisir n'est aujourd'hui pas une nécessité de survie en Suisse. C'est un hobby. Un hobby qui signifie la mort d'environ 120 000 animaux sauvages par an en Suisse, dont une proportion considérable ne meurt pas immédiatement, mais après des minutes ou des heures dans la douleur. Les tirs manqués – des impacts qui ne tuent pas immédiatement – ne sont pas une exception dans le système de chasse, mais une réalité qui survient systématiquement : Dans le canton des Grisons, environ 1 000 dénonciations et amendes annuelles contre les chasseurs de loisir documentent l'ampleur des erreurs artisanales et des tirs contraires aux règles.
Une société qui punit la cruauté envers les animaux domestiques, mais finance et protège politiquement la même action avec les animaux sauvages dans la forêt comme bien culturel, a un problème de cohérence. La loi sur la protection des animaux de la Suisse ne s'applique pas à la lisière de la forêt. Qui veut changer cela doit d'abord nommer ce qu'est réellement la chasse de loisir dans sa forme actuelle : un plaisir armé de loisir dont le contenu central est la mise à mort d'êtres vivants – et dont la légitimation repose sur des narratifs qui ne résistent pas à un examen factuel.
Plus d'informations : Chasse et protection des animaux : Ce que la pratique fait aux animaux sauvages et Animaux sauvages, angoisse de mort et absence d'anesthésie
Écologie : Pourquoi les abattages ne sont pas de la régulation
La chasse de loisir prétend réguler les populations de faune sauvage. L'écologie comportementale démontre qu'elle fait l'inverse. La dynamique reproductrice compensatoire est le principe biologique fondamental qui réfute cet argument. Les animaux sauvages réagissent aux pertes démographiques causées par la chasse par un taux de natalité accru, une maturité sexuelle précoce et des portées plus importantes. Particulièrement chez les sangliers, ce mécanisme est documenté de manière particulièrement frappante : normalement, seule la laie dominante se reproduit au sein d'une harde. Si elle est abattue, tous les animaux femelles du groupe se reproduisent. La pression cynégétique génère plus d'animaux sauvages, pas moins.
Ce que la chasse de loisir provoque écologiquement n'est pas de la régulation, mais une déstabilisation des structures sociales. L'abattage d'animaux meneurs expérimentés – la laie dominante chez le sanglier, le cerf de tête chez le cerf rouge, la renarde dominante – laisse des groupes désorganisés avec un comportement d'utilisation de l'espace modifié, une mobilité accrue et une pression d'abroutissement renforcée sur les arbres forestiers, car les animaux sont comprimés dans un espace restreint. La solution que le lobby de la chasse propose au problème d'abroutissement le génère structurellement. Les zones exemptes de chasse montrent l'image contrastée : dans le canton de Genève, la biodiversité s'est avérée améliorée depuis l'interdiction de la chasse en 1974, les populations d'animaux sauvages se sont stabilisées, et l'avifaune s'est développée de quelques centaines à 30’000 hôtes hivernaux.
Plus d'informations : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle démographique
Santé : Pourquoi la viande de gibier n'est pas un produit sain
L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) recommande : les enfants jusqu'à leur septième année, les femmes enceintes, allaitantes et celles ayant un désir d'enfant ne devraient si possible pas consommer de gibier abattu avec des munitions au plomb. Ce n'est pas une déclaration de campagne critique de la chasse. C'est une recommandation officielle basée sur des constatations mesurables. La Protection Suisse des Animaux (PSA) a examiné des produits de viande de gibier issus de la chasse de loisir indigène pour leur teneur en plomb : dans 5 des 13 échantillons, du plomb a été détecté à des concentrations supérieures à la valeur de référence. Une étude allemande de l'Office fédéral de la protection des consommateurs (BVL) a trouvé des résidus de plomb chez environ trois quarts de tous les produits de charcuterie au gibier examinés.
Le plomb est toxique pour l'organisme humain même en petites quantités : il endommage la formation sanguine, le foie, les reins et le système nerveux central. Pour les enfants en croissance, les conséquences sont particulièrement graves – des lésions nerveuses et des troubles du développement cérébral sont documentés. L'Institut fédéral d'évaluation des risques (BfR) établit : « Le plomb est nocif même en petites quantités. » S'ajoutent les hormones de stress : les animaux sauvages qui ont été chassés, poursuivis ou blessés avant leur mort montrent des valeurs de cortisol drastiquement élevées dans le sang et la viande. Ce qui est commercialisé comme « produit proche de la nature » est biologiquement le produit final d'un processus aigu d'angoisse et de mort.
Plus d'informations : La viande de gibier du chasseur est de la charogne et Résidus de plomb dans les produits de viande de gibier et Les chasseurs amateurs empoisonnent les rapaces
Société : Pourquoi la majorité dit non – et pourquoi la politique protège quand même
L'acceptation sociale de la chasse de loisir diminue. Ce n'est pas une affirmation d'opposants à la chasse, mais une constatation empiriquement prouvée. L'enquête WaMoS-2 montre que 79 pour cent de la population suisse critiquent la chasse sous une forme ou une autre – 19 pour cent y sont fondamentalement opposés ou pour son abolition. L'enquête Demoscope mandatée par la Protection Suisse des Animaux montre que 64 pour cent soutiennent une interdiction de la chasse au terrier, seuls 21 pour cent souhaitent la maintenir. Le rejet est intergénérationnel, sans fossé linguistique, et particulièrement prononcé chez les femmes et les jeunes.
Parallèlement, la politique protège la chasse de loisir avec une constance remarquable. Les associations de chasseurs s'assurent des privilèges via leur influence politique, des mandats constitutionnels et leur présence médiatique, privilèges qui contredisent la volonté de la majorité de la population. Dans le canton de Zurich, l'initiative «Gardes-faune au lieu de chasseurs» a échoué en 2022 avec 16,1 pour cent de voix favorables : non pas à cause de la force de conviction argumentative du lobby de la chasse, mais en raison d'un déficit de mobilisation chez une majorité de la population jusqu'alors peu politisée. Le débat est asymétrique : les chasseurs de loisir sont organisés, financés et politiquement connectés. Les animaux sauvages n'ont pas de voix. Et la grande majorité qui n'a aucun intérêt pour la chasse ne dispose jusqu'à présent d'aucun organe politique qui représente sa position de manière conséquente.
En savoir plus : JagdSchweiz : la population suisse est mal informée et Textes types pour les interventions critiques de la chasse dans les parlements cantonaux
Psychologie : Ce que révèlent le culte du trophée et la soif de tuer
La chasse de loisir est la seule activité de loisir socialement acceptée dont le contenu central est la mise à mort d'un être vivant. Que ce contenu nécessite une classification psychologique n'est pas une insinuation, mais une curiosité scientifique. Les psychologues du comportement et les psychologues criminologiques qui décrivent la maltraitance animale comme un indicateur précoce de violence envers les humains le font sur la base d'une observation bien documentée : la capacité d'ignorer ou de traiter comme insignifiantes les souffrances d'autrui est une compétence cognitive – et elle ne se limite pas à une espèce animale.
Le culte du trophée est l'expression visible de cette structure : la préparation et l'exposition de l'animal tué comme démonstration de succès de chasse, de statut et de contrôle. Les spécialistes en psychologie sociale décrivent cette pratique comme l'expression de l'agression, de la soif de pouvoir et du désir de disposer de la vie et de la mort d'un autre être vivant. «L'amour des animaux et de la nature» cynégétique ne vise pas l'existence de l'objet aimé, mais sa possession – et culmine dans l'acte de mise à mort. Ce n'est pas une condamnation globale de tous les chasseurs et chasseuses de loisir. C'est la logique structurelle du système dans lequel ils évoluent. S'y ajoute une dimension sécuritaire concrète : les armes de chasse sont impliquées dans des suicides, des menaces et des actes de violence. Un test psychologique de personnalité pour les chasseurs de loisir n'existe pas en Suisse. Une interdiction d'alcool pendant l'exercice de la chasse non plus.
En savoir plus : Psychologie de la chasse et Études sur les effets de la chasse sur les animaux sauvages et les chasseurs
Biodiversité : La Suisse en queue de peloton – avec la coresponsabilité de la chasse de loisir
Un tiers de toutes les espèces animales et végétales de Suisse est menacé. La moitié de tous les types d'habitats est sous pression. 47 pour cent des espèces étudiées nécessitent des mesures selon l'OFEV. La Suisse a la plus petite proportion d'aires protégées en Europe – environ 10 pour cent du territoire national, bien en dessous de l'objectif mondial de 30 pour cent. Plus de 50 expertes et experts de l'OFEV arrivent à la conclusion dans le rapport sur la biodiversité 2026 : «La pression est immense et l'état général reste mauvais.»
Le lobby de la chasse de loisir est structurellement coresponsable de cet état. Pas seul, mais de manière conséquente : les associations de chasseurs ont bloqué pendant des décennies les parcs nationaux, parce que les aires protégées limitent la surface de chasse. Elles se sont opposées à des désignations d'aires de protection plus strictes. Elles mènent des campagnes de lobbying politique contre les prédateurs – loup, lynx, chat sauvage – qui ont des fonctions écologiquement stabilisatrices qu'aucun chasseur de loisir ne peut remplacer. Et elles définissent avec succès le cadre politique pour le droit de la faune, la loi sur la chasse et les aires protégées dans un système qui protège leurs propres intérêts, non ceux de la nature. La protection de la nature et le lobby de la chasse de loisir poursuivent structurellement des objectifs opposés – même là où leur rhétorique se rejoint parfois.
En savoir plus : Le Parc national du Locarnese n'aboutit pas et Le loup en Europe – comment la politique et la chasse de loisir sapent la protection des espèces
«Le saviez-vous ?» – 40 faits qui réfutent le narratif de la chasse
- Chaque année, en Suisse, environ 120’000 animaux sauvages sont tués par la chasse de loisir – dont environ 10’000 faons de chevreuil.
- Un tiers des espèces animales et végétales de Suisse est menacé. Aucun pays voisin n'a une proportion d'espèces menacées plus élevée.
- La Suisse possède la plus faible proportion de zones protégées d'Europe – environ 10 pour cent du territoire national.
- La contamination au plomb chez les aigles royaux et les gypaètes barbus est la plus élevée dans les Alpes suisses selon une étude – due aux résidus de munitions de la chasse de loisir.
- L'Office fédéral de la sécurité alimentaire recommande : les enfants, les femmes enceintes et celles souhaitant avoir des enfants ne devraient pas consommer de gibier abattu avec des munitions au plomb.
- Des résidus de plomb ont été trouvés dans environ trois quarts de toutes les charcuteries de gibier analysées en Allemagne.
- 79 pour cent de la population suisse s'oppose de manière critique à la chasse de loisir.
- 64 pour cent sont favorables à une interdiction de la chasse au terrier, seuls 21 pour cent souhaitent la maintenir.
- Dans le canton des Grisons, environ 1’000 contraventions et amendes sont infligées chaque année aux chasseurs de loisir.
- Les battues et les rabattages effraient les animaux sauvages et les poussent dans l'angoisse de la mort sur les routes – la pression de chasse est une cause directe des accidents avec la faune.
- Chez les sangliers, après l'abattage de la laie meneuse, toute la harde se reproduit – la pression de chasse génère plus d'animaux sauvages, pas moins.
- Dans le canton de Genève, qui ne connaît plus la chasse milicienne depuis 1974, la population d'oiseaux est passée de quelques centaines à 30’000 hivernants.
- Les zones exemptes de chasse montrent selon des études à long terme une biodiversité constamment plus élevée que les régions de comparaison fortement chassées.
- Les chasseurs de loisir rejettent régulièrement les parcs nationaux et les désignations de zones protégées car celles-ci restreignent leur territoire de chasse.
- Un test psychologique de personnalité pour les chasseurs de loisir n'existe pas en Suisse.
- Une interdiction de l'alcool pendant l'exercice armé de la chasse n'existe pas de manière généralisée en Suisse.
- Il n'existe pas de réglementation uniforme à l'échelle suisse pour les tests de vue et la pratique de tir des chasseurs de loisir.
- Les animaux qui sont effarouchés lors de battues présentent des niveaux d'hormones de stress drastiquement élevés dans leur chair.
- Les charges de plomb sur les lièvres et le petit gibier n'entraînent souvent pas une mort immédiate, mais des blessures qui mènent à une mort lente.
- Les chasseurs de loisir abattent de préférence les individus les plus forts et les plus expérimentés – précisément ceux qui sont décisifs pour la stabilité des structures sociales et la résilience génétique.
- L'éthique cynégétique – le système de code éthique de la chasse – contredit la loi sur la protection des animaux sur des points centraux.
- Un tribunal à Bellinzona a confirmé que les associations de chasseurs promeuvent pratiquement tout ce qui est cruel, inutile et impitoyable.
- Les renards sont généralement jetés aux ordures après la chasse de loisir – ils ne sont pas consommés. Ils sont chassés pour éliminer la concurrence pour le gibier chassable.
- Les renards se nourrissent à plus de 90 pour cent d'autre chose que de lièvres et ne capturent pratiquement jamais de lièvres en bonne santé. La justification de chasse «protection des lièvres» est factuellement fausse.
- Les chasseurs de loisir attirent en hiver rigoureux les animaux affamés avec de la nourriture – pour ensuite les abattre. Cela est difficilement compatible avec la «gestion et les soins».
- La chasse au terrier lance des chiens dressés dans les terriers de renards et de blaireaux – du point de vue de la protection animale, l'une des méthodes de chasse les plus cruelles.
- La chasse au piège laisse les animaux sauvages dans des cages-pièges attendre parfois des jours jusqu'à ce que le chasseur de loisir les tue.
- Des écoliers mineurs reçoivent des armes à feu des chasseurs de loisir – sous l'étiquette «formation à la chasse».
- Les chasseurs de loisir se rendent à l'étranger pour des chasses aux trophées dans des pays sans normes comparables de protection animale et des espèces.
- Des actions comme «sauvetage de faons» servent d'alibi environnemental – immédiatement après, les mêmes faons sont abattus en automne.
- Les herbivores comme les chevreuils et les cerfs étaient à l'origine principalement actifs le jour dans les champs et prairies. La chasse de loisir les pousse dans les forêts et vers une activité nocturne – avec des conséquences sur l'abroutissement et la sécurité routière.
- Le loup capture avec une précision bien supérieure les animaux malades et faibles que n'importe quel chasseur de loisir – stabilisant ainsi les populations de manière durable.
- Seulement 0,3 pour cent environ de la population suisse sont des chasseurs de loisir. 99,7 pour cent n'ont aucun intérêt à tuer des animaux sauvages.
- Les espèces protégées de la Liste rouge – lynx, loup, lièvre brun, perdrix grise – sont régulièrement abattues illégalement par des chasseurs de loisir.
- Les miradors illégaux et non signalés dans les forêts représentent parfois un danger réel pour la sécurité des enfants et des randonneurs.
- Les chasseurs de loisir bloquent politiquement depuis des décennies les améliorations contemporaines de la protection animale et entravent la protection sérieuse des animaux et des espèces.
- Les armes de chasse sont impliquées en Suisse dans des suicides, menaces et actes de violence – sans test de personnalité, sans interdiction d'alcool, sans exigences psychologiques minimales uniformes.
- Le baratin de chasseur – le langage mythologisant de la culture cynégétique – sert à dissimuler les réalités de mise à mort par des termes romantisants.
- La chasse de loisir est de loin la forme la plus coûteuse de ne pas résoudre le problème des populations d'animaux sauvages.
- Les chasseurs de loisir (excepté la vivisection) infligent aux animaux le plus de souffrances et de maltraitance, y compris par la manière de tuer.
Alternatives : Ce qui est possible à la place
La régulation naturelle n'est pas un vœu pieux. Les populations d'animaux sauvages se régulent par la disponibilité de nourriture, le climat, les maladies, la territorialité et les structures sociales – si on les laisse faire. Le canton de Genève est depuis 50 ans la preuve empirique que cette régulation fonctionne sans chasse de milice. Ce qui la complète et l'améliore, c'est la promotion conséquente des prédateurs : Le loup capture les animaux malades et faibles avec une précision qu'aucun chasseur de loisir n'atteint. Le lynx régule les populations de chevreuils spatialement et de manière socialement acceptable. Le chat sauvage et le renard contrôlent les populations de rongeurs et de petits animaux sans intervention humaine.
Les structures de garde-faune selon le modèle genevois remplacent la milice armée par du personnel spécialisé employé par l'État, qui agit selon des critères écologiques clairs, de manière transparente, conforme à la protection animale et sans logique de trophée. Entretien des biotopes, mise en réseau des habitats, corridors fauniques, protection des amphibiens, renaturation : Ce sont des formes de protection de la nature qui se passent d'armes – et qui sont mesurables, contrôlables et efficaces à long terme. Là où des interventions ciblées sont nécessaires – pour des raisons de protection animale, aux points noirs d'accidents, en cas de dommages avérés –, le personnel professionnel accomplit cette tâche de manière plus efficace, plus sûre et plus facilement vérifiable qu'une milice décentralisée sans standards uniformes, tests de personnalité et interdictions d'alcool.
Plus d'informations : Alternatives à la chasse : Ce qui aide vraiment, sans tuer d'animaux et Corridors fauniques et mise en réseau des habitats et Initiative exige « garde-faune au lieu de chasseurs »
Ce qui devrait changer
- Égalité légale des animaux sauvages dans le droit de protection animale : Ce qui constitue de la maltraitance animale à la maison ne peut être un bien culturel en forêt. La loi sur la protection des animaux doit s'appliquer sans lacune aux animaux sauvages : standards minimaux de mise à mort, obligation de recherche avec quotas mesurables et conséquences pénales pour les tirs ratés.
- Interdiction immédiate des méthodes de chasse les plus cruelles : La chasse au terrier, le piégeage avec pièges à capture vivante sans contrôle quotidien et les battues sur animaux gestants ou accompagnés de jeunes sont incompatibles avec une compréhension minimale de la protection animale et doivent être interdites par le droit fédéral. Intervention type : Interdiction de la chasse au terrier
- Interdiction des munitions de chasse au plomb : Le plomb dans la viande de gibier met en danger les consommateurs, les prédateurs et l'environnement. Les munitions sans plomb sont disponibles. L'Autriche et plusieurs Länder allemands ont déjà franchi cette étape. Intervention type : Interdiction des munitions au plomb
- Test psychologique obligatoire et interdiction d'alcool lors de l'exercice de la chasse : Quiconque manipule des armes à feu dans les forêts publiques doit satisfaire à des exigences psychologiques minimales. L'interdiction d'alcool pendant l'exercice de la chasse est le minimum que connaît tout autre domaine professionnel armé. Proposition modèle : Test psychologique pour chasseurs de loisir
- Extension systématique des zones protégées et des parcs nationaux : La Suisse doit augmenter sa part de zones protégées d'environ 10 à au moins 30 pour cent. La résistance du lobby de la chasse contre les parcs nationaux et les désignations de surfaces protégées ne doit plus constituer un veto politiquement contraignant.
- Transfert progressif de la chasse de milice vers des structures professionnelles de gardes-faune : Selon le modèle genevois, avec des projets pilotes cantonaux, un calcul transparent des coûts et une évaluation scientifique. Proposition modèle : Gardes-faune au lieu de chasseurs de loisir
Argumentaire
«Sans la chasse de loisir, les populations d'animaux sauvages croîtraient de manière incontrôlée.» Les populations d'animaux sauvages se régulent par la disponibilité alimentaire, la capacité de l'habitat, le climat et les mécanismes sociaux. La pression de chasse déclenche une reproduction compensatoire – plus d'abattages génèrent plus de jeunes animaux. Canton de Genève : pas de chasse de milice depuis 1974, populations d'animaux sauvages stables à croissantes, plus de biodiversité. La réfutation la plus simple de cet argument est une adresse : Genève.
«Les chasseurs de loisir effectuent un travail de protection de la nature.» La protection de la nature est mesurable : surfaces gérées, mesures concrètes, effets vérifiables, période. Le système de chasse sous sa forme actuelle – en particulier la chasse au permis, dans laquelle 65 pour cent des chasseurs de loisir sont actifs – ne contient aucune base institutionnelle pour une protection durable de l'habitat. Ce qui est accompli est sélectif, non contrôlé et non évalué. Qui veut protéger la nature n'a pas besoin d'autorisation de chasse.
«La viande de gibier est plus saine que la viande de supermarché.» L'OSAV recommande expressément aux groupes vulnérables de renoncer au gibier. Dans la majorité des charcuteries de gibier examinées, des résidus de plomb sont détectables. Les hormones de stress dans la viande d'animaux chassés sont mesurées plus élevées que chez les animaux morts paisiblement. La viande de gibier n'est pas un aliment bio. C'est le produit final d'un processus de mort violent, souvent contaminé par le plomb et les hormones de stress.jaegermagazin+2
«La chasse est un bien culturel et fait partie de la tradition suisse.» Le bien culturel n'est pas une catégorie légalement protectrice quand elle génère de la souffrance animale, est rejetée par la majorité de la population et est écologiquement contre-productive. Les combats de chiens, les chasses à l'ours et autres pratiques historiques étaient aussi des traditions. La société les a abolies – sur la base d'un changement de valeurs, du développement de l'empathie et du savoir. Le même critère vaut pour la chasse de loisir.
«Les chasseurs de loisir contribuent à la sécurité routière en réduisant les populations de gibier.» Le canton de Genève réfute empiriquement cet argument : les chiffres d'accidents avec le gibier n'y sont pas plus élevés que dans les cantons où la chasse est pratiquée. Les battues et les chasses en meute effarouchent activement les animaux sauvages et augmentent causalement les accidents avec le gibier. Les mesures efficaces sont les ponts à gibier, les installations d'alerte au gibier, les réductions de vitesse et la mise en réseau des habitats – pas les abattages.
«Les chasseurs de loisir se financent eux-mêmes – ils ne coûtent rien à la société.» Ce calcul ignore les coûts externes : indemnisations des dégâts de gibier, prestations d'assurance pour accidents de chasse, coûts de contrôle étatique, pertes de biodiversité dues aux surfaces protégées bloquées par le lobby, coûts dus à la pression d'abroutissement suite à la concentration d'animaux sauvages par la pression de chasse. Un calcul global honnête reste à faire – et le lobby de la chasse n'a aucun intérêt à ce qu'il soit effectué.
Liens rapides
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Notre exigence
La chasse de loisir n'est pas éthiquement défendable, écologiquement contre-productive, dangereuse pour la santé, majoritairement rejetée par la société et politiquement protégée par des intérêts de lobby. Aucun de ces arguments ne se suffit à lui-même. Ensemble, ils dressent un tableau clair : la chasse de loisir sous sa forme actuelle n'a plus d'avenir dans une société éclairée et orientée vers la science. Ce qui la remplace existe et a fait ses preuves : structures professionnelles de garde-faune, protection conséquente des habitats, promotion des prédateurs et reconnaissance sérieuse du fait que les animaux sauvages ne sont pas des produits de récolte.
IG Wild beim Wild documente cette réalité – avec des chiffres, des études, des rapports de cas et des analyses politiques. Nous le faisons parce que 120 000 animaux sauvages par an en Suisse n'ont pas de voix. Et parce que les 99,7 pour cent de la population qui n'ont aucun intérêt à tuer des animaux sauvages ont le droit que leur position soit représentée politiquement. Ce dossier est régulièrement mis à jour lorsque de nouvelles études, de nouveaux chiffres ou développements politiques l'exigent.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons fact-checks, analyses et reportages de fond.
