Marmotte Suisse : relique de l'ère glaciaire et abattage de masse
La marmotte des Alpes est une survivante de l'ère glaciaire et le troisième plus grand rongeur d'Europe. Elle vit en groupes familiaux, hiberne jusqu'à sept mois et avertit sa colonie des dangers par des sifflements stridents. Les touristes l'adorent. Les chasseurs de loisir la tirent par milliers : rien que dans le canton des Grisons, 3'000 à 6'000 marmottes sont abattues chaque année. À l'échelle suisse, ce sont environ 5'000 à 8'000 animaux. Le changement climatique affecte déjà de manière mesurable cet habitant de haute montagne. Pourtant, chaque chasseur amateur peut tirer jusqu'à huit marmottes pendant la haute chasse, et même 20 de plus avec une autorisation spéciale.
Fiche signalétique
La marmotte des Alpes (Marmota marmota), appelée aussi « Mungg » ou « Murmunda » en Suisse, appartient à la famille des écureuils (Sciuridae) et est le troisième plus grand rongeur d'Europe après le castor et le porc-épic. Elle atteint une longueur de corps de 40 à 60 centimètres (sans la queue) et un poids de 3 à 8 kilogrammes, le poids pouvant varier jusqu'à 50 % entre l'été et l'hiver. En automne, avant l'hibernation, les animaux adultes pèsent le plus. Le pelage est gris-brun à brun-jaunâtre sur le dessus, plus clair sur le dessous. La marmotte a de puissantes pattes fouisseuses, de courtes oreilles et de grands yeux sombres.
Biologie et structure sociale
La marmotte est l'un des rongeurs les plus sociaux des Alpes. Elle vit en groupes familiaux pouvant compter jusqu'à 20 individus, composés d'un couple parental dominant, des jeunes de l'année en cours et de la descendance des années précédentes (Wikipedia, Marmotte des Alpes). Les jeunes n'atteignent la maturité sexuelle qu'à la troisième année et restent jusqu'alors, parfois même plus longtemps, dans le groupe familial. Cette cohésion a une raison vitale : pendant l'hibernation, les membres de la famille se réchauffent mutuellement, ce qui réduit la consommation d'énergie et augmente les chances de survie. Les animaux isolés ou les petits groupes ont des taux de survie nettement plus faibles.
Les marmottes sont exclusivement diurnes. Elles ne peuvent pas voir la nuit et dépendent donc des heures de jour pour se nourrir. En cas de danger, elles préviennent leur colonie par un sifflement perçant. Face à une menace aérienne (aigle royal), retentit un sifflement unique et long ; face aux dangers terrestres (renard, humain), une série de sifflements courts (Wikipedia, Marmotte des Alpes).
L'hibernation : Six à sept mois au ralenti
L'hibernation de la marmotte constitue l'une des performances physiologiques les plus extrêmes parmi les mammifères européens. De fin septembre à mars ou avril, les animaux demeurent dans leurs terriers d'hiver profonds de sept mètres. La température corporelle chute de 39 à environ 7 degrés Celsius, le rythme cardiaque passe de 100 à 2 ou 3 battements par minute, et les pauses respiratoires s'étendent sur plusieurs minutes (CAS, Sieste Fatale). Les animaux perdent durant cette période jusqu'à 50 pour cent de leur poids corporel. Avant l'endormissement, elles obturent tous les accès de leur terrier de l'intérieur avec de la terre, des pierres et du matériel de nidification.
Cette stratégie de survie ne fonctionne que si les animaux peuvent constituer des réserves graisseuses suffisantes en été. C'est précisément là que le changement climatique devient problématique.
Alimentation
Les marmottes sont presque exclusivement végétariennes. Elles se nourrissent d'herbes, d'herbes aromatiques, de fleurs, de feuilles, de racines et de graines. Les plantes alimentaires privilégiées sont le trèfle des Alpes (Trifolium alpinum) et la livèche des Alpes (Ligusticum mutellina), particulièrement riches en acides gras oméga-6. Le professeur Walter Arnold de la Vetmeduni de Vienne a démontré que les marmottes forment à partir de ces plantes une graisse de réserve spéciale qui leur permet de tolérer des températures corporelles plus basses pendant l'hibernation et de perdre moins de poids (CAS, Sieste Fatale). Elles doivent absorber quotidiennement environ 500 grammes de nourriture, soit environ 10 pour cent de leur poids corporel. La fenêtre temporelle pour cela est restreinte : seuls cinq mois par an sont disponibles pour l'alimentation.
Habitat : Une haute montagne sous pression
Relique glaciaire dans un habitat en rétrécissement
La marmotte est une relique glaciaire typique. Durant le Pléistocène, elle habitait les plaines européennes. Avec le réchauffement consécutif à la dernière glaciation, elle s'est retirée dans les hautes altitudes des Alpes. Aujourd'hui, elle vit sur les pelouses alpines entre environ 1’400 et 3’000 mètres d'altitude, au minimum 400 mètres au-dessus de la limite des arbres (CAS, Sieste Fatale ; Wikipedia). Dans le canton des Grisons, principal habitat de la marmotte en Suisse, environ 3’000 kilomètres carrés de pelouses alpines sont disponibles (Südostschweiz, 2017).
Le changement climatique comme menace existentielle
Le changement climatique frappe la marmotte de manière double. Premièrement : la canicule estivale. Les marmottes n'ont pas de glandes sudoripares et entrent en stress thermique dès des températures de 20 degrés Celsius (CAS, Sieste Fatale ; Spektrum der Wissenschaft, 2024). Lors des journées chaudes, elles restent de plus en plus longtemps dans leurs terriers frais, ce qui raccourcit le temps d'alimentation disponible. La conséquence : des réserves graisseuses moindres avant l'hibernation. Moins de graisse signifie un risque plus élevé de ne pas survivre à l'hibernation de six mois.
Deuxièmement : manque d'isolation nivale. La période de chute de neige dans les Alpes s'est décalée. Autrefois, une couverture neigeuse continue dès novembre était la règle. Aujourd'hui, le sol reste souvent libre de neige jusqu'au changement d'année. Un sol sans couverture neigeuse isolante refroidit plus rapidement. Les marmottes en hibernation profonde doivent alors produire plus de chaleur corporelle, ce qui coûte de l'énergie et des réserves graisseuses supplémentaires (Spektrum der Wissenschaft, 2024 ; Der Pragmaticus, 2024).
Le professeur Walter Arnold, qui étudie les marmottes dans l'Avers (GR) depuis des années, a constaté que les animaux accumulent de moins en moins de réserves graisseuses avant l'hibernation en raison de la chaleur (SAC, Fatale Siesta). L'association autrichienne de protection des animaux met en garde : « Les marmottes alpines peuvent de moins en moins bien s'adapter aux changements environnementaux. Un animal qui lutte déjà pour sa survie ne doit pas souffrir en plus de la chasse de loisir » (Österreichischer Tierschutzverein, 2026).
Des études de la Vetmeduni Wien montrent en outre que la marmotte alpine, en tant que relique de l'ère glaciaire, présente une très faible diversité génétique. Les populations isolées sont plus vulnérables aux maladies et peuvent moins bien s'adapter aux changements environnementaux (Tierschutzverein Österreich, 2026).
Plus d'informations : Dossier : Chasse et biodiversité
La chasse : abattage de masse comme tradition
Situation juridique
La marmotte est une espèce chassable selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5 al. 1). Elle est principalement chassée pendant la haute chasse dans les cantons à chasse patentée. La période de protection s'étend dans la plupart des cantons aux mois d'hiver et à la période de reproduction. Dans les Grisons, chaque chasseur de loisir peut abattre 8 marmottes pendant les 21 jours de haute chasse. Avec une autorisation spéciale, accordée localement en cas d'effectifs élevés, s'ajoutent 20 autres animaux (Südostschweiz, 2017). En Allemagne, la marmotte est certes chassable, mais bénéficie d'une protection toute l'année et n'est de facto pas chassée.
La dimension de l'abattage
Les chiffres d'abattage de la marmotte en Suisse sont exceptionnellement élevés. BirdLife Schweiz a mentionné pour une année 5'735 marmottes abattues et a commenté : « Pourquoi 5'735 marmottes sont tirées est peu compréhensible » (BirdLife Schweiz, Jagdstatistik). Selon Wikipedia, le tableau de chasse suisse s'élevait en 2009 à 8'300 animaux et a diminué jusqu'en 2015 à 5'100. La part principale (72 pour cent) revient au canton des Grisons avec environ 4'300 animaux abattus annuellement (Wikipedia, Alpenmurmeltier). S'y ajoutent environ 500 animaux qui sont tirés rien que dans les Grisons par la garde-faune (Südostschweiz, 2017). En Valais, environ 600 marmottes sont abattues chaque année.
En temps de guerre, jusqu'à 12'000 marmottes par an étaient tirées dans les Grisons. Cette dimension historique montre que la chasse à la marmotte trouve son origine dans l'approvisionnement alimentaire en temps de pénurie. Ces temps de pénurie sont révolus. Aujourd'hui, la marmotte est chassée par tradition et comme loisir.
Aucune raison valable
La marmotte ne cause pas au sens strict de dommages de gibier aux cultures agricoles. Elle vit au-dessus de la limite des arbres, où n'ont lieu ni l'agriculture ni l'arboriculture. Le seul conflit régulièrement mentionné concerne les alpages : les agneaux peuvent tomber dans les terriers de marmottes et se casser les pattes, les paysans trébuchent sur les trous. En Valais, des cas isolés ont été documentés où des agriculteurs ont enfumé et comblé des terriers de marmottes (Südostschweiz, 2017). Ces conflits sont réels, mais localement limités et peuvent être résolus par des mesures simples (marquage des terriers, clôturage des endroits critiques).
Que des milliers de marmottes soient tirées chaque année parce que sporadiquement des agneaux tombent dans des terriers est disproportionné. La chasse à la marmotte n'est pas une prévention des dommages, mais une chasse folklorique en haute montagne, comparable à la chasse au lièvre variable et au lagopède.
Plus d'informations : Dossier : Mythes de la chasse
Importance écologique : espèce clé des écosystèmes alpins
Base alimentaire de l'aigle royal
La marmotte est la principale espèce-proie de l'aigle royal dans les Alpes. Un couple d'aigles royaux capture jusqu'à 70 marmottes pendant la saison de reproduction ; celles-ci représentent jusqu'à 80 pour cent des proies (Wikipedia, Marmotte des Alpes). Sans les marmottes, l'aigle royal ne pourrait survivre dans de vastes parties des Alpes. Le grand corbeau, la martre des pins et le renard roux capturent également les jeunes. La marmotte est ainsi une espèce-clé qui nourrit toute une chaîne de prédateurs dans l'écosystème alpin.
Ingénieur écosystémique
L'activité de fouissage de la marmotte a des répercussions étendues sur le paysage alpin. Ses vastes installations souterraines aèrent le sol, favorisent le brassage des couches de terre et créent des microhabitats pour les insectes, reptiles et plantes. Les déblais des terriers forment de petites buttes qui servent d'accumulateurs de chaleur et de sites de germination pour les plantes pionnières. Les terriers abandonnés sont utilisés comme refuges par d'autres espèces. La marmotte est ainsi un ingénieur écosystémique dont l'activité favorise la biodiversité alpine.
Ce qui devrait changer
- Réduction drastique des quotas d'abattage : Tirer 5’000 à 8’000 marmottes annuellement n'est pas justifiable face à la pression climatique croissante. Les quotas d'abattage par patente (8 animaux plus 20 avec autorisation spéciale) ne sont pas fondés biologiquement. Les cantons doivent massivement réduire les contingents d'abattage et supprimer les autorisations spéciales.
- Monitoring basé sur la science : Il n'existe pas de données fiables sur les effectifs totaux de marmottes en Suisse. Les chasseurs de loisir tirent à partir d'un « effectif indéfini » (Südostschweiz, 2017). Un monitoring national basé sur des comptages standardisés de terriers est une condition préalable à toute planification cynégétique sérieuse.
- Prise en compte du changement climatique dans la planification cynégétique : Les plans d'abattage doivent tenir compte du stress climatique croissant. Quand une espèce subit déjà une pression due au stress thermique, à la réduction des temps d'alimentation et à la diminution des réserves graisseuses, elle ne doit pas être décimée en plus par des abattages massifs.
- Protection des alpages contre l'embroussaillement : Le reboisement des alpages abandonnés réduit l'habitat de la marmotte. L'économie pastorale alpine doit être maintenue et encouragée, non seulement pour des raisons agricoles, mais aussi pour des motifs de protection de la nature.
- Limitation des dérangements de loisir : Les randonneuses et randonneurs qui dérangent les marmottes raccourcissent leur temps d'alimentation et réduisent leurs réserves graisseuses. Des zones de tranquillité dans les zones centrales des marmottes, associées à l'obligation de tenir les chiens en laisse et à des consignes de cheminement, sont urgentes.
- Interdiction des voyages de chasse à la marmotte comme offre de loisir : En Autriche, des voyages de chasse organisés à la marmotte sont commercialisés comme offres d'expérience. L'Association autrichienne de protection des animaux considère cela comme « irresponsable ». En Suisse, une telle commercialisation de la mise à mort d'animaux sauvages ne doit pas s'implanter.
Argumentaire
« La marmotte n'est pas menacée et peut donc être chassée. » Qu'une espèce ne figure actuellement pas sur la Liste rouge ne signifie pas que sa chasse soit sensée ou nécessaire. Le changement climatique affecte mesurément la marmotte : réserves graisseuses réduites, temps d'alimentation raccourcis, isolation neigeuse dégradée en hiver. Des études de la Vetmeduni Vienne montrent une faible diversité génétique qui limite la capacité d'adaptation. Que la Liste rouge ne classe pas (encore) la marmotte comme menacée s'explique par l'absence de données actuelles sur les effectifs, non par une stabilité assurée des populations.
« La chasse à la marmotte a une tradition dans les Grisons. » La tradition n'est pas un argument pour les abattages de masse. En temps de guerre, 12’000 marmottes par an étaient abattues parce que la population avait besoin de nourriture. Cette situation d'urgence n'existe plus depuis plus de 80 ans. Aujourd'hui, des milliers de marmottes sont abattues parce que les contingents le permettent. BirdLife Schweiz demande à juste titre : « Pourquoi 5’735 marmottes sont-elles abattues ? » La réponse est : parce qu'on le peut, non parce qu'on le doit.
« Les marmottes causent des dégâts sur les pâturages alpins parce que les agneaux tombent dans les terriers. » Des incidents isolés ne justifient pas un abattage de masse de milliers d'animaux sur des régions entières. Les endroits concernés peuvent être marqués, clôturés ou évités. La marmotte vit sur les prairies alpines depuis la période glaciaire, bien avant que les moutons n'y paissent. Son droit de construire est plus ancien que toute économie alpine.
« Les marmottes sont nombreuses, un abattage de 5’000 à 8’000 animaux ne nuit pas au cheptel. » Personne ne sait à quel point le cheptel est réellement important. L'administrateur cantonal de la chasse des Grisons parle lui-même d'un « cheptel indéfini ». Un abattage de cette ampleur sans données de population n'est pas une gestion durable de la faune sauvage, mais un vol à l'aveugle. S'ajoute le fait que le changement climatique augmente la mortalité pendant l'hibernation et diminue le taux de reproduction, ce qui renforce les effets cumulatifs de la chasse.
« La marmotte est valorisée comme gibier, l'abattage a donc un but. » La valorisation comme gibier concerne une petite partie des abattages, mais ne change rien à l'absence de nécessité biologico-cynégétique du prélèvement de masse. L'abattage d'un animal n'est pas justifié par le fait qu'on le mange ensuite. La raison valable doit exister avant l'abattage, pas après.
Liens rapides
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Sources
- Statistique fédérale de la chasse, OFEV/Wildtier Schweiz : http://www.jagdstatistik.ch (données d'abattage marmotte)
- Wikipedia : Marmotte des Alpes (Marmota marmota)
- BirdLife Schweiz : La statistique actuelle de la chasse et la loi révisée sur la chasse (birdlife.ch)
- Südostschweiz (2017) : Chaque année, les Grisons abattent 3'000 à 6'000 marmottes
- CAS Club Alpin Suisse : Sieste fatale, marmottes et changement climatique (sac-cas.ch)
- Spektrum der Wissenschaft (2024) : Avec le changement climatique, il fait trop chaud pour les marmottes
- Der Pragmaticus (2024) : Les derniers étés des marmottes
- Association autrichienne de protection des animaux (2026) : La marmotte alpine, un survivant silencieux
- Arnold, W. et al. : Institut de recherche en écologie et médecine vétérinaire de la faune sauvage, Vetmeduni Vienne (études à long terme sur les marmottes d'Avers/GR)
- Projet de recherche européen ARC (2016) : Réponses adaptatives au changement climatique, étude de 22 ans sur les marmottes
- Stadtwildtiere Deutschland : Portrait de l'espèce marmotte alpine
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
Notre exigence
La marmotte est l'animal qui donne vie aux Alpes. Son sifflement fait partie du paysage sonore de la haute montagne comme le tintement des cloches de vaches. Elle est attraction touristique, motif de carte postale et symbole sympathique. En même temps, elle est abattue par milliers en Suisse, année après année, sans que le public en prenne conscience. Dans le canton des Grisons, un seul chasseur de loisir peut abattre jusqu'à 28 marmottes par saison de chasse. Ces contingents datent d'une époque où les marmottes servaient à l'approvisionnement alimentaire. Aujourd'hui, ils sont le vestige d'une chasse folklorique qui n'est justifiée ni du point de vue de la biologie de la faune sauvage ni de l'éthique. Le changement climatique affecte déjà la marmotte de manière mesurable. La chaleur raccourcit son temps d'alimentation, l'absence d'isolation neigeuse met en péril son hibernation, l'appauvrissement génétique réduit sa capacité d'adaptation. Dans cette situation, abattre des milliers d'animaux par an, d'un stock que personne ne compte, c'est l'opposé de la gestion de la faune sauvage. C'est du gaspillage de ressources, déguisé en tradition. Ce dossier sera mis à jour en continu lorsque de nouveaux chiffres, études ou développements politiques l'exigeront.
Plus sur le sujet de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.
