La lagopède des Alpes en Suisse : Relique glaciaire entre crise climatique, tourisme et coup de fusil
La lagopède des Alpes (Lagopus muta helvetica) est une relique vivante de la dernière glaciation. Parfaitement adaptée au froid hostile au-dessus de la limite des arbres, elle peuple en Suisse l'étage alpin entre 1'900 et 2'700 mètres. À partir de 15 degrés Celsius, elle commence à haleter et doit chercher l'ombre. La Suisse porte une responsabilité extraordinairement élevée : 40 pour cent de l'ensemble de la population d'Europe centrale nichent dans les Alpes suisses. La Station ornithologique suisse de Sempach estime la population à 12'000 à 18'000 couples nicheurs. Depuis le milieu des années 1990, cette population a diminué d'environ un tiers. En Suisse, la lagopède des Alpes est considérée comme « potentiellement menacée » (NT), la priorité de protection de l'espèce est de B1 : responsabilité internationale élevée. Malgré cela, elle continue d'être abattue dans trois cantons. Lors de la saison de chasse 2023/24, 282 lagopèdes des Alpes sont tombées victimes de la chasse de loisir. Il n'y a aucune raison écologique pour cette chasse. Il n'y a aucun conflit homme-animal. Ce qu'il y a, c'est une tradition du meurtre qui s'impose contre toute évidence scientifique.
Fiche signalétique et biologie
Caractéristiques et adaptation
La lagopède des Alpes appartient à l'ordre des galliformes (Galliformes) et au genre des lagopèdes (Lagopus). Il mesure de 34 à 36 centimètres de long, a une envergure de 54 à 60 centimètres et pèse de 400 à 600 grammes. Il atteint son poids maximal en automne, son minimum en été. Chez les animaux bagués, un âge maximal de 9 ans a été démontré. Sa caractéristique la plus connue est sa triple mue annuelle. En hiver, il porte un plumage entièrement blanc avec des plumes particulièrement denses qui atteignent les orteils et font office de « raquettes » naturelles. En été, le plumage est moucheté gris-brun, parfaitement camouflé entre les rochers et les arbrisseaux nains. Ce camouflage est si efficace que les oiseaux restent immobiles à l'approche, jusqu'à ce qu'on marche presque dessus.
Mode de vie et reproduction
Le lagopède alpin est un oiseau résolument sédentaire. Il ne migre pas vers des régions plus chaudes, mais effectue uniquement des déplacements altitudinaux saisonniers. En hiver, il se tient sur les versants exposés qui dégèlent plus tôt. Par froid extrême, il creuse des chambres dans la neige à environ 25 centimètres sous la surface, qui servent d'isolation naturelle. Sa nourriture est presque exclusivement végétale : bourgeons, pousses, feuilles fraîches, baies et graines. Les poussins consomment en plus de petits invertébrés. La parade nuptiale a lieu en avril et mai. Nicheur au sol, il établit son nid caché entre les pierres ou sous les arbustes, une ponte typique comprend 5 à 8 œufs.
Sensibilité à la température
La limite physiologique de température se situe à environ 15 à 16 degrés Celsius. À partir de ce seuil, l'oiseau commence à haleter et doit rechercher des endroits plus frais et ombragés. Les recherches de la Station ornithologique de Sempach ont montré que les lagopèdes alpins choisissent délibérément des lieux microclimatiquement frais lors des journées chaudes : dépressions exposées au nord, sable humide, fissures rocheuses, parfois même de l'eau courante. Cette extrême sensibilité à la chaleur fait du lagopède alpin l'un des rares oiseaux dont la répartition dépend directement de la température ambiante.
Habitat : Une haute montagne sous pression
Répartition en Suisse
Le lagopède alpin peuple l'ensemble de l'espace alpin suisse, y compris l'Alpstein et les Churfirsten. Ses territoires se situent dans des zones ouvertes et riches en structures : landes à arbrisseaux nains, éboulis, paysages morainiques et prairies alpines sèches entre 1'900 et 2'600 m d'altitude. Les habitats avec pistes de ski, arbres, végétation dense ou forêt sont à peine colonisés. Entre les années 1970 et 1990, l'aire de répartition est restée largement stable. Depuis, une tendance claire se dessine : l'altitude moyenne des lieux d'observation augmente de manière mesurable. Au Tessin, la part des observations fortuites au sud de Biasca a chuté de 17 pour cent (1990 à 1999) à seulement 11 pour cent (2000 à 2010). Dans les Préalpes occidentales, d'anciennes zones périphériques occupées sont restées de plus en plus désertes.
Le changement climatique comme menace existentielle
Le réchauffement climatique fait monter la limite forestière et chasse les habitats alpins ouverts. L'effectif a reculé de plus de 30 pour cent entre 1990 et 2010. Les modèles écologiques de la Station ornithologique de Sempach et de l'Université de Potsdam prédisent qu'en raison des seules températures moyennes élevées durant la période de reproduction, l'habitat potentiel se réduira jusqu'aux deux tiers d'ici 2070. Moins d'habitat disponible et des effectifs en baisse conduisent à un isolement des populations les unes des autres. La Station ornithologique de Sempach formule : C'est « une recette idéale pour accélérer l'extinction ».
En savoir plus : Dossier : Chasse et biodiversité
Dérangement de loisir : Un stress qui tue
Tourisme et consommation d'énergie
Les randonnées à ski, les randonnées en raquettes, le parapente, le VTT et la randonnée alpine perturbent les animaux dans leurs zones de refuge. Particulièrement en hiver, les dérangements sont énergétiquement fatals : chaque fuite coûte des calories qui ne peuvent pas être remplacées dans un environnement où la nourriture est rare. Une étude de la ZHAW a démontré que les excréments de lagopèdes dans les zones fortement fréquentées par les touristes contiennent des taux élevés de cortisol, l'hormone du stress. Les installations de transport par câble causent en outre des morts par collision. L'extension des installations de sports d'hiver vers des altitudes toujours plus élevées détruit directement l'habitat.
Charge cumulative
L'effet cumulatif du stress climatique, des dérangements de loisir et de la chasse peut faire déborder le vase, même si chaque facteur pris individuellement ne serait pas mortel. La chasse de loisir a lieu précisément dans des zones normalement peu fréquentées, souvent avec l'utilisation de chiens en liberté. Même les animaux non abattus sont massivement dérangés par l'activité de chasse.
En savoir plus : Problème de protection animale : les animaux sauvages périssent dans d'atroces souffrances à cause des chasseurs de loisir
La chasse : chasse folklorique d'une relique de l'ère glaciaire
Situation juridique
Le lagopède alpin est inscrit comme espèce chassable selon l'art. 5 al. 1 de la loi fédérale sur la chasse (LChP). La chasse est actuellement pratiquée dans trois cantons : les Grisons, le Valais et Uri (tous en chasse à patente). Le canton du Tessin a arrêté la chasse en 2019, devenant le premier canton suisse à le faire, expressément en référence au danger posé par le changement climatique. Dans tous les autres cantons, le lagopède alpin n'est pas chassé.
L'ampleur des tirs
En 2005, 1'666 lagopèdes alpins ont été abattus dans toute la Suisse. En 2019, c'étaient 247 animaux. En 2022, 319 lagopèdes sont tombés victimes de la chasse de loisir. Durant la saison de chasse 2023/24, c'étaient 282 animaux. Le canton des Grisons arrive largement en tête avec 168 lagopèdes, suivi du Valais (58) et d'Uri (18). Depuis 2010, plus de 400 lagopèdes alpins sont abattus en moyenne chaque année lors de la chasse basse, dont plus de la moitié dans le canton des Grisons. Selon le Conseil d'État valaisan (2016), la chasse aux tétraonidés (lagopède alpin et tétras-lyre) génère dans le canton du Valais environ 75'000 francs de recettes de patentes par an, notamment grâce aux chasseurs et chasseuses touristiques étrangers.
L'absurdité : chasser les victimes du climat
La chasse au lagopède alpin n'est pas justifiable écologiquement. Protection Suisse des Animaux Sauvages constate : la chasse au lagopède alpin est une pure activité sportive et de loisir. Il n'existe aucune nécessité de régulation des populations, car il n'y a pas de conflits entre l'homme et l'animal. Le lagopède alpin ne cause aucun dommage à l'agriculture, à la sylviculture ou aux infrastructures. La seule raison de sa chasse est la tradition de la chasse en haute montagne, un divertissement de loisir des chasseurs amateurs. Qu'une espèce potentiellement menacée, qui subit déjà une pression massive due au changement climatique, à la perte d'habitat et aux dérangements de loisir, soit en plus chassée, constitue une violation du principe de précaution. La Fondation Franz Weber formule : la chasse est « injustifiable et peut contrecarrer les efforts de protection ».
En savoir plus : Dossier : Mythes de la chasse
La votation populaire uranaise : non serré, questions ouvertes
Le 18 mai 2025, l'initiative populaire cantonale «Laissons vivre le lagopède et le lièvre variable !» a été rejetée dans le canton d'Uri avec 52,9 pour cent de voix non. Le résultat était très serré : 4'652 oui contre 5'219 non. Dans le chef-lieu d'Altdorf, l'initiative a été nettement acceptée avec près de 60 pour cent de oui. La participation s'est élevée à 37,4 pour cent. Le PS d'Uri a critiqué le fait que les opposants aient réinterprété l'initiative «à la manière de Trump» comme une question de principe sur l'abolition de la chasse. L'Association de chasse écologique s'était engagée pour un oui et avait souligné : «La chasse doit s'adapter aux situations modifiées pour rester contemporaine.» La conseillère aux États Eveline Lüönd a déploré qu'il n'y ait pas de données fiables sur les effectifs pour le canton d'Uri. La chasse de loisir opère dans l'Uri en aveugle et justifie la poursuite des tirs avec des données qui n'existent même pas.
Importance écologique : proie, engrais, disperseur de graines
Réseau trophique
Le lagopède alpin est un maillon clé du réseau trophique alpin. Il sert de proie importante pour l'aigle royal, notamment en hiver, quand les autres proies sont rares. Il constitue également une source de nourriture pertinente pour le renard et l'hermine dans l'étage alpin.
Dispersion des graines et fertilisation des sols
En tant qu'herbivore qui consomme bourgeons, pousses et baies, le lagopède alpin contribue à la dispersion des graines de plantes alpines. Ses déjections fertilisent les sols alpins pauvres en nutriments. La fonction écologique du lagopède alpin ne peut pas être remplacée par la chasse de loisir. Il n'y a aucun dégât au gibier, aucun abroutissement, aucun conflit avec l'agriculture. La chasse au lagopède alpin est une activité purement récréative sans aucune justification écologique.
Ce qui devrait changer
- Arrêt immédiat et national de la chasse au lagopède alpin: Une espèce potentiellement menacée, qui est existentiellement menacée par le changement climatique, la perte d'habitat et les dérangements liés aux loisirs, ne cause aucun dégât au gibier et n'a pas besoin d'être régulée, ne doit pas être chassée. Ce que le canton du Tessin a mis en œuvre en 2019 doit valoir au niveau fédéral pour toute la Suisse.
- Monitoring national du lagopède alpin: La Station ornithologique de Sempach effectue depuis 1995 des recensements sur 40 surfaces, mais il manque un monitoring exhaustif. Dans le canton d'Uri, il n'y a pas de données fiables sur les effectifs. Sans données probantes, toute affirmation sur une chasse «durable» n'est pas scientifiquement tenable.
- Zones de tranquillité efficaces pour la faune en haute montagne: Le lagopède alpin a besoin en hiver d'espaces de refuge non perturbés. Les zones de tranquillité pour la faune au-dessus de la limite des forêts doivent être délimitées sur de grandes surfaces et appliquées. La randonnée en raquettes, le ski de randonnée et le freeride en dehors des itinéraires balisés doivent être interdits dans ces zones.
- Moratoire pour l'expansion touristique dans les habitats centraux: Les derniers espaces naturels restants en haute montagne ne doivent pas être sacrifiés pour l'expansion des installations de sports d'hiver. La Station ornithologique de Sempach met en garde : ce serait «fatal».
- Obligation stricte de tenir les chiens en laisse dans les habitats du lagopède alpin: Les chiens en liberté, qu'il s'agisse de chiens de chasse ou de chiens accompagnant les randonneurs, sont une source massive de dérangement. Une obligation de tenir en laisse dans les zones d'habitat délimitées est urgente.
- Inscription du lagopède alpin dans la liste des espèces protégées au niveau national: La priorité de protection des espèces B1 et le déclin documenté des effectifs justifient une protection complète. La protection des espèces est une tâche fédérale (art. 78 Cst) et ne doit pas échouer sur les intérêts cantonaux de chasse.
Argumentaire
«La chasse fournit des données précieuses pour le monitoring et aide à observer les populations à long terme.» Ainsi argumentait l'ancien président de l'association des chasseurs d'Uri lors de la campagne de votation. Cette affirmation est trompeuse : les données de monitoring peuvent également être collectées sans mise à mort. La Station ornithologique de Sempach effectue depuis 1995 des recensements systématiques sur 40 surfaces, avec des comptages de coqs paradant et des observations visuelles. Pour cela, aucun oiseau ne doit mourir. La thèse selon laquelle il faut tuer un animal pour pouvoir le compter est scientifiquement absurde.
«L'effectif est stable, aucun lien entre les chiffres d'abattage et la population n'est prouvé.» Ainsi argumentait le Conseil d'État d'Uri. Cette déclaration ignore la régression de plus de 30 pour cent documentée par la Station ornithologique depuis les années 1990. Le fait qu'aucune régression supplémentaire n'ait été constatée ces dernières années ne signifie pas que l'effectif soit stable à un niveau sain. Il stagne à un niveau massivement inférieur à celui d'il y a 30 ans. De plus, le canton d'Uri ne dispose pas d'un véritable monitoring cantonal.
«Si nous voulons aider ces animaux, nous devons protéger leur habitat, pas interdire la chasse.» Ainsi s'exprimait le président de l'association des chasseurs d'Uri après la votation. L'argumentation est une manœuvre de diversion classique : la protection de l'habitat et l'abstention de chasse ne s'excluent pas mutuellement, mais se complètent. Il est cynique de mettre en avant la protection de l'habitat comme alternative, tandis que les chasseurs de loisir ne prennent simultanément aucune initiative politique pour la protection de l'habitat. Le plan d'action de protection des espèces pour le lagopède alpin exige les deux : la protection de l'habitat et la clarification de l'influence de la chasse.
«La chasse au lagopède a une longue tradition et fait partie de la culture montagnarde.» La tradition n'est pas un argument pour chasser une espèce potentiellement menacée dans la crise climatique. Les corridas en Espagne, la chasse au renard en Angleterre et la capture d'oiseaux à Malte avaient également une «tradition». La Suisse n'a pas arrêté l'abattage des lagopèdes tessinois en 2019 par manque de tradition, mais parce que les faits l'exigeaient.
«Le lagopède n'est abattu qu'en petit nombre, cela n'a aucune influence mesurable.» Au Tyrol du Sud, entre 2005 et 2008, 300 à 350 lagopèdes étaient abattus annuellement sur un effectif estimé d'environ 2'100, soit 15 pour cent de la population totale. Le principe de précaution l'exige : pour une espèce qui subit une pression multiple (climat, tourisme, perte d'habitat), la chasse ne doit pas être le facteur supplémentaire qui accélère la régression. La Fondation Franz Weber formule : la chasse n'est «pas justifiable et peut contrecarrer les efforts de protection».
Liens rapides
Contributions sur Wild beim Wild :
- Études sur l'impact de la chasse de loisir sur la faune sauvage
- Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations
- Problème de protection animale : les animaux sauvages périssent dans d'atroces souffrances à cause des chasseurs de loisir
- Rejeté : laisser vivre le lagopède et le lièvre variable
Dossiers apparentés
- Le lagopède alpin en Suisse : relique de l'ère glaciaire entre crise climatique, tourisme et coup de fusil
- Le bouquetin en Suisse : contrebandier, sauvé et de nouveau dégradé en trophée
- Le castor en Suisse : exterminé, réintroduit et à nouveau autorisé à l'abattage
- La bécasse des bois en Suisse : menacée, chassée et politiquement ignorée
- Oiseaux d'eau en Suisse : hôtes hivernaux dans la ligne de mire
- Pigeons en Suisse : entre symbole de paix, abattage de masse et laissés mourir de faim par les autorités
- Corvidés en Suisse : les animaux les plus intelligents dans la ligne de mire
- Le geai des chênes en Suisse : forestier de la forêt dans la ligne de mire de la petite chasse
- La marmotte en Suisse : relique de l'ère glaciaire sous stress climatique, attraction touristique et abattage de masse
- Le lapin de garenne en Suisse : fortement menacé, néanmoins chassable
- Le lièvre variable en Suisse : relique de l'ère glaciaire entre crise climatique et coup de fusil
- Le raton laveur en Suisse : autorisé à l'abattage parce qu'il a la mauvaise origine
- La martre des pierres en Suisse : animal suiveur de culture entre grenier et coup de fusil
- La martre des pins en Suisse : habitant timide des forêts sous pression de chasse
- Le blaireau en Suisse : ingénieur des écosystèmes dans le viseur de la chasse de plaine
- Le cerf élaphe en Suisse : exterminé, revenu et dégradé en objet de tir
- Le chevreuil en Suisse : animal sauvage le plus abattu et victime d'une politique cynégétique mal orientée
- Le sanglier en Suisse : pourquoi la chasse de loisir aggrave le problème au lieu de le résoudre
- Le chamois en Suisse : entre chasse en montagne, stress climatique et le mythe de la surpopulation
- Le lièvre des champs en Suisse : menacé, chassé et politiquement ignoré
Sources
- Statistiques fédérales de chasse, OFEV/Wildtier Schweiz : www.jagdstatistik.ch (données d'abattage lagopède alpin)
- Furrer, R. et al. (2016): Variable decline of Alpine Rock Ptarmigan (Lagopus muta helvetica) in Switzerland between regions and sites. Journal of Ornithology
- Bossert, A. & R. Isler (2018): Bestandsüberwachung von Birkhuhn und Alpenschneehuhn in ausgewählten Gebieten der Schweizer Alpen 1995–2017. Ornithologischer Beobachter 115: 205–214
- Visinoni, L. et al. (2015): Microclimate and microhabitat selection by the Alpine Rock Ptarmigan during summer. Journal of Ornithology
- Revermann, R. et al. (2012): Habitat at the mountain tops: how long can Rock Ptarmigan survive rapid climate change in the Swiss Alps? Journal of Ornithology
- Marti, C. (2022): Alpenschneehuhn, Birkhuhn und der Klimawandel in den Schweizer Alpen. Carinthia II, Klagenfurt
- Station ornithologique suisse de Sempach (2023): Pour le lagopède alpin, l'étau se resserre. Communiqué de presse
- Station ornithologique suisse de Sempach (2024): Chasse aux oiseaux en Suisse. Document de position
- Promotion des espèces d'oiseaux Suisse : Plan d'action lagopède alpin (artenfoerderung-voegel.ch)
- BirdLife Suisse (2021): Les statistiques actuelles de chasse et la loi révisée sur la chasse
- BirdLife Suisse (2021): La nouvelle Liste rouge des oiseaux d'Europe montre la responsabilité de la Suisse
- Fondation Franz Weber (2020): Lagopède alpin : espèce prioritaire pour la promotion des espèces. Fiche d'information
- Protection des animaux sauvages Suisse : Initiative «Pour une chasse respectueuse de la nature et éthique» (Canton des Grisons, 2021)
- Canton d'Uri (2025): Message de votation concernant l'initiative populaire «Laisser vivre lagopède et lièvre variable !»
- Conseil d'État du canton du Valais (2016): Réponse au Grand Conseil concernant la chasse aux tétraonidés et les recettes des patentes
- Étude ZHAW : Taux de cortisol dans les fientes de lagopède comme indicateur de stress touristique (cité dans : FFW, Fiche d'information 2020)
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
- Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
Notre exigence
Le lagopède alpin est une relique vivante de l'ère glaciaire, un oiseau qui a survécu dans les Alpes suisses depuis la fin de la dernière glaciation. Il a traversé des millénaires de changement climatique, mais la vitesse du réchauffement actuel est sans précédent. Son habitat se rétracte, ses populations se fragmentent, son aire de répartition se déplace vers des altitudes toujours plus élevées, où la superficie diminue naturellement. Dans cette situation, il est traité par les chasseurs de loisir comme un gibier récréatif : environ 300 animaux par an, abattus dans la zone de refuge d'une espèce qui n'a plus nulle part où se retirer. Le lagopède alpin ne cause aucun dommage. Il n'entre en conflit avec aucun intérêt humain. La seule raison de sa chasse est la tradition, et la tradition est le plus faible de tous les arguments quand une espèce est sous pression. La conséquence est claire : la chasse au lagopède alpin doit être arrêtée immédiatement et dans toute la Suisse. Ce que la science recommande et que le principe de précaution commande ne doit plus échouer face à la résistance du lobby de la chasse de loisir. Ce dossier sera mis à jour en permanence lorsque de nouveaux chiffres, études ou développements politiques l'exigeront.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications factuelles, analyses et rapports de fond.
