Vérification des faits : «Die Jagd in der Schweiz schützt und nützt»
La brochure d'Anton Merkle, président de JagdSchweiz, se lit comme un prospectus publicitaire pour la chasse de loisir : chiffres lisses, triangles verts, président souriant et phrases comme «La chasse est une activité responsable pour la nature.» Ce qui ressemble à du marketing brillant mérite un examen attentif, car entre les lignes se cache un narratif qui contredit en points essentiels les connaissances scientifiques, les faits écologiques et les standards éthiques.
Allégation 1 : «La régulation des populations sauvages est une tâche étatique – les chasseurs de loisir apportent un soutien professionnel»
JagdSchweiz suggère que les 30’000 chasseurs de loisir sont une sorte de bras prolongé de l'État. En réalité, la chasse de loisir n'est juridiquement pas une tâche de protection de la nature, mais une utilisation et régulation dans le cadre d'une gestion de la faune sauvage. Selon le droit fédéral, aucun canton en Suisse ne doit prévoir la chasse de loisir. Chaque canton peut décider librement s'il autorise la chasse de loisir ou non – comme l'exemple de Genève depuis 1974 le prouve.
À Genève, une dizaine de gardes-faune étatiques, qui se partagent trois postes à plein temps, assurent l'ensemble de la gestion de la faune sauvage – sans chasseurs de loisir, sans permis, sans concours d'abattage. Selon le garde-nature genevois Gottlieb Dandliker, les dégâts causés par la faune sauvage à l'agriculture sont « pratiquement insignifiants ». Le coût annuel de l'ensemble de la gestion de la faune sauvage s'élève à environ un million de francs – ce qui correspond à une tasse de café par habitant. Depuis l'interdiction de la chasse, le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants a plus que décuplé. Parallèlement, les chiffres des dommages à Genève sont comparables à ceux du canton de Schaffhouse, bien qu'on y pratique régulièrement une chasse cruelle envers les animaux.
Affirmation 2 : « Les chasseurs de loisir s'engagent pour la biodiversité et les habitats »
La brochure prétend que les chasseurs de loisir s'engagent « principalement » pour la biodiversité et les habitats. La réalité en Suisse dresse un tableau différent. Dans le rapport d'examen environnemental de l'OCDE 2017 il est dit : « Dans la comparaison au sein de l'OCDE, la Suisse présente parmi les proportions les plus élevées d'espèces menacées, y compris chez les mammifères. » L'OCDE a également constaté que la Suisse « s'appuie fortement sur la création de zones d'interdiction de chasse » qui « visaient à l'origine à limiter la chasse excessive » et que la « qualité des zones protégées est déficiente ».
Le WWF confirme en 2025 : Dans une étude comparative internationale sur la lutte contre la crise de la biodiversité, la Suisse se classe à la dernière place. Cela ne correspond pas à un lobby qui prétend que ses 30’000 membres sont le moteur de la protection de la nature. La moitié des espèces animales autrefois chassables ne sont pas dans un bon état de conservation ou ont disparu. Des espèces protégées comme le lièvre des champs, le tétras lyre ou la bécasse des bois figurent toujours sur la liste des espèces chassables.
Combattre la protection de la nature au lieu de la promouvoir
Le comportement du comité directeur de JagdSchweiz dans des questions concrètes de protection de la nature est particulièrement révélateur. Fabio Regazzi, vice-président de JagdSchweiz et conseiller aux États du Centre, a activement combattu en 2016 le Parc national Adula – le plus grand projet de protection de la nature en Suisse depuis des décennies. Le parc prévu autour du Rheinwaldhorn dans les Grisons et au Tessin aurait pu donner un élan énorme à la biodiversité : 250 à 300 millions de francs d'investissements sur dix ans, environ 200 emplois et une perspective d'avenir pour les communes de montagne en dépeuplement. Au lieu de cela, l'association tessinoise des chasseurs FCTI – dont Regazzi était le président de longue date – a fait campagne contre avec une propagande anxiogène. Les électeurs des communes concernées ont rejeté le parc. En 2018, les chasseurs de loisir ont également empêché la création d'un second parc national. Il ne s'agit pas de protéger la nature : il s'agit de sécuriser le territoire de chasse.
Le même Regazzi s'est engagé au Conseil national pour des zones sans loup, a combattu l'initiative biodiversité et a tenté de rendre à nouveau acceptable l'usage d'hameçons à ardillon pour la pêche – une violation de la loi sur la protection des animaux. Le conseiller d'État tessinois Claudio Zali a décrit l'attitude du lobby de la chasse comme l'incarnation de « l'arrogance, du manque de conscience juridique et de l'égoïsme ».
Réprimer la critique au lieu de mener le dialogue
Quiconque remet publiquement en question le narratif de JagdSchweiz doit s'attendre à des conséquences juridiques. David Clavadetscher a porté plainte au nom de JagdSchweiz contre la plateforme wildbeimwild.com – pour des reportages et analyses factuels sur la chasse de loisir. L'objectif était de faire « disparaître de la scène » les voix critiques. Le Tribunal pénal du canton du Tessin à Bellinzone lui a opposé une fin de non-recevoir claire : le juge Siro Quadri a constaté que les déclarations critiques sur wildbeimwild.com ne sont pas des mensonges et n'ont pas de caractère diffamatoire. Le jugement est définitif. Une procédure civile à Locarno a également été classée – JagdSchweiz n'a atteint aucun de ses objectifs.
Le tribunal a ainsi confirmé ce que les observateurs critiquent depuis longtemps : JagdSchweiz cultive l'intimidation au lieu du dialogue. Les membres ont menacé de « guerre civile » si, par exemple, la chasse au renard était suspendue. L'association travaille avec des images de violence, la propagande de la peur et le jargon cynégétique pour influencer les processus démocratiques et restreindre la liberté de presse et d'opinion.
La promotion des habitats est de la protection de la nature. Mais la chasse de loisir n'est pas automatiquement de la protection de la nature, simplement parce qu'elle a lieu en forêt. Quiconque prétend faire de la protection de la nature doit se mesurer aux critères de la protection de la nature : améliorer les habitats, réduire les dérangements, favoriser la biodiversité, créer de la transparence et prouver l'efficacité. C'est précisément là que le mythe commence à s'effriter.
Affirmation 3 : « 44'000 jours d'aménagement – prestations bénévoles et gratuites »
JagdSchweiz calcule : 44'000 « jours de travail dans le territoire », qui représenteraient une contre-valeur de 10,5 millions de francs avec un salaire horaire de 30 francs. Ce qui est passé sous silence : ces soi-disant jours d'aménagement servent en premier lieu à l'entretien du territoire pour la prochaine saison de chasse – l'installation de postes de nourrissage, la construction de miradors, la maintenance de l'infrastructure cynégétique. Ce « travail bénévole » est donc en grande partie de l'auto-service : les chasseurs de loisir entretiennent le territoire dans lequel ils tuent ensuite les animaux.
Le véritable travail de protection de la nature – comme l'entretien des biotopes, les renaturations, les projets de protection des espèces – est assuré en Suisse principalement par les organisations de protection de la nature, les cantons et la société civile. La comparaison avec un salaire horaire hypothétique dissimule le fait que des gardes-faune professionnels pourraient accomplir ces tâches de manière plus efficace, plus respectueuse du bien-être animal et sans intérêt propre à la chasse – comme Genève le démontre depuis plus de 50 ans.
Affirmation 4 : « La chasse est une intervention ciblée sur un effectif connu »
La brochure prétend que la chasse de loisir est précédée d'« un dénombrement et d'une planification des effectifs de gibier ». La pratique est différente. Même l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) fait savoir par Wildtier Schweiz que la statistique de chasse ne permet que conditionnellement de tirer des conclusions sur l'état des populations.
L'évidence scientifique montre en outre que la chasse intensive produit l'inverse du contrôle des populations. Servanty et al. (2009) ont publié dans le « Journal of Animal Ecology » : sous forte pression cynégétique, la fertilité des sangliers est nettement plus élevée que dans les zones peu chassées. La maturité sexuelle survient plus tôt, déjà les jeunes laies deviennent gravides. La chasse de loisir génère ainsi précisément l'explosion démographique qu'elle prétend empêcher.
Une étude de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) de 2014 confirme : les populations de sangliers ne peuvent pas être réduites par les seules mesures cynégétiques. La reproduction des sangliers est compensatoire – les pertes dues à la chasse de loisir sont compensées par davantage de descendance.
Darimont et al. (2009, PNAS) ont montré dans une méta-analyse : les chasseurs de loisir humains modifient les populations d'animaux sauvages plus rapidement que tout autre facteur évolutionnaire jamais observé chez les animaux sauvages. Les taux de changement phénotypique chez les populations chassées étaient jusqu'à 300 pour cent plus élevés qu'avec la sélection naturelle.
Affirmation 5 : « Venaison d'une valeur de 20 millions de francs – plus biologique que la viande bio »
La brochure vante la viande de gibier comme étant de haute qualité et durable. Dans l'enquête, il est même suggéré que la venaison est « plus biologique que la viande bio ». Ce qui est passé sous silence : l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) précise que le sanglier, le chevreuil et le cerf « peuvent faire partie des aliments les plus contaminés au plomb ». La cause est la munition de chasse contenant du plomb, qui se déforme à l'impact et se répartit en minuscules fragments dans la viande.
L'OSAV recommande : les enfants jusqu'à l'âge de sept ans, les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et les femmes ayant un désir d'enfant devraient « si possible ne pas consommer de gibier » abattu avec des munitions au plomb. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) met en garde : dans les foyers de chasseurs, où jusqu'à 90 portions de viande de gibier sont consommées par an, « il faut s'attendre à un danger pour la santé, en particulier chez les enfants à naître et les enfants de moins de sept ans ».
La recherche actuelle montre en outre : la teneur moyenne en plomb du petit gibier abattu avec des munitions au plomb est d'environ 5,2 ppm – soit environ 14 fois plus élevée que ce qui est supposé dans les évaluations de risques de l'UE. S'ajoutent à cela les risques liés aux zoonoses comme la trichinose et l'hépatite E. L'autorité sanitaire française ANSES conseille de limiter la consommation de viande de gibier à maximum trois fois par an.
Charogne au lieu de délicatesse
Ce que JagdSchweiz vend comme « ressource naturelle » est en pratique souvent un risque hygiénique. Dès les minutes qui suivent l'impact, la coagulation sanguine et la prolifération microbienne commencent dans le corps de l'animal. En l'espace d'une heure, un million de bactéries par gramme de viande contaminée peuvent se former. À l'abattoir, le bétail est transformé selon des consignes d'hygiène strictes – lors de la chasse de loisir, ces contrôles font largement défaut.
La réalité sur le terrain : flânerie de plusieurs heures lors du transport, refroidissement insuffisant, éviscération peu hygiénique en plein air, aucune inspection officielle de la viande. S'ajoutent à cela des résidus qu'aucun boucher n'accepterait : pesticides, contamination par le lisier, métaux lourds, PFAS – tout cela sans contrôle. Les animaux sauvages qui se nourrissent dans un paysage culturel intensivement utilisé ne sont pas automatiquement « bio ». Ils absorbent ce qui se trouve dans ce paysage – et c'est souvent tout sauf naturel.
Le risque ne se limite pas au plomb. La viande de gibier crue ou insuffisamment cuite peut transmettre la trichinellose, les salmonelles, E. coli et le virus de l'hépatite E. Les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes sont particulièrement à risque – chez qui une infection à l'hépatite E peut entraîner des inflammations du foie, une évolution chronique ou une défaillance d'organes.
« Plus biologique que bio », la viande de gibier avec contamination au plomb, risque de zoonoses, absence de contrôle alimentaire systématique et caractère de charogne ne l'est certainement pas.
Affirmation 6 : « La chasse empêche la propagation d'épizooties »
L'enquête dans la brochure suggère que les chasseurs de loisir protègent la population contre les épizooties. La science dit le contraire. Plus de 18 études démontrent que par exemple la chasse au renard ne régule pas les populations et ne protège pas non plus contre les épizooties. Au contraire : la décimation peut détruire les structures sociales dans les populations et même renforcer les dynamiques pathologiques.
L'Institut Friedrich-Löffler exige, en cas d'épidémie de peste porcine africaine chez les sangliers, de s'abstenir de chasses en battue. La destruction de liens familiaux stables conduit non seulement à une augmentation du taux de natalité, mais aussi à des migrations accrues d'animaux individuels – et donc potentiellement à une propagation plus rapide des maladies.
Qui tire sur les renards tire sur son propre système de santé
Les renards ne sont pas des nuisibles, mais des policiers sanitaires de la nature. Un seul renard mange environ 4’000 souris par an. Les souris sont des hôtes réservoirs pour les agents pathogènes transmis par les tiques comme la borréliose et l'encéphalite à tiques ainsi que pour l'hantavirus. Une étude de Tim R. Hofmeester (Université de Wageningen, 2017, Proceedings of the Royal Society B) a examiné 20 parcelles forestières et est arrivée à un résultat clair : dans les zones avec une activité plus élevée de renards et de martres des pierres, les rongeurs portaient 10 à 20 pour cent de larves de tiques en moins. Les nymphes étaient 15 pour cent plus fréquemment infectées par des agents pathogènes dans les zones avec une faible activité de prédateurs.
La conséquence est mesurable : moins de prédateurs à cause de la chasse de loisir signifie plus de souris, plus de tiques infectées et une augmentation des cas de méningo-encéphalite verno-estivale et de borréliose chez l'homme. Les chiffres de la méningo-encéphalite verno-estivale en Suisse ont atteint début 2025 leur plus haut niveau depuis 2013. En Allemagne, 686 cas ont été enregistrés en 2024, soit les deuxièmes valeurs les plus élevées jamais recensées. Le hantavirus, transmis par les souris via la poussière de déjections, provoque jusqu'à 2’000 cas par an – huit fois plus que l'échinocoque du renard, que les chasseurs de loisir utilisent pour justifier leur chasse au renard.
La chasse au renard propage l'échinocoque du renard au lieu de le combattre
JagdSchweiz prétend depuis des années que la chasse au renard protège contre l'échinocoque du renard. Une étude longitudinale française près de Nancy réfute cela de manière impressionnante. Pendant quatre ans, 776 renards supplémentaires ont été tués sur environ 700 kilomètres carrés – la pression de chasse a augmenté de 35 %. Le résultat : la population de renards n'a pas diminué, car des renards juvéniles des zones voisines ont immigré. Le taux d'infection par l'échinocoque du renard est passé de 40 à 55 % – parce que les jeunes renards immigrants ont transporté des fèces contaminées dans de nouvelles zones. Le titre de l'étude parle de lui-même : « Echinococcus multilocularis management by fox culling: An inappropriate paradigm. »
Au Luxembourg, c'est l'inverse qui se produit : après l'interdiction de la chasse au renard en 2015, le taux d'infection est tombé de 40 % à moins de 10 %. La rage suisse n'a pas été éradiquée par la chasse de loisir, mais par des appâts vaccinaux – la Suisse est exempte de rage depuis 1998. La Centrale suisse antirabique a déjà établi : une réduction cynégétique de la population de renards est impossible.
La chasse au sol comme moteur de maladies
La chasse au sol détruit les communautés familiales stables chez les renards. Cela conduit à ce que chaque renarde soit fécondée et mette bas plus de renardeaux par portée – la population augmente au lieu de diminuer. Simultanément, la pression de chasse chroniquement élevée provoque un stress permanent qui supprime le système immunitaire des animaux sauvages et les rend plus vulnérables aux infections. La chasse de loisir génère ainsi des populations plus malades, stressées et à plus forte densité – l'inverse de ce que prétend JagdSchweiz.
La cascade va plus loin : moins de renards signifie plus de souris et de rats, et donc plus de leptospirose (via l'urine de rongeurs dans les flaques), plus de hantavirus, plus de botulisme (parce que l'absence de charognards laisse les cadavres sur place) et plus de maladies transmises par les tiques. Les cantons avec les plus fortes abattages de renards – notamment Berne, Argovie, les Grisons et Zurich – n'ont résolu aucun de ces problèmes. Au contraire : ils les créent.
Affirmation 7 : « Plus de 80 % de la population confirme que la chasse de loisir se déroule dans le respect du bien-être animal »
JagdSchweiz fait réaliser tous les deux ans un sondage de population par l'entreprise DemoScope et présente les résultats comme preuve de la large acceptation de la chasse de loisir. Ce que la brochure tait : l'enquête se base sur seulement 1’005 personnes interrogées. Le commanditaire est JagdSchweiz lui-même – donc l'organisation qui a un intérêt commercial à des résultats positifs. Les questions sont formulées de manière suggestive : qui contesterait spontanément la question de savoir si les chasseurs de loisir « s'engagent pour l'environnement », s'il ne connaît pas de contre-perspective ?
JagdSchweiz reconnaît lui-même que les résultats sont « quelque peu en recul par rapport aux derniers sondages ». La tendance montre donc vers le bas – malgré un travail de relations publiques massif.
La recherche d'opinion comme instrument de relations publiques
Le modèle est reconnaissable au niveau international: Jagd Österreich se réjouit d'un «85 pour cent d'approbation» – mais la question centrale est simplement : «Accordez-vous à d'autres personnes le droit de chasser si elles le font conformément aux lois de chasse en vigueur ?» Cela mesure la tolérance libérale envers une activité légale – pas l'approbation du contenu de la chasse de loisir. Le stratagème fonctionne en trois étapes : d'abord on mesure la «tolérance», puis on la réinterprète comme «acceptation sociale» et finalement on la présente comme «mandat public».
Le même institut DemoScope fournit des résultats opposés pour différents mandataires : pour JagdSchweiz, le sondage a révélé une «grande majorité» pour la chasse de loisir. Pour la Protection Suisse des Animaux PSA le même institut a révélé : 64 pour cent veulent interdire la chasse au terrier, seuls 21 pour cent veulent la maintenir. 43 pour cent veulent interdire complètement les battues, 32 pour cent supplémentaires veulent les restreindre fortement – ensemble 75 pour cent. Dès que des pratiques de chasse concrètes sont questionnées, la prétendue approbation bascule.
L'étude représentative WaMos-2 de 2012 montre un tableau encore plus net : 79 pour cent de la population suisse ont des réserves envers la chasse de loisir ou la rejettent fondamentalement. L'«approbation de 80 pour cent» de JagdSchweiz n'est donc pas l'expression d'un soutien réel, mais le produit d'une formulation ciblée des questions et d'une communication sélective.
Les faits derrière la façade
Plus décisifs que les sondages d'opinion sont les faits : selon la Protection Suisse des Animaux PSA le taux de réussite de la recherche du gibier blessé ne se situe qu'entre 35 et 65 % selon le canton. Cela signifie : environ la moitié des animaux blessés lors de la chasse de loisir ne peuvent jamais être délivrés de leur souffrance malgré les recherches. Dans le canton des Grisons, en cinq ans environ 3'836 animaux ont été seulement blessés au lieu d'être abattus conformément à la protection des animaux – s'y ajoutent des amendes d'ordre de plus de 700'000 francs pour des tirs illégaux.
Dans ces circonstances, on ne peut pas parler de «conforme à la protection des animaux».
Affirmation 8 : «Les dégâts de gibier sont le résultat d'une biodiversité intacte»
Cette phrase dans la brochure est particulièrement révélatrice. JagdSchweiz prétend que les dégâts de gibier sont «la conséquence d'une faune riche en espèces souhaitée» – et en même temps la justification d'existence de la chasse de loisir. C'est un raisonnement circulaire : d'abord on construit un problème, puis on se propose comme solution.
Mais les chiffres à Genève montrent : les dégâts de gibier sont comparables à ceux de Schaffhouse – un canton où l'on chasse intensivement. Avant l'interdiction de chasse en 1974, les chasseurs de loisir avaient exterminé les sangliers à Genève depuis des décennies. Aujourd'hui vivent environ cinq sangliers par kilomètre carré de forêt – un niveau bas et stable, contrôlé par des gardes-chasse professionnels.
Les véritables causes des dégâts de gibier – agriculture intensive, destruction de l'habitat, pratiques de nourrissage des chasseurs de loisir et la pression démographique créée par la chasse – sont systématiquement occultées dans la brochure.
Affirmation 9 : «La chasse est une activité responsable pour la nature»
La dernière page de la brochure présente un «code de chasse» avec des recommandations de comportement : «J'évite les souffrances inutiles aux animaux.» «Je collabore au maintien de la diversité des espèces.» «Je chasse avec respect et responsabilité.»
La réalité : depuis le début des statistiques du BPA en 2000 jusqu'en 2019, plus de 75 personnes ont été tuées dans des accidents de chasse. Arithmétiquement, un accident de chasse se produit toutes les 29 heures. Chaque année, il y a environ 300 accidents reconnus avec la chasse de loisir – plus un chiffre noir considérable chez les retraités et les accompagnants, qui ne sont pas saisis statistiquement.
Études scientifiques documentent systématiquement les impacts : les animaux sauvages vivent sous stress permanent dans un « Paysage de la peur ». Chez les sangliers lors de battues, des niveaux de cortisol élevés ont été mesurés (Güldenpfennig et al. 2021). Les lièvres variables chassés avec des chiens présentaient un taux de cortisol 6,5 fois plus élevé (Pedersen et al. 2024). La chasse de loisir détruit les liens familiaux, impose des changements comportementaux non naturels et déclenche une reproduction compensatoire.
Criminalité dans l'environnement de la chasse de loisir
La catégorie « Criminalité et chasse » sur wildbeimwild.com documente depuis des années les infractions, violations de règles et dysfonctionnements systémiques dans l'environnement de la chasse de loisir. Cela comprend le braconnage, les tirs illégaux d'espèces protégées, les tirs ratés sur animaux domestiques et de rente, l'usage abusif d'armes et les menaces contre les dissidents. En octobre 2024, un chasseur amateur valaisan a abattu un chien de protection de troupeau qu'il prétendait avoir pris pour un loup – valeur : environ 8’000 francs. Fin novembre 2024, dans le canton de Vaud, un chasseur amateur de 64 ans a été tué par un tir d'un collègue.
La Protection Suisse des Animaux PSA exige entre autres une interdiction nationale de la chasse au terrier, une restriction stricte de la chasse en battue, une obligation de déclaration des recherches, la fin des munitions au plomb et la suppression d'espèces comme le lièvre brun, le lièvre variable, le tétras lyre, le lagopède et la bécasse des bois de la liste des espèces chassables. Aucune de ces exigences ne figure dans le « Code de chasse » de la brochure – et aucune n'a été soutenue par JagdSchweiz.
« Responsable », une activité de loisir qui tue régulièrement humains et animaux, chasse des espèces protégées et échappe à tout contrôle indépendant ne l'est certainement pas.
Affirmation 10 : « JagdSchweiz collabore avec le WWF, Pro Natura et BirdLife »
La brochure énumère de nombreuses « organisations aux objectifs similaires », parmi lesquelles le WWF, Pro Natura et BirdLife Suisse. Ce qui est suggéré : la chasse de loisir bénéficie d'un large soutien et est acceptée par les organisations de protection de la nature.
Ce qui se passe réellement : selon la brochure, le dialogue institutionnel sert à « éviter les restrictions de chasse insensées et les sur-réglementations excessives ». La collaboration n'est donc pas un engagement pour la protection de la nature, mais un instrument de lobbying stratégique. Il ne s'agit pas de promouvoir ensemble la biodiversité – il s'agit de repousser les restrictions de la chasse de loisir.
Dialogue échoué
Il est frappant de constater qui manque dans la liste de partenaires de la brochure : la Protection Suisse des Animaux PSA – la plus grande et plus ancienne organisation de protection animale du pays – a cessé tout dialogue avec JagdSchweiz. La PSA exige une interdiction de la chasse au terrier, une restriction stricte de la chasse en battue, une fin des munitions au plomb et la suppression d'espèces menacées de la liste de chasse. JagdSchweiz combat chacune de ces exigences.
Le processus de parties prenantes pour la révision de la loi sur la chasse a également échoué : en octobre 2022, l'Union suisse des paysans, l'Association suisse d'économie alpestre et l'ASA ont quitté les négociations communes. La « collaboration constructive » que JagdSchweiz vante dans la brochure se brise régulièrement sur la réalité – parce que le lobby de la chasse considère les compromis comme une menace à son hobby et sabote systématiquement les exigences de protection de la nature.
La liste de partenaires dans la brochure n'est pas une coalition de personnes partageant les mêmes idées. C'est une énumération d'organisations avec lesquelles JagdSchweiz s'assoit occasionnellement dans une pièce et qui défendent des positions fondamentalement différentes sur les questions centrales.
Brochure publicitaire au lieu de base factuelle
La brochure JagdSchweiz n'est pas un document scientifique, mais un instrument de relations publiques. Elle dissimule systématiquement les aspects sombres de la chasse de loisir : la souffrance animale par les tirs ratés, les risques sanitaires des munitions au plomb, la reproduction compensatoire, les accidents de chasse, l'état catastrophique de la biodiversité en Suisse et l'existence d'alternatives fonctionnelles comme dans le canton de Genève.
Qui veut répondre honnêtement à la question «La chasse de loisir protège-t-elle et sert-elle ?» doit regarder au-delà des images de prestige et prendre acte des preuves scientifiques.
