Chasse illégale au loup en Suisse
En Suisse, la loi est claire : les chasseurs de loisir n'ont en principe pas le droit de chasser le loup – le loup reste une espèce protégée qui ne peut pas faire l'objet d'une chasse.
Le loup figure en Suisse sur la liste des espèces protégées conformément à la loi sur la chasse (LChP) et à l'ordonnance sur la chasse (OChP) qui lui est associée.
Des loups individuels ne peuvent être abattus que par des gardes-faune, et uniquement sur ordre ou avec autorisation – non par des particuliers ou des chasseurs de loisir.
Le loup est en outre protégé au niveau international par la Convention de Berne. À partir du 7 mars 2025, le loup n'est plus considéré comme « strictement protégé » (Annexe II) dans la Convention de Berne, mais comme « protégé » (Annexe III). La Suisse a signé la Convention de Berne le 12 mars 1981 et l'a ratifiée le 1er juin 1982. Depuis lors, elle est tenue, en vertu du droit international, de transposer dans son droit national les dispositions de protection qu'elle contient – notamment pour les espèces protégées telles que le loup.
La chasse aux louveteaux est en principe interdite par la Convention de Berne. La Suisse ne dispose officiellement d'aucune autorisation pour chasser les louveteaux. Il est également débattu de savoir si l'assouplissement progressif opéré par la Suisse est compatible avec les objectifs de la Convention. Selon la Convention de Berne, l'abattage proactif de loups est également illégal. Le Comité de la Convention de Berne considère la réglementation suisse prévoyant des effectifs minimaux et des abattages préventifs comme préoccupante et potentiellement non conforme à la Convention.
La chasse aux loups est en principe interdite – sauf dérogations expressément autorisées. Les loups ne peuvent être abattus que lorsque certaines conditions sont remplies, par exemple en cas d'attaques répétées sur des animaux de rente ou lorsqu'un animal représente un danger pour l'être humain. La Suisse ne peut chasser les loups qu'avec une autorisation fédérale et dans le respect de la loi sur la chasse, des ordonnances, du droit international et des exigences en matière de protection des troupeaux.
Depuis décembre 2023, la Suisse autorise, par le biais de l'ordonnance sur la chasse, des tirs préventifs — y compris de meutes entières sous certaines conditions. Les louveteaux sont donc également concernés, car ils font partie des meutes. Cette pratique n'est toutefois pas couverte par la Convention de Berne et est donc illégale.
Ce n'est pas seulement le canton des Grisons ou l'OFEV qui n'ont actuellement pas d'autorisation de la Convention de Berne pour leurs massacres.
La Convention de Berne confirme en octobre 2024 : les tirs «proactifs» — c'est-à-dire l'abattage préventif sans dommage concret — sont illégaux.
En décembre 2024, le Comité de la Convention de Berne a ouvert une procédure d'enquête contre la Suisse, estimant que certains éléments du système de chasse réglementée (p. ex. un nombre minimum de 12 meutes et des tirs préventifs) ne sont pas conformes à la Convention.
Arbitraire
En 2025, l'intention est de franchir, dans le canton des Grisons, une ligne rouge supplémentaire dans la «régulation» de loups innocents. L'Office de la chasse et des aberrations, sous la direction d'Adrian Arquint, Marcel Michel et Arno Puorger, prévoit, à partir du 1er septembre, dans le cadre de la soi-disant «régulation de base» et avec le soutien de chasseurs de loisir, de tuer les deux tiers des louveteaux de cette année, qui n'ont commis aucune faute — leur unique tort étant d'être nés et d'être classés selon un «quota des deux tiers» Dans le pire des cas, cela pourrait entraîner la mort de dizaines de louveteaux lors du massacre !
Il est internationalement réprouvé et éthiquement inacceptable de tuer des louveteaux. Il n'existe aucune exception ni autorisation de la Convention de Berne pour chasser des louveteaux. La Suisse est par ailleurs régulièrement critiquée par la Convention de Berne pour sa politique concernant le loup. De plus, le nouveau terme «régulation de base» n'est ni défini ni mentionné dans la loi sur la chasse ni dans l'ordonnance sur la chasse.
Il convient de tenir compte du fait que le loup est aujourd'hui présent de manière étendue dans certaines parties des cantons du Valais et des Grisons, ainsi que dans le Jura vaudois occidental. Dans cette situation, les populations de loups (ou de castors, de renards, etc.) se régulent d'elles-mêmes grâce à leur territorialité : là où une meute s'installe, aucune nouvelle ne s'établit. Selon la science, un ralentissement de la croissance des populations peut également être attendu dans ces zones sans régulation.
Grâce à l'amélioration de la protection des troupeaux est également le nombre de mises à mort qui a massivement diminué jusqu'à fin septembre 2024. Dans le canton des Grisons de 35 % et dans le canton du Valais de 15 %. En 2023, le nombre de mises à mort avait déjà baissé de 40 % à l'échelle nationale par rapport à 2022. En 2024 également, la plupart des mises à mort ont eu lieu dans des troupeaux non protégés ou insuffisamment protégés. La baisse des attaques a commencé dès 2023, avant même que des loups soient abattus à titre préventif pour la première fois. En définitive, la diminution des attaques est avant tout le résultat d'un renforcement de la protection des troupeaux à partir de 2022, année où une augmentation significative des moyens financiers destinés aux mesures de protection a été décidée pour la première fois.
Une situation similaire peut être observée dans le Brandebourg, en Allemagne :
Dossier : Le loup en Suisse : faits, politique et limites de la chasse
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