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Environnement & protection de la nature

Les prairies suisses perdent massivement leur biodiversité

Une nouvelle étude à long terme le démontre : au cours des 100 dernières années, la diversité végétale des prairies suisses a connu un recul dramatique. Les principaux facteurs sont l'agriculture intensive. La surfertilisation, la surexploitation et les pesticides ont marginalisé les habitats les plus riches en espèces d'Europe.

Rédaction Wild beim Wild — 21 octobre 2025

Les chercheurs ont utilisé un ensemble de données unique : des relevés de végétation datant de la période comprise entre 1884 et 1931.

Ces données historiques ont été systématiquement actualisées en 2021/22 — et permettent pour la première fois une comparaison directe sur plus de 90 ans.

Les causes sont clairement identifiées :

  • Surfertilisation : les apports en azote et en phosphore, provenant aussi bien des engrais que de la pollution atmosphérique, évincent les espèces spécialisées des milieux pauvres en nutriments.
  • Surexploitation : la fauche plus fréquente, le pâturage plus intensif et l'agriculture mécanisée font disparaître les espèces sensibles.
  • Pesticides : les interventions chimiques réduisent non seulement les ravageurs, mais aussi de nombreuses espèces non ciblées — des plantes herbacées aux insectes.

Les prairies de plaine riches en espèces sont les plus touchées. Jusqu'à 38 % des espèces y ont disparu. Dans l'espace alpin, le recul n'est « que » d'environ 11 %, mais là aussi, le changement climatique et le déplacement de l'agriculture vers les altitudes supérieures font peser une nouvelle pression, y compris sur la faune sauvage.

De la diversité colorée à la steppe herbeuse

L'étude montre clairement comment les prairies ont évolué :

  • Les prairies fleuries colorées avec des orchidées, des campanules ou des marguerites cèdent la place à des peuplements herbeux pauvres en espèces.
  • Les graminées (Poaceae) profitent de la fertilisation et des coupes fréquentes et dominent aujourd'hui dans de nombreux endroits.
  • Les plantes herbacées spécialisées et les espèces rares disparaissent.
  • Les stratégies de vie évoluent vers des plantes tolérantes à la compétition et aux perturbations.

Conséquence : les paysages deviennent écologiquement plus homogènes et plus appauvris.

Conséquences pour la nature et la société

Les prairies riches en espèces ne sont pas seulement précieuses sur le plan esthétique, elles remplissent également des fonctions essentielles :

  • Habitat pour les insectes, les oiseaux et la faune sauvage
  • Base pour la pollinisation et la sécurité alimentaire
  • Stockage de carbone et protection des sols

Avec la perte de cette diversité, nous perdons non seulement des fleurs, mais aussi la stabilité écologique – et en fin de compte, notre propre base de vie.

L'étude indique sans ambiguïté : la cause principale du déclin de la biodiversité massif est l'agriculture intensive. Sans une remise en question de la politique agricole – moins d'engrais, moins de pesticides, moins de pression d'exploitation – la biodiversité continuera de disparaître.

Une gestion extensive, la promotion ciblée de prairies riches en espèces et une réduction conséquente des apports d'azote sont des étapes essentielles pour préserver les derniers vestiges du paysage culturel traditionnel.

Catastrophe naturelle : les chasseurs de loisir

La proportion d'espèces menacées n'est aussi élevée dans aucun autre pays du monde qu'en Suisse. Plus d'un tiers des plantes, animaux sauvages et espèces de champignons est considéré comme menacé. La Suisse est également en queue de peloton en Europe pour la mise en place de zones protégées pour la biodiversité. Ce sont toujours ces mêmes cercles de chasseurs de loisir et de détenteurs d'animaux amateurs qui, par leur lobbying, sont responsables depuis des décennies de cette situation via la politique, les médias et les lois. Ce sont eux qui bloquent systématiquement les améliorations modernes et éthiques en matière de protection animale et sabotent la protection sérieuse des animaux et des espèces. Les chasseurs de loisir s'opposent régulièrement à davantage de parcs nationaux en Suisse, car il ne s'agit pas pour eux de nature, de biodiversité, de protection des espèces ou de protection animale, mais de pratiquer leur hobby pervers et sanglant.

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