4 avril 2026, 19:00

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Environnement & Protection de la nature

La Suisse en queue de peloton pour les zones protégées

La Suisse aime se présenter comme un pays de nature, mais elle est la lanterne rouge européenne en matière de zones protégées. Alors que dans l'UE, de vastes parcs nationaux, des sites Natura‑2000 et de nouvelles réserves pour la faune sauvage sont désignés, la Suisse stagne depuis des années à un niveau trop bas. Pour de nombreuses espèces qui dépendent d'habitats exempts de perturbations, la pression reste forte, notamment par la chasse de loisir, la sylviculture, le tourisme et les infrastructures.

Rédaction Wild beim Wild — 10 février 2026

En Scandinavie, dans l'arc alpin et dans certaines parties de l'Europe du Sud naissent de nouvelles grandes zones protégées, dans lesquelles au moins une partie du paysage est soustraite à l'exploitation.

Ces territoires offrent à la faune sauvage des zones de refuge où elle peut exprimer ses comportements naturels sans être constamment chassée ou expulsée.

La Suisse discute depuis des années de parcelles à petite échelle, de règles spéciales et d'exceptions, au lieu de développer une stratégie claire pour une véritable nature sauvage et un maillage écologique à grande échelle. Le résultat est un patchwork de zones protégées partiellement sur-exploitées, où les intérêts cynégétiques, l'exploitation forestière et le développement touristique sont souvent plus valorisés que les besoins de la faune sauvage. Il est particulièrement problématique que des espèces sensibles comme le cerf rouge, le chamois ou les grands prédateurs trouvent rarement des zones tranquilles à grande échelle.

Parallèlement, la crise de la biodiversité s'aggrave. Dans notre section Biodiversité nous documentons comment les habitats sont fragmentés, comment la chasse de loisir et l'utilisation des terres affectent les espèces menacées et combien la politique a des difficultés avec des objectifs contraignants. Alors que l'UE se fixe au moins formellement des objectifs de surface ambitieux et établit de nouvelles catégories de protection, les objectifs suisses restent souvent vagues ou non contraignants et sont régulièrement manqués. Tandis que les pays de l'UE sécurisent en moyenne environ un quart de leur superficie, la Suisse n'atteint selon les méthodes de calcul qu'environ dix pour cent.

Particulièrement dans l'espace alpin, la différence est évidente : là où les pays voisins développent des parcs nationaux, des zones de tranquillité pour la faune et des zones centrales sans chasse, la Suisse mise encore fortement sur « l'optimisation de l'utilisation » et la gestion cynégétique. Cela sape le potentiel réel des zones protégées : les animaux sauvages ne doivent pas seulement survivre, mais pouvoir vivre dans des écosystèmes fonctionnels. Tant que les zones protégées sont traitées principalement comme monnaie d'échange entre groupes d'utilisateurs, plutôt que comme épine dorsale d'une stratégie de biodiversité sérieuse, la Suisse reste la lanterne rouge et les animaux sauvages en paient le prix.

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