Rütter, Nouvel An et les relations publiques de la chasse
Martin Rütter partage une vidéo Instagram, en fait sur le thème des pétards du Nouvel An et des chiens en laisse. En quelques heures, cela devient un débat sur la chasse, parce que Rütter fait le lien entre les pétards et la chasse en formulant de manière tranchante. Un média cynégétique réagit promptement : Rütter serait partial, déformerait les arguments, monterait contre les chasseurs. Une représentante d'une fédération de chasse régionale est citée, qui prétend que la chasse protège les animaux et l'environnement, est prescrite par la loi et que sans chasse, cela ne fonctionne pas dans notre paysage culturel.
Ici, on aime travailler avec un noyau de vérité pour tirer une conclusion fausse.
Oui, dans la loi fédérale allemande sur la chasse, le droit de chasse est lié à l'obligation de protection. Mais cela ne signifie pas automatiquement que :chasse de loisir dans sa forme récréative actuelle soit « prescrite » ou sans alternative.
L'obligation de gestion est un concept-cadre juridique. Il stipule d'abord que les populations de gibier et les habitats doivent être maintenus dans un état donné et que les dégâts causés par le gibier doivent être évités autant que possible. Il n'en découle pas qu'il faut tirer le plus possible. Il n'en découle pas non plus que chaque méthode de chasse, chaque intensité de chasse et chaque conception cynégétique soit automatiquement de la protection de la nature. Si et quand les tirs sont appropriés est une question de gestion, non une conséquence automatique du concept de gestion.
Celui qui dit «prescrit par la loi» fait comme s'il n'existait qu'une seule mise en œuvre praticable : la chasse de loisir armée. C'est une revendication politique, pas simplement un fait.
En pratique, ce cadre est souvent mis en œuvre via des modèles privés de bail et de territoires de chasse. C'est un système qui peut porter en lui non seulement des objectifs écologiques, mais aussi des motifs sociaux, traditionnels et parfois liés aux loisirs.
«Sans la chasse de loisir, cela ne fonctionne pas dans notre paysage culturel.»
Cette formule est populaire parce qu'elle fournit à la fois conclusion et discussion. Mais elle est si générale qu'elle n'explique scientifiquement et pratiquement presque rien.
Ce qui est vrai : De nombreux habitats sont façonnés par l'homme, l'agriculture et la sylviculture génèrent des conflits, et les animaux sauvages réagissent à l'offre alimentaire, aux dérangements, au trafic, au climat et à la qualité de l'habitat. Ce qui est controversé : Si la chasse de loisir est vraiment le meilleur instrument, ou si elle aggrave parfois elle-même les problèmes, notamment par la pression de chasse, les dérangements, les modifications comportementales et les incitations perverses.
Les associations de chasse communiquent très activement que la chasse de loisir est de la protection de la nature et qu'il faut démanteler les préjugés. C'est précisément pourquoi il faut un contrepoids dans le débat public : des questions dures, des données transparentes, une évaluation indépendante. Et non le réflexe «sans nous, ça ne marche pas».
Le vrai débat : pétards vs. chasse de loisir
La comparaison boite, disent les voix de la chasse, parce que les pétards sont inutiles, mais la chasse de loisir est utile. On peut aussi aborder différemment :
Les deux sont des actions humaines qui peuvent stresser, blesser ou tuer des animaux. La différence est : les pétards sont un pic à court terme, la chasse de loisir est une pratique récurrente avec des dérangements planifiables et une mise à mort réelle.
Celui qui reconnaît les pétards comme un dommage pour les animaux et l'environnement devrait logiquement aussi parler des dérangements cynégétiques, des recherches au sang, des tirs manqués, du stress en hiver, du morcellement des zones de refuge et de l'aspect loisir de la chasse de loisir. Précisément ces sujets manquent dans la communication de chasse la plupart du temps ou sont linguistiquement édulcorés.
Martin Rütter a peut-être formulé de manière polémique. On peut le critiquer sans se réfugier dans les mythes de la chasse. Car la réplique du milieu cynégétique travaille avec trois tours typiques : de grandes affirmations sans données sont indispensables, des concepts juridiques comme laissez-passer moral pour la gestion, et la défense contre les critiques par l'étiquette de haine.
Celui qui prend au sérieux les animaux sauvages devrait moins parler de la personne Rütter et plus de points vérifiables : Quels objectifs sont fixés lors de la chasse de loisir, avec quelles données, avec quels effets secondaires, et qui contrôle cela de manière indépendante ?
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