Val Fex : Quand le concept de protection du bétail a plus de failles que la clôture elle-même
Le 21 août 2025, les gardes-chasse de Val Fex (commune de Sils im Engadin) ont été appelés dans un pâturage à moutons après qu'un abattage de bétail ait été signalé.

Sur place, les gardes-chasse du bureau des Grisons ont confirmé une attaque de loup.
Onze animaux ont été tués sur le coup. Vingt-six autres moutons blessés ont dû être euthanasiés en raison de graves morsures. Au total, 37 animaux ont été touchés, rapporte srf.ch ( Attaque de loups dans la vallée de Fex : 37 moutons attaqués, la protection a échoué ).
Ces événements soulèvent une fois de plus des questions fondamentales concernant la protection des troupeaux : y avait-il suffisamment de chiens de protection des troupeaux, et si oui, combien et avec quelle expérience ? Selon un rapport de la RTR datant de 2022, une bergère gardait alors environ 900 moutons – un troupeau déjà victime d’une attaque de loup. Cette année, d’après l’ Engadiner Post, ce nombre n’est « que » de 700. Une telle densité de troupeaux est difficilement gérable, même pour des bergers expérimentés, et pratiquement impossible pour une seule personne sans chiens de protection.
Le troupeau d'environ 700 têtes se trouvait dans l'alpage de Muot Selvas, où il devait passer la dernière semaine de la saison de pâturage. Les premières informations selon lesquelles les animaux étaient protégés par une clôture n'ont pas été confirmées. Des investigations approfondies ont révélé qu'aucune mesure efficace de protection du troupeau n'était en place au moment de l'attaque. La clôture existante du pâturage servait uniquement à guider le troupeau et n'était pas fermée. Conformément au plan de gestion de l'exploitation, ni chiens de protection de troupeaux ni clôtures anti-loups n'étaient prévus pour cette partie du pâturage.
Suite à cet incident, la saison de pâturage alpin sur la parcelle concernée a été interrompue prématurément et les moutons restants ont été ramenés dans la vallée.
Les autorités et les associations de défense des animaux ont également réagi. Adrian Arquint , directeur de l'Office grisonien de la chasse et des activités non conventionnelles, a qualifié l'événement de « majeur » auprès des médias et a souligné que les mesures de protection, malgré les plans de protection du bétail, pourraient atteindre leurs limites. L'Association des agriculteurs de Haute-Engadine, par la voix de son président Gian Suter, a déclaré accepter globalement la présence du loup . Toutefois, des problèmes surviennent lorsque la population d'animaux augmente et que les mesures de protection existantes deviennent insuffisantes.
Le problème ne vient pas du loup, mais plutôt des lacunes en matière de protection du bétail . Les critiques déplorent que les gardes-chasse classent les attaques comme des attaques de loups, alors même que les éleveurs semblent avoir perdu le contrôle de la situation depuis longtemps.
Les experts et les organisations de protection animale estiment que le véritable problème ne réside pas dans le loup, mais dans les carences systémiques de la protection du bétail. Une protection efficace exige la présence de bergers, des enclos nocturnes fonctionnels, des clôtures adéquates et des chiens de protection de troupeaux déployés avec compétence. Tout le reste n'est que du symbolisme politique.
Malgré ces lacunes, l'Office de la chasse et de la pêche des Grisons a réagi en accordant un permis d'abattage de 60 jours, programmé précisément pour coïncider avec le début de la saison de chasse en haute altitude début septembre. Les critiques considèrent cette politique comme contre-productive, faisant du loup un bouc émissaire tout en ignorant les faiblesses structurelles de l'élevage. L'abattage doit être effectué par les gardes-chasse cantonaux ou par des chasseurs de loisir dans le cadre de la saison de chasse en haute altitude des Grisons.
Les responsables politiques fédéraux se sentent également investis d'une responsabilité. Les experts estiment que les exigences minimales en matière de protection du bétail fixées par le conseiller fédéral UDC Albert Rösti sont insuffisantes. Sans obligations légales claires et mesures cohérentes de protection du bétail, la coexistence des animaux de pâturage et des loups restera problématique.
Les incidents survenus en Haute-Engadine démontrent que la protection des animaux de pâturage dépend non seulement du comportement des loups, mais surtout de la mise en œuvre de mesures de protection. Tant que ces lacunes persisteront, le conflit entre agriculture et prédateurs restera un problème persistant, ce qui semble être souhaité par certains groupes.
Tous les éleveurs de poules protègent leurs animaux des renards. Combien de temps faudra-t-il aux éleveurs de moutons pour comprendre cela ?
Soutenez notre travail
Votre don contribue à protéger les animaux et à leur donner une voix.
Faites un don maintenant →






