3 août 2026, 11h25

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Droits des animaux

L'Office vétérinaire tessinois ferme les yeux, les animaux meurent

Bironico, Origlio, Intragna, Lema, Sonvico, Paudo, Bellinzone, Gambarogno, Villa Luganese : entre octobre 2025 et mars 2026, au moins 50 animaux de rente et animaux d'enclos ont été tués par des attaques de loups dans le canton du Tessin. Dans chaque cas, avec le même constat des autorités : les animaux n'étaient pas suffisamment protégés. Pourquoi rien ne se passe-t-il malgré tout ?

Rédaction Wild beim Wild — 28 février 2026

L'Office vétérinaire tessinois tolère depuis des années des animaux de rente non protégés dans les zones à loups. Dix attaques, 50 animaux morts, aucune conséquence. Une défaillance systémique.

Complément du 3 août 2026 : Depuis la première publication, la série de cas documentés a plus que doublé. De dix incidents ayant fait cinquante animaux morts, on est passé à vingt et un cas avec au moins 78 animaux de rente et d'enclos tués (octobre 2025 à juillet 2026). L'IG Wild beim Wild a déposé plainte pénale dans tous les cas auprès du Ministero Pubblico à Bellinzone. Se sont ajoutés notamment Lumino (cinq chevreaux tués, un blessé, un disparu), l'Alpe di San Martino à Acquarossa (neuf chèvres) ainsi qu'un cas récurrent à Villa Luganese, sur un site pratiquement identique. Particulièrement révélateur : à Vogorno, Serravalle et Brione sopra Minusio, l'analyse ADN a révélé qu'aucun prédateur n'était impliqué. Les animaux sont morts d'autres causes et étaient néanmoins considérés comme « non suffisamment protégés ». Parallèlement, à partir de juillet 2026, l'autorité a changé sa formulation de « non protetti adeguatamente » à « protezione in esame », ce que l'IG Wild beim Wild qualifie de cosmétique langagière dans le contexte de la procédure de recours pendante (Incarto 60.2026.211). Pour en savoir plus, consultez notre article récent Mi-parcours de l'été alpestre : les attaques de loups diminuent de moitié.

C'est un schéma qui ne peut désormais plus s'expliquer par le hasard.

Pétition

Aucun tir de lynx en Valais

Le lynx est génétiquement à la limite, et pourtant le Valais devrait être le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

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Les 16 et 17 octobre 2025, onze daims ont été tués en une seule nuit à Bironico. L'office cantonal de la chasse de loisir et de la pêche le confirme : la clôture de l'enclos n'était pas suffisamment sécurisée contre les loups. Et pourtant, l'office vétérinaire cantonal avait délivré une autorisation de détention.

Le 10 décembre 2025, deux moutons ont été retrouvés morts à Origlio. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés. L'analyse ADN confirme l'implication d'un prédateur.

Le 13 janvier 2026, un mouton a été retrouvé mort à Intragna. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés. Là aussi, l'analyse génétique confirme l'implication d'un prédateur.

Le 20 janvier 2026, un mouton a été retrouvé mort à Lema. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés. Une nouvelle fois, l'analyse ADN confirme l'implication d'un prédateur.

Le 1er février 2026, quatre moutons sont morts à Sonvico. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés.

Dans la nuit du 5 au 6 février 2026, un loup a tué dix moutons à Paudo. Le détenteur d'animaux Piero Maretti admet que la clôture présentait « sans cesse des trous » et que l'étable était trop petite pour tous les animaux, raison pour laquelle les moutons passaient la nuit à l'extérieur. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés.

Le 6 février 2026, dix autres moutons ont été retrouvés morts à Bellinzone, deux animaux ayant disparu depuis. Le 19 février 2026, trois agneaux sont morts dans le Gambarogno. Dans les deux cas, la même réponse des autorités : animaux insuffisamment protégés.

Le 9 mars 2026, un animal a de nouveau été retrouvé mort à Sonvico, cette fois une chèvre. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés. Sonvico est ainsi touché pour la deuxième fois en seulement cinq semaines. De toute évidence, ni le détenteur d'animaux ni l'office vétérinaire n'ont pris la moindre mesure après le premier incident.

Le 13 mars 2026, six moutons et une chèvre ont été retrouvés morts à Villa Luganese. Constat des autorités : animaux insuffisamment protégés.

Dix incidents en cinq mois. Au moins 50 animaux tués. Toujours le même diagnostic. Jamais aucune conséquence.

Une autorité qui connaît ses obligations et ne les assume pas

Dans le domaine de la détention d'animaux de rente, l'office vétérinaire cantonal n'a pas seulement un devoir de conseil, mais un véritable devoir de surveillance et de contrôle. Ce n'est pas une exigence abstraite, mais le droit en vigueur.

La loi sur la protection des animaux (LPA) et l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) obligent les cantons à contrôler activement le respect des dispositions relatives à la protection animale et à intervenir en cas d'infractions. Ce devoir de surveillance n'est pas une option que l'on peut exercer lorsqu'on a le temps, il est contraignant.

Dans le cas de Bironico, cela va encore plus loin : le service vétérinaire cantonal y a délivré une autorisation de détention pour des daims, bien que l'enclos ne respectât pas les prescriptions légales requises. L'intrusion des loups ne peut s'expliquer autrement. L'office de la chasse et de la pêche a confirmé l'insuffisance de la clôture. L'autorisation a donc néanmoins dû être délivrée, sinon la détention n'aurait pas du tout été légale. Il ne s'agit pas seulement d'un contrôle manqué. Il s'agit d'une délivrance d'autorisation illégale. C'est pourquoi l'IG Wild beim Wild a également déposé une plainte pénale contre le service vétérinaire lui-même pour abus d'autorité.

« Insuffisamment protégés » – et ensuite ?

Que se passe-t-il après ce constat des autorités ? Apparemment : rien.

Il n'existe aucun cas publiquement documenté, à la connaissance de l'IG Wild beim Wild, dans lequel le service vétérinaire tessinois aurait, après une attaque de loup ayant donné lieu à ce constat, effectué un contrôle de suivi, fixé un délai, imposé une condition ou engagé une procédure. Au lieu de cela, on attend la prochaine attaque et l'on consigne à nouveau que les animaux étaient « insuffisamment protégés ».

Ce cercle a un nom : la tolérance des autorités. Et il a une conséquence directe : les détenteurs d'animaux qui ne prennent pas leurs obligations de protection au sérieux n'ont aucune sanction à craindre. Le signal implicite envoyé par le service vétérinaire est le suivant : il ne vous arrivera rien.

Pas dans les Alpes, mais juste devant sa porte

Un détail qui passe systématiquement inaperçu dans le débat public : ces animaux ne se trouvaient pas sur un alpage reculé, loin de tout regard humain. Bironico se situe dans la vallée à 468 m d'altitude, à quelques kilomètres de Lugano. Origlio jouxte pratiquement Bironico et se trouve à 430 m d'altitude, au milieu de la vallée du Vedeggio. Villa Luganese se situe à environ 530 m d'altitude, dans le voisinage immédiat, également dans le Luganese. Intragna se trouve à 339 m d'altitude dans les Centovalli. Paudo, Sonvico, Bellinzona, Gambarogno : tous des sites de vallée ou des zones proches des habitations, tous des lieux où les détenteurs d'animaux vivent ou résident directement à proximité de leurs animaux.

Un cas particulièrement choquant est celui de Lema, à environ 995 m d'altitude au-dessus du Malcantone. Un mouton mort y a été découvert le 20 janvier 2026, c'est-à-dire en plein hiver. Lema est une zone d'estivage typique, où l'on ne garde normalement pas de moutons en hiver. Il est probable que l'animal ait simplement été oublié à l'automne et laissé à lui-même depuis lors. Si tel est le cas, il ne s'agit pas seulement d'une clôture manquante, mais d'un animal qui a dû tenir pendant des mois sans aucune surveillance dans une zone à loups connue. C'est une négligence au sens propre du terme.

Cela rend les manquements encore plus difficiles à comprendre. Celui qui a un poulailler dans son jardin construit un enclos qui tient le renard à l'écart, non pas parce que la loi l'exige, mais parce que cela va de soi. Celui qui laisse ses poules sans protection est à juste titre considéré comme négligent. Que cette même logique ne s'applique manifestement pas aux moutons, aux chèvres et aux daims détenus par des éleveurs amateurs est difficile à expliquer, si ce n'est par le fait que jusqu'à présent aucune conséquence n'était à craindre.

Le renard n'est pas un animal protégé, et pourtant chaque détenteur de poules protège ses animaux contre lui. Le loup est protégé, et pourtant on peut apparemment laisser impunément des moutons et des chèvres passer la nuit dans des enclos aux clôtures trouées, ou tout simplement les oublier pendant tout l'hiver à l'alpage. C'est une logique qui ne se concilie ni avec la protection animale ni avec le bon sens.

La loi est claire – la pratique ne l'est pas

Les exigences sont réglementées de manière sans équivoque en Suisse :

L'OPAn exige que les détenteurs d'animaux prennent toutes les mesures raisonnables pour éviter des douleurs, des souffrances ou des dommages inutiles. Celui qui sait qu'il exploite dans une zone à loups – et cela est connu depuis des années dans le canton du Tessin – doit protéger son exploitation en conséquence. Clôtures électriques anti-loups, chiens de protection, mise à l'étable la nuit : ces mesures sont raisonnables, elles peuvent être subventionnées financièrement, et elles fonctionnent.

Pour la détention de cerfs en enclos, l'art. 9 de l'ordonnance sur les animaux sauvages (OAnimSauv) prescrit expressément : des clôtures d'au moins deux mètres de hauteur, conçues de telle sorte que les prédateurs n'y aient pas accès. Celui qui délivre une autorisation pour une telle détention sans vérifier ces exigences agit de manière illicite.

Selon la LPA, seul le mauvais traitement actif des animaux n'est pas punissable. L'omission fautive l'est également. L'inaction consciente face à un danger prévisible et évitable. Cela vaut pour les détenteurs d'animaux. Et cela vaut pour les autorités.

Qui protège, qui doit protéger ?

Dans le débat public, après chaque attaque de loup, on réclame par réflexe des tirs. Le loup doit payer le prix de la défaillance humaine. Ce n'est pas seulement écologiquement myope, c'est un renversement de la responsabilité.

Le loup se comporte conformément à son espèce. C'est un opportuniste qui s'attaque aux proies là où elles sont facilement accessibles. Celui qui laisse des moutons la nuit dans un pâturage dont la clôture est trouée, celui qui détient des daims derrière une clôture qui ne satisfait pas aux exigences légales, celui qui renonce aux mesures de protection malgré une présence de loup connue livre ses animaux au loup sur un plateau d'argent.

Et une autorité qui tolère cela porte une part de responsabilité.

Pire encore : cette protection sur papier produit le problème qu'elle prétend combattre. Les loups qui apprennent que le bétail est facilement disponible se spécialisent là-dedans. Les statistiques d'attaques augmentent alors. Puis on réclame des tirs. Et la véritable défaillance – un contrôle insuffisant et une application déficiente des obligations de protection des troupeaux – reste invisible.

Trente ans de loup – aucun humain blessé

Il existe un fait qui n'est presque jamais mentionné dans le débat enflammé sur le loup : le loup est de nouveau présent en Suisse depuis plus de trente ans. Depuis la première réinstallation au début des années 1990, aucune attaque documentée contre un être humain n'a eu lieu, malgré des meutes grandissantes et une présence croissante du loup dans toutes les régions du pays.

Aucun randonneur blessé. Aucun enfant attaqué. Aucune agression contre un agriculteur.

Celui qui suit le débat public pourrait croire le contraire. Le loup est mis en scène comme une menace imprévisible, les demandes de tirs sont présentées avec urgence, comme si la sécurité publique était en jeu. Or, le seul danger réel que représente le loup concerne le bétail, et même ce danger aurait été largement évitable dans les cas documentés au Tessin grâce à des mesures de protection conformes à la loi.

À titre de comparaison : en Suisse, environ 9'500 à 10'000 personnes sont mordues chaque année par des chiens de manière suffisamment grave pour nécessiter une consultation médicale. C'est ce que montrent tant une étude de la SUVA (période d'analyse 2003–2007) qu'une vaste étude suisse réalisée en 2000/2001. Les enfants sont mordus deux fois plus souvent que les adultes. Point particulièrement explosif : il est prouvé que ce sont souvent des chiens de ferme qui s'attaquent agressivement aux randonneurs et aux cyclistes – ces mêmes exploitations agricoles qui présentent le loup comme une menace existentielle détiennent donc sur leur terrain des chiens qui blessent des milliers de personnes chaque année. Personne n'écrit là-dessus. Il n'y a aucune demande de tir, aucune ordonnance d'urgence, aucune intervention parlementaire.

Le loup n'est pas le problème. Le problème, ce sont les éleveurs de moutons qui laissent leurs animaux dans la vallée, juste à côté de leur habitation, dans des enclos aux clôtures trouées, et les autorités qui tolèrent cela sans broncher depuis des années. Faire du loup un bouc émissaire est commode. Cela détourne de la véritable question : pourquoi les obligations de protection ne sont-elles pas appliquées ? Et pourquoi des animaux doivent-ils mourir pour cela ?

Ce que coûte réellement un tir de loup

L'IG Wild beim Wild a calculé qu'un seul tir de loup en Suisse coûte environ 30'000 francs, et cette estimation reste conservatrice. Les chiffres actuels du canton du Valais (2025) attestent des coûts d'environ 35'000 francs par loup abattu, dans le Tyrol du Sud c'était même 50'000 euros. Dans le canton du Tessin, durant la période de régulation 2025–26, on a dépensé selon des calculs basés sur les heures de garde-faune environ 33'000 francs par loup – pour seulement six animaux abattus. À titre de comparaison : pour le même montant, on pourrait financer sept à dix chiens de protection des troupeaux pendant une année entière – une mesure dont l'efficacité est prouvée, car elle s'attaque au problème là où il naît : dans la protection du troupeau. Tant que l'État investit des millions dans des tirs qui ne repoussent pas les loups hors du territoire ni ne modifient durablement la dynamique de la meute, cette politique reste ce qu'elle est : coûteuse, inefficace et menée sur le dos des contribuables.

Au bout du compte, le loup protège même les moutons et les chèvres. Alors qu'auparavant environ 10'000 moutons par an étaient conduits à la mort dans les Alpes par des éleveurs négligents (maladies, accidents, chutes, etc.), ils ne sont plus aujourd'hui qu'environ 5'000 grâce au concept loup et à la surveillance des bergers.

Ce que revendique l'IG Wild beim Wild

L'IG Wild beim Wild a déposé une plainte pénale auprès du Ministero Pubblico à Bellinzone dans les dix cas documentés : contre les détenteurs d'animaux responsables pour cruauté envers les animaux par omission, contre l'office vétérinaire cantonal pour manquement systématique aux obligations de contrôle et de surveillance, et dans le cas de Bironico en plus pour octroi illégal d'autorisation et abus d'autorité.

En outre, l'IG Wild beim Wild exige :

Des contrôles de suivi conséquents. Après chaque attaque ayant abouti au constat « animaux insuffisamment protégés », l'office vétérinaire doit imposer des exigences contraignantes et vérifier leur mise en œuvre. Quiconque ne respecte pas ces exigences ne doit pas détenir d'animaux.

Des règles de responsabilité claires. Les subventions et les paiements directs aux détenteurs d'animaux doivent être liés à la preuve de mesures efficaces de protection des troupeaux. Qui ne protège pas ne reçoit pas d'argent.

La transparence sur la pratique d'exécution. Le canton du Tessin doit révéler combien de contrôles ont été effectués depuis 2020, combien d'infractions ont été documentées et combien de procédures ont réellement été engagées. C'est une question de responsabilité démocratique. Les textes types pour le canton du Tessin sur wildbeimwild.com montrent comment de telles revendications peuvent être mises en œuvre par la voie parlementaire.

Des conséquences administratives. S'il s'avère que l'office vétérinaire a systématiquement fermé les yeux, les responsables doivent également y répondre de leurs actes.

La protection animale ne s'arrête pas à la porte de l'étable

Il est temps de mener ce débat honnêtement. La protection des animaux de rente contre les attaques de loups n'est pas une question de savoir si, mais de savoir comment. Les moyens sont connus, éprouvés et finançables. Ce qui manque, c'est la volonté politique de les faire appliquer.

Tant que les autorités consigneront les événements d'attaque sans agir, les détenteurs d'animaux continueront de négliger leurs obligations de protection. Et tant que cela restera sans conséquences, d'autres animaux souffriront et mourront. Inutilement, de manière évitable, illégalement. Dix cas en cinq mois le démontrent de manière frappante. Le cas de Sonvico, où une seconde attaque s'est produite au même endroit en seulement cinq semaines, montre de façon exemplaire : le constat administratif « animaux insuffisamment protégés » reste sans suite.

Une protection sur le papier n'est pas une protection animale. Et une autorité qui ne remplit pas ses obligations de contrôle n'est pas une autorité de protection.

Plus d'informations dans le dossier : Chasse et protection animale

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