2 avril 2026, 03:38

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Environnement et conservation de la nature

L'utilisation agricole détruit les prairies alpines

Nos ancêtres possédaient bien moins d'animaux dans les alpages, qui étaient en partie cultivés en légumes et en céréales. Les pratiques agricoles alpines actuelles sont très peu rentables et auraient été abandonnées depuis longtemps sans les subventions massives et néfastes pour la biodiversité accordées par Berne.

L'équipe éditoriale Wild beim Wild — 28 juillet 2020

Une étude a montré que l'utilisation agricole des prairies alpines en Suisse entraîne une destruction croissante.

Les prairies alpines, de plus en plus précieuses et abritant une grande diversité d'espèces, souffrent d'érosion des sols. Des chercheurs de l'Université de Bâle ont constaté que l'agriculture et le changement climatique sont tous deux responsables de ce phénomène.

Les chercheurs ont utilisé des photographies aériennes de Swisstopo prises entre 2000 et 2016 pour cartographier l'érosion des sols dans la vallée d'Urseren, dans le canton d'Uri. Grâce à un algorithme d'apprentissage automatique, ils ont identifié différents types d'érosion, tels que les glissements de terrain, le ruissellement de surface et les traces d'animaux. Cela leur a permis, pour la première fois, de documenter l'évolution temporelle de l'érosion et des dommages causés par le bétail.

Les résultats montrent que l'érosion des sols s'accélère. En seize ans, la superficie érodée a augmenté de plus de 150 %. L'élevage intensif, en particulier, contribue à cette augmentation des dégâts, notamment jusqu'à environ 1 800 mètres d'altitude. Christine Alewell, responsable de l'étude, explique qu'un nombre nettement plus important de bovins est désormais conduit dans les prairies de vallée, quelles que soient les conditions météorologiques. Il en résulte une moindre stabilité des sols, surtout par temps humide. De plus, les animaux sont aujourd'hui plus lourds qu'ils ne l'étaient dans les années 1970.

Les chercheurs soulignent également l'influence du changement climatique, notamment au-dessus des zones cultivées. Des pluies torrentielles plus fréquentes et intenses accroissent le risque d'érosion et de glissements de terrain à grande échelle. La neige joue également un rôle, car sa fonte hivernale répétée érode continuellement la couche arable. Cette perte compromet la fertilité des sols année après année.

Les résultats de l'étude soulignent la nécessité de prendre des mesures pour préserver les prairies alpines et leur précieuse biodiversité.

Ce qui est de loin le plus bénéfique à la nature, c'est la faune et la flore alpines naturelles, telles qu'on les trouve dans les parcs nationaux. Le passage des pâturages pour les vaches et les moutons aux pâturages pour les cerfs a entraîné une composition végétale totalement nouvelle et un doublement de la biodiversité !

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