Les Grisons en proie à l'incompétence en matière de loups
Aucun autre canton suisse n'abat autant de loups que les Grisons. Pourtant, les attaques sur les animaux d'élevage augmentent à nouveau après le massacre préventif de loups. Il se produit exactement ce que de sérieux experts avaient prédit selon les études.
Les attaques de loups sur les animaux d'élevage, après un pic en 2022 avec 1789 cas (GR 517), avaient déjà diminué de 40 % à l'échelle suisse (1051) en 2023 et dans les Grisons même de près de 50 % (267), et ce avant que la régulation préventive n'ait débuté le 1.12.2023.
La régulation préventive ne peut donc pas être tenue pour responsable de la diminution des attaques. Celle-ci est uniquement due à l'amélioration des mesures de protection des troupeaux.
Les tirs préventifs de loups et de leurs louveteaux parfaitement inoffensifs sont fondamentalement illégaux au regard de la Convention de Berne.
Entre 2022 et 2024, on observe une nette diminution des attaques confirmées sur les animaux d'élevage dans les Grisons (de 517 en 2022 → 267 en 2023 → 213 en 2024). Les services spécialisés et les ONG attribuent cela au renforcement de la protection des troupeaux.
Les Grisons sont au cœur de l'incompétence suisse en matière de gestion des loups. Durant la dernière phase de régulation, de septembre 2024 à janvier 2025, 48 loups ont été abattus dans le canton — plus qu'ailleurs en Suisse. Pourtant, fin août 2025, les autorités avaient déjà recensé 167 attaques sur des animaux d'élevage, soit 25 de plus que l'année précédente. Pour la nouvelle phase de régulation, un nombre particulièrement élevé de demandes a de nouveau été déposé auprès de la Confédération : des jeunes animaux dans 17 meutes doivent être abattus, et une meute doit même être intégralement éliminée. La population de loups dans les Grisons a augmenté en 2025 par rapport à l'année précédente, tandis que le nombre d'attaques sur les animaux d'élevage repart à la hausse.
Christina Steiner, présidente de l'association CHWolf, évalue la situation : elle critique le fait que les Grisons exploitent le nouveau règlement de chasse «jusqu'à l'extrême» et tirent même sur des meutes discrètes. Cela pourrait détruire la structure des meutes et créer de la place pour des loups solitaires, qui s'attaquent particulièrement souvent à des moutons non protégés. Une étude lettone démontre que des décimations indiscriminées ne constituent pas une solution à long terme. Son organisation mise donc sur la protection des troupeaux et soutient les exploitations alpestres en matière de clôtures, de chiens de protection des troupeaux et de conseil.
Le directeur du parc national Ruedi Haller ne voit pas non plus dans les abattages une solution à lui seul. Il fait référence au cas de la meute du Fuorn en Basse-Engadine : après que les autorités l'eurent éliminée malgré les protestations, de nombreuses attaques de moutons survinrent soudainement.
Des experts et des études ont averti que les abattages, notamment de jeunes animaux ou de meutes entières, pourraient perturber la structure des meutes, entraînant des comportements inattendus (par ex. des loups solitaires qui s'attaquent plus facilement aux animaux de rente). Cela ne pourrait pas améliorer la situation, mais l'aggraver.
Les positions restent figées. Le président de l'Union des paysans des Grisons, Thomas Roffler (UDC), prévoit de déposer en octobre, conjointement avec le groupe UDC au Grand Conseil des Grisons, deux interventions : la chasse au loup doit être étendue dans le temps et davantage de chasseurs de loisir doivent être impliqués. Steiner, en revanche, réclame des abattages ciblés uniquement là où des animaux de rente sont attaqués malgré une protection systématique des troupeaux.
Au lieu d'imposer une protection cohérente des troupeaux, l'UDC déclare le fusil comme «solution». Ce n'est pas de la protection, mais une capitulation. C'est la soumission au lobby paysan, qui fait de la politique au détriment des plus faibles avec le conte du «méchant loup» — compromettant ainsi la crédibilité de l'État de droit et de la science. Les abattages de loups ne constituent pas un moyen fiable de protéger les animaux de rente. Le risque d'effets contre-productifs est scientifiquement démontré.
La Chasse sur les louveteaux est fondamentalement interdit selon la Convention de Berne. La Suisse ne dispose officiellement d'aucune autorisation pour chasser les louveteaux. La question est également débattue de savoir si l'assouplissement progressif par la Suisse est compatible avec les objectifs de la Convention. Selon la Convention de Berne, le tir préventif de loups est également illégal. Le Comité de la Convention de Berne considère la réglementation suisse avec des effectifs minimaux et des tirs préventifs comme préoccupante et potentiellement non conforme à la Convention.
La chasse aux loups est fondamentalement interdite – sauf dérogations expressément autorisées. Les loups ne peuvent être abattus que si certaines conditions sont remplies, notamment en cas d'attaques répétées sur des animaux de rente ou si un animal devient dangereux pour l'être humain, ce qui ne s'applique certainement pas aux louveteaux. La Suisse ne peut chasser les loups qu'avec une autorisation fédérale et dans le respect de la loi sur la chasse, des ordonnances, du droit international et des exigences en matière de protection des troupeaux.
Canton → demande auprès de la Confédération (OFEV) → examen selon l'ordonnance sur la chasse + Convention de Berne → autorisation fédérale → notification au Conseil de l'Europe → exécution par les gardes-faune → contrôle par les tribunaux/associations.
Un tir effectué purement à titre préventif – sans situation de dommage concret et sans avoir au préalable essayé toute autre mesure – n'est pas admissible selon la Convention de Berne. Les jeunes animaux bénéficient d'une protection particulière en vertu de la Convention de Berne ; les tirs proactifs sans dommage concret sont considérés comme inadmissibles.
La population de loups (ainsi que celle des renards) se régule d'elle-même à partir d'un certain effectif dans un territoire et ne croît plus, mais s'étend à travers les frontières nationales. Les mécanismes de régulation comprennent l'intensification des combats territoriaux, une mortalité accrue des jeunes animaux ou une offre alimentaire limitée.
Le 16 novembre 2024, un garde-faune de l'Office de la chasse et de la bêtise des Grisons a en outre abattu trois lynx, eux aussi protégés, lors du massacre de loups.
Dossier : Le loup en Suisse : faits, politique et limites de la chasse
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