Les louveteaux en Suisse dans la ligne de mire
La régulation proactive du loup ne repose ni sur des faits scientifiques ni sur une connaissance des loups, mais sur une propagande bruyante.
Le conseiller fédéral Albert Rösti et son département de l'environnement ont été avertis à plusieurs reprises, et pas seulement par le département de justice, que la politique d'abattage inscrite dans la nouvelle ordonnance sur la chasse n'est pas compatible avec la Convention de Berne. En vain.
C'est avec des arguments politiques fallacieux, sans consultation préalable et «contre la volonté du peuple» qu'un assouplissement massif de la protection du loup a été mis en vigueur en Suisse.
Le loup est toujours une espèce animale protégée. Cela signifie que les loups ne peuvent être tués, capturés, détenus ou dérangés sans raison valable, en particulier pendant la période d'élevage des jeunes ; et leurs tanières ne peuvent être endommagées ni détruites.
En 2025, l'intention existe, dans le canton de Graubünden de franchir une ligne rouge supplémentaire dans la «régulation» de loups innocents. L'Office de la chasse et des absurdités, sous la direction d'Adrian Arquint, Marcel Michel et Arno Puorger, prévoit, à partir du 1er septembre, dans le cadre de la soi-disant ‘régulation de base’, avec le soutien de chasseurs de loisir, de tuer les deux tiers des louveteaux de cette année, qui n'ont commis aucune faute – leur seul crime étant d'être nés et d'être classés comme "quota des deux tiers" . Dans le pire des cas, cela pourrait entraîner la mort de dizaines de louveteaux lors de ce massacre !
L'intention et la justification du canton révèlent que la régulation proactive du loup a pour seul objectif de réduire la population de loups à l'échelle cantonale afin de minimiser le potentiel de conflits. Le canton ne réagit donc pas de manière situationnelle ou sélective à des problèmes ou des dommages qui pourraient être considérés comme des exceptions justifiées au sens de la Convention de Berne, mais souhaite décimer la population de manière générale et à grande échelle, coûte que coûte. Ce qui est vendu comme une régulation est en réalité un projet d'élimination à motivation idéologique, visant à évincer les loups, pourtant si essentiels à l'écosystème. Cela, au profit d'une économie pastorale depuis longtemps démesurée et disproportionnée, avec ses conséquences néfastes pour la flore et la faune en zone alpine.
Il est internationalement réprouvé et éthiquement indéfendable de tuer des louveteaux. La Suisse est d'ailleurs régulièrement critiquée par la Convention de Berne pour sa politique loup. De plus, le nouveau terme ‚régulation de base‘ n'est ni défini ni mentionné dans la loi sur la chasse ni dans l'ordonnance sur la chasse.
Le pitoyable fléau de la chasse dans le canton des Grisons est connu bien au-delà des frontières cantonales, jusque à l'étranger. La chasse grisonne est tout simplement très criminelle, marquée par la violence, le manque de rigueur scientifique et la cruauté envers les animaux. Seulement, notre système juridique n'en est pas encore à en tenir compte dans le droit pénal. Chaque année, plus de 1’000 amendes d'ordre sont infligées aux chasseurs de loisir grisons et des dizaines de plaintes sont déposées. En outre, selon des études sur la recherche au sang et des comparaisons avec les gardes-faune, ces chasseurs sont les pires tireurs du pays. Le canton des Grisons est considéré comme le modèle par excellence de l'ignorance, de la manipulation et de l'incompétence, et ce pas seulement dans la gestion du loup.
Les chasseurs de loisir pratiquent le spécisme. Le spécisme est comparable au racisme et au sexisme, et ce n'est ni une culture ni une tradition.
La régulation naturelle par des prédateurs tels que le loup, le lynx ou le renard s'effectue de manière sélective, dynamique et adaptée sur le plan éthologique — une interaction complexe que les plans d'abattage sadiques d'un office contaminé par des individus violents à Berne ou aux Grisons ne pourront jamais remplacer. La chasse de loisir ne remplace aucun équilibre écologique. La chasse de décimation pratiquée est un exemple parfait de dévalorisation de la nature sous couvert de gestion durable.
Il convient de tenir compte du fait que le loup, de nos jours, dans certaines parties des cantons du Valais et aux Grisons ainsi que dans le Jura vaudois occidental. Dans cette situation, les populations de loups se régulent d'elles-mêmes grâce à leur territorialité : là où une meute vit, aucune nouvelle ne s'installe. De l'avis de la science, on peut s'attendre à un ralentissement de la croissance des effectifs même sans régulation.
Grâce à l'amélioration de la protection des troupeaux, le nombre d'attaques a également massivement diminué jusqu'à fin septembre 2024. Dans le canton des Grisons de 35 % et dans le canton du Valais de 15 %. En 2023, le nombre d'attaques avait déjà baissé de 40 % à l'échelle nationale par rapport à 2022. En 2024 également, la plupart des attaques ont eu lieu dans des troupeaux non protégés ou insuffisamment protégés. La diminution des attaques a débuté dès 2023, avant même que des loups ne soient abattus à titre préventif pour la première fois. En définitive, la réduction des attaques est avant tout le résultat d'un renforcement de la protection des troupeaux à partir de 2022, lorsqu'une augmentation significative des moyens financiers pour les mesures de protection a été décidée pour la première fois.
Une situation similaire peut être observée dans le Brandebourg en Allemagne. 58 meutes de loups vivent dans le Brandebourg – plus que dans tout autre Land. Dans le Brandebourg, le nombre croissant de loups a entraîné une diminution de la population de cervidés, notamment de cerfs élaphes et de daims, ce qui profite à la forêt et à l'écosystème. Les chasseurs de loisir d'Oder-Spree n'ont abattu que 128 cerfs élaphes en 2024/25 ; auparavant, ils en abattaient 800.
Pétition : Arrêtez la décimation des louveteaux
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