La meute de Nanz autorisée pour un tir total : le Valais veut tuer la prochaine famille de loups
Deuxième meute en une semaine : le Valais peut aussi prélever intégralement les loups entre Visperterminen et Staldenried. Les données détaillées sur les dommages restent inconnues du public.
Les loups vivent en unités familiales. Lors d'un prélèvement complet, toute la meute est tuée, animaux parents et jeunes loups.
«En meute»
L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a autorisé le canton du Valais à procéder au prélèvement complet de la meute de Nanz.
La décision cantonale est entrée en vigueur avec sa publication au Bulletin officiel le 30 septembre 2026 et s'applique jusqu'au 31 janvier 2027. Six jours auparavant, le prélèvement complet de la meute d'Augstbord était déjà entré en vigueur. La troisième demande, celle concernant la meute de Réchy-Anniviers, n'a pas encore fait l'objet d'une décision.
Les communications publiées publiquement ne mentionnent aucune indication détaillée sur les animaux de rente tués, sur la protection des troupeaux, sur la taille de la meute ou sur l'attribution génétique des dommages. Or, ce sont précisément ces informations qui seraient déterminantes pour vérifier si la mise à mort d'une famille entière de loups est proportionnée.
Deuxième meute en une semaine
La meute de Nanz vit entre Visperterminen et Staldenried, dans le Haut-Valais. Le canton avait déposé auprès de la Confédération, le 28 août 2026, cinq demandes : le prélèvement complet des meutes d'Augstbord, de Nanz et de Réchy-Anniviers, ainsi que la régulation dite de base pour Nendaz-Isérables et Les Toules.
L'OFEV a entre-temps statué sur quatre des cinq demandes valaisannes :
- 14 septembre (décision de l'OFEV, en vigueur depuis le 18 septembre) : à Nendaz-Isérables et aux Toules, jusqu'aux deux tiers des jeunes loups nés en 2026 peuvent être prélevés.
- 23 septembre (décision de l'OFEV, en vigueur depuis le 24 septembre) : la meute d'Augstbord peut être entièrement prélevée.
- 30 septembre (entrée en vigueur) : la meute de Nanz peut être entièrement prélevée.
- En suspens : la demande de prélèvement complet de la meute de Réchy-Anniviers.
Les décisions valaisannes ont été signées par le conseiller d'État Christophe Darbellay. Le canton indique comme objectif de « minimiser efficacement les conflits dans les zones à problèmes… » où des loups ont tué des animaux de rente.
Ainsi, cinq des onze meutes valaisannes actuelles sont concernées par des interventions autorisées ou demandées par les autorités. Si Réchy-Anniviers est également autorisée, trois d'entre elles pourront être entièrement prélevées.

Ce que le public ignore
Aucune des communications publiées n'indique combien de loups appartiennent à la meute de Nanz. Manquent également le nombre d'animaux de rente tués attribués à cette meute, le statut de protection des troupeaux touchés et les preuves génétiques permettant d'attribuer les dommages à cette meute.
Cette lacune n'est pas nouvelle. Déjà lors des demandes valaisannes de fin août, il n'était pas possible de comprendre publiquement sur quoi se fondaient précisément les demandes. Des organisations de protection de la nature avaient déjà auparavant reproché à la gestion valaisanne du loup des cas de dommages comptabilisés deux fois et l'absence d'analyses génétiques.
Un regard en arrière montre pourquoi la transparence serait nécessaire. Lorsque le canton a ordonné pour la première fois une régulation dans la région de Nanz en 2023, KORA a signalé 56 animaux de rente tués en quatre mois. 22 d'entre eux avaient été tués dans des situations protégées ou où une protection n'était pas raisonnablement exigible. En avril 2026, le canton a ensuite ordonné le tir d'un loup isolé dans la région de Visperterminen, après que sept moutons ou chèvres eurent été tués sur des surfaces agricoles utiles en quatre mois. Selon La Télé, un couple de loups vivait alors dans la région, pour lequel aucune reproduction n'avait été constatée en 2025. Les documents accessibles au public ne permettent pas de savoir si ce loup isolé ou le couple de loups de l'époque correspond à la meute aujourd'hui désignée comme la meute de Nanz.
Plus de loups ne signifie pas automatiquement plus d'attaques
Les chiffres valaisans ne montrent pas de lien simple entre le nombre de loups et les pertes de bétail. Selon le bilan cantonal, publié par KORA en février 2026, 401 animaux de rente ont été tués par le loup en 2023, 341 en 2024 et 318 en 2025. Dans le même temps, le nombre de loups identifiés génétiquement est passé de 61 (2024) à 75 (2025).

Cela ne prouve en soi aucune cause. Mais cela contredit l'affirmation générale selon laquelle l'augmentation du nombre de loups entraînerait inévitablement une hausse des pertes de bétail. L'élément déterminant reste la rigueur avec laquelle la protection des troupeaux est mise en œuvre et la manière dont les dégâts sont attribués à des meutes précises. Au niveau national également, des organisations de protection de la nature évoquent dans le contexte du seuil de référence du loup une baisse des pertes de bétail.
Durant l'hiver 2025/26, le Valais a tué 24 loups dans le cadre de la régulation proactive, dont 17 lors de l'élimination complète de trois meutes (Chablais, Salentin, Simplon). Un an plus tard, trois meutes figurent à nouveau sur la liste pour une élimination complète. Les communiqués ne précisent pas si de nouveaux loups se sont installés dans les territoires ainsi libérés. La question s'impose malgré tout : à quoi sert l'élimination d'une meute si, un an plus tard, les suivantes sont déjà sur la liste ?
Qui tire, et qui a le droit de se défendre ?
Une chose est claire : le Valais intègre également dans la régulation proactive du loup des chasseurs détenteurs d'une autorisation de régulation valide. Le site internet du canton indique : « Les chasseurs titulaires d'une autorisation de régulation valide peuvent abattre des loups dans les périmètres de régulation correspondants. » Le périmètre de Nanz y figure déjà. On ne sait pas encore qui exécute réellement les tirs dans le périmètre de Nanz, ni combien d'animaux sont tués par le service de la faune ou par des chasseurs autorisés.
Ce n'est pas un simple détail. Lors d'une élimination complète, les animaux parents qui maintiennent la cohésion de la meute sont eux aussi tués. S'ils sont abattus en premier, les jeunes se retrouvent sans encadrement.
Dans le même temps, le contrôle judiciaire devient plus difficile. En août 2026, le Tribunal fédéral a refusé à l'association CHWolf le droit de recours contre les tirs de loups. De fait, seules les organisations habilitées à recourir figurant dans le droit fédéral, comme Pro Natura ou le WWF, peuvent désormais contester cette décision. On ignore actuellement si l'une d'entre elles agira contre la décision concernant Nanz.
Régulation par anticipation
Les autorisations valaisannes reposent sur la régulation préventive : les meutes peuvent être régulées entre le 1er septembre et le 31 janvier afin de prévenir de futurs dégâts, sans qu'il soit nécessaire de documenter de nouveaux dommages durant la période de décision concernée. Cette logique est encore renforcée au niveau fédéral. Le Conseil national a adopté en septembre une motion visant à fixer un seuil pour la population de loups. Parallèlement, la consultation relative à la révision de l'ordonnance sur la chasse court jusqu'au 16 octobre 2026. Elle entend permettre les tirs de loups également durant la période de mise bas et dans les districts francs fédéraux. Le Conseil fédéral reconnaît lui-même, dans son rapport explicatif, qu'il existe un risque de laisser des jeunes orphelins.
Les informations publiques disponibles ne révèlent pas comment les dégâts concrets, la protection des troupeaux et l'attribution à la meute concernée ont été pondérés dans chaque cas. Toute personne souhaitant davantage de transparence et des conditions plus strictes peut participer à la consultation jusqu'au 16 octobre.
Ce qui doit se passer maintenant
L'IG Wild beim Wild exige du canton du Valais et de l'OFEV :
- la publication des dossiers de demande concernant Augstbord, Nanz et Réchy-Anniviers, y compris les statistiques d'attaques, le statut de la protection des troupeaux et l'attribution génétique ;
- une évaluation publique permettant de déterminer si les meutes éliminées durant l'hiver 2025/26 ont effectivement réduit les pertes de bétail domestique dans leurs territoires ;
- la renonciation aux éliminations complètes tant que cet effet n'est pas démontré ;
- la transparence sur qui effectue les tirs et sur le nombre de loups tués.
Une élimination complète doit être justifiée par des données vérifiables. Un canton qui veut anéantir des familles entières de loups doit pouvoir prouver qu'il n'existe pas d'autre solution. Cette preuve fait pour l'instant défaut dans les documents accessibles au public.
Sources
- Walliser Zeitung, 30.09.2026 : Autorisation pour la régulation complète de la meute de Nanz
- watson, 30.09.2026 : Le canton du Valais autorisé à réguler intégralement une autre meute de loups
- Blick Romandie, 30.09.2026 : Valais : la régulation complète de la meute de Nanz autorisée
- OFEV, état au 24.09.2026 : Régulation préventive des meutes de loups : état des demandes des cantons
- Canton du Valais : Régulation du loup 2026-2027
- Jagd & Natur, 25.09.2026 : Le Valais est autorisé à réguler entièrement la meute d'Augstbord
- Polizeiticker.ch, 18.09.2026 : L'OFEV autorise des tirs sur deux meutes de loups
- KORA, 03.02.2026 : Bilan 2025/2026 de la régulation du loup dans le canton du Valais
- KORA, 08.09.2023 : Tir de régulation ordonné pour la meute de loups de la région de Nanz
- La Télé, 27.04.2026 : Tir d'un loup ordonné dans la région de Visperterminen
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