Le lobby des chasseurs en Suisse : comment fonctionne l'influence
La chasse de loisir en Suisse n'est pas qu'une pratique en forêt. C'est de la politique. JagdSchweiz représente, selon ses propres indications, plus de 30’000 chasseurs et chasseuses de loisir, compte 26 sections cantonales, dispose d'un groupe parlementaire au Palais fédéral et finance, d'après ses propres chiffres, plus de 100 millions de francs par an pour des activités qu'il assume «également dans l'intérêt de l'État». Grâce à cela, la chasse de loisir finance notamment les administrations cantonales de la chasse, c'est-à-dire précisément les autorités censées contrôler ses tirs.
Tel est le schéma de base du lobby des chasseurs de loisir : une présence dans les structures qui devraient exercer la surveillance. Une influence qui se forme avant que les décisions politiques ne deviennent officielles. Des récits formulés de manière à passer pour de l'expertise. Et des données contrôlées par des acteurs proches de la chasse, qui n'ont aucun intérêt à voir émerger des constats dérangeants. Ce dossier rend ces mécanismes visibles : étape par étape, niveau par niveau.
Pour compléter et approfondir : le dossier Comment les associations de chasse influencent la politique et l'opinion publique sur la dimension européenne via la FACE, et le dossier Médias et thématiques de chasse sur le niveau linguistique de cette influence.
Ce qui vous attend ici
- Le lobbying commence par la présence, pas par la pression : comment les réseaux informels, l'ancrage social et les organes communs façonnent les décisions de politique de la chasse avant qu'elles ne deviennent officielles.
- La maîtrise du discours, principal levier : pourquoi le langage de la chasse fonctionne politiquement, qui en profite et pourquoi la critique est structurellement plus difficile à formuler.
- Le contrôle des données comme instrument de pouvoir : qui décide de ce qui est documenté, de la manière dont c'est analysé et des chiffres qui deviennent publics, et pourquoi c'est problématique sur le plan démocratique.
- La stratégie des petits pas : comment la chasse de nuit, l'usage de drones, les silencieux et l'extension des périodes de tir sont libéralisés progressivement, chaque fois présentés comme un «gain d'efficacité».
- Imbrications cantonales : quand la surveillance et l'intérêt sont incarnés par la même personne : comment le système fédéral suisse ancre les intérêts de la chasse de loisir dans les structures d'exécution.
- JagdSchweiz finance les administrations de la chasse : un conflit structurel : Ce que signifie le fait qu'une organisation de défense d'intérêts cofinance les autorités qu'elle est censée contrôler.
- Les sans-voix : qui parle pour les animaux sauvages ? Pourquoi le système politique ne représente structurellement pas les intérêts des animaux sauvages, et pourquoi cela est pertinent sur le plan éthique et démocratique.
- Ce qui devrait changer : Des revendications politiques concrètes pour plus de transparence et une surveillance indépendante.
- Argumentaire : Réponses aux contre-arguments les plus fréquents.
- Liens rapides : Tous les articles, études et dossiers pertinents.
Le lobby commence par la présence, pas par la pression
Celui qui se représente le lobbying comme une campagne de pression (interventions bruyantes, résistance ouverte, influence extérieure) sous-estime la façon dont le lobby des chasseurs de loisir fonctionne réellement en Suisse. Son mécanisme le plus efficace n'est pas la pression. C'est la présence.
Les chasseurs de loisir sont profondément ancrés dans les structures locales. On se connaît, on travaille ensemble, on siège dans les conseils communaux, les parlements cantonaux, les commissions de pompiers, les commissions forestières et les administrations de la chasse. ChasseSuisse compte 26 sections cantonales et dispose ainsi d'une présence institutionnalisée sur l'ensemble du territoire, dans tous les cantons. Cet ancrage signifie que, lorsque des questions de politique de la chasse se posent (plans de tir, périodes de chasse, nouvelles technologies, gestion du loup), les représentants de la chasse de loisir sont déjà à la table. Il n'est pas nécessaire de les y faire entrer. Ils y sont déjà.
Beaucoup de processus politiques ne sont pas «conspirateurs», mais simplement sociaux. Celui qui siège à la table influence ce qui passe pour raisonnable. Celui qui est perçu comme un «expert chevronné» façonne les questions de départ et le cadre de la discussion. Et celui qui cofinance des institutions bénéficie d'une légitimité et d'un accès dont les autres parties prenantes ne disposent pas. ChasseSuisse le dit elle-même : les chasseurs de loisir financent «aussi les administrations de la chasse dans les cantons et donc le travail des gardes-faune et des surveillants de la chasse». C'est du lobbying par participation au système : discret, durable, efficace.
Pour en savoir plus : Comment les associations de chasse influencent la politique et l'opinion publique et Lois sur la chasse et contrôle : pourquoi l'autosurveillance ne suffit pas
La maîtrise de l'interprétation, levier le plus important
Celui qui détermine le langage détermine le cadre. Ce n'est pas de la théorie. C'est le principal mécanisme d'influence du lobby des chasseurs de loisir. Pendant des décennies, les associations de chasse ont développé un inventaire de termes qu'elles ont injecté dans la communication des autorités, le langage des médias et les débats politiques, et qui fait apparaître la chasse de loisir comme une activité allant de soi et nécessaire.
« Hege » (entretien du gibier) sonne comme une attention bienveillante. « Régulation » sonne technique et nécessaire. « Gestion des effectifs » sonne professionnel. Les « dégâts » causés par les animaux sauvages sonnent objectifs, mais occultent le fait qu'il s'agit de conflits d'usage entre des intérêts humains et les besoins des animaux sauvages. « Tradition » sonne culturellement précieux et immunise contre la critique. Ces termes posent des hypothèses normatives sans les nommer. Quiconque les reprend sans esprit critique (dans des articles de presse, dans des textes d'autorités, dans des débats parlementaires) reprend du même coup la vision du monde du lobby qui les a façonnés.
Celui qui critique doit en revanche argumenter de manière plus complexe : il est question de la capacité des animaux à souffrir, de systèmes écologiques, de conflits d'intérêts, d'analyse du cadrage. C'est plus difficile à communiquer dans les médias et en politique que « Hege et tradition ». Il en résulte une asymétrie structurelle dans l'impact public : le lobby communique de façon simple, uniforme et positive sur le plan émotionnel. Ses détracteurs et détractrices doivent expliquer ce qui se cache derrière le message simple, et se voient vite étiquetés « radicaux », « anti-chasse » ou « déconnectés de la réalité ». Cette étiquette n'est pas un argument. C'est une réaction de défense destinée à remplacer la discussion.
Pour en savoir plus : Médias et sujets de chasse : comment le langage, les images et les « experts » façonnent le débat et histoires de chasseur
Le contrôle des données, un instrument de pouvoir
Le contrôle démocratique exige de la transparence. Celui qui doit être contrôlé ne doit pas déterminer lui-même les bases de ce contrôle. Dans la chasse de loisir suisse, c'est précisément ce qui se passe : des acteurs proches de la chasse déterminent dans une large mesure ce qui est documenté, comment cela est documenté et quels chiffres deviennent publics.
Exemple concret : les tirs manqués ne sont pas recensés de manière systématique. La statistique fédérale de la chasse ne compte que les animaux blessés par balle qui sont retrouvés morts par la suite (en 2025, par exemple, 101 chevreuils et 64 renards) ; aucune statistique ne recense combien s'échappent blessés (Statistique de la chasse en Suisse 2025). Les infractions à la protection animale lors de l'exercice de la chasse ne sont soumises à aucune obligation de déclaration uniforme. Les estimations des populations d'animaux sauvages, sur la base desquelles les quotas de tir sont fixés, sont souvent établies avec la participation d'administrations de la chasse de loisir. L'efficacité de mesures alternatives de gestion de la faune n'est pas documentée dans un format comparable aux statistiques de chasse.
Le résultat est une asymétrie d'information structurelle, politiquement efficace : JagdSchweiz peut s'appuyer sur des chiffres qui correspondent à ses positions. Celui qui critique ne trouve souvent aucun chiffre contraire, non pas parce que la réalité serait meilleure, mais parce qu'il n'existe pas d'enquêtes indépendantes. Lorsqu'un système se surveille lui-même, un problème de crédibilité apparaît. Ce n'est pas un reproche adressé à des personnes en particulier. C'est une faiblesse structurelle qu'il faudrait corriger politiquement.
Pour en savoir plus : Surveillance indépendante de la chasse : contrôle externe plutôt qu'autocontrôle (intervention type) et Mythes de la chasse : 12 affirmations à examiner d'un œil critique
La stratégie des petits pas
En Suisse, les lois sur la chasse sont rarement réécrites de fond en comble. Ce sont le plus souvent des points isolés qui sont adaptés : allègements techniques, périodes de tir élargies, nouveaux moyens auxiliaires. Prise isolément, chaque modification paraît minime. Ensemble, elles déplacent la limite de ce qui est considéré comme normal et légitime.
Exemples concrets tirés de la révision de la loi sur la chasse (Parlement, décembre 2022) et de l'ordonnance sur la chasse (Conseil fédéral, décembre 2024), toutes deux en vigueur depuis le 1er février 2025 : les silencieux ont été retirés de la liste des moyens auxiliaires interdits et sont donc autorisés au regard du droit de la chasse ; seule une autorisation relevant de la législation sur les armes reste nécessaire. Des interdictions de chasse nocturne en forêt ont été introduites, mais des dérogations cantonales ont été créées en parallèle, permettant des tirs nocturnes ciblés pour la « prévention des dégâts ». Dans le canton de Berne, les chasseurs de loisir peuvent déjà chasser de nuit depuis des années pendant des périodes de pleine lune définies. Dans le canton de Zurich, le Conseil d'État a décidé, au 18 juin 2025, une modification de l'ordonnance cantonale sur la chasse qui apporte de nouveaux ajustements de la pratique cynégétique.
Ces mesures sont présentées une à une comme un « gain d'efficacité », une « adaptation à la pratique » ou une « réduction de la bureaucratie ». Ce qu'elles signifient au total est rarement débattu : un élargissement progressif de la marge de manœuvre des chasseurs, assorti d'une réduction simultanée des possibilités de contrôle de l'État. C'est la stratégie des petits pas, et elle fonctionne parce que chaque mesure prise isolément paraît trop anodine pour susciter un débat public.
Pour en savoir plus : Chasse nocturne et technologie cynégétique et La chasse de loisir commence au bureau
Interdépendances cantonales : quand la surveillance et l'intérêt se confondent en une seule personne
La Suisse connaît trois systèmes de chasse : la chasse à territoire, la chasse à patente et la chasse d'État. Dans les cantons à territoires (dont Zurich, Argovie, Lucerne, Soleure et Saint-Gall), les communes politiques louent le droit de chasse à des sociétés de chasse. Ces sociétés sont à la fois utilisatrices et gestionnaires : elles chassent et sont chargées de la « gestion » de la population sauvage. Elles sont contrôlées par les administrations cantonales de la chasse et par des surveillants de la chasse.
Le problème structurel : dans de nombreux cantons, les surveillants de la chasse sont eux-mêmes des chasseurs de loisir. Les commissions cantonales spécialisées en matière de chasse sont souvent composées de personnes proches du milieu de la chasse de loisir. L'exécution, le conseil et la défense des intérêts sont entre les mêmes mains, ou entre des mains étroitement liées par des réseaux sociaux. Cela crée le même problème structurel qu'un secteur financier qui se régule lui-même : il manque la distance institutionnelle qui seule rend possible un contrôle indépendant. Dans le canton des Grisons, l'Office de la chasse et de la pêche a enregistré chaque année, de 2012 à 2020, plus de 1 000 amendes d'ordre et dénonciations à l'encontre de chasseurs de loisir ; depuis 2021, il ne publie plus ce chiffre (Des milliers d'infractions à la chasse, à peine des condamnations pour cruauté envers les animaux). Cela montre ce qui devient visible lorsque le contrôle n'est pas totalement absent, et à quel point la part non détectée doit être importante si même un contrôle partiel livre de tels chiffres.
Pour en savoir plus : Haute chasse aux Grisons : contrôle et conséquences pour les chasseurs de loisir et Chasseurs de loisir : rôle, pouvoir, formation et critiques
ChasseSuisse finance les administrations de la chasse : un conflit structurel
ChasseSuisse communique ouvertement que les chasseurs et chasseuses de loisir « dépensent chaque année plus de 100 millions de francs pour une tâche qu'ils accomplissent aussi dans l'intérêt de l'État ». Sont explicitement mentionnés le financement des administrations de la chasse dans les cantons et le travail des gardes-faune et des surveillants de la chasse.
Il s'agit d'un conflit d'intérêts structurel d'une importance fondamentale : une organisation de défense d'intérêts qui vit de la mise à mort d'animaux sauvages et paie pour cela finance en même temps les structures censées surveiller cette activité. C'est comme si l'industrie pharmaceutique cofinançait directement l'autorité de surveillance des produits thérapeutiques tout en se présentant comme un « partenaire d'intérêt public ». Dans d'autres domaines réglementés, ce conflit d'intérêts serait immédiatement identifié comme une faiblesse systémique et corrigé. Dans la chasse de loisir, il passe pour un élément allant de soi de la tradition.
Transparency International Suisse a documenté précisément ce schéma pour le lobbying suisse en général : influence occulte, liens délicats, accès privilégié sans transparence suffisante. La chasse de loisir en est l'un des exemples les plus clairs, mais elle n'a presque jamais été désignée comme telle dans le débat public.
Pour en savoir plus : Crise de la chasse en Europe : la FACE se bat pour des tirs, la Suisse reste dans l'ombre et Secte : les chasseurs de loisir
Les sans-voix : qui parle pour les animaux sauvages ?
La question décisive de la politique de la chasse de loisir est celle que l'on pose le plus rarement : qui parle pour les animaux sauvages ? Les animaux sauvages n'ont pas de voix. Ils ne sont pas membres d'associations, ne se présentent pas aux commissions et ne déposent pas de réponses à des consultations. Dans un système politique fondé sur des intérêts organisés, ils ne sont structurellement pas représentés.
Cela signifie que lorsque les intérêts des animaux sauvages sont portés dans l'espace politique, c'est soit par des organisations de protection animale (qui ont structurellement moins d'accès aux autorités et aux médias que ChasseSuisse), soit par les représentants de la chasse de loisir eux-mêmes, qui prétendent agir « dans l'intérêt des animaux sauvages ». Cette affirmation constitue un conflit d'intérêts de la nature la plus évidente : l'acteur qui tue se présente en même temps comme le porte-parole de la nature. Celui qui abat chaque année quelque 125 000 animaux sauvages (statistique fédérale de la chasse 2025 : 124 601 tirs) prétend gérer leur bien-être.
Ce n'est pas seulement problématique sur le plan éthique. C'est problématique sur le plan démocratique. Une société qui désigne la biodiversité, la protection animale et la protection des écosystèmes comme des valeurs communes ne peut pas confier la défense de ces valeurs à un acteur dont les intérêts économiques, sociaux et émotionnels sont en contradiction directe avec elles. Les animaux sauvages ont besoin d'une représentation indépendante dans le système politique : par la recherche sur la faune sauvage, par des organisations de protection animale disposant d'un accès institutionnellement équivalent aux commissions et aux autorités, et par des structures politiques qui intègrent systématiquement les intérêts des animaux sauvages au lieu de les occulter structurellement.
Pour en savoir plus : Introduction à la critique de la chasse et Chasse et biodiversité : la chasse de loisir protège-t-elle vraiment la nature ?
Ce qui devrait changer
- Séparation entre représentation d'intérêts et financement de l'exécution : Les associations de chasse ne doivent pas cofinancer les administrations de la chasse. La surveillance de la chasse de loisir doit être entièrement financée par des fonds publics, sans dépendance financière vis-à-vis du groupe d'intérêts contrôlé. Intervention type : Surveillance indépendante de la chasse : contrôle externe plutôt qu'autocontrôle
- Divulgation de tous les cumuls de fonctions dans les organes de politique cynégétique : Quiconque est à la fois responsable d'une association et membre d'une commission cantonale spécialisée en matière de chasse doit déclarer ce double rôle lors de chaque séance pertinente et se récuser en cas de conflits d'intérêts substantiels.
- Collecte indépendante des données cynégétiques : Les tirs manqués, les infractions à la protection animale, les estimations des populations d'animaux sauvages et les preuves d'efficacité doivent être établis par des institutions indépendantes et publiés sans la participation du lobby de la chasse de loisir.
- Composition paritaire des commissions cantonales de la chasse : Outre les représentants de la chasse de loisir, des biologistes de la faune sauvage, des éthologues, des organisations de protection animale et des représentants de la population critiques à l'égard de la chasse doivent siéger au sein des commissions spécialisées sur un pied d'égalité structurelle. Intervention type : Textes types pour des interventions critiques envers la chasse
- Registre de transparence pour le lobbying en matière de politique cynégétique : Sur le modèle du registre de transparence de l'UE, il faut documenter quelles personnes et quelles organisations influencent les décisions de politique cynégétique, et avec quelles ressources.
- Remise en question de la stratégie des petits pas : Toute modification de la loi ou de l'ordonnance sur la chasse doit faire l'objet d'une évaluation indépendante de ses conséquences, intégrant systématiquement la protection animale, la biodiversité et les conflits d'intérêts.
Argumentaire
«Les associations de chasse représentent les intérêts de leurs membres, démocratiquement légitimés.» Oui. Quelque 29’000 personnes pratiquant la chasse (statistique fédérale de la chasse 2025 : 29’328) ont le droit d'être représentées. Mais la légitimité démocratique ne protège pas des conflits d'intérêts. Et 29’000 personnes représentent environ 0,3 pour cent de la population. Si leurs intérêts sont structurellement mieux ancrés dans le système politique que ceux des 99,7 pour cent restants, il s'agit d'un problème structurel de démocratie, et non d'un signe de bonne santé démocratique.
«Sans les chasseurs de loisir, l'État fait défaut : ils remplissent un mandat public.» C'est le récit propre du lobby de la chasse de loisir. Un mandat public justifie des ressources, un accès et un droit de parole, mais il exige aussi de la transparence, un contrôle indépendant et la disposition à accepter que ce mandat soit remis en question. Quiconque revendique un mandat public doit aussi accepter de rendre des comptes publiquement.
«Les associations de chasse sont petites et ne peuvent pas mener un lobbying d'envergure.» ChasseSuisse coordonne 26 sections cantonales, siège au comité de la FACE à Bruxelles, entretient un groupe parlementaire au Palais fédéral et finance, selon ses propres déclarations, des administrations de la chasse dans les cantons. Ce n'est pas un petit lobby. C'est une organisation d'intérêts professionnelle, solidement ancrée dans les institutions, avec un accès direct aux structures d'exécution.
«Critiquer le lobby des chasseurs de loisir, c'est de l'hostilité généralisée envers la chasse.» Ce dossier n'est pas dirigé contre des chasseurs de loisir pris individuellement. Il analyse des structures : contrôle des données, cumul de rôles, financement de l'exécution, cadrage du débat, groupes parlementaires. Ces structures sont documentées, accessibles au public et constituent un objet légitime d'analyse politique. Qualifier la critique structurelle d'«hostilité à la chasse», c'est remplacer les arguments de fond par une parade d'étiquettes.
Liens rapides
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Notre exigence
Le lobbying va de soi en démocratie. Mais un lobbying qui cofinance des structures d'exécution, masque le cumul de rôles, contrôle des données et fait passer des positions d'intérêt pour une expertise neutre pose problème sur le plan démocratique, quelle que soit la branche qui le pratique. Dans la chasse de loisir, ces mécanismes ont des conséquences particulièrement lourdes, car les décisions qui en résultent touchent chaque année la vie et la mort de dizaines de milliers d'animaux sauvages.
IG Wild beim Wild rend ces structures visibles. Non pas pour susciter l'indignation, mais pour garantir la traçabilité. Une démocratie qui prend au sérieux la protection de la faune et la biodiversité doit savoir qui influence les règles selon lesquelles les animaux sauvages ont le droit de vivre et de mourir, de quelle manière et dans quel but. Qui parle pour les animaux sauvages ? Cette question est au cœur du sujet. Et la réponse que donne le système actuel est insatisfaisante.
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Plus d'informations sur la chasse de loisir : dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.






