09.10.2026, 15:37

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Initiative populaire cantonale : canton de Thurgovie

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

En vertu de l'article 26 de la Constitution du canton de Thurgovie du 16 mars 1987 et de la loi sur les droits politiques

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, habilitées à voter dans le canton de Thurgovie, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Thurgovie du 16 mars 1987 est complétée par le paragraphe suivant :

§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Thurgovie. Les baux de chasse existants ne seront pas renouvelés.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.

3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 Le canton indemnise équitablement les communes concernées pour la perte des recettes liées au bail de chasse pendant une période transitoire de cinq ans.

7 La loi règle les modalités.

§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les baux de chasse existants prennent fin au plus tard cinq ans après l'entrée en vigueur de la législation d'exécution. Les communes qui perdent des recettes liées au bail de chasse sont indemnisées équitablement pendant la période transitoire.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton de Thurgovie, canton à caractère rural comptant près de 300'000 habitantes et habitants sur une surface de 991 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni à la protection des espèces ni à une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La Thurgovie est un canton pratiquant la chasse à territoire. Les réserves de chasse sont affermées par les communes à des sociétés de chasse privées. Les fermiers versent une redevance de bail et chassent à leur compte en tant qu'activité de loisir. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les fermiers n'assument aucune responsabilité écologique sur le territoire, mais agissent dans le cadre des plans de tir cantonaux, qui sont avant tout orientés vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (voir la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Thurgovie ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces animales sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors causant des dommages importants (art. 9d OChP). Le harle bièvre est lui aussi soumis à une pression croissante. La Thurgovie est un canton riverain du lac de Constance : le lac de Constance et la vallée de la Thur sont des zones humides d'importance internationale pour les oiseaux d'eau. Le paragraphe sur la protection des espèces revêt ici une pertinence particulière (voir le analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Thurgovie a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces sauvages menacées à l'échelle cantonale.

2. Le modèle : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

  • La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30’000. C'est pour la Thurgovie l'argument central : si la suppression de la chasse de loisir au bord du Léman a multiplié les oiseaux d'eau de quelques centaines à 30’000, quel potentiel a le lac de Constance ? Le lac de Constance est déjà l'une des zones d'oiseaux d'eau les plus importantes d'Europe. Sans chasse de loisir, il pourrait devenir encore plus important.
  • Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse. La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux.
  • L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
  • Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élève à environ 1,2 million de francs par an, réparti en environ 600'000 francs pour le personnel (soit environ trois postes à temps plein, répartis entre une douzaine d'agents de l'environnement), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.

L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune sauvage depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée figure dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est la préservation de populations d'animaux sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir. À l'inverse, la chasse de loisir poursuit, de par son système même, l'intérêt de garantir sa propre raison d'être par des populations élevées d'espèces chassables (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets afin que les chevreuils et les lièvres ne rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique le montre : la coexistence est une question de volonté, et non de possibilité technique.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante, composée d'associations de protection des animaux et de la nature, de scientifiques et d'autorités, empêche que la pression politique de certains groupes d'intérêt ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre résolument ce mécanisme de protection en inscrivant dans la constitution l'obligation d'approbation par la commission de la faune sauvage.

Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études l'atteste : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi la Thurgovie ?

Le canton de Thurgovie se prête particulièrement bien, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :

Le lac de Constance comme zone d'oiseaux d'eau d'importance internationale.Le lac de Constance est l'une des zones de repos les plus importantes pour les oiseaux migrateurs en Europe. Au bord du Léman, la suppression de la chasse de loisir a multiplié le nombre d'oiseaux d'eau hivernants, passant de quelques centaines à environ 30’000. Le lac de Constance recèle le même potentiel. L'article sur la protection des espèces de l'initiative protège en particulier le harle bièvre, qui subit une pression croissante, ainsi que d'autres espèces d'oiseaux d'eau.

Topographie du Mittelland.La Thurgovie est majoritairement plate à vallonnée (Plateau suisse), ses plus hautes élévations dans l'arrière-pays thurgovien restant en dessous de 1’000 mètres. Elle ne possède pas de zones alpines. La topographie est directement comparable à celle de Genève. L'argument selon lequel le modèle genevois ne fonctionnerait que dans un canton urbain ne tient pas en Thurgovie : la Thurgovie est à caractère rural et présente une structure paysagère similaire à celle de Genève, avec rives de lac, cours d'eau et arboriculture fruitière.

Canton d'arboriculture fruitière.La Thurgovie compte parmi les cantons d'arboriculture fruitière les plus importants de Suisse. La coexistence entre animaux sauvages et arboriculture fruitière constitue l'un des défis centraux. Genève a montré que cette coexistence fonctionne mieux avec une gestion professionnelle de la faune qu'avec la chasse de loisir : les arbres fruitiers sont protégés par des filets et des grillages de protection, et non par des tirs massifs.

4’000 signatures en 6 mois. Le délai de récolte de 6 mois est serré. Avec près de 300'000 habitants, 4'000 signatures ne représentent toutefois qu'environ 1,3 pour cent de la population. À Frauenfeld, Kreuzlingen, Arbon, Amriswil et Weinfelden, la récolte peut se faire efficacement.

Castors sur la Thur et la Sitter. Le castor est documenté le long de la Thur et de ses affluents. Depuis février 2025, il peut être tiré dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).

Le parallèle lac Léman-lac de Constance comme fil conducteur de la communication. Le parallèle entre le lac Léman et le lac de Constance constitue l'argument de communication le plus fort pour la Thurgovie : deux grands lacs, une importance écologique similaire, et sur le lac Léman, l'interdiction de la chasse a multiplié la biodiversité. Ce qui fonctionne sur le lac Léman fonctionne aussi sur le lac de Constance.

5. Sur le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune

Alinéa 1 : Interdiction de la chasse de loisir et expiration des baux de chasse

L'interdiction de la chasse à territoire par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément l'organisation de l'exercice de la chasse aux cantons (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, conformément au droit fédéral. L'ajout « les baux de chasse existants ne seront pas renouvelés » est spécifique aux cantons pratiquant la chasse à territoire : il garantit que le changement de système se déroule de manière ordonnée et que les engagements contractuels existants sont respectés.

Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage

À la place des chasseuses et chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage, formé-e-s professionnellement et employé-e-s par le canton, assument l'ensemble des tâches liées à la gestion de la faune sauvage et, si nécessaire, à la régulation des populations. Ces professionnel-le-s disposent d'une formation biologique ou en écologie de la faune plus approfondie et agissent sur une base scientifique et dans l'intérêt public. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio

La principale nouveauté par rapport au système actuel : le tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers en moyenne sont abattus chaque année par les gardes-faune (selon les statistiques de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et afin de préserver la stabilité sociale des compagnies.

Alinéa 4 : commission de la faune sauvage

La commission indépendante pour la faune sauvage s'inspire de la commission genevoise de régulation de la faune (Commission consultative de régulation de la faune). Elle garantit aux associations de protection des animaux et de la nature un droit de regard sur les décisions de régulation et empêche que le gouvernement n'accorde des dérogations de manière autonome, sous la pression de groupes d'intérêts. L'intégration de la science assure que les décisions reposent sur des données probantes et non sur les mythes idéologiques de la chasse, avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique depuis des décennies.

Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence

Ce paragraphe ancre dans la constitution la ligne directrice de la protection professionnelle de la faune : la nature se régule largement elle-même lorsque l'être humain n'intervient pas dans la dynamique des populations par des tirs massifs. En Thurgovie, la promotion de la coexistence comprend notamment la sécurisation et la mise en réseau des corridors fauniques le long de la Thur et des rives du lac de Constance, la valorisation écologique des zones humides et des vergers, ainsi que la sensibilisation de la population au comportement à adopter envers les animaux sauvages.

Alinéa 6 : indemnisation des communes

Ce paragraphe est spécifique aux cantons pratiquant la chasse à territoire. Les communes thurgoviennes qui louent aujourd'hui des réserves de chasse perçoivent des recettes de bail. La suppression de ces recettes sera compensée de manière appropriée durant une période transitoire de cinq ans. Les recettes de bail par commune sont généralement modestes et s'élèvent typiquement à quelques milliers de francs par an. Par rapport aux budgets communaux, ce montant est marginal.

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires professionnels de la faune et constituer la commission de la faune. La clause transitoire de cinq ans pour les baux de chasse existants respecte la protection de la confiance accordée aux locataires. L'office actuel de la chasse et de la pêche peut servir de base institutionnelle.

6. Sur le deuxième paragraphe : protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

Le deuxième paragraphe est particulièrement pertinent pour la Thurgovie. Le lac de Constance et la vallée de la Thur sont des zones d'importance internationale pour les oiseaux d'eau. Le harle bièvre, une espèce protégée par le droit fédéral, subit une pression politique croissante. Le castor est documenté sur la Thur et ses affluents, et son tir est autorisé depuis février 2025. Le paragraphe sur la protection des espèces ancre dans la constitution la renonciation aux demandes de régulation.

La formulation «notamment» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral. Elle garantit que la protection cantonale s'applique automatiquement aussi aux espèces que le législateur fédéral placera à l'avenir sous protection ou inscrira sur une liste de régulation, sans qu'une modification constitutionnelle soit nécessaire (voir l'analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : budget concret pour la Thurgovie

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec ses 282 km² est environ trois fois et demie plus petite que la Thurgovie et compte environ 500'000 habitants, les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600'000 francs pour le personnel, environ 250'000 francs pour la prévention et environ 350'000 francs pour les dédommagements.

Extrapolation pour la Thurgovie

Pour la Thurgovie, avec une superficie de 991 km² et près de 300'000 habitants, on obtient l'estimation de coûts réaliste suivante :

Frais de personnel : 480'000 à 700'000 francs par an. Il faut 4 à 5 postes à plein temps pour des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Un poste à plein temps au service cantonal coûte environ 120'000 à 140'000 francs par an, charges sociales et frais annexes employeur compris. La Thurgovie est environ trois fois et demie plus grande que Genève, mais topographiquement plus simple (Plateau, pas de montagnes alpines).

Frais de matériel : 100'000 à 150'000 francs par an. Il s'agit notamment de l'équipement, des véhicules, des dispositifs d'effarouchement, de l'infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), des mesures de protection constructives, des clôtures électriques et du travail d'information publique.

Dédommagements : 80'000 à 150'000 francs par an. Principalement des dégâts causés par les sangliers à l'agriculture, des dégâts d'abroutissement en arboriculture et des dégâts causés par les castors aux cours d'eau.

Coûts totaux : 660'000 à 1'000'000 de francs par an (bruts). Cela correspond à environ 2.20 à 3.40 francs par habitant et par an.

Économies

En contrepartie, il y a des économies : le canton n'a plus besoin de gérer des contrats de bail de chasse, de faire passer des examens de chasse, d'établir des plans de tir ni d'organiser la surveillance de la chasse. Les ressources actuellement affectées à ces tâches au sein de l'office de la chasse et de la pêche peuvent être en partie réaffectées.

Recettes supprimées

Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes locatives de la chasse à territoire, estimées entre 300'000 et 500'000 francs par an et revenant actuellement aux communes thurgoviennes, disparaissent. Ce montant est marginal dans le budget cantonal global (cf. dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

8. Au sujet du processus de l'initiative dans le canton de Thurgovie

Dans le canton de Thurgovie, une initiative populaire au niveau constitutionnel nécessite la collecte de 4'000 signatures dans un délai de 6 mois à compter de la publication dans la feuille officielle (§ 26 al. 1 et 2 Cst. TG). La demande peut être déposée sous forme de projet rédigé de toutes pièces (§ 26 al. 3 Cst. TG). Chaque liste de signatures doit en outre comporter une clause de retrait (§ 71 al. 2 ch. 6 LDP TG). L'initiative est ensuite soumise au vote du Grand Conseil et du peuple.

Les 4'000 signatures peuvent être recueillies à Frauenfeld, Kreuzlingen, Arbon, Amriswil et Weinfelden. Ce sont les cinq plus grandes villes du canton de Thurgovie. Avec un système de collecte professionnel, cet objectif est atteignable.

9. Intégration stratégique

L'initiative thurgovienne s'inscrit dans une stratégie nationale : des initiatives populaires en faveur d'une protection professionnelle de la faune sont lancées de manière coordonnée dans plusieurs cantons. Des mesures coordonnées au niveau national créent des synergies au niveau de l'argumentation, du travail médiatique et du positionnement politique. La Thurgovie se prête bien à un rôle de canton pilote pour la région du lac de Constance.

10. Suite de la démarche

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux conditions du canton de Thurgovie.

La prochaine étape consiste à constituer un comité d'initiative dans le canton de Thurgovie, composé de personnes issues de différentes communes du canton, avec des personnes ayant le droit de vote en Thurgovie. Le comité assure le portage de l'initiative et lui confère une légitimité politique.

La base juridique, l'argumentation politique, le cadre de communication et le budget sont posés par ce document. Le comité d'initiative peut commencer directement sa mise en œuvre.

Initiatives populaires cantonales : autres cantons

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux conditions du canton de Thurgovie.

Faits sur le lobby de la chasse de loisir

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