Initiative populaire cantonale : canton de Fribourg
«Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé de toutes pièces / Initiative constitutionnelle rédigée de toutes pièces
Sur la base des art. 41 et 42 de la Constitution du canton de Fribourg du 16 mai 2004 et de la loi sur l'exercice des droits politiques
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Remarque : le canton de Fribourg est bilingue. Pour le dépôt, le texte de l'initiative doit être disponible en allemand et en français. La version française doit être validée par un juriste avant le dépôt.
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Fribourg, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton de Fribourg du 16 mai 2004 est complétée par l'article suivant :
Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1L'exercice de la chasse par des particuliers (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Fribourg.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
6 La loi règle les modalités.
Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans après l'acceptation de cette modification constitutionnelle.
2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase de transition.
Explications
1. Situation initiale
Dans le canton de Fribourg, canton bilingue situé à la frontière entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, comptant environ 330'000 habitantes et habitants sur une superficie de 1'671 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle, sans la chasse de loisir, l'équilibre écologique s'effondrerait est démentie empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).
La chasse de loisir est organisée à Fribourg sous forme de chasse à patente. Des particuliers acquièrent un patente cantonal et chassent sans responsabilité fixe sur un territoire. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les détenteurs de patente n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux, orientés en priorité vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Parallèlement, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. La révision de la loi sur la chasse de décembre 2022 a introduit la régulation préventive du loup. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dégâts importants (art. 9d OChP). La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, la loutre et le harle bièvre ne cesse de croître. Le canton de Fribourg est directement concerné par le retour du loup : la présence du loup est documentée dans les Préalpes fribourgeoises (Gruyère, Lac-Noir). Le lynx est établi dans le canton. Le castor colonise la Sarine et ses affluents (cf. le analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).
Le canton de Fribourg a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces d'animaux sauvages menacées au niveau cantonal. En tant que canton bilingue situé sur la frontière des langues, ce signal aurait une fonction de pont entre la Romandie et la Suisse alémanique.
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.
Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
- La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
- La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La population évolue à une densité supportable pour la surface forestière.
- L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
- Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élève à environ 1,2 million de francs par an, réparti en environ 600'000 francs pour le personnel (soit environ trois postes à temps plein, répartis entre une douzaine d'agents de l'environnement), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.
L'ancien inspecteur cantonal de la faune genevois Gottlieb Dandliker (2001 à 2025) a qualifié l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative la plus avantageuse financièrement pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com. Pour la partie francophone du canton, la proximité culturelle et linguistique avec Genève constitue un avantage particulier : l'expérience genevoise est directement accessible.
L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir
L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :
Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est le maintien de populations sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que si toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, le déplacement, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets pour empêcher les chevreuils et les lièvres de ronger l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre l'obligation d'autorisation dans la Constitution.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études l'atteste : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.
4. Pourquoi Fribourg ?
Le canton de Fribourg se prête particulièrement bien, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :
Canton bilingue faisant le pont. Fribourg est bilingue : environ deux tiers de la population parlent français, un bon quart l'allemand. L'initiative relie le débat de Suisse alémanique et celui de Suisse romande à la frontière des langues. Dans la partie francophone du canton, l'expérience genevoise est directement accessible sur le plan culturel et linguistique. Dans le district germanophone de la Singine et dans le district du Lac, l'initiative peut s'appuyer sur les expériences de la série d'initiatives de Suisse alémanique. Fribourg est, avec Berne et le Valais, le seul canton pouvant servir de pont entre les régions linguistiques.
Politique du loup en Gruyère. Le loup est documenté dans les Préalpes fribourgeoises (Gruyère, Lac Noir). Les tirs de loups controversés ont politisé le débat. L'initiative offre une réponse constitutionnelle : une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que des tirs motivés politiquement (voir politique du loup sur wildbeimwild.com).
Lynx dans les Préalpes. Le lynx est présent naturellement dans le canton et régule de manière naturelle la population de chevreuils. Une gestion professionnelle de la faune sauvage protège le lynx et exploite sa fonction écologique.
Castor sur la Sarine. Le castor est documenté le long de la Sarine et de ses affluents. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages importants. L'initiative protège le castor dans le canton (voir wildbeimwild.com sur les prédateurs).
6'000 signatures en 90 jours. Avec 330'000 habitants, 6'000 signatures représentent 1,8 pourcent de la population. À Fribourg, Bulle, Morat, Guin et Villars-sur-Glâne, la récolte peut s'organiser efficacement. La récolte doit être organisée dans les deux langues.
Chasse à patente = simple changement de système. Pas de baux de chasse, pas d'indemnisation communale. Les patentes existantes s'éteignent et les taxes déjà payées sont remboursées au prorata.
Proximité avec Genève. Fribourg ne borde pas directement Genève, mais la proximité culturelle de la Romandie rend l'expérience genevoise immédiatement pertinente pour la partie francophone du canton. «Genève le fait depuis 50 ans» n'est pas ici une référence abstraite, mais un voisinage vécu.
5. Sur le texte de l'initiative
Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir
L'interdiction de la chasse à patente par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse explicitement aux cantons l'organisation de l'exercice de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont de valeur équivalente. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, en conformité avec le droit fédéral. Contrairement aux cantons pratiquant la chasse à territoire, aucun bail de chasse ne doit être résilié à Fribourg et aucune commune ne doit être indemnisée.
Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage
À la place des chasseurs et chasseuses de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage formés professionnellement, au service du canton, assument toutes les tâches de soin de la faune sauvage et, si nécessaire, de régulation des effectifs. Ce système a fait ses preuves à Genève depuis plus de 50 ans.
Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio
Le tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus chaque année par les gardes-faune (selon la statistique de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux meneurs étant explicitement épargnés.
Alinéa 4 : commission de la faune sauvage
La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature disposent d'un droit de regard et empêche que le Conseil d'État n'autorise seul des exceptions. L'implication de la science garantit des décisions fondées sur des preuves scientifiques (voir Mythes sur la chasse passés au crible).
Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence
La promotion de la coexistence comprend à Fribourg notamment la sécurisation et la mise en réseau des corridors fauniques le long de la Sarine et de ses affluents, la valorisation écologique des paysages préalpins en Gruyère et l'information de la population sur le comportement à adopter envers les animaux sauvages.
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires professionnels de la faune sauvage et constituer la commission de la faune. Le Service des forêts et de la nature (SFN) existant peut servir de base institutionnelle.
6. Sur le second article : protection des espèces animales sauvages menacées et protégées
Le deuxième article est particulièrement pertinent pour Fribourg. Le loup est présent dans les Préalpes. Le lynx est établi dans le canton. Le castor colonise la Sarine. La formulation « notamment » est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège également les futurs animaux de retour, en particulier la loutre, dont le retour en Suisse romande est attendu (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Conséquences financières : budget concret pour Fribourg
Le budget de référence genevois
À Genève, qui avec 282 km² est environ six fois plus petit que Fribourg et compte environ 500'000 habitants, les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600'000 francs pour le personnel, environ 250'000 francs pour la prévention et environ 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages.
Extrapolation conservatrice pour Fribourg
Pour Fribourg, avec une superficie de 1'671 km² et environ 330'000 habitants, on obtient l'estimation des coûts délibérément conservatrice suivante. Celle-ci calcule de manière généreuse et tient compte des régions préalpines (Gruyère, Lac Noir, Jaun), de la mise en place de la protection des troupeaux et de la gestion de transition :
Coûts de personnel : 720'000 à 1'260'000 francs par an. Il faut 6 à 9 postes à plein temps. Un poste à plein temps dans le service cantonal coûte, charges sociales et frais annexes d'employeur inclus, environ 120'000 à 140'000 francs par an. Fribourg est environ six fois plus grand que Genève et présente une topographie variée : Plateau au nord, Préalpes au sud (Gruyère, Lac Noir, Jaun). Le loup est documenté dans le canton et nécessite une gestion spécialisée des prédateurs.
Coûts matériels : 150'000 à 260'000 francs par an. Équipement, véhicules, infrastructure de monitoring, matériel de protection des troupeaux, mesures de protection constructives et travail d'information publique dans les deux langues (allemand et français).
Indemnisation des dommages : 80'000 à 200'000 francs par an.
Investissement de démarrage pour la protection des troupeaux : 400’000 à 700’000 francs. Investissement unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour la Gruyère et la région du Lac Noir sur trois à cinq ans : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation des bergers. Pas nécessaire dans le Plateau fribourgeois.
Coûts totaux : 950'000 à 1'720'000 francs par an (bruts, sans l'investissement initial unique pour la protection des troupeaux). Cela correspond à environ 2.90 à 5.20 francs par habitant et par an.
Reproduction compensatoire et gestion de transition
La reproduction compensatoire (le taux de reproduction artificiellement augmenté par la pression de chasse) concerne également le canton de Fribourg. Après le changement de système, une gestion de transition ciblée est nécessaire durant les trois à cinq premières années, ce qui est déjà pris en compte dans le nombre plus élevé de postes (voir études sur wildbeimwild.com).
Économies et financement compensatoire
Cela s'accompagne d'économies considérables : plus d'examens de chasse, plus de gestion des patentes, plus de planification des tirs, plus de surveillance de la chasse. S'ajoutent les coûts liés aux tirs de loups (interventions en hélicoptère, coordination, procédures juridiques).
Recettes supprimées
Avec la suppression de la chasse de loisir, les taxes de patente, estimées entre 700'000 et 1'000'000 de francs par an, disparaissent. En contrepartie, les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de la faune, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charge administrative, interventions policières et judiciaires) devraient largement dépasser ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps accomplissent le même travail, en mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse de régulation basée sur le folklore des chasseurs ou une «expérience de la nature» mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul des coûts complets montre que la chasse de milice coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne rapporte (voir «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
L'Les coûts supplémentaires nets devraient se situer entre 500'000 et 1'100'000 francs par an, ce qui correspond à environ 1.50 à 3.35 francs par habitant , ce qui équivaut à moins d'un café par personne et par an, même en comptant large. Pour un canton dont les dépenses totales dépassent 4 milliards de francs, cela représente moins de 0.03 pour cent (voir Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
8. Compatibilité avec le droit supérieur
Premier article : abolition de la chasse de loisir
L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément aux cantons le soin de réglementer le droit de chasse, le système de chasse, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une contestation au regard du droit fédéral en plus de 50 ans.
Deuxième article : protection des espèces protégées
L'art. 7a JSG permet aux cantons de procéder à une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 JSG. Le renoncement ne contrevient ni au droit fédéral ni à la Convention de Berne.
Unité de la matière
L'initiative respecte l'unité de la matière, puisque l'ensemble des dispositions des deux articles se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.
9. Anticipation des objections prévisibles
«Fribourg a des Préalpes et une économie alpestre, le modèle genevois ne convient pas»
Les faits : Genève possède elle aussi un arrière-pays rural avec viticulture et agriculture. La plus grande partie du canton de Fribourg est constituée de Plateau (district du Lac, district de la Singine, Broye) et est directement comparable à Genève. Les Préalpes (Gruyère) sont moins densément peuplées, avec moins de zones de conflit. L'économie alpestre nécessite une protection professionnelle des troupeaux, pas la chasse de loisir. La protection des troupeaux est déjà assurée aujourd'hui par des professionnels et non par des chasseuses et chasseurs de loisir (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg).
Formule communicative courte : «Le Plateau fribourgeois est le même paysage que Genève. Et dans les Préalpes, il faut une protection professionnelle des troupeaux, pas la chasse de loisir.»
«Le loup a besoin de la chasse de loisir»
Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans. Une gestion professionnelle de la faune sauvage permet au loup d'exercer sa fonction écologique, tout en protégeant les troupeaux d'animaux de rente grâce à une prévention professionnelle.
Formule communicative courte : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.»
«Les coûts augmentent, c'est finalement le contribuable qui paie»
Les faits : 1.50 à 3.35 francs par habitant et par an. Dans la fourchette du niveau genevois. Genève le fait depuis 50 ans, avec 2.40 francs par habitant, et n'a jamais aboli l'interdiction.
Formule communicative courte : «Environ 2 à 3 francs par personne et par an. Comparable à Genève. Et Genève n’a jamais aboli l’interdiction.»
10. Résumé
Cette initiative donne à la population fribourgeoise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection complète des espèces menacées. Le premier article s'inspire du modèle genevois, éprouvé depuis plus de 50 ans, et remplace la chasse de loisir par une protection professionnelle de la faune sauvage. Le deuxième article protège en particulier le loup en Gruyère, le lynx dans les Préalpes et le castor sur la Sarine. En tant que canton bilingue situé sur la frontière linguistique, Fribourg joue un rôle de pont unique : l'initiative relie l'expérience genevoise de la Romandie au débat alémanique.
Comité d'initiative «Für professionellen Wildtierschutz» / «Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton de Fribourg)
Adresse de contact : [adresse du comité]
Annexe : documentation complémentaire
Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative et sont disponibles en annexe :
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages.
La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse de loisir dans le canton FR. Analyse spécifique au canton.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Articles transversaux.
Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/tag/stadtwildtiere. Coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville. Le modèle pour toute la série d'initiatives.
Remarque sur la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative en allemand et en français à la Chancellerie d'État du canton de Fribourg pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 6'000 signatures valables. Elles doivent être récoltées dans un délai de 90 jours à compter de la publication dans la Feuille officielle (art. 42 al. 2 Cst. FR). Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur l'exercice des droits politiques.
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage », canton de Fribourg Document de travail interne, état en mars 2026
Résumé
Fribourg est le canton-pont stratégique de la série d'initiatives. En tant que canton bilingue situé sur la frontière linguistique, il relie l'expérience genevoise de la Romandie au débat alémanique. La proximité culturelle et linguistique avec Genève rend l'expérience genevoise directement accessible dans la partie francophone du canton. 6'000 signatures en 90 jours, c'est environ 67 par jour. Avec une récolte préparée de manière bilingue, c'est réalisable. Les coûts par personne se situent au niveau genevois. Le changement de système vers la chasse à patente est administrativement simple. Le loup, le lynx et le castor sont présents dans le canton.
1. Pourquoi Fribourg justement ?
Canton bilingue faisant le pont. Relie la Romandie et la Suisse alémanique. L'expérience genevoise est culturellement proche dans la partie francophone.
Politique du loup en Gruyère. Loup documenté dans les Préalpes. L'article sur la protection des espèces mobilise.
6'000 signatures en 90 jours. Environ 67 par jour. Réalisable.
Chasse à patente = simple changement de système. Pas de baux de chasse, pas d'indemnisation communale.
Proximité avec Genève. «Genève le fait depuis 50 ans» n'est pas ici une référence abstraite.
2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment
Titre positif. «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage» / «Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage».
Un calcul budgétaire concret. Environ 2 à 3 francs par habitant. Comparable à Genève.
Assurer tôt le soutien des partis. Impliquer tôt le PS, les Verts, le PVL, le Centre gauche dans les deux régions linguistiques.
Campagne bilingue. Matériel en allemand et en français dès le départ.
3. Analyse des opposants et réponses préparées
Contre-argument 1: «Fribourg a des Préalpes et une économie alpestre»
Les faits : Le Plateau fribourgeois présente le même paysage que Genève. Dans les Préalpes, il faut une protection des troupeaux professionnelle, pas une chasse de loisir.
Formule communicative courte : «Le Plateau fribourgeois, c'est Genève. Les Préalpes ont besoin de protection des troupeaux, pas de chasse de loisir.»
Contre-argument 2 : «Le loup a besoin de la chasse de loisir»
Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.
Formule communicative courte : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe.» / «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe.»
Contre-argument 3: «Les coûts augmentent»
Les faits : Environ 2 à 3 francs par habitant et par an. Comparable à Genève.
Formule communicative courte : «Environ 2 à 3 francs. Genève le fait depuis 50 ans.» / «Environ 2 à 3 francs. Genève le fait depuis 50 ans.»
4. Stratégie de communication : les trois messages clés
«Genève le démontre depuis 50 ans.» / «Genève le fait depuis 50 ans.»
«Professionnel plutôt qu'amateur.» / «Professionnel au lieu de loisir.»
«Environ 2 à 3 francs par personne et par an.» / «Environ 2 à 3 francs par personne et par an.»
5. Calendrier et prochaines étapes
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Constitution du comité & prévérification du texte | Faire appel à une juriste ou un juriste; traduction en français; membres du comité domiciliés dans le canton de Fribourg issus des deux régions linguistiques | Mois 1–4 |
| Dépôt pour prévérification | Chancellerie d'État de Fribourg (texte allemand et français) | Mois 4–5 |
| Publication & lancement de la récolte | Objectif: 7'500+ signatures comme marge de sécurité; récolte dans les deux langues | Mois 5 |
| Contacts avec les partis & construction de coalitions | PS, Verts, PVL; Pro Natura Fribourg; BirdLife Fribourg; WWF; Fondation Franz Weber | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Après le délai de récolte |
| Débat au Grand Conseil | Ancrage parlementaire ; travail médiatique bilingue | Mois suivants |
| Campagne de votation | Mobilisation bilingue, expérience genevoise, argument du loup | Avant la votation |
6. Matériel de campagne
- Le Dossier genevois sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- L'Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg comme matériel de référence.
- Médias locaux: Freiburger Nachrichten, La Liberté, La Gruyère, Murtenbieter, Radio Fribourg.
- Infographie: pont Romandie–Suisse alémanique, loup en Gruyère, castor sur la Sarine. Comparaison des coûts FR vs GE.
- L'ensemble du matériel de campagne est bilingue (DE/FR) dès le départ.
7. Sources complémentaires
- L'interdiction de chasser à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé et adapté aux conditions du canton de Fribourg par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure «Die Jagd in der Schweiz schützt und nützt» de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la «tâche d'État» à la «biodiversité» en passant par les «80 % d'approbation» : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →
