10.10.2026, 04:46

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Initiative populaire cantonale : canton de Lucerne

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

Sur la base des § 20 et § 22 de la Constitution du canton de Lucerne du 17 juin 2007 et de la loi sur les droits politiques

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, habilitées à voter dans le canton de Lucerne, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Lucerne du 17 juin 2007 est complétée par les paragraphes suivants :

§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Lucerne. Les baux de chasse existants ne sont pas renouvelés.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.

3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 Le canton indemnise les communes pour la perte de leur part aux loyers de chasse dans le cadre de la législation d'exécution.

7 La loi règle les modalités.

§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les baux de chasse existants prennent fin à l'issue de la période de bail en cours de huit ans et ne sont pas renouvelés.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion des animaux sauvages durant la phase transitoire et règle l'indemnisation des communes pour la perte de leur part aux loyers de chasse.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton de Lucerne, seul canton de Suisse centrale pratiquant la chasse à territoire, avec environ 420'000 habitantes et habitants sur une superficie de 1'493 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle, sans la chasse de loisir, l'équilibre écologique s'effondrerait est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

À Lucerne, la chasse de loisir est organisée sous forme de chasse à territoire. Le canton afferme les réserves de chasse par l'intermédiaire des communes de réserve à des sociétés de chasse pour des périodes de huit années de chasse chacune ; le loyer de chasse revient pour moitié au canton et pour moitié aux communes (§ 6 et § 10 de la loi sur la chasse LU). Contrairement à l'affirmation largement répandue, les sociétés de chasse n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés avant tout sur les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Lucerne ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent une pression croissante au niveau fédéral. La révision de la loi sur la chasse de décembre 2022 a introduit la régulation préventive du loup. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors individuels causant des dommages importants (art. 9d OChP). La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter. Le loup est présent au Pilatus et en Suisse centrale. La réserve de biosphère UNESCO Entlebuch abrite une faune sauvage riche. Le lynx est présent dans les Préalpes lucernoises. Le castor colonise la Reuss, la Petite Emme et d'autres cours d'eau (cf. la analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Lucerne a l'occasion de donner ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces d'animaux sauvages menacées au niveau cantonal.

2. Le modèle : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

  • La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
  • La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La population évolue à une densité supportable pour la surface forestière.
  • L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
  • Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élève à environ 1,2 million de francs par an, réparti en environ 600'000 francs pour le personnel (soit environ trois postes à temps plein, répartis entre une douzaine d'agents de l'environnement), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.

L'ancien inspecteur cantonal de la faune genevois Gottlieb Dandliker (2001 à 2025) a qualifié l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative la plus avantageuse financièrement pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est la préservation de populations d'animaux sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir. À l'inverse, la chasse de loisir poursuit, de par son système même, l'intérêt de garantir sa propre raison d'être par des populations élevées d'espèces chassables (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets afin que les chevreuils et les lièvres ne rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique le montre : la coexistence est une question de volonté, et non de possibilité technique.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante, composée d'associations de protection des animaux et de la nature, de scientifiques et d'autorités, empêche que la pression politique de certains groupes d'intérêt ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre résolument ce mécanisme de protection en inscrivant dans la constitution l'obligation d'approbation par la commission de la faune sauvage.

Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études l'atteste : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi Lucerne ?

Le canton de Lucerne se prête particulièrement bien à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune, pour plusieurs raisons :

Seul canton de Suisse centrale pratiquant la chasse à territoire. Si la protection professionnelle de la faune fonctionne à Lucerne, elle fonctionnera dans chaque canton de Suisse alémanique pratiquant la chasse à territoire. Les baux de chasse expirent de toute façon après huit ans ; le changement de système peut donc être placé à la fin d'une période de bail.

Réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch. L'Entlebuch est reconnu comme réserve de biosphère UNESCO depuis 2001. Il abrite une faune sauvage riche, dont le lynx, le cerf élaphe et de nombreuses espèces d'oiseaux protégées. Une gestion professionnelle de la faune renforcerait l'importance écologique de la réserve de biosphère et mettrait en œuvre la mission de l'UNESCO de manière plus cohérente que la chasse de loisir (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées).

Le loup au Pilate. Le loup est documenté au Pilatus et en Suisse centrale. Les tirs de loups en Suisse centrale ont politisé le débat. L'initiative offre une réponse constitutionnelle au débat sur le loup : une gestion professionnelle de la faune plutôt que des tirs motivés politiquement (cf. le politique du loup sur wildbeimwild.com).

5’000 signatures en une année. Avec 420’000 habitants, 5’000 signatures représentent environ 1,2 pour cent de la population. À Lucerne, Emmen, Kriens, Horw, Sursee et Willisau, il est possible de récolter efficacement.

Castor sur la Reuss et la Kleine Emme. Le castor est attesté le long de la Reuss, de la Kleine Emme et d'autres cours d'eau. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir d'animaux individuels causant des dommages importants. L'initiative protège le castor dans le canton (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).

Canton touristique. Lucerne est l'un des cantons touristiques les plus importants de Suisse. La présence d'animaux sauvages dans le paysage constitue un capital touristique. À Genève, l'expérience montre que les animaux sauvages ont une distance de fuite plus courte dans les zones exemptes de chasse de loisir et sont plus visibles pour les personnes en quête de détente. Une protection professionnelle de la faune accroît l'attractivité du canton pour le tourisme nature.

Lynx dans les Préalpes. Le lynx est présent dans les Préalpes lucernoises et régule naturellement la population de chevreuils. Une gestion professionnelle de la faune protège le lynx et exploite sa fonction écologique.

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse à territoire par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin d'organiser l'exercice de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, en conformité avec le droit fédéral. Les baux de chasse existants s'éteignent à la fin de la période de bail, et le canton indemnise les communes pour leur part aux loyers de bail.

Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage

À la place des chasseuses et chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage, formé-e-s professionnellement et employé-e-s par le canton, assument l'ensemble des tâches liées à la gestion de la faune sauvage et, si nécessaire, à la régulation des populations. Ces professionnel-le-s disposent d'une formation biologique ou en écologie de la faune plus approfondie et agissent sur une base scientifique et dans l'intérêt public. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio

La principale nouveauté par rapport au système actuel : le tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers en moyenne sont abattus chaque année par les gardes-faune (selon les statistiques de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et afin de préserver la stabilité sociale des compagnies.

Alinéa 4 : commission de la faune sauvage

La commission indépendante pour la faune sauvage s'inspire de la commission genevoise de régulation de la faune (Commission consultative de régulation de la faune). Elle garantit aux associations de protection des animaux et de la nature un droit de regard sur les décisions de régulation et empêche que le gouvernement n'accorde des dérogations de manière autonome, sous la pression de groupes d'intérêts. L'intégration de la science assure que les décisions reposent sur des données probantes et non sur les mythes idéologiques de la chasse, avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique depuis des décennies.

Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence

Cet alinéa ancre dans la Constitution la ligne directrice de la protection professionnelle de la faune : la nature se régule largement elle-même lorsque l'être humain n'intervient pas dans la dynamique des populations par des tirs massifs. Dans le canton de Lucerne, la promotion de la coexistence comprend notamment la préservation et la mise en réseau des corridors fauniques le long de la Reuss et de la Petite Emme, la valorisation écologique de la réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch et la sensibilisation de la population au comportement à adopter face aux animaux sauvages.

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans laisse au Conseil d'Etat suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires professionnels de la faune sauvage et constituer la commission de la faune. Le service existant de l'agriculture et des forêts (lawa) peut servir de base institutionnelle. Le changement de système peut être fixé à la fin d'une période de bail de huit ans, de sorte qu'aucun bail de chasse en cours ne doive être résilié prématurément.

6. Sur le deuxième paragraphe : protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

Le deuxième paragraphe est particulièrement pertinent pour Lucerne. Le loup est présent au Pilatus et en Suisse centrale. Le lynx est établi dans les Préalpes. Le castor colonise la Reuss, la Petite Emme et d'autres cours d'eau. La réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch abrite de nombreuses espèces protégées. L'alinéa sur la protection des espèces ancre dans la Constitution la renonciation aux demandes de régulation et donne au canton une position claire dans le débat national.

La formulation «notamment» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral. Elle garantit que la protection cantonale s'applique automatiquement aussi aux espèces que le législateur fédéral placera à l'avenir sous protection ou inscrira sur une liste de régulation, sans qu'une modification constitutionnelle soit nécessaire (voir l'analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : budget concret pour Lucerne

Le budget de référence genevois

A Genève, canton d'environ 282 km², soit environ cinq fois plus petit que Lucerne et comptant environ 500 000 habitants, les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600 000 francs pour le personnel, environ 250 000 francs pour la prévention et environ 350 000 francs pour l'indemnisation des dommages.

Extrapolation prudente pour Lucerne

Pour Lucerne, avec une superficie de 1’493 km² et environ 420’000 habitants, on obtient l'estimation de coûts délibérément conservatrice suivante. Celle-ci calcule de manière généreuse et tient compte des régions préalpines et alpines (Entlebuch, Pilate, Napf), de la mise en place de la protection des troupeaux et de la gestion transitoire :

Frais de personnel : 840’000 à 1’400’000 francs par an. Il faut compter 7 à 10 postes à plein temps. Un poste à plein temps au sein du service cantonal coûte, charges sociales et frais annexes employeur compris, environ 120’000 à 140’000 francs par an. Lucerne est environ cinq fois plus grand que Genève et topographiquement varié : plateau au nord, Préalpes et Alpes au sud (Entlebuch, Pilate, Napf). La présence du loup en Suisse centrale exige une gestion spécialisée des prédateurs.

Frais matériels : 180’000 à 300’000 francs par an. Équipement, véhicules, dispositifs d'effarouchement, infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), mesures de protection constructives, clôtures électriques et travail de communication. En terrain préalpin et alpin, les frais matériels sont plus élevés qu'en plaine.

Indemnisation des dommages : 100’000 à 250’000 francs par an. Principalement des dégâts causés par les sangliers à l'agriculture, des dégâts d'abroutissement en forêt, des dégâts causés par le castor aux cours d'eau et d'éventuels dommages causés par des attaques de loups sur le bétail. L'estimation la plus élevée tient compte de la présence croissante du loup sur le Pilate.

Investissement de démarrage pour la protection des troupeaux : 400’000 à 700’000 francs. Au cours des trois à cinq premières années suivant le changement de système, un investissement de départ unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux est nécessaire pour l'Entlebuch et la région du Pilate : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation des bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et est amorti sur trois à cinq ans. Sur le plateau lucernois, ces coûts ne sont pas nécessaires.

Coûts totaux : 1’120’000 à 1’950’000 francs par an (bruts, sans l'investissement de départ unique pour la protection des troupeaux). Cela correspond à environ 2,65 à 4,65 francs par habitant et par an.

Reproduction compensatoire et gestion de transition

La reproduction compensatoire (le taux de reproduction artificiellement accru par la pression de chasse) touche également le canton de Lucerne. La chasse de loisir produit plus de naissances qu'elle ne prélève d'animaux. Après le changement de système, une gestion de transition active est nécessaire durant les trois à cinq premières années afin de ramener la densité de population à un niveau naturel. Des gardes-faune professionnels se chargent de cette tâche sur une base scientifique et sans intérêts économiques propres.

8. Processus de l'initiative dans le canton de Lucerne

Dans le canton de Lucerne, une initiative populaire au niveau constitutionnel requiert la collecte de 5'000 signatures dans un délai d'un an à compter de la publication officielle (§ 20 et § 22 al. 1 KV LU). Le Grand Conseil statue sur l'acceptation ou le rejet et peut lui opposer un contre-projet (§ 22 al. 2 et 3 KV LU). Le peuple se prononce ensuite.

Les 5'000 signatures peuvent être recueillies à Lucerne, Emmen, Kriens, Horw, Sursee et Willisau. Ce sont les communes les plus peuplées et les centres régionaux du canton de Lucerne. Avec un système de collecte professionnel, cet objectif est atteignable.

9. Intégration stratégique

L'initiative lucernoise s'inscrit dans une stratégie nationale : des initiatives populaires en faveur d'une protection professionnelle de la faune sont lancées de manière coordonnée dans plusieurs cantons. Des mesures coordonnées à l'échelle nationale créent des synergies au niveau de l'argumentation, du travail médiatique et du positionnement politique. Le canton de Lucerne se prête bien à un rôle de canton pilote pour la Suisse centrale.

10. Suite de la démarche

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux réalités du canton de Lucerne.

La prochaine étape consiste à constituer un comité d'initiative dans le canton de Lucerne, composé de personnes issues de différentes communes du canton, avec des personnes ayant le droit de vote dans le canton de Lucerne. Le comité assure le portage de l'initiative et lui confère une légitimité politique.

La base juridique, l'argumentation politique, le cadre de communication et le budget sont posés par ce document. Le comité d'initiative peut commencer directement sa mise en œuvre.

Initiatives populaires cantonales : autres cantons

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux réalités du canton de Lucerne.

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