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Initiative populaire cantonale – Canton d'Uri

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet élaboré

Fondé sur l'art. 28 de la Constitution du canton d'Uri du 28 octobre 1984 et sur la loi sur les droits politiques dans le canton d'Uri

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les soussignés, personnes ayant le droit de vote dans le canton d'Uri, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton d'Uri du 28 octobre 1984 est complétée par les articles suivants :

Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des particuliers (chasse au permis, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton d'Uri.

2 La protection, la gestion et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages incombent exclusivement à des gestionnaires de la faune sauvage professionnellement formés, au service du canton.

3 L'abattage d'animaux sauvages n'est admis qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de protection contre les dangers ont été épuisées ou se sont révélées insuffisantes. Il requiert l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection des animaux et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 La loi règle les modalités.

Art. [nouveau] Protection des espèces sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à déposer des demandes de régulation préventive des populations d'espèces sauvages protégées au titre de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, notamment du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du grand harle et des autres espèces protégées par le droit fédéral.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence des animaux sauvages.

3 Les mesures à l'encontre d'animaux sauvages représentant une menace immédiate et significative pour des personnes demeurent réservées. Elles doivent être limitées au strict minimum et être exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Dans le cadre de la collaboration intercantonale et vis-à-vis de la Confédération, le canton s'engage activement en faveur de la protection et de la préservation des espèces sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les permis de chasse existants s'éteignent à l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà acquittées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase de transition.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton d'Uri, canton alpin de Suisse centrale comptant environ 37’000 habitants sur une superficie de 1’077 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un divertissement sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à l'examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est empiriquement réfutée depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée dans le canton d'Uri sous forme de chasse au permis. Des particuliers acquièrent un permis cantonal et chassent sans responsabilité territoriale fixe. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les détenteurs de permis n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés principalement vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Uri ainsi que l'analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces fauniques protégées sont soumises à des pressions au niveau fédéral. La révision de la loi sur la chasse de décembre 2022 a introduit la régulation préventive du loup. Le castor peut être abattu depuis février 2025 sur demande cantonale. Le loup est présent dans le canton d'Uri. Le lynx est établi dans les Préalpes uranaises. L'aigle royal niche dans les Alpes d'Uri. Le bouquetin vit sur les versants rocheux de la vallée de la Reuss uranaise. Uri est l'un des cantons de Suisse les plus riches en faune sauvage et simultanément l'un des moins densément peuplés (cf. l'analyse de la politique de chasse sur wildbeimwild.com et la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton d'Uri a la possibilité d'envoyer un signal clair : non seulement en faveur d'une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection cohérente des espèces sauvages menacées au niveau cantonal.

2. Le modèle de référence : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève se sont prononcés pour l'abolition de la chasse de milice pratiquée par des amateurs. Avant l'interdiction, le grand gibier avait été pratiquement exterminé dans le canton : cerfs et sangliers avaient disparu depuis des décennies, et seules quelques dizaines de chevreuils subsistaient. Quelque 300 chasseurs amateurs procédaient massivement au lâcher de faisans, perdrix et lièvres pour la chasse de loisir.

Les enseignements tirés depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

– La biodiversité a nettement progressé. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30’000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix de Suisse.

– La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir sanitaire annuel effectué par des gardes-faune professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux.

– En 2005, lors d'une nouvelle votation populaire, 90 pourcent des citoyens genevois se sont prononcés pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une motion visant à réintroduire la chasse a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.

– Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, répartis entre environ 600’000 francs pour le personnel (soit environ trois postes à plein temps, répartis sur une douzaine de chargés de l'environnement), 250’000 francs pour la prévention et 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela représente environ 2.40 francs par habitant et par an.

L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune sauvage depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée est disponible dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois ressort clairement de la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum pour un tir sanitaire d'un sanglier. Un chasseur amateur dans le canton de Zurich nécessite quant à lui 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève est de 17,7 animaux par 100 hectares (la plus élevée de Suisse), dans le canton de Zurich seulement 1,0 par 100 hectares (cf. Vérification des faits – Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : garde de la faune professionnelle plutôt que chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle des gardes-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal (cf. analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Principe de l'ultima ratio. Un abattage n'est autorisé que si toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement des habitats, la réinstallation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection structurelles.

Contrôle démocratique par une commission pour la faune sauvage. La commission indépendante empêche que des pressions politiques ne diluent la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre l'obligation d'autorisation dans la constitution.

L'autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le démontre : les populations de faune sauvage se régulent d'elles-mêmes dans la plupart des cas. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel.

4. Pourquoi Uri ?

Le canton d'Uri se prête à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage pour plusieurs raisons :

L'un des cantons les plus riches en faune sauvage de Suisse. Uri abrite le loup, le lynx, l'aigle royal, le bouquetin, le cerf élaphe, le chamois et de nombreuses autres espèces dans un paysage alpin unique. La vallée de la Reuss en Uri, le Maderanertal et le Meiental sont des habitats d'importance écologique suprarégionale. Une gestion professionnelle de la faune sauvage protégerait cette richesse de manière plus cohérente que la chasse de loisir (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées).

Forêt protectrice au Gothard. Uri possède la plus grande proportion de forêts protectrices de Suisse. La pression de l'abroutissement par le chevreuil et le cerf constitue l'un des défis centraux. La chasse de loisir n'a pas réussi, en plusieurs décennies, à réduire durablement cette pression. Une gestion professionnelle de la faune sauvage, qui utilise le loup comme régulateur naturel et réduit la pression d'abroutissement par des mesures ciblées et fondées sur la science, représente la meilleure solution. Le loup régule la population de chevreuils et réduit la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice – ce qui revêt une importance écologique et économique considérable dans un canton où la forêt protectrice conditionne la sécurité des zones habitées et des voies de communication.

Politique du loup. Le loup est présent en Uri. L'initiative offre une réponse constitutionnelle au débat sur le loup : une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que des abattages à motivation politique (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

600 signatures. Uri présente, avec 600 signatures, le seuil de signatures le plus bas de la série. Sur 37’000 habitants, cela représente 1,6 pour cent de la population. La récolte de signatures peut s'effectuer à Altdorf, Erstfeld, Flüelen et Schattdorf (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en milieu urbain).

Chasse au permis = changement de système simplifié. Pas de contrats de bail, pas d'indemnisation communale. Les permis existants s'éteignent et les taxes déjà versées sont remboursées au prorata.

Densité de population la plus faible = moins de conflits. Uri affiche, avec environ 34 habitants par km², l'une des densités de population les plus faibles de Suisse. Cela signifie : moins de zones de conflit entre l'être humain et la faune sauvage que dans tout autre canton. La gestion professionnelle de la faune sauvage bénéficie ici des meilleures conditions.

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse au permis par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin d'organiser l'exploitation cynégétique (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse en Suisse – chasse au permis, chasse en régie de district et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, conformément au droit fédéral.

Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune sauvage

En lieu et place des chasseurs et chasseresses de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage professionnellement formés, au service du canton, assument l'ensemble des tâches. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio

Un abattage n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité.

Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature disposent d'un droit de regard et empêche que le Conseil d'État accorde des dérogations de manière autonome (cf. wildbeimwild.com/jagd-fakten).

Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence

La promotion de la coexistence comprend en Uri notamment la protection et la mise en réseau des habitats alpins, la préservation de la forêt protectrice par une régulation naturelle et la sensibilisation de la population au comportement à adopter face aux animaux sauvages (cf. wildbeimwild.com zu Wildtieren im Siedlungsgebiet).

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution. L'Office des forêts et de la chasse existant peut servir de base institutionnelle.

6. Sur le deuxième article : protection des espèces sauvages menacées et protégées

Le deuxième article est particulièrement pertinent pour Uri. Le loup est présent dans le canton. Le lynx est établi dans les Préalpes. L'aigle royal niche dans les Alpes uranaises. Le castor est documenté sur la Reuss. La formulation «notamment» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège également les espèces susceptibles de revenir à l'avenir, en particulier l'ours, dont le retour en Suisse centrale est attendu (cf. Wolfspolitik auf wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : budget concret pour Uri

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec ses 282 km² est environ quatre fois plus petit qu'Uri et compte environ 500’000 habitants, les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par année.

Extrapolation conservative pour Uri

Pour Uri, avec une superficie de 1’077 km² et environ 37’000 habitants, l'estimation des coûts suivante est délibérément conservative. Celle-ci est calculée largement et tient compte de la topographie alpine et de la forte proportion de forêt protectrice :

Charges de personnel : 360’000 à 700’000 francs par année. Il faut prévoir 3 à 5 postes à plein temps. Uri est quatre fois plus grand que Genève et topographiquement extrêmement exigeant : haute montagne, forêt protectrice au Gothard, vallées latérales isolées. La topographie alpine requiert des spécialistes possédant des connaissances du terrain et une expérience alpine. Le nombre de postes plus élevé tient compte de la gestion transitoire du cerf élaphe en forêt protectrice.

Frais de fonctionnement : 80’000 à 150’000 francs par année. Équipement alpin, véhicules tout-terrain, infrastructure de monitoring, matériel de protection des troupeaux et relations publiques.

Indemnisation des dommages : 40’000 à 100’000 francs par année.

Investissement initial pour la protection des troupeaux : 300’000 à 500’000 francs. Investissement unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour les Alpes uranaises et la vallée de la Reuss sur trois à cinq ans : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, enclos de nuit, formation de bergers.

Coûts totaux : 480’000 à 950’000 francs par année (brut).

Le cerf élaphe et la forêt protectrice

Le cerf élaphe est présent dans le canton d'Uri et la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice constitue l'un des défis centraux. Les chasseurs de loisir n'ont pas réussi, en plusieurs décennies, à réduire durablement cette pression d'abroutissement — notamment en raison de la reproduction compensatoire qui, sous l'effet de la pression de chasse, génère davantage de naissances. Une gestion professionnelle de la faune sauvage, qui utilise le loup comme régulateur naturel et intervient de manière ciblée là où la pression d'abroutissement est la plus élevée, constitue la meilleure solution (cf. études sur wildbeimwild.com).

Économies et financement compensatoire

À cela s'opposent des économies : plus d'examens de chasse, plus de gestion des permis, plus de planification des abattages, plus de surveillance de la chasse. Un seul loup tué inutilement coûte au public environ 35’000 francs.

Recettes supprimées

Avec l'abolition de la chasse de loisir, les recettes des permis, estimées à 200’000 à 350’000 francs par année, disparaissent. Toutefois, les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse en milice leur sont opposés — accidents impliquant des animaux sauvages, dommages d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charge administrative, interventions de la police et de la justice —, qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes font défaut depuis 1974 — sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs ; aujourd'hui, trois postes à plein temps accomplissent le même travail, et mieux. Les abattages sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas équivalents à une chasse de régulation fondée sur le jargon cynégétique ou sur une «expérience de la nature» mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets le démontre : la chasse en milice coûte au contribuable nettement plus qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir actifs en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby des chasseurs amateurs combat systématiquement les préoccupations liées à la biodiversité et à la protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative sur la biodiversité (63 pourcent de non). En 2020, la loi sur la chasse qu'il avait contribué à élaborer a échoué aux urnes (51,9 pourcent de non). En 2016, la fédération des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs amateurs au parlement ont politisé majoritairement contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs amateurs sont des défenseurs de la nature ignore leur comportement lors des votations (cf. Fédération des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).

Les surcoûts nets devraient s'élever à 250’000 à 600’000 francs par an, ce qui correspond à environ 6.75 à 16.20 francs par habitant. Dans un canton alpin très petit, les coûts par habitant sont naturellement les plus élevés de la série, car seuls 37’000 habitants en supportent la charge. Mais même en calculant généreusement : les coûts absolus s'élèvent à 250’000 à 600’000 francs – soit moins de 0.15 pourcent du budget cantonal d'environ 501 millions de francs (compte d'État 2024, AFF). À titre de comparaison : le canton d'Uri dépense un multiple de cette somme pour l'entretien des routes (cf. Vérification des mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).

8. Compatibilité avec le droit supérieur

Premier article : Abolition de la chasse de loisir

Conforme au droit fédéral. Art. 3 al. 1 LChP. Trois systèmes de chasse équivalents. Genève sans objection depuis 1974.

Deuxième article : Protection des espèces protégées

L'art. 7a LChP permet la régulation préventive, mais n'y oblige pas. Le renoncement ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne.

Unité de la matière

Respectée, car toutes les dispositions se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux sauvages.

9. Anticipation des objections prévisibles

« Uri est un canton alpin – le modèle genevois y convient le moins »

Les faits : Uri est faiblement peuplé. Cela signifie : moins de zones de conflit, pas davantage. La mission principale de la gestion professionnelle de la faune sauvage dans un canton alpin est la forêt de protection. La chasse de loisir n'est pas parvenue, en plusieurs décennies, à réduire durablement la pression du abroutissement dans la forêt de protection. La gestion professionnelle de la faune sauvage, qui utilise le loup comme régulateur naturel, est la meilleure solution. Et : les coûts absolus sont modestes, avec 250’000 à 600’000 francs par an (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Uri).

Formule de communication courte : «Une faible densité de population signifie moins de conflits, pas plus. Et le loup protège la forêt protectrice mieux que la chasse de loisir.»

«La forêt protectrice a besoin de la chasse de loisir»

Les faits : La chasse de loisir n'a pas durablement réduit la pression de l'abroutissement dans la forêt protectrice depuis des décennies. Le loup régule naturellement et plus efficacement la population de chevreuils que la chasse à patente saisonnière. Une gestion professionnelle de la faune sauvage peut intervenir de manière ciblée là où la pression d'abroutissement est la plus élevée, tandis que la chasse de loisir opère de façon extensive et saisonnière.

Formule communicative synthétique : «La chasse de loisir n'a pas résolu la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice depuis des décennies. Le loup peut le faire. Une garde professionnelle de la faune peut le faire de manière ciblée.»

«Le coût par habitant est trop élevé»

Les faits : Le coût par habitant est naturellement plus élevé dans un canton de 37’000 habitants qu'à Zurich avec 1,5 million d'habitants. Mais : les coûts absolus s'élèvent, même calculés généreusement, à 250’000 à 600’000 francs par an. C'est moins de 0,15 pourcent du budget cantonal. Le canton d'Uri dépense plusieurs fois cette somme pour l'entretien des routes.

Formule communicative synthétique : «250’000 à 600’000 francs. 0,1 à 0,2 pourcent du budget cantonal. Modeste.»

10. Résumé

Cette initiative donne à la population uranaise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection globale des espèces sauvages menacées. Le premier article suit le modèle genevois éprouvé depuis plus de 50 ans. Le deuxième article protège notamment le loup, le lynx, l'aigle royal et le castor. Le seuil de signatures le plus bas de la série (600), la faible densité de population avec peu de zones de conflit et la problématique de la forêt protectrice, que le loup résout mieux que la chasse de loisir, font d'Uri un canton unique dans la série.

Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité conformément au droit cantonal, domiciliés dans le canton d'Uri)

Adresse de contact : [Adresse du comité]

Annexe : Documentation complémentaire

Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative :

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot – Présentation complète de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien – Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations de faune sauvage.

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz – Vue d'ensemble de la politique cynégétique suisse, mise à jour en continu.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Uri : wildbeimwild.com – Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'URI – Analyse spécifique au canton.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd – Articles transversaux.

Parcs nationaux et zones protégées : wildbeimwild.com/category/nationalpark – Autorégulation naturelle dans les zones protégées.

Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/category/wildtiere-im-siedlungsgebiet – Coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen – Vérification des faits.

Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville : Texte modèle de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville – Le modèle pour l'ensemble de la série d'initiatives.

Note sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton d'Uri pour examen préalable, avant le début de la collecte de signatures. 600 signatures valables sont requises pour l'aboutissement de l'initiative. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur les droits politiques dans le canton d'Uri.

Briefing stratégique à l'intention des militantes et militants

Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage » – Canton d'Uri Document de travail interne – État mars 2026

Résumé

Uri est le canton des forêts protectrices de la série. La part la plus élevée de forêts protectrices de Suisse, la densité de population la plus faible et le seuil de signatures le plus bas (600) font d'Uri un cas unique. Le message central : le loup protège la forêt protectrice mieux que la chasse de loisir, car il régule naturellement la population de chevreuils et réduit la pression du broutage. Les coûts absolus sont modestes, entre 250’000 et 600’000 francs. Le loup, le lynx, l'aigle royal et le bouquetin sont présents dans le canton.

1. Pourquoi précisément Uri ?

Canton des forêts protectrices. La plus haute proportion de forêts protectrices de Suisse. Le loup les protège mieux que la chasse de loisir.

600 signatures. Le seuil le plus bas de la série. 1,6 pour cent de la population.

Densité de population la plus faible. Peu de zones de conflit. Meilleures conditions pour une gestion professionnelle de la faune sauvage.

Richesse en faune sauvage. Loup, lynx, aigle royal, bouquetin, cerf élaphe, chamois.

Chasse au brevet = changement de système simplifié. Pas de contrats de bail, pas d'indemnisation communale.

Coûts absolus modestes. 250’000 à 600’000 francs. 0,05 à 0,1 pour cent du budget cantonal.

2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment

Titre positif. « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage » plutôt que « Gardes-faune plutôt que chasseurs ».

Argument des forêts protectrices. À Uri, l'argument le plus fort : le loup protège la forêt protectrice mieux que les chasseurs de loisir.

Coûts absolus plutôt que par habitant. Dans un petit canton, les chiffres par habitant sont trompeurs. Le chiffre absolu (150’000–350’000 francs) est plus convaincant.

3. Analyse des arguments adverses et réponses préparées

Contre-argument 1 : «Uri est alpin – le modèle genevois ne convient pas»

Les faits : Une faible densité de population signifie moins de conflits. Et le loup protège la forêt protectrice mieux que les chasseurs de loisir.

Formule de communication courte : «Moins de personnes signifie moins de conflits. Et le loup protège la forêt protectrice.»

Contre-argument 2 : «La forêt protectrice a besoin des chasseurs de loisir»

Les faits : Les chasseurs de loisir n'ont pas résolu la pression d'abroutissement depuis des décennies. Le loup peut y remédier. Une garde de la faune professionnelle peut le faire de manière ciblée.

Formule de communication courte : «Les chasseurs de loisir n'ont pas résolu la pression d'abroutissement depuis des décennies. Le loup peut y remédier.»

Contre-argument 3 : «Les coûts sont trop élevés»

Les faits : 250’000 à 600’000 francs en valeur absolue. 0,05 à 0,1 pour cent du budget cantonal.

Formule de communication courte : «250’000 à 600’000 francs. Une infime partie du budget cantonal.»

4. Stratégie de communication : les trois messages clés

«Le loup protège la forêt protectrice mieux que les chasseurs de loisir.» L'argument le plus fort pour Uri. Sur le plan écologique et économique.

«Genève montre l'exemple depuis 50 ans.» 90 pour cent d'approbation, populations stables, coûts minimaux.

«Professionnel plutôt qu'amateur.» Des spécialistes plutôt que des tireurs de loisir.

5. Calendrier et prochaines étapes

PhaseContenuCalendrier
Constitution du comité & vérification préalable du texteFaire appel à une juriste ou un juriste ; recruter des membres du comité domiciliés dans le canton d'URMois 1–3
Dépôt pour examen préalableChancellerie d'État d'UriMois 3–4
Publication & début de la collecteObjectif : 750+ signatures comme marge de sécurité ; 600 est le seuil le plus bas de la sérieMois 4
Contacts avec les partis & construction de la coalitionPS, Verts ; Pro Natura Uri ; la forêt protectrice comme argument pour une coalition plus largeMois 1–10
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleAprès la période de collecte
Débat au Conseil d'ÉtatAncrage parlementaire ; travail médiatiqueMois suivants
Campagne de votationArgument de la forêt protectrice, le loup comme régulateur naturel, coûts absolusAvant la votation

6. Matériel de campagne

7. Sources complémentaires

Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux conditions du canton d'Uri.

Vérification des faits : les affirmations du lobby des chasseurs de loisir

La brochure « La chasse en Suisse protège et profite » de JagdSchweiz ressemble à un prospectus publicitaire – mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits à l'épreuve des faits, de « mission d'État » à « biodiversité » en passant par « 80 % d'approbation » :Dossier : vérification des faits – brochure JagdSchweiz →