10.10.2026, 02:18

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Initiative populaire cantonale : canton d'Uri

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

En vertu de l'art. 28 de la Constitution du canton d'Uri du 28 octobre 1984 et de la loi sur les droits politiques dans le canton d'Uri

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton d'Uri, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton d'Uri du 28 octobre 1984 est complétée par l'article suivant :

Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des particuliers (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton d'Uri.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.

3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 La loi règle les modalités.

Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton d'Uri, canton alpin de Suisse centrale comptant environ 37’000 habitantes et habitants sur une surface de 1’077 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle, sans la chasse de loisir, l'équilibre écologique s'effondrerait est empiriquement réfutée depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée à Uri sous forme de chasse à patente. Des particuliers achètent une patente cantonale et chassent sans responsabilité fixe sur une réserve de chasse. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les détenteurs de patente n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés avant tout vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Uri ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. Avec la révision de la loi sur la chasse de décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages importants (art. 9d OChP). Le loup est présent à Uri. Le lynx est établi dans les Préalpes uranaises. L'aigle royal niche dans les Alpes uranaises. Le bouquetin vit sur les versants rocheux de la vallée de la Reuss uranaise. Uri est l'un des cantons les plus riches en animaux sauvages de Suisse et, en même temps, l'un des moins peuplés (cf. la analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton d'Uri a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces sauvages menacées à l'échelon cantonal.

2. Le modèle : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

  • La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
  • La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-faune professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux.
  • L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
  • Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élève à environ 1,2 million de francs par an, réparti en environ 600'000 francs pour le personnel (soit environ trois postes à temps plein, répartis entre une douzaine d'agents de l'environnement), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.

L'ancien inspecteur cantonal de la faune genevois Gottlieb Dandliker (2001 à 2025) a qualifié l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative la plus avantageuse financièrement pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que si toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre l'obligation d'autorisation dans la Constitution.

Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études le démontre : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas d'elles-mêmes. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel.

4. Pourquoi Uri ?

Le canton d'Uri se prête à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune pour plusieurs raisons :

L'un des cantons les plus riches en faune sauvage de Suisse. Uri abrite le loup, le lynx, l'aigle royal, le bouquetin, le cerf rouge, le chamois et de nombreuses autres espèces dans un paysage alpin unique. La vallée de la Reuss uranaise, le Maderanertal et le Meiental sont des habitats d'importance écologique suprarégionale. Une gestion professionnelle de la faune protégerait cette richesse de manière plus conséquente que la chasse de loisir (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et les zones protégées).

Forêt protectrice au Gothard. Uri possède la plus forte proportion de forêts protectrices de Suisse. La pression d'abroutissement exercée par le chevreuil et le cerf est l'un des défis centraux. En des décennies, la chasse de loisir n'est pas parvenue à réduire durablement cette pression d'abroutissement. Une gestion professionnelle de la faune, qui utilise le loup comme régulateur naturel et réduit la pression d'abroutissement par des mesures ciblées et fondées sur la science, constitue la meilleure solution. Le loup régule la population de chevreuils et réduit la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice. C'est important tant sur le plan écologique qu'économique dans un canton où la forêt protectrice conditionne la sécurité des zones habitées et des voies de communication.

Politique du loup. Le loup est présent à Uri. L'initiative offre une réponse constitutionnelle au débat sur le loup : une gestion professionnelle de la faune plutôt que des tirs motivés politiquement (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

600 signatures. Avec 600 signatures, Uri présente l'un des seuils les plus bas de la série. Avec 37 000 habitants, cela représente 1,6 pour cent de la population. On peut récolter des signatures à Altdorf, Erstfeld, Flüelen et Schattdorf.

Chasse à patente = simple changement de système. Pas de baux de chasse, pas d'indemnisation communale. Les patentes existantes s'éteignent et les taxes déjà payées sont remboursées au prorata.

Faible densité de population = peu de conflits. Avec environ 34 habitants par km², Uri présente l'une des densités de population les plus faibles de Suisse. Cela signifie moins de zones de conflit entre l'homme et la faune sauvage que dans les cantons densément peuplés. Une gestion professionnelle de la faune y trouve les meilleures conditions.

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse à patente par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément l'organisation de l'exercice de la chasse aux cantons (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse suisses (chasse à patente, chasse à territoire et chasse par l'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, en conformité avec le droit fédéral.

Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage

Au lieu des chasseurs et chasseuses de loisir, des gestionnaires de la faune formés professionnellement, au service du canton, assument toutes les tâches. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio

Un tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité.

Alinéa 4 : commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature disposent d'un droit de regard et empêche le Conseil d'État d'accorder des dérogations de manière autonome (cf. Mythes sur la chasse passés au crible).

Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence

La promotion de la coexistence comprend à Uri notamment la protection et la mise en réseau des habitats alpins, la préservation de la forêt protectrice par une régulation naturelle et la sensibilisation de la population au comportement à adopter face aux animaux sauvages.

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution. L'office actuel des forêts et de la chasse peut servir de base institutionnelle.

6. Sur le second article : protection des espèces animales sauvages menacées et protégées

Le deuxième article est particulièrement pertinent pour Uri. Le loup est présent dans le canton. Le lynx est établi dans les Préalpes. L'aigle royal niche dans les Alpes uranaises. Le castor est documenté sur la Reuss. La formulation « notamment » est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège aussi les futurs animaux de retour, en particulier l'ours, dont le retour en Suisse centrale est attendu (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : budget concret pour Uri

Le budget de référence genevois

À Genève, qui, avec ses 282 km², est environ quatre fois plus petit qu'Uri et compte environ 500 000 habitants, les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an.

Estimation conservatrice pour Uri

Pour Uri, avec une surface de 1'077 km² et environ 37'000 habitants, on obtient l'estimation de coûts suivante, délibérément conservatrice. Elle calcule de manière généreuse et tient compte de la topographie alpine ainsi que de la forte proportion de forêt protectrice :

Frais de personnel : 360'000 à 700'000 francs par an. Il faut 3 à 5 postes à plein temps. Uri est quatre fois plus grand que Genève et topographiquement extrêmement exigeant : haute montagne, forêt protectrice au Gothard, vallées latérales isolées. La topographie alpine exige des spécialistes ayant une connaissance du terrain et une expérience alpine. Le nombre plus élevé de postes tient compte de la gestion transitoire du cerf élaphe dans la forêt protectrice.

Frais de matériel : 80'000 à 150'000 francs par an. Équipement alpin, véhicules tout-terrain, infrastructure de monitoring, matériel de protection des troupeaux et travail de communication publique.

Indemnisation des dommages : 40'000 à 100'000 francs par an.

Investissement initial pour la protection des troupeaux : 300’000 à 500’000 francs. Investissement unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour les Alpes uranaises et la vallée de la Reuss sur trois à cinq ans : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation des bergers.

Coûts totaux : 480’000 à 950’000 francs par an (brut).

Cerf rouge et forêt protectrice

Le cerf rouge est présent en Uri et la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice est l'un des défis centraux. La chasse de loisir n'a pas réussi en plusieurs décennies à réduire durablement la pression d'abroutissement, notamment en raison de la reproduction compensatoire, qui engendre davantage de naissances sous l'effet de la pression de chasse. Une gestion professionnelle de la faune sauvage, qui utilise le loup comme régulateur naturel et intervient de manière ciblée là où la pression d'abroutissement est la plus forte, constitue la meilleure solution (cf. études sur wildbeimwild.com).

Économies et financement compensatoire

En contrepartie, il y a des économies : plus d'examens de chasse, plus de gestion des patentes, plus de planification des tirs, plus de surveillance de la chasse. Un seul loup tué de manière insensée coûte environ 35'000 francs à la collectivité.

Recettes supprimées

Avec la suppression de la chasse de loisir, les taxes de patente, estimées entre 200'000 et 350'000 francs par année, disparaissent. En contrepartie, les coûts externes de la chasse milicienne, jamais comptabilisés (accidents de la faune, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions de la police et de la justice), représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans aucun problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps accomplissent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels n'ont rien à voir avec une chasse de régulation fondée sur le latin de chasseur ou une « expérience de la nature » mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets montre que la chasse milicienne coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).

L'Les coûts supplémentaires nets devraient se situer entre 250’000 et 600’000 francs par an, ce qui correspond à environ 6.75 à 16.20 francs par habitant correspond. Dans un canton alpin très petit, les coûts par habitant sont naturellement les plus élevés de la série, car seuls 37’000 habitants en supportent la charge. Mais même en comptant largement : les coûts absolus s'élèvent à 250’000 à 600’000 francs. Cela représente moins de 0.15 pour cent du budget cantonal d'environ 501 millions de francs (compte d'État 2024, AFF). À titre de comparaison : le canton d'Uri dépense un multiple de cette somme pour l'entretien des routes (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).

8. Compatibilité avec le droit supérieur

Premier article : abolition de la chasse de loisir

Conforme au droit fédéral. Art. 3 al. 1 et 2 JSG. Trois systèmes de chasse équivalents. Genève depuis 1974, sans contestation.

Deuxième article : protection des espèces protégées

L'art. 7a JSG permet la régulation préventive, mais n'y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 JSG. La renonciation ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne.

Unité de la matière

Garantie, car toutes les dispositions se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.

9. Anticipation des objections prévisibles

«Uri est un canton alpin, le modèle genevois y convient le moins»

Les faits : Uri est peu peuplé. Cela signifie : moins de zones de conflit, pas plus. La mission principale d'une gestion professionnelle de la faune sauvage dans un canton alpin est la forêt protectrice. La chasse de loisir n'a pas réussi en plusieurs décennies à réduire durablement la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice. Une gestion professionnelle de la faune sauvage, qui utilise le loup comme régulateur naturel, constitue la meilleure solution. Et : les coûts absolus, de 250’000 à 600’000 francs par an, restent modestes (cf. le Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Uri).

Formule communicative courte : «Une faible densité de population signifie moins de conflits, pas plus. Et le loup protège mieux la forêt protectrice que la chasse de loisir.»

« La foret protectrice a besoin de la chasse de loisir »

Les faits : La chasse de loisir n'a pas réussi en plusieurs décennies à réduire durablement la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice. Le loup régule la population de chevreuils de manière naturelle et plus efficace que la chasse saisonnière à patente. Une gestion professionnelle de la faune sauvage peut intervenir de manière ciblée là où la pression d'abroutissement est la plus forte, tandis que la chasse de loisir opère de manière généralisée et saisonnière.

Formule communicative courte : «La chasse de loisir n'a pas résolu le problème de la pression d'abroutissement dans la forêt protectrice depuis des décennies. Le loup le peut. Le service de la faune professionnel le peut de manière ciblée.»

«Les coûts par habitant sont trop élevés»

Les faits : Les coûts par habitant sont naturellement plus élevés dans un canton de 37'000 habitants qu'à Zurich avec 1,5 million d'habitants. Mais : même calculés généreusement, les coûts absolus s'élèvent à 250'000 à 600'000 francs par année. Cela représente moins de 0,15 pour cent du budget cantonal. Le canton d'Uri dépense un multiple de ce montant pour l'entretien des routes.

Formule communicative courte : «250'000 à 600'000 francs. 0,05 à 0,12 pour cent du budget cantonal. Modeste.»

10. Résumé

Cette initiative donne à la population urnaise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection complète des espèces d'animaux sauvages menacées. Le premier article suit le modèle genevois, éprouvé depuis plus de 50 ans. Le deuxième article protège notamment le loup, le lynx, l'aigle royal et le castor. L'un des seuils de signatures les plus bas de la série (600), la faible densité de population avec peu de zones de conflit et la problématique de la forêt protectrice, que le loup résout mieux que la chasse de loisir, font d'Uri un canton unique dans cette série.

Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton d'Uri)

Adresse de contact : [adresse du comité]

Annexe : documentation complémentaire

Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative :

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages.

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Uri : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'UR. Analyse spécifique au canton.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Articles transversaux.

Parcs nationaux et zones protégées : wildbeimwild.com/tag/schweizerischer-nationalpark. Autorégulation naturelle dans les zones protégées.

Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/tag/stadtwildtiere. Coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits.

Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville. Le modèle pour toute la série d'initiatives.

Remarque sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton d'Uri pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 600 signatures valables. Elles doivent être certifiées et déposées dans les deux mois précédant le dépôt (art. 66 al. 2 let. a WAVG). Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur les droits politiques du canton d'Uri.

Briefing stratégique pour les militantes et militants

Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage», canton d'Uri Document de travail interne, état en mars 2026

Résumé

Uri est le canton de la forêt protectrice de la série. La plus forte proportion de forêt protectrice de Suisse, l'une des densités de population les plus faibles et l'un des seuils de signatures les plus bas (600) rendent Uri unique. Le message central : le loup protège mieux la forêt protectrice que la chasse de loisir, car il régule naturellement la population de chevreuils et réduit la pression d'abroutissement. Les coûts absolus sont modestes, entre 250'000 et 600'000 francs. Le loup, le lynx, l'aigle royal et le bouquetin sont présents dans le canton.

1. Pourquoi Uri justement ?

Canton de forêt protectrice. La plus forte proportion de forêt protectrice de Suisse. Le loup la protège mieux que la chasse de loisir.

600 signatures. L'un des obstacles les plus bas de la série. 1,6 pour cent de la population.

Faible densité de population. Peu de zones de conflit. Meilleures conditions pour une gestion professionnelle de la faune.

Richesse en animaux sauvages. Loup, lynx, aigle royal, bouquetin, cerf rouge, chamois.

Chasse à patente = simple changement de système. Pas de baux de chasse, pas d'indemnisation communale.

Coûts absolus raisonnables. 250'000 à 600'000 francs. 0,05 à 0,12 pour cent du budget cantonal.

2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment

Titre positif. « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage » plutôt que « Des gardes-faune au lieu de chasseurs ».

Argument de la forêt protectrice. À Uri, l'argument le plus fort : le loup protège la forêt protectrice mieux que la chasse de loisir.

Coûts absolus plutôt que par habitant. Dans un petit canton, les chiffres par habitant sont trompeurs. Le chiffre absolu (250'000 à 600'000 francs) est plus convaincant.

3. Analyse des opposants et réponses préparées

Contre-argument 1 : « Uri est alpin, le modèle genevois ne convient pas »

Les faits : Une faible densité de population signifie moins de conflits. Et le loup protège la forêt protectrice mieux que la chasse de loisir.

Formule communicative courte : « Moins de personnes signifie moins de conflits. Et le loup protège la forêt protectrice. »

Contre-argument 2 : « La forêt protectrice a besoin de la chasse de loisir »

Les faits : La chasse de loisir n'a pas résolu la pression d'abroutissement depuis des décennies. Le loup le peut. Un service de la faune professionnel le peut de manière ciblée.

Formule communicative courte : « La chasse de loisir n'a pas résolu la pression d'abroutissement depuis des décennies. Le loup le peut. »

Contre-argument 3 : « Les coûts sont trop élevés »

Les faits : 250'000 à 600'000 francs en valeur absolue. 0,05 à 0,12 pour cent du budget cantonal.

Formule communicative courte : « 250'000 à 600'000 francs. Une fraction du budget cantonal. »

4. Stratégie de communication : les trois messages clés

« Le loup protège la forêt protectrice mieux que la chasse de loisir. » L'argument le plus fort pour Uri. Sur le plan écologique et économique.

«Genève le démontre depuis 50 ans.» Jamais abrogé depuis 1974, populations stables, coûts minimaux.

«Professionnel plutôt qu'amateur.» Des professionnels plutôt que des tireurs de loisir.

5. Calendrier et prochaines étapes

PhaseContenuDélai
Constitution du comité & prévérification du texteFaire appel à un juriste ; recruter des membres de comité domiciliés dans le canton d'UriMois 1–3
Dépôt pour prévérificationChancellerie d'État d'UriMois 3–4
Publication & lancement de la récolteObjectif : 750+ signatures comme marge de sécurité ; 600 est l'un des seuils les plus bas de la sérieMois 4
Contacts avec les partis & construction de coalitionsPS, Verts ; Pro Natura Uri ; la forêt protectrice comme argument pour une coalition plus largeMois 1–10
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleAprès le délai de récolte
Débat au LandratAncrage parlementaire ; travail médiatiqueMois suivants
Campagne de votationArgument de la forêt protectrice, le loup comme régulateur naturel, coûts absolusAvant la votation

6. Matériel de campagne

7. Sources complémentaires

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être utilisé librement par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux réalités du canton d'Uri.

Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir

La brochure «Die Jagd in der Schweiz schützt und nützt» de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la «tâche d'État» à la «biodiversité» en passant par les «80 % d'approbation» : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →