10.10.2026, 03:38

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Initiative populaire cantonale : canton de Saint-Gall

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

Sur la base de l'art. 41 al. 1 let. b de la Constitution du canton de Saint-Gall du 10 juin 2001 et de la loi sur le référendum et l'initiative

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Saint-Gall, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Saint-Gall du 10 juin 2001 est complétée par l'article suivant :

Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Saint-Gall.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.

3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 La loi règle les modalités.

Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le gouvernement édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'acceptation de la présente modification constitutionnelle.

2 Les baux de chasse existants prennent fin à l'échéance de la période de bail de huit ans en cours et ne sont pas renouvelés.

3 Le gouvernement assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton de Saint-Gall, cinquième canton le plus grand de Suisse avec environ 520'000 habitantes et habitants sur une surface de 2'026 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle, sans chasse de loisir, l'équilibre écologique s'effondrerait est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir l'étude complète dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée à Saint-Gall sous la forme de chasse à territoire. Le droit de chasse revient au canton, qui afferme les réserves de chasse pour une durée de huit ans à des sociétés de chasse (art. 2 et art. 13 de la loi sur la chasse SG). Contrairement à l'affirmation largement répandue, les sociétés de chasse n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux, qui sont avant tout orientés vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (voir la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Saint-Gall ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent une pression croissante au niveau fédéral. La révision de la loi sur la chasse de décembre 2022 a introduit la régulation préventive du loup. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages importants (art. 9d OChP). La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter. Le canton de Saint-Gall est un canton riche en faune diversifiée : le loup est documenté dans les Churfirsten et l'Alpstein. L'aigle royal niche dans l'Alpstein. Le lynx est présent dans les Préalpes. Le castor colonise le Rhin, la Thur, la Sitter et leurs affluents. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet sont des zones humides d'importance suprarégionale pour les oiseaux d'eau (voir la analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Saint-Gall a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces d'animaux sauvages menacées au niveau cantonal.

2. Le modèle : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

  • La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
  • La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La population évolue à une densité supportable pour la surface forestière.
  • L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
  • Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élève à environ 1,2 million de francs par an, réparti en environ 600'000 francs pour le personnel (soit environ trois postes à temps plein, répartis entre une douzaine d'agents de l'environnement), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.

L'ancien inspecteur cantonal de la faune genevois Gottlieb Dandliker (2001 à 2025) a qualifié l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative la plus avantageuse financièrement pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est le maintien de populations sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre l'obligation d'autorisation dans la Constitution.

Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études l'atteste : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi Saint-Gall ?

Le canton de Saint-Gall se prête particulièrement bien, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :

Le canton le plus riche en faune diversifiée de Suisse orientale. Saint-Gall réunit le lac de Constance, la vallée du Rhin, le Plateau et les Alpes (Alpstein, Churfirsten, Sarganserland) au sein d'un seul canton. L'aigle royal niche dans l'Alpstein. Le loup est documenté dans les Churfirsten. Le lynx est présent dans les Préalpes. Le castor colonise le Rhin, la Thur et la Sitter. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet sont des zones humides d'importance suprarégionale pour les oiseaux d'eau. Cette diversité fait de Saint-Gall un cas de test idéal pour une gestion professionnelle de la faune sauvage (voir wildbeimwild.com sur les prédateurs).

Parallèle avec le lac de Constance. Comme la Thurgovie, Saint-Gall bénéficie également de l'argument du lac de Constance : sur les rives du lac Léman, la suppression de la chasse de loisir a multiplié les oiseaux d'eau de cent à 30'000. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet ont le même potentiel. Le paragraphe sur la protection des espèces protège notamment le harle bièvre et d'autres espèces d'oiseaux d'eau.

Politique du loup dans l'Alpstein et les Churfirsten.Le loup est documenté à Saint-Gall. Les tirs de loups controversés ont politisé le débat. L'initiative propose une réponse constitutionnelle : une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que des tirs motivés politiquement (cf. les politique du loup sur wildbeimwild.com).

8’000 signatures en 5 mois.Avec 520’000 habitants, 8’000 signatures représentent environ 1,5 pour cent de la population. À Saint-Gall, Rapperswil-Jona, Wil, Buchs, Rorschach et Gossau, la récolte peut se faire efficacement.

Castors sur le Rhin, la Thur et la Sitter.Le castor est documenté dans plusieurs cours d'eau saint-gallois. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages importants. L'initiative protège le castor dans le canton.

Bail cantonal = simple changement de système.Le canton afferme lui-même les réserves de chasse, le montant du bail revient au canton. Une indemnisation des communes n'est donc pas nécessaire, et le bail prend fin à l'échéance de la durée de bail de huit ans.

Effet de signal pour la Suisse orientale.Saint-Gall est le plus grand canton de Suisse orientale. Un succès ici aurait un effet de signal pour toute la région (TG, AR, AI, SH, GL).

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse à territoire par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons l'organisation de l'exercice de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse suisses (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État respectivement en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, conformément au droit fédéral.

Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage

Au lieu des chasseurs et chasseuses de loisir, des gestionnaires de la faune formés professionnellement, au service du canton, assument toutes les tâches. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio

Le tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus chaque année par les gardes-faune (selon la statistique de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux meneurs étant explicitement épargnés.

Alinéa 4 : commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection animale et de la nature disposent d'un droit de regard et empêche que le gouvernement accorde seul des dérogations. L'intégration de la science assure des décisions fondées sur des preuves (cf. Mythes sur la chasse passés au crible).

Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence

La promotion de la coexistence englobe à Saint-Gall notamment la sécurisation et la mise en réseau des corridors fauniques le long du Rhin, de la Thur et de la Sitter, la revalorisation écologique du Rietal rhénan et des rives du lac de Constance, ainsi que la sensibilisation de la population au comportement à adopter envers les animaux sauvages.

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans donne au gouvernement suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires professionnels de la faune sauvage et constituer la commission de la faune sauvage. L'office existant pour la nature, la chasse et la pêche (ANJF) peut servir de base institutionnelle.

6. Sur le second article : protection des espèces animales sauvages menacées et protégées

Le deuxième article est particulièrement pertinent pour Saint-Gall. Le loup est documenté dans les Churfirsten et l'Alpstein. L'aigle royal niche dans l'Alpstein. Le lynx est présent dans les Préalpes. Le castor colonise le Rhin, la Thur et la Sitter. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet sont des zones d'oiseaux d'eau d'importance suprarégionale. La formulation «notamment» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège également les futurs animaux de retour, en particulier la loutre (voir la politique du loup sur wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : budget concret pour Saint-Gall

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec 282 km² est environ sept fois plus petite que Saint-Gall et compte environ 500’000 habitants, le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élève à environ 1,2 million de francs par an : environ 600’000 francs pour le personnel, environ 250’000 francs pour la prévention et environ 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages.

Estimation prudente des coûts pour Saint-Gall

Pour Saint-Gall, avec une superficie de 2’026 km² et environ 520’000 habitants, l'estimation des coûts suivante, délibérément prudente, se dégage. Elle calcule de manière généreuse et tient compte des coûts alpins supplémentaires, qui ne se posent pas à Genève :

Coûts de personnel : 960’000 à 1’680’000 francs par an. Il faut 8 à 12 postes à plein temps. Un poste à plein temps dans le service cantonal coûte, charges sociales et frais annexes d'employeur compris, environ 120’000 à 140’000 francs par an. Saint-Gall est sept fois plus grand que Genève et topographiquement exigeant : l'Alpstein, les Churfirsten et le Sarganserland nécessitent des spécialistes ayant une expérience alpine.

Frais de matériel : 200’000 à 350’000 francs par an. Cela comprend l'équipement, les véhicules, les dispositifs d'effarouchement, l'infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), les mesures de protection de construction, les clôtures électriques et le travail de relations publiques. En terrain alpin, les frais de matériel sont plus élevés qu'en plaine.

Indemnisation des dommages : 150'000 à 300'000 francs par an. Principalement les dégâts causés par les sangliers à l'agriculture, les dégâts d'abroutissement en forêt, les dégâts causés par les castors aux cours d'eau et d'éventuels dégâts causés par des attaques de loups sur le bétail. L'estimation la plus élevée tient compte d'une possible augmentation de la présence du loup.

Investissement initial pour la protection des troupeaux : 500’000 à 1’000’000 de francs. Durant les trois à cinq premières années suivant le changement de système, un investissement initial unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux est nécessaire pour les Churfirsten et le Sarganserland : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation des bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et sera amorti sur trois à cinq ans.

Coûts totaux : 1’310’000 à 2’330’000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 2.50 à 4.50 francs par habitant et par an.

Gestion transitoire du cerf élaphe

Le cerf est présent en grand nombre dans les Alpes saint-galloises. Durant les premières années suivant le changement de système, une gestion ciblée de la transition est nécessaire, car la reproduction compensatoire (le taux de reproduction artificiellement accru par la pression de chasse) ne s'estompe qu'après quelques années. La littérature scientifique démontre clairement cet effet : une forte pression de chasse entraîne une maturité sexuelle plus précoce, des portées plus grandes et un taux de survie plus élevé chez les jeunes animaux. Une fois la pression de chasse supprimée, le taux de reproduction se normalise en trois à cinq ans. Cette gestion de transition est déjà intégrée dans les effectifs de postes plus élevés (cf. études sur wildbeimwild.com).

Économies et financement compensatoire

Des économies considérables viennent compenser ces coûts : le canton n'a plus besoin d'organiser d'examens de chasse, de louer et de gérer des réserves de chasse, d'établir de plan de tir ni d'organiser la surveillance de la chasse. Les ressources actuellement affectées à ces tâches au sein de l'Office de la nature, de la chasse et de la pêche peuvent en partie être réaffectées. S'ajoutent à cela les coûts générés aujourd'hui par les tirs de loups : un seul loup tué inutilement coûte à la collectivité environ 35’000 francs (interventions en hélicoptère, coordination, procédures juridiques). Avec plusieurs tirs par année, la facture grimpe rapidement.

Recettes supprimées

Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes locatives issues de la chasse à territoire, estimées entre 600'000 et 900'000 francs par an, disparaissent. En contrepartie, les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de gibier, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions policières et judiciaires) représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps effectuent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques réalisés par des gardes-faune professionnels n'ont rien à voir avec une chasse régulatrice basée sur le folklore des chasseurs ou une « expérience de la nature » mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets montre que la chasse de milice coûte nettement plus au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).

L'Le surcoût net devrait se situer entre 800'000 et 1'500'000 francs par an, ce qui correspond à environ 1,55 à 2,90 francs par habitant correspond. Même en calculant largement, cela représente moins qu'un café par personne et par an. Pour un canton avec un budget total d'environ 5,3 milliards de francs (compte d'État 2024, AFF), cela représente moins de 0,03 pour cent (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).

8. Compatibilité avec le droit supérieur

Premier article : abolition de la chasse de loisir

L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément aux cantons le soin de réglementer le droit de chasse, le système de chasse, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une contestation au regard du droit fédéral en plus de 50 ans.

Deuxième article : protection des espèces protégées

L'art. 7a JSG permet aux cantons de procéder à une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 JSG. Le renoncement ne contrevient ni au droit fédéral ni à la Convention de Berne.

Unité de la matière

L'initiative respecte l'unité de la matière, puisque l'ensemble des dispositions des deux articles se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.

9. Anticipation des objections prévisibles

« Saint-Gall a des Alpes et une économie alpestre, le modèle genevois ne convient pas »

Les faits : Saint-Gall réunit tous les types de paysages : lac de Constance, Plateau, Préalpes et Alpes. Sur le Plateau (Fürstenland, Wil, Rapperswil-Jona), le paysage est directement comparable à celui de Genève. Dans les Alpes (Alpstein, Churfirsten, Sarganserland), le peuplement est clairsemé et les zones de conflit moins nombreuses. L'économie alpestre exige une protection des troupeaux professionnelle, pas une chasse de loisir. Cette grande diversité paysagère fait de Saint-Gall un cas test idéal : si cela fonctionne ici, cela fonctionne partout en Suisse orientale (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Saint-Gall).

Formule communicative courte : « Le Plateau saint-gallois présente le même paysage que Genève. Et dans les Alpes, il faut une protection des troupeaux professionnelle, pas une chasse de loisir. »

«Le loup a besoin de la chasse de loisir»

Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans. Une gestion professionnelle de la faune sauvage permet au loup d'exercer sa fonction écologique, tout en protégeant les troupeaux d'animaux de rente grâce à une prévention professionnelle.

Formule communicative courte : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.»

«Les coûts augmentent, c'est finalement le contribuable qui paie»

Les faits : Même avec un calcul large et conservateur, environ 1,55 à 2,90 francs par habitant et par an, moins qu'un café par personne et par an. Cela inclut déjà les coûts alpins supplémentaires, l'investissement initial pour la protection des troupeaux et la gestion transitoire du cerf rouge. Dans la fourchette du niveau genevois (2,40 francs). Genève le fait depuis 50 ans et n'a jamais levé l'interdiction. Moins de 0,1 pour cent du budget cantonal.

Formule communicative courte : Même en comptant largement : moins qu'un café par personne et par an. Moins de 0,1 pour cent du budget cantonal. Les 20 millions zurichois étaient une invention.

10. Résumé

Cette initiative donne à la population saint-galloise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection complète des espèces menacées. Le premier article s'inspire du modèle genevois, éprouvé depuis plus de 50 ans, et remplace la chasse de loisir par une protection professionnelle de la faune. Le second article protège notamment l'aigle royal de l'Alpstein, le loup dans les Churfirsten, le castor sur le Rhin, la Thur et la Sitter, ainsi que les oiseaux d'eau du lac de Constance. En tant que plus grand canton de Suisse orientale, un succès à Saint-Gall aurait un effet de signal pour toute la région.

Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton de Saint-Gall)

Adresse de contact : [adresse du comité]

Annexe : documentation complémentaire

Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative et sont disponibles en annexe :

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages.

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Saint-Gall : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse de loisir dans le canton SG. Analyse spécifique au canton.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Articles transversaux.

Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/tag/stadtwildtiere. Coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits.

Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville. Le modèle pour toute la série d'initiatives.

Remarque sur la procédure

Le comité d'initiative remet le texte de l'initiative à la Chancellerie d'État du canton de Saint-Gall pour un examen préalable, avant le début de la récolte de signatures. 8'000 signatures valables sont nécessaires pour que l'initiative aboutisse. Le délai de récolte est de 5 mois à compter de la publication dans la Feuille officielle (art. 45 Cst. SG). Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur le référendum et l'initiative.

Briefing stratégique pour les militantes et militants

Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune », canton de Saint-Gall Document de travail interne, état en mars 2026

Résumé

Saint-Gall est le plus grand canton de Suisse orientale et le canton le plus riche en faune sauvage de la région. Il réunit le lac de Constance, la vallée du Rhin, le Plateau et les Alpes. L'aigle royal niche dans l'Alpstein, le loup est documenté dans les Churfirsten, le castor colonise le Rhin, la Thur et la Sitter. 8'000 signatures en 5 mois représentent un défi, mais c'est réalisable avec 520'000 habitants. Les coûts par habitant se situent au niveau genevois. Le changement de système vers la chasse à territoire est simple sur le plan administratif. Un succès aurait un effet de signal pour toute la Suisse orientale.

1. Pourquoi précisément Saint-Gall ?

Le canton le plus riche en faune diversifiée de Suisse orientale. Lac de Constance, vallée du Rhin, Plateau, Alpes. Aigle royal, loup, lynx, castor, oiseaux d'eau.

Parallèle avec le lac de Constance. Ce qui a multiplié les oiseaux d'eau au bord du lac Léman peut produire le même effet au lac de Constance.

Politique du loup dans l'Alpstein. Loup documenté. L'article de la loi sur la protection des espèces mobilise.

8’000 signatures en 5 mois. Environ 1,5 pour cent. Faisable.

Bail cantonal = simple changement de système. Le bail prend fin après huit ans, sans indemnisation communale.

Effet de signal pour la Suisse orientale. Plus grand canton de la région.

2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment

Titre positif. « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage » plutôt que « Des gardes-faune au lieu de chasseurs ».

Un calcul budgétaire concret. Environ 1,55 à 2,90 francs par habitant. Dans l'ordre de grandeur du niveau genevois.

Assurer tôt le soutien des partis. Impliquer tôt le PS, les Verts et le PVL.

La protection des espèces comme élargissement de la coalition. L'aigle royal, le loup, le castor et les oiseaux d'eau mobilisent largement.

3. Analyse des opposants et réponses préparées

Contre-argument 1 : «Saint-Gall a des Alpes et une économie alpestre»

Les faits : Le Mittelland saint-gallois présente le même type de paysage que Genève. Dans les Alpes : faible densité de peuplement, moins de conflits, une protection des troupeaux professionnelle plutôt que la chasse de loisir.

Formule communicative courte : «Le Mittelland saint-gallois, c'est Genève. Les Alpes ont besoin de protection des troupeaux, pas de chasse de loisir.»

Contre-argument 2 : «Le loup a besoin de la chasse de loisir»

Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.

Formule communicative courte : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe.»

Contre-argument 3: «Les coûts augmentent»

Les faits : Même en comptant largement : moins qu'un café par personne et par an. Moins de 0,1 pour cent du budget cantonal.

Formule communicative courte : «Moins qu'un café par personne et par an. Moins de 0,1 pour cent du budget.»

4. Stratégie de communication : les trois messages clés

«Genève le démontre depuis 50 ans.» Plus de biodiversité, des populations stables, des coûts minimes, jamais abrogé depuis 1974.

«Professionnel plutôt qu'amateur.» Des professionnels plutôt que des tireurs de loisir.

«Environ 1,55 à 2,90 francs par personne et par an.» Dans l'ordre de grandeur du niveau genevois.

5. Calendrier et prochaines étapes

PhaseContenuDélai
Constitution du comité & prévérification du texteFaire appel à une juriste ou un juriste ; recruter des membres du comité domiciliés dans le canton de Saint-GallMois 1–3
Dépôt pour prévérificationChancellerie d'État de Saint-GallMois 3–4
Publication & lancement de la récolteObjectif : 9’500+ signatures en guise de marge de sécuritéMois 4
Contacts avec les partis & construction de coalitionsPS, Verts, PVL ; Pro Natura SG ; BirdLife SG ; WWF Suisse orientaleMois 1–12
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleAprès le délai de récolte
Débat au Parlement cantonalAncrage parlementaire ; travail médiatiqueMois suivants
Campagne de votationMobilisation finale, argument du lac de Constance, argument de l'aigle royalAvant la votation

6. Matériel de campagne

7. Sources complémentaires

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux conditions du canton de Saint-Gall.

Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir

La brochure «Die Jagd in der Schweiz schützt und nützt» de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la «tâche d'État» à la «biodiversité» en passant par les «80 % d'approbation» : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →