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Animaux sauvages

Attaques de loup dans le canton de Vaud : à Mézery, la protection de base faisait défaut

Deux attaques présumées de loup en une semaine : à Mézery, la clôture ne répondait pas, selon un reportage, aux exigences de protection des troupeaux ; à Vuissens, la cause et la protection restent à clarifier.

Rédaction Wild beim Wild · 26 octobre 2026
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Ni clôture, ni berger

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Dans la nuit de samedi à dimanche, dix des seize moutons se trouvant dans un champ près de Vuissens ont été tués. L'éleveur habite à Vuissens (FR), mais le champ se situe sur sol vaudois. Il est convaincu que ce sont des loups qui ont attaqué les bêtes ; selon RTS, les autorités font encore analyser les traces. Une semaine auparavant, un loup avait tué des brebis à quelques kilomètres de là, à Mézery-près-Donneloye. Dans ce premier cas, on sait que la clôture ne répondait pas aux exigences de protection des troupeaux.

Mézery : deux fils

L'attaque a eu lieu dans la nuit du 18 octobre dans un enclos situé à côté d'une ferme. Au moins trois brebis sont mortes. Selon 24 heures, une quatrième a été grièvement blessée ; selon la version de La Télé, une quatrième bête, en fuyant, a heurté un mur et en est morte. L'origine du loup reste inconnue, des échantillons d'ADN sont en cours d'analyse.

Selon La Télé, l'enclos était sécurisé par deux fils électrifiés, alors que quatre étaient exigés. Cette clôture ne répondait donc pas aux exigences de protection des troupeaux. Selon La Télé, l'éleveuse ne reçoit de ce fait pas d'indemnisation par animal tué, mais un forfait de 600 francs pour le travail occasionné. Les moutons morts figurent dans la statistique des dégâts, mais ne sont pas pris en compte pour une éventuelle demande de régulation. Cette prise en compte des dégâts doit être distinguée de la régulation préventive des meutes de loups, que la Confédération peut autoriser même sans attaques préalables. Selon 24 heures, le vétérinaire consulté juge la présence du loup incompatible avec la Suisse.

Vuissens : cause et protection à clarifier

Concernant l'attaque près de Vuissens, il n'est pour l'instant ni confirmé que des loups ont tué les moutons, ni connu comment le pâturage était sécurisé. On ignore si les animaux étaient suffisamment protégés et quelles en seront les conséquences juridiques.

Rare sur le Plateau

Pour la région, ces deux cas sont exceptionnels. Avant Mézery, selon 24 heures, seules trois attaques ayant fait trois moutons tués avaient été recensées cette année sur le Plateau vaudois. À l'échelle nationale, selon la RTS, 43 meutes comptant environ 350 loups vivent en Suisse. L'évolution de la population est illustrée dans l'aperçu «Combien de loups y a-t-il en Suisse ?». Sur la situation dans le Jura vaudois, où les attaques ont nettement reculé en 2026, Wild beim Wild a rendu compte dans «Loup dans le Jura : calme à Vaud, attaques à Neuchâtel».

La Broye connaît ce débat

La Broye avait déjà été le théâtre d'un débat sur le loup en 2023. Une pétition demandait alors d'«éliminer» le loup de la région. Le Conseil d'État fribourgeois l'a rejetée et a souligné dans sa réponse que les dommages aux animaux de rente diminuent depuis l'introduction de mesures de protection et que le loup se nourrit principalement d'animaux sauvages. Wild beim Wild en a rendu compte dans «Les opposants au loup font naufrage». Par ailleurs, à la charnière 2023/24, un loup a été braconné dans la Broye vaudoise, et le canton a déposé une plainte pénale («Braconnage de loup dans le canton de Vaud : premières enquêtes»).

Mise en perspective : la clôture d'abord

Le manquement documenté à Mézery concerne la protection des troupeaux. Avant de tirer de cet incident des revendications de tirs de loups, il faut donc se demander pourquoi la clôture ne respectait pas les prescriptions. À Vuissens, les enquêtes doivent d'abord établir ce qui s'est passé et comment le troupeau était protégé.

Une clôture à fils conforme aux prescriptions ne protège d'ailleurs pas seulement les moutons. Avec la pétition «Les filets de pâture ne doivent pas être des pièges mortels pour les animaux sauvages», l'IG Wild beim Wild demande que, partout où c'est possible, des clôtures à fils soient utilisées à la place des filets de pâture : au moins quatre fils, d'une hauteur minimale de 90 centimètres, le fil inférieur se trouvant à 20 centimètres au maximum du sol. Une telle clôture arrête le loup et laisse passer les petits animaux, alors que chevreuils, renards ou hérissons se retrouvent régulièrement piégés mortellement dans les mailles des filets de pâture. Les contributions à la protection des troupeaux doivent donc être liées à une réalisation conforme aux règles de l'art et respectueuse de la faune. Celles et ceux qui souhaitent s'adresser directement à leur parlement cantonal trouveront pour cela un texte type pour des exigences de clôtures et de filets de pâturage conformes à la protection animale.

Ce schéma n'est pas nouveau. Dans le canton de Schwyz, la protection de base faisait défaut dans trois des quatre cas d'attaques recensés sur des surfaces agricoles utiles. Parallèlement, une autorisation de tir préventive, décidée auparavant, était en vigueur pour les jeunes loups de la meute du Chöpfenberg. Face au Conseil de l'Europe, la Confédération assure que la protection des troupeaux précède toute régulation ; Wild beim Wild a analysé dans «15 assurances données au Conseil de l'Europe» dans quelle mesure la pratique s'en écarte. Ce qui fonctionne et ce qui échoue dans la protection des animaux non humains, le dossier le résume dans «La protection des troupeaux en Suisse».

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos dossiers sur la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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