Schwyz : dans trois attaques sur quatre, la protection de base faisait défaut
La réponse à la petite question KA 22/26 mentionne des sections de clôture ouvertes, des grillages non électrifiés et des litzes manquantes, alors qu'une décision de tir est en vigueur pour les jeunes loups de la meute du Chöpfenberg.
Ni clôture, ni berger
Le canton de Schwyz a publié le 7 octobre 2026 la réponse à la petite question KA 22/26 de la députée cantonale Andrea Burtschi (Le Centre). Trois attaques survenues en août en étaient à l'origine. Dans chaque cas, le canton a constaté que la protection des troupeaux prescrite n'était pas respectée. La réponse résume désormais tous les événements connus jusqu'à sa rédaction.
Ce que le canton a constaté
Le Département de l'économie publique recense cinq attaques pour 2026, trois concernant des moutons et deux des chèvres. Quatre se sont produites sur la surface agricole utile, une dans la zone d'estivage. Sur les quatre attaques survenues sur la surface utile, trois ont dû être jugées non protégées. L'événement survenu dans la zone d'estivage s'est produit sur une surface considérée comme ne pouvant pas raisonnablement être protégée.
Les manquements sont précisément décrits :
- Certaines sections n'étaient pas du tout clôturées.
- Des clôtures en grillage métallique n'étaient pas électrifiées.
- Entre le sol et la litze la plus basse, les écarts étaient par endroits trop importants.
- Dans un cas, les animaux se trouvaient derrière trois litzes au lieu des quatre prescrites.
Le département ne souhaite pas en déduire un schéma de manquements typiques.
La réponse ne précise pas si toutes les attaques signalées en septembre figurent dans ce relevé. Watson a notamment rapporté une attaque survenue le 20 septembre dans le territoire de la meute. Lors de l'attaque présumée de loup à Oberiberg du 9 septembre, le canton a constaté, selon le «Bote der Urschweiz», que les mesures de protection étaient correctes.
La protection de base n'est pas une exigence de haute technologie
Ce qui est exigé figure dans la réponse elle-même : une clôture filet pour pâturage de 90 centimètres de haut ou une clôture électrique à 4 fils d'au moins 3'000 volts, entièrement fermée et avec un espace au sol de 20 centimètres au maximum. Une clôture en treillis métallique suffit également si elle est renforcée en haut et en bas par des fils électriques. Pour cette protection de base, il n'existe aucune subvention fédérale. Si elle est correctement mise en œuvre, les attaques sont, selon la page cantonale sur la protection des troupeaux imputées au contingent de tir et indemnisées.
La protection renforcée des troupeaux bénéficie d'un soutien financier : clôtures à 5 fils, filets de 105 centimètres de haut et chiens de protection des troupeaux. Avec le droit de la chasse révisé du 1er février 2025, la part fédérale aux mesures de protection des troupeaux est passée de 80 à 50 pour cent. Entre-temps, elle a été relevée à nouveau à 80 pour cent.
1'260'018 francs depuis 2022
Entre 2022 et 2026, le canton a versé au total 1'260'018 francs de contributions pour la protection renforcée des troupeaux. Le montant le plus élevé a atteint 499'327 francs en 2023. Pour 2026, la réponse indique 170'059 francs à ce jour, les versements étant effectués en automne ou en hiver. Le canton lui-même a contribué à hauteur d'environ 106'293 francs en 2025 et de 28'948 francs jusqu'à présent en 2026. Le département justifie cette baisse par le fait que les exploitations sont désormais bien équipées en matériel de clôture.
Être équipé ne signifie toutefois pas être protégé. Ces derniers mois, l'Office de l'agriculture a largement informé à ce sujet :
- L'hiver dernier, il a réuni 842 participants lors de 28 manifestations.
- Chaque printemps, il envoie par e-mail les règles et les formulaires de demande.
- Après l'attaque survenue à Pfäffikon, il a écrit de toute urgence à tous les exploitants.
Le gouvernement constate néanmoins que les possibilités de soutien et les exigences restent encore trop peu connues. D'autres manifestations d'information et de formation doivent désormais suivre.
Le loup dominant vivait discrètement dans la région depuis 2021
La veille de la réponse, l'Office des forêts et de la nature a communiqué les résultats ADN : les loups M107 et M586 sont responsables des attaques survenues à Pfäffikon et à Einsiedeln. Selon Watson, le loup dominant de la meute du Chöpfenberg a tué douze moutons le 20 août à Pfäffikon. Cela s'est produit dans le territoire connu où il est établi depuis 2021 et où il s'était jusque-là comporté discrètement. Lors de cet événement précis, les mesures de protection des troupeaux prescrites n'étaient, selon le canton, pas entièrement respectées.
La décision de tir visant la meute ne constitue pas une réaction à ces attaques. Le Conseil d'État avait déjà ordonné, le 18 août, le prélèvement des deux tiers des au moins six louveteaux nés cette année, à titre de régulation proactive, du 1er septembre 2026 au 31 janvier 2027. Le cas du jeune loup blessé par tir puis disparu.
Analyse de la rédaction
Le gouvernement écrit que la protection des troupeaux est «mise en œuvre correctement dans leur grande majorité». Mais les attaques recensées sur les surfaces agricoles utiles révèlent une lacune concrète : dans trois cas sur quatre, la protection de base faisait défaut. Ce petit nombre de cas ne dit rien sur l'ensemble des troupeaux schwyzois. Il montre cependant où cela échoue précisément là où le loup frappe réellement : non pas sur des mesures spéciales exigeantes, mais sur une simple clôture fermée et électrifiée.
La référence à l'élevage en petits groupes, typique de la région, explique le surcroît de travail. Elle ne justifie toutefois pas des portions de clôture ouvertes. Alors que les faiblesses documentées concernent les clôtures, une décision de tir s'applique aux jeunes loups de la meute du Chöpfenberg. Le fait que le canton associe en même temps des chasseurs de loisir à la régulation des prédateurs et qu'à Schwyz on ait même discuté de primes pour l'abattage de loups montre que les priorités sont mal placées. Ce sont les animaux non humains des deux côtés de la clôture qui en paient le prix.
Selon les indications du WWF du 23 septembre, les attaques contre les animaux de rente reculent en 2026, pour la quatrième année consécutive au cours de l'année en cours. Le WWF attribue cela à une protection des troupeaux mieux développée. Nous avons analysé de précédents bilans cantonaux intermédiaires dans l'article «La protection des troupeaux porte ses fruits : moins d'attaques de loups en Suisse». Le dossier Le loup en Suisse.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos dossiers sur la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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