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Chasse

Un tribunal stoppe les tirs de renards ordonnés par les autorités dans les Alpes françaises

Deux agneaux morts dans un filet ont suffi à la préfecture pour autoriser pendant un mois la chasse au renard avec équipement de vision nocturne. Le tribunal administratif de Marseille a vu de sérieux doutes quant à la légalité de la mesure.

Rédaction Wild beim Wild · 30 octobre 2026
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Dans la forêt résonne une vieille promesse

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Dans la commune française de Les Orres, dans les Hautes-Alpes, les renards pouvaient être tirés de jour comme de nuit depuis le 6 octobre 2026, avec des dispositifs d'imagerie thermique, sur l'ensemble du territoire communal et jusqu'à proximité immédiate des habitations. L'arrêté de la préfecture était valable jusqu'au 8 novembre et ne prévoyait aucune limite ni pour le nombre d'interventions ni pour le nombre de renards tués. À la suite d'un recours de l'organisation de protection animale One Voice, le tribunal administratif de Marseille a suspendu les tirs. L'audience a eu lieu le 26 octobre, One Voice a rendu la décision publique le 30 octobre.

Deux agneaux morts, un disparu, aucune preuve

Le motif de l'arrêté était mince : deux agneaux retrouvés morts dans un filet et un troisième disparu. Des renards avaient été photographiés à proximité. Il n'y avait rien de plus. One Voice a fait valoir que la simple présence d'un renard ne dit rien de la cause de la mort, et que les renards ne sont de toute façon pas des prédateurs typiques des agneaux. Celui qui trouve des animaux morts en montagne y trouve régulièrement aussi des renards : ils font disparaître les cadavres. C'est précisément pour cela qu'on les accuse ensuite.

Ce schéma est familier dans le débat suisse. Une prédation, un soupçon, une photo, et au bout du compte une autorisation de tir. La charge de la preuve s'inverse : ce n'est pas l'autorité qui doit démontrer qu'un animal précis a causé le dommage, c'est l'animal qui devrait prouver son innocence.

Ce que le juge a examiné

Le juge a d'abord reconnu l'urgence : un renard tué ne peut pas être ramené à la vie, la mesure est irréversible. Sur le fond, il s'est appuyé sur deux points. Premièrement, les preuves des attaques attribuées aux renards faisaient défaut. Deuxièmement, la loi exige un dommage important avéré, et cette preuve n'était pas non plus apportée. Ensemble, ces éléments suscitaient de sérieux doutes quant à la légalité de la décision.

Un troisième point est remarquable : le juge a pris en compte le rôle des renards dans l'écosystème dans sa pesée des intérêts. Ce n'est pas une simple formalité. Cela signifie que l'utilité d'un prédateur n'est plus traitée comme une question secondaire, qui de toute façon ne pèserait rien face à un dommage allégué.

La technique qui aurait été employée ici

Les tirs étaient autorisés de nuit avec des dispositifs d'imagerie thermique, jusqu'aux abords des zones habitées, donc là où l'on ne chasse normalement pas. Avec de tels appareils, la chasse devient une recherche de points de chaleur dans l'obscurité. À quel point cela n'a plus rien à voir avec l'image d'une chasse loyale, Wild beim Wild l'a montré dans son dossier sur la chasse de nuit et la chasse high-tech.

En Suisse, cette voie n'existe pratiquement pas

La différence décisive ne tient pas à la compassion, mais à la procédure. En France, une organisation de protection animale peut porter une décision de tir individuelle devant le juge administratif en quelques jours, et elle le fait régulièrement et souvent avec succès. En Suisse, cette voie est étroite. Le Tribunal fédéral a refusé en septembre 2026 le droit de recours des associations à l'association CHWolf, de sorte que les tirs de sept meutes de loups n'ont fait l'objet d'aucun contrôle judiciaire. Les détails de cet arrêt figurent dans l'article «Tribunal fédéral : CHWolf n'a pas le droit de recourir contre les tirs de loups».

Pour le renard, la question ne se pose même pas sous cette forme. Il est du gibier chassable dans presque tous les cantons, il est tué pendant la période de chasse ordinaire, sans décision individuelle contre laquelle quelqu'un pourrait recourir. Ce qui a été autorisé aux Orres comme mesure exceptionnelle et stoppé par un tribunal est chez nous la norme, mais sans tribunal.

Environ 21 000 renards tués par an, et Genève s'en passe

En Suisse, quelque 21 000 renards sont tués chaque année aujourd'hui, contre plus de 42 000 il y a 25 ans. La baisse du tableau de chasse n'a entraîné aucun problème visible, comme le montre l'analyse «Statistique de la chasse 2000 à 2025» le montre. Dans le canton de Genève, où la chasse de loisir est interdite depuis 1974, les chiffres relatifs aux renards se situent entre zéro et dix-huit par an, et là non plus, rien ne s'est effondré. Le fact-checking sur les chiffres genevois rassemble ce que la statistique officielle permet d'établir à ce sujet.

Ce que vous pouvez faire maintenant

La forme de participation la plus efficace n'est pas une signature, mais une lettre personnelle adressée à vos élues et élus au parlement cantonal. Sur la page de la campagne «Interdiction de la chasse au renard», vous trouverez les adresses de tous les cantons ainsi qu'un modèle de lettre que vous pouvez adapter et envoyer en quelques minutes. On y trouve aussi la documentation sur la manière dont les différents cantons ont réagi jusqu'ici à cette revendication.

L'article «L'intervention de Pascal Wolf atteint le Parlement européen» montre jusqu'où l'initiative est désormais parvenue. Quant aux arguments du camp adverse, vous pouvez les lire dans l'article «Le président de la protection de la chasse qualifie la vaccination d'extrême».

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Rôle et critique des chasseurs de loisir nous mettons en lumière la formation, le pouvoir et l'image de soi des chasseurs de loisir. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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