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Animaux sauvages

Saint-Ursanne : le service de la faune abat le renard du terrain de football

Un renard confiant a interrompu un match de coupe dans le Jura et est devenu une star des réseaux sociaux. Il est aujourd'hui mort, et un ancien parlementaire cantonal demande, par voie de dénonciation, un examen de ce tir.

Rédaction Wild beim Wild · 13 octobre 2026
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Renard de minuit

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Le 15 septembre, à Saint-Ursanne (JU), un renard a couru sur le terrain de football et a obligé l'arbitre à interrompre brièvement le match de coupe entre le FC Clos du Doubs et le FC Glovelier. La vidéo est devenue virale dans le canton du Jura. Quelques semaines plus tard, l'animal est mort : un garde-faune l'a abattu sur signalement du club, comme le rapporte «Le Matin».

Un renard que tout le village connaissait

Le terrain de Champs-Fallat se trouve en pleine nature, entre le Doubs et le viaduc des CFF, justement à proximité de l'office cantonal de l'environnement. Les joueurs voyaient régulièrement l'animal sous les projecteurs pendant l'entraînement. Une habitante l'a décrit comme totalement dépourvu de crainte. Un agriculteur croit reconnaître dans ce renard l'animal qui venait chaque soir, tout l'hiver, à sa ferme pour s'y nourrir.

Ce récit soulève une question à laquelle le rapport ne répond pas : le renard s'était-il habitué à de la nourriture facilement accessible à proximité des humains ? Les renards qui trouvent régulièrement de la nourriture près des maisons perdent leur timidité. Il n'est pas établi si c'était la cause chez cet animal.

La justification du club et du garde-faune

Le responsable du terrain justifie le signalement par la sécurité d'une soixantaine de juniors qui s'entraînent chaque mercredi. Le renard se serait approché jusqu'à un mètre et se serait attaqué aux ballons et au matériel. Finalement, après une assemblée générale, il serait entré dans la buvette par la porte restée ouverte. Selon toutes les descriptions disponibles, il n'a mordu ni attaqué personne.

Le garde-faune compétent a abattu l'animal un samedi. Il l'a justifié en expliquant que le renard avait pris des poules à proximité d'habitations. Selon lui, un piège suivi d'un déplacement n'aurait fait que déplacer le problème, sans modifier le comportement de l'animal.

Dénonciation au ministère public

Raoul Jaeggi, ancien député au Parlement jurassien, avait filmé la vidéo. Il s'est montré indigné : « Le capturer, d'accord, mais pourquoi l'abattre ? » Selon « Le Matin », il a rédigé lundi une dénonciation adressée au ministère public du canton du Jura. Il n'affirme pas qu'une infraction a été commise. Il demande toutefois que la décision de tir et son exécution soient examinées.

Quelles alternatives ont été examinées ?

La question n'est pas de savoir si un renard « n'a rien à faire » sur un terrain de football. La question est de savoir ce qui a été tenté avant le tir. Le rapport n'en dit mot. A-t-on supprimé d'éventuelles sources de nourriture, sécurisé les poules, maintenu la buvette fermée ou tenté un Effarouchement ciblé ? On sait seulement que le garde-faune a d'emblée rejeté l'idée d'un piège comme inadaptée.

La Suisse est considérée comme exempte de rage vulpine depuis 1999. La familiarité d'un animal n'est donc en soi pas un indice de maladie. Il aurait fallu évaluer le danger concret qu'il représentait à partir de son comportement réel. Ce qui est documenté, ce sont de la curiosité, des jeux de ballon et une visite à la buvette, mais pas une seule attaque.

Ce cas particulier doit être distingué du débat de fond sur la chasse ordinaire au renard, que Wild beim Wild traite dans la campagne « Stop à la chasse au renard ». Les deux situations ont toutefois en commun le même réflexe : le renard est vite considéré comme un fauteur de troubles, alors qu'il joue un rôle important dans l'écosystème en tant que consommateur de souris et de charognes. Davantage d'informations sur le rôle des prédateurs comme le loup, le lynx et le renard sont documentées sur Wild beim Wild.

Le fait que des gardes-faune interviennent à la place de chasseurs de loisir est en principe une bonne chose. C'est ce que demandait par exemple l'initiative zurichoise « Des gardes-faune plutôt que des chasseurs ». Mais une gestion professionnelle de la faune sauvage signifie précisément que le tir reste le dernier recours et non le premier. Si tel a été le cas à Saint-Ursanne, la question reste ouverte. Le rapport n'indique pas si le ministère public ouvrira une procédure.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos dossiers sur la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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