Vitznau : premier sanglier tiré, le canton de Lucerne signale peu de dégâts jusqu'à présent
Les autorités lucernoises présument une petite population. La société de chasse qui a abattu le verrat répond des dégâts causés par le gibier et assure elle-même la surveillance locale de la chasse.
Photo symbolique : sanglier avec marcassins en forêt. Photo : Patrick Pahlke / Unsplash
«Qui contrôle qui»
À Vitznau, au pied du Rigi, des chasseurs de loisir ont tiré pour la première fois un sanglier le 1er octobre 2026. La «Luzerner Zeitung» en a fait état le 8 octobre, l'article a également paru dans le «Bote der Urschweiz». Il se fonde sur le récit de la société de chasse de Vitznau, qui qualifie ce tir de «succès particulier».
Ce qui s'est passé à Vitznau
Selon le président de la société de chasse, un verrat d'environ 100 kilogrammes, âgé de deux ans et demi, séjournait dans les secteurs de Gebetschwil et Brand, où il labourait les prairies fourragères. En septembre, les locataires affirment avoir passé «d'innombrables heures» à l'affût, sans succès. Deux pièges photographiques ont confirmé la présence d'un sanglier. Le premier jour des battues et chasses en poussée, le verrat a été débusqué de la forêt lors d'une «action de poussée ciblée» et abattu par un locataire, que le président désigne comme le garde-chasse de la société.
Selon ce récit, l'action visait un verrat isolé. La société de chasse part du principe que les deux pièges photographiques montraient le même sanglier.
Ce que disent les autorités
Selon le rapport, le garde-faune compétent du service de l'agriculture et des forêts présume une petite population dans le canton de Lucerne. Son ampleur serait difficile à estimer, notamment parce que peu de dégâts ont été constatés jusqu'à présent. Cette affirmation vaut pour l'ensemble du canton. Dans le rapport, seule la société de chasse s'exprime au sujet des prairies de Vitznau. Le verrat est le seul sanglier dont le tir a été signalé au canton pour l'année de chasse en cours. L'année précédente, il y en avait eu deux.
Pour le canton de Schwyz, le responsable du service de la chasse et de la faune mentionne cinq à six sangliers autour du Rigi. Le canton a jusqu'à présent indemnisé des dommages de plusieurs centaines de francs. Depuis cet automne, les sangliers y sont chassables lors de la haute chasse et de la chasse au petit gibier. Ce qu'il faut en penser figure dans l'article Le canton de Schwyz ouvre pour la première fois la chasse au sanglier.
Le fait qu'une compagnie se soit formée pour la première fois au Rigi en 2025 a été constaté par Wild beim Wild dans l'article Les sangliers s'installent dans le canton de Lucerne. Déjà à l'époque, le canton avait relevé que le fouissage des sangliers dans la forêt ameublit et aère le sol.
Qui répond, qui profite et qui surveille
Ce cas montre comment les rôles sont répartis dans le système de réserves de chasse lucernois. La loi cantonale sur la chasse règle trois éléments qui se cumulent au sein de la société de chasse :
- Responsabilité : les dommages causés par des animaux sauvages chassables doivent être indemnisés par la société de chasse. Si celle-ci a prouvé avoir rempli ses obligations de régulation des populations, le canton prend en charge les indemnisations dans la mesure où elles dépassent, au cours de l'année de chasse, 35 pour cent du montant du bail de chasse. Dans le cas contraire, elle assume la totalité du montant (§ 40). Les dommages inférieurs à 200 francs par an ne sont pas indemnisés.
- Utilisation : la société de chasse a droit aux animaux sauvages chassables prélevés dans sa réserve de chasse (§ 21).
- Surveillance : dans les réserves affermées, c'est la société de chasse elle-même qui assure la surveillance de la chasse, à ses propres frais. Les surveillants et surveillantes contrôlent le respect des prescriptions en matière de chasse et peuvent être membres de la société (§§ 45 et 46).
L'obligation d'indemnisation peut créer une incitation économique à vouloir empêcher les dommages par des tirs. Il n'est pas établi que cela ait joué un rôle à Vitznau. Ce qui est établi, c'est le chevauchement des rôles : la même société paie les dommages, a droit au sanglier abattu et assure la surveillance locale. À côté de cela, il existe des gardes-faune cantonaux. Selon le § 47, ils sont nommés pour la surveillance dans les zones protégées et les réserves non affermées, et peuvent poursuivre des infractions au droit de la chasse dans tout le canton. Les surveillants de chasse doivent dénoncer les infractions à la police lucernoise.
Le compte rendu n'est pas uniforme sur un point : le président désigne le tireur comme « surveillant de chasse », tandis que la légende de l'image parle de « garde-faune ». Selon la loi, ce sont deux fonctions distinctes. Le surveillant de chasse est désigné par la société de chasse, le garde-faune est nommé par le canton.
Selon les légendes des photos, les dégâts aux prairies fourragères proviendraient «d'après la société de chasse» du sanglier. Le rapport ne précise pas si les dégâts ont été formellement constatés, si des mesures de protection ont été examinées, ni si les raisons du tir ont été évaluées de manière indépendante. Pour en savoir plus sur le modèle de surveillance, voir le dossier Lois sur la chasse et contrôle.
Ce que le tir change au problème
Le service écrit dans sa notice sur les dégâts causés par la faune sauvage que la priorité doit «toujours être la prévention». Le même document indique que la prévention la plus efficace pour les espèces chassables est «toujours la chasse». Dans la notice sur la chasse au sanglier de 2016, il qualifie en outre le «cochon sauvage» d'espèce gibier «fascinante» du point de vue de la chasse.
Cela ne peut pas être déduit scientifiquement de manière aussi générale. Un article de perspective paru dans l'«European Journal of Wildlife Research» conclut en 2026 qu'un contrôle à long terme des populations de sangliers nécessite davantage que la chasse de loisir. Ce travail ne répond pas à la question de savoir si le tir isolé à Vitznau empêchera d'autres dégâts aux prairies.
Des valeurs mesurées existent concernant la méthode. Une étude menée sur 407 sangliers tirés a trouvé dans le sérum sanguin, après des chasses en poussée, une moyenne de 431 nmol/l de l'hormone du stress cortisol, contre 119 nmol/l après une chasse individuelle depuis un mirador. Elle ne dit rien sur l'évolution des dégâts. D'autres études figurent dans la synthèse La chasse sous la loupe des faits. Les raisons pour lesquelles l'augmentation du nombre de tirs n'a pas permis jusqu'à présent de réduire les dégâts sont expliquées dans l'article Malgré davantage de tirs : les dégâts causés par les sangliers restent élevés et dans le dossier Le sanglier en Suisse.
Mise en perspective
Le canton de Lucerne part du principe que la population est faible et ne constate jusqu'à présent guère de dégâts. Malgré cela, la mort d'un seul verrat est considérée comme un succès. Le journal montre à ce sujet une photo fournie (crédit photo «zvg») dont la légende parle du «sanglier abattu» et mentionne l'agriculteur et le tireur. Une photo de tableau documente la mort d'un animal non humain comme un succès de chasse. Elle ne prouve ni l'ampleur des dégâts ni la nécessité du tir.
Pour l'IG Wild beim Wild, le principe est le suivant: un policier ou un soldat qui poserait ainsi avec ses victimes serait renvoyé pour manquement à l'honneur. Chez les chasseurs de loisir, cela fait figure de tradition, comme le montre l'article sur le concours de photos de tableau de la RTR.
Le canton de Lucerne examine actuellement un système de bonus-malus pour les sociétés de chasse. Tant que la même société paie les dégâts, a droit aux animaux sauvages tirés et assure la surveillance locale, la question de l'indépendance réelle de ce contrôle reste ouverte.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos Dossiers sur la critique de la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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