Le canton de Schwyz ouvre pour la première fois la chasse au sanglier et forme les chasseurs de loisir au tir des prédateurs
Avec les nouvelles prescriptions d'exploitation de la chasse 2026/27, le canton de Schwyz étend la chasse de loisir et prépare spécifiquement les chasseurs de loisir à la régulation des prédateurs.

Dès l'automne 2026, les chasseurs de loisir du canton de Schwyz pourront pour la première fois abattre des sangliers.
Le département de l'environnement a adopté les prescriptions d'exploitation de la chasse pour l'année cynégétique 2026/27 et inscrit ainsi le sanglier dans la liste des espèces animales chassables. Les sangliers peuvent être chassés aussi bien lors de la haute chasse que de la chasse au petit gibier. Selon les prescriptions, les laies suitées doivent rester protégées et la chasse à la balle de fusil à canon lisse est interdite.
Parallèlement, la pression de chasse est accrue ailleurs : le jour de protection jusqu'ici fixé au mercredi de la première semaine de la haute chasse est supprimé, et pour la chasse au chamois, jusqu'à trois tirs par chasseur de loisir sont désormais autorisés dans certaines zones de comptage.
Les chasseurs de loisir appelés à réguler les prédateurs
Une mesure mentionnée presque incidemment dans les prescriptions est particulièrement remarquable : le canton prévoit à l'été 2026 trois formations régionales pour les chasseuses et chasseurs de loisir, en vue d'une éventuelle intégration ultérieure de la chasse dans la régulation des prédateurs. La participation unique est une condition pour un engagement ultérieur conformément aux directives de l'Office fédéral de l'environnement.
Il s'agit d'une orientation claire : le canton de Schwyz forme systématiquement un groupe de titulaires de patentes de chasse de loisir afin de les engager lors de futurs tirs de loups, de lynx ou d'autres prédateurs. Du point de vue de la protection de la faune, il s'agit d'une évolution préoccupante. Les prédateurs remplissent des fonctions indispensables dans l'écosystème, et leur régulation par les chasseurs de loisir est soumise à un conflit d'intérêts fondamental : celui qui profite de l'absence des loups, parce que ceux-ci capturent les mêmes animaux sauvages, ne devrait pas décider de leur régulation.
Sangliers : une expansion sans fondement écologique
Le canton ne fournit aucune justification de biologie de la faune pour l'ouverture du sanglier. Le chef de service Rinze Zgraggen explique que les adaptations résultent de «directives du droit fédéral, de demandes de la commission de chasse ou de connaissances issues de la pratique et de la science» et que l'objectif est une «chasse aussi simple, compréhensible et proche de la pratique que possible». Une nécessité scientifiquement étayée pour la chasse reste ainsi non mentionnée.
Ce que les prescriptions n'évoquent pas: pour la première fois depuis des décennies, la loutre strictement protégée a été détectée dans le canton de Schwyz. Une espèce qui, en raison d'une chasse intensive dans le passé, avait disparu de vastes régions de Suisse, revient progressivement, tandis que le canton augmente simultanément le nombre d'espèces chassables et renforce globalement la pression de tir.
Le schéma est connu: davantage d'espèces, davantage de jours de tir, davantage de chasseurs de loisir aux compétences élargies. Ce qui manque, c'est la question inverse que la législation sur la chasse en Suisse ne pose toujours pas: à quoi sert écologiquement la chasse de loisir au sanglier, et qui contrôle si la régulation est réellement nécessaire?
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