Régulation du loup : l'IG Wild beim Wild exige de l'OFEV des dossiers et une surveillance
Une demande fondée sur la loi sur la transparence et une dénonciation à l'autorité de surveillance doivent déterminer sur quoi l'office fédéral fonde ses approbations et ce qu'il tolère au Tessin.
Image symbolique. Photo : Frida Lannerström / Unsplash
Prime à la tête
Le 12 octobre 2026, l'IG Wild beim Wild a déposé deux courriers auprès de la direction de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Par une demande fondée sur la loi sur la transparence, elle réclame l'accès aux dossiers relatifs à la régulation du loup. Par une dénonciation à l'autorité de surveillance, elle exhorte l'OFEV à examiner la prime au tir du canton du Tessin.
Pourquoi les dossiers comptent
Auprès du Conseil de l'Europe, l'OFEV déclare que la régulation est la mesure de dernier recours. La protection des troupeaux doit être mise en œuvre et des moyens moins incisifs doivent avoir été tentés au préalable. Des meutes entières ne pourraient être éliminées qu'en cas de comportement indésirable clairement défini (voir Ce que l'OFEV garantit par écrit au Conseil de l'Europe). En Suisse, l'office approuve pourtant des prélèvements complets de meutes, sans que les décisions publiées ne révèlent comment ces conditions ont été vérifiées. L'IG réclame donc les dossiers : l'OFEV doit permettre de vérifier si sa pratique correspond à ses propres assurances.
Ce que l'IG demande
La demande comprend six points :
- la consultation des offices sur la modification de l'ordonnance sur la chasse de 2023, en particulier les prises de position de l'Office fédéral de la justice, de la Direction du droit international public et de l'Office fédéral de l'agriculture ainsi que l'évaluation de l'OFEV ;
- les documents correspondants relatifs à la révision entrée en vigueur le 1er février 2025. Les deux consultations des offices doivent montrer si des réserves juridiques ont été exprimées au sein de l'administration et comment l'OFEV les a traitées ;
- la les expertises juridiques internes sur la régulation proactive du loup et sur la compatibilité du nombre minimal de douze meutes avec la Convention de Berne, la Constitution fédérale et la loi sur la chasse ;
- la les bases scientifiques de ces douze meutes et les documents justifiant l'écart par rapport aux 20 meutes mentionnées dans le rapport de la Convention alpine de 2016 ;
- la la correspondance avec le secrétariat et le bureau de la Convention de Berne dans la procédure relative à la politique suisse du loup ;
- les documents relatifs à la renonciation à une procédure de consultation ordinaire en 2023, y compris les organisations invitées, le délai fixé ainsi que les prises de position reçues et leur évaluation.
Toute personne a droit à l'accès aux documents officiels sans avoir à justifier d'un intérêt particulier. L'OFEV doit en principe prendre position dans un délai de 20 jours. Pour les documents volumineux ou difficiles à obtenir, il peut prolonger ce délai, mais doit en informer préalablement le demandeur. Si l'office restreint, refuse ou diffère l'accès, ou si aucune réponse n'est donnée dans les délais, l'IG peut demander une médiation auprès du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT).
La dénonciation à l'autorité de surveillance concernant le Tessin
Au Tessin, les chasseurs de loisir du Gruppo Controllo Lupi perçoivent 500 francs par loup tué et sont équipés de caméras thermiques (voir 500 francs par loup). Une telle prime est en contradiction avec la régulation garantie comme ultime recours : elle crée une incitation financière au tir, alors que l'OFEV souligne auprès du Conseil de l'Europe l'épuisement préalable de moyens moins incisifs.
S'y ajoute la question des tirs nocturnes. À Strasbourg, l'OFEV confirme que les dispositifs de visée électroniques pour les tirs de nuit relèvent de l'interdiction de la Convention de Berne, et invoque des exceptions au titre de l'article 9. L'IG demande donc des informations sur les technologies de vision nocturne et thermique utilisées au Tessin et sur l'examen au cas par cas sur lequel repose une éventuelle exception.
Dans le cadre des régulations des meutes Peloso et Camoghè, deux tiers au maximum des jeunes nés en 2026 peuvent être tués, les animaux adultes étant exclus. Du point de vue de l'IG, la prime crée une mauvaise incitation : elle récompense le loup tué, et non la retenue en cas de doute. Que des confusions se produisent, l'OFEV l'a lui-même confirmé. Durant la période 2024/25, trois jeunes lynx ont été tués au lieu de louveteaux.
L'IG demande que l'OFEV examine la prime au tir ainsi que l'utilisation de la technologie de vision nocturne et d'imagerie thermique, et qu'il rende publique la base d'éventuelles exceptions. L'OFEV devrait enjoindre au canton de renoncer aux primes par animal tué et subordonner toute nouvelle autorisation de régulation à cette condition. Il devrait en outre garantir qu'aucun fonds fédéral ne soit utilisé pour des primes au tir. On ignore si de tels fonds ont jusqu'ici alimenté ces primes. La Confédération verse aux cantons jusqu'à 30’000 francs par meute et par an pour la gestion du loup.
Et la suite
Une dénonciation à l'autorité de surveillance ne confère pas de droits de partie. L'IG a néanmoins expressément demandé à l'OFEV de lui communiquer le résultat de son examen. Wild beim Wild rendra compte des réponses de l'office. L'état actuel des tirs est présenté par le compteur de loups.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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