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Chasse

Raton laveur à Zurich : davantage d'observations, mais aucun concept spécifique

Le canton de Zurich renonce à un concept spécifique, estimant que le raton laveur est de toute façon chassé. Aucune preuve de l'efficacité de cette chasse contre la propagation de l'espèce n'existe.

Rédaction Wild beim Wild · 10 octobre 2026
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«Plus de tirs, plus de gibier»

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Dans le canton de Zurich, les observations de jeunes ratons laveurs se multiplient. C'est ce que rapporte l'agence de presse ATS le 9 octobre 2026. L'information a notamment été publiée dans le « Tages-Anzeiger » et sur Watson. Reto Muggler, co-directeur de l'administration cantonale de la pêche et de la chasse, décrit la croissance de la population comme « non pas exponentielle, mais progressive ». Le canton de Zurich n'a pas de concept spécifique contre cette propagation.

Muggler justifie l'absence de concept spécifique par la chasse déjà existante : « Comme le raton laveur, en tant que néozoaire, est de toute façon chassé, ce n'est pas nécessaire pour l'instant. » L'article ne mentionne aucune preuve de l'efficacité de cette chasse contre la propagation de l'espèce.

Dans le même temps, Muggler relativise les observations : « Les observations de jeunes animaux se multiplient », mais cela pourrait aussi s'expliquer par le fait qu'il y a aujourd'hui beaucoup plus de caméras qu'auparavant. Selon le rapport, le nombre de ratons laveurs abattus dans le canton reste constant depuis des décennies, entre un et cinq par an.

84 tirs et aucun chiffre de population

Personne ne sait combien de ratons laveurs vivent en Suisse. Depuis une dizaine d'années, l'espèce apparaît dans les statistiques de chasse. En 2025, selon l'ATS, 84 ratons laveurs ont été tués à l'échelle suisse, dont 54 en Argovie et 23 à Bâle-Campagne. À titre de comparaison : la statistique fédérale de la chasse recensait encore 2 tirs en 2020, 17 en 2022 et déjà 44 en 2023, dont 35 à Bâle-Campagne, comme l'a relevé Wild beim Wild dans le dossier Le raton laveur en Suisse.

Les statistiques de tir documentent les animaux tués, elles ne constituent pas un recensement de la population. Des chiffres en hausse peuvent aussi bien refléter une expansion plus forte qu'une chasse plus intensive. On ne peut pas en déduire à elles seules l'efficacité des interventions. C'est précisément pour cette raison qu'un monitoring serait nécessaire, qui recenserait la répartition et la population indépendamment du tableau de chasse.

L'Argovie mise sur des pièges-cages

Selon l'ats, le canton d'Argovie collabore avec les sociétés de chasse. Les chasseurs de loisir disposent de onze pièges-cages spécialement développés avec panier de capture. Si un raton laveur tombe dans le piège, il est tué d'un coup de feu.

Les pièges vivants eux aussi peuvent provoquer du stress, des blessures lors de tentatives de fuite et des captures accidentelles. L'ampleur de ces risques dépend notamment du type de construction, de la durée de capture et du contrôle. Le communiqué de l'ats ne fournit aucune indication à ce sujet pour les pièges argoviens. Des informations de base sur les risques des différents types de pièges figurent dans le dossier Piégeage.

Le raton laveur peut, selon la loi sur la chasse de la Confédération, être chassé toute l'année. Cela soulève la question de savoir comment les jeunes animaux dépendants sont protégés lors de la capture et du tir.

Ce que montre l'Allemagne

L'Allemagne est présentée dans les médias comme un exemple édifiant ; selon l'ats, on y estime la population de ratons laveurs à deux millions d'individus. On mentionne moins souvent avec quelle intensité l'espèce y est chassée. Durant la saison de chasse 2024/25, selon la fédération allemande de la chasse (Deutscher Jagdverband), 284 220 ratons laveurs ont été tués, un nouveau record et environ le double par rapport à dix ans auparavant. Selon le DJV, près de quatre animaux sur dix recensés dans la statistique ont été capturés au moyen de pièges vivants, soit la même méthode sur laquelle l'Argovie mise désormais.

Malgré des décennies de chasse, le raton laveur a continué de se répandre en Allemagne. Cela remet en question l'idée selon laquelle son implantation pourrait être empêchée uniquement par des moyens cynégétiques. L'efficacité locale d'interventions isolées doit être examinée séparément.

L'étude de longue durée menée par la TU Dresden dans le parc national de Müritz apporte des indications sur les raisons de cette difficulté. La population s'y est stabilisée après une phase de croissance, proche de la capacité de charge de l'habitat. Les femelles d'un an n'étaient gestantes que dans 50 pour cent des cas, contre 91 pour cent chez les femelles pluriannuelles, et les jeunes femelles d'un an avaient des portées nettement plus petites, comme l'indique le résumé de la thèse de doctorat de Frank-Uwe Michler constate. De telles différences liées à la densité sont considérées en biologie de la faune comme une marge de manœuvre permettant aux populations de compenser en partie les pertes. Dans quelle mesure cela se produit chez les populations de ratons laveurs chassées, ce travail ne le démontre pas directement.

Cassel et le droit européen : il existe des alternatives au tir

La ville de Cassel voulait montrer qu'une solution sans mise à mort était possible. En août 2025 y a débuté un projet pilote de l'association fédérale allemande d'aide à la faune sauvage (Bundesverband der Wildtierhilfen) : les ratons laveurs devaient être capturés au moyen de pièges vivants surveillés par caméra, stérilisés ou castrés par des vétérinaires, puis relâchés au même endroit, dans le cadre d'un projet prévu sur trois ans et accompagné scientifiquement (Projet sur les ratons laveurs de Cassel). Cinq jours après son lancement, il a été suspendu : le Land de Hesse avait transféré la compétence à la préfecture régionale de Cassel, et l'association de chasse du Land de Hesse (Landesjagdverband Hessen) avait exigé un examen juridique (Projet pilote de Cassel stoppé). Selon les responsables du projet, le ministère fédéral allemand de l'Environnement a confirmé que la stérilisation ou la castration d'espèces invasives était compatible avec le droit européen. Selon les derniers comptes-rendus, le projet est néanmoins resté suspendu (Ratons laveurs à Bielefeld : plus on en tue, plus il en arrive).

Le droit européen non plus n'impose pas la mise à mort. Le règlement (UE) n° 1143/2014 relatif aux espèces exotiques envahissantes mentionne explicitement, à son article 19, des mesures létales ou non létales d'éradication, de contrôle ou de confinement des populations. Lors du choix de la méthode, les autorités doivent veiller à épargner aux animaux des douleurs, souffrances ou détresses évitables, et l'efficacité des mesures doit être contrôlée au moyen d'un système de surveillance. La Suisse n'est pas liée par ce règlement. Il montre cependant que les méthodes non létales et le contrôle des résultats font aussi partie de la gestion des espèces invasives. Comment les associations de chasse présentent néanmoins ce règlement comme une obligation de mise à mort, c'est ce que montre le cas de Solingen : Bébés ratons laveurs tués : l'association de chasse diffuse une fausse déclaration. Autres informations complémentaires : Espèces invasives : pas de licence pour tuer.

Ce que montrent les analyses alimentaires

Les analyses alimentaires menées dans le parc national du Müritz montrent que les ratons laveurs y utilisaient majoritairement une nourriture facilement disponible. Sur 982 échantillons d'excréments collectés entre 2006 et 2011, les invertébrés représentaient 51,9 pour cent de la biomasse consommée, les composants végétaux 31,8 pour cent et les vertébrés 16,3 pour cent. Les oiseaux, œufs compris, représentaient 2,9 pour cent et les amphibiens 5,7 pour cent de la biomasse, selon le résumé de la thèse de doctorat de Berit Michler.

Ces résultats vont à l'encontre d'une représentation généralisée du raton laveur comme chasseur d'oiseaux spécialisé. Ils proviennent toutefois d'une seule zone d'étude et n'excluent pas des risques locaux pour des espèces menacées. Là où des espèces menacées sont concernées, des mesures de protection concrètes devraient être examinées sur les sites de nidification et de reproduction, et leur efficacité contrôlée.

L'ascaride du raton laveur mentionné dans le rapport constitue un risque sanitaire réel. La contamination se produit par l'ingestion d'œufs infectieux provenant d'un environnement souillé par des excréments. Les excréments de raton laveur ne devraient donc pas être touchés sans protection, et les accumulations importantes devraient être éliminées par des professionnels (MSD Manual).

Ce qui aide en milieu urbain

Le raton laveur est déjà attesté dans le canton de Zurich. Là où il apparaît en milieu urbain, il convient d'examiner en priorité les sources de nourriture accessibles et les accès aux bâtiments. De telles mesures s'attaquent directement aux points de conflit typiques. Elles ne remplacent toutefois pas un suivi des populations.

  • Fermer les poubelles et le compost de manière à les rendre inaccessibles aux ratons laveurs
  • Ne pas laisser de nourriture pour animaux à l'extérieur et ne pas nourrir les animaux sauvages
  • Sécuriser les gouttières, les tuyaux de descente et les cheminées avec des manchons métalliques ou des grilles
  • Protéger de manière ciblée les sites de nidification et de reproduction des espèces menacées et contrôler l'efficacité des mesures
  • Mettre en place un suivi des populations avant de décider de nouvelles interventions

Des conseils pratiques pour les propriétaires de maisons et de jardins figurent dans l'article Eloigner les ratons laveurs dans le respect des animaux.

Le fait que le canton de Zurich ne dispose actuellement d'aucun concept spécifique n'est donc pas seulement une lacune, mais aussi une opportunité. Il peut en développer un qui définisse clairement des objectifs, combine prévention des conflits, information de la population et contrôle scientifique des résultats, plutôt que de reprendre le modèle argovien de piégeage, dont le reportage en question ne cite aucune preuve d'efficacité.

Quels objectifs le canton poursuit-il ?

La prévention des conflits, la régulation des populations et la prévention de la propagation sont trois objectifs différents. Ils exigent des mesures différentes et des critères de réussite différents. Quiconque invoque la «chasse» comme réponse aux trois devrait pouvoir indiquer quel objectif il poursuit ainsi et à quoi il mesure le succès.

Pour le canton de Zurich se posent donc des questions concrètes : veut-il empêcher la propagation, limiter la population ou éviter les conflits en zone habitée ? Comment recense-t-il la répartition et la population, sachant que les observations dépendent aussi du nombre de caméras ? Et où se trouvent les preuves publiquement vérifiables que la chasse actuelle rend superflu un concept spécifique ?

Le dossier Néozoaires et chasse de loisir en Suisse montre à quelle fréquence l'étiquette « invasif » légitime des mises à mort sans que les objectifs et les effets ne soient divulgués. À lire également : l'article sur le rapport sur les ratons laveurs de BBC Future.

Un fusil qui abat un à cinq ratons laveurs par an depuis des décennies n'est pas un concept.

Participer

Wild beim Wild demande dans une Pétition la renonciation à la chasse du raton laveur toute l'année, sans période de protection, en Suisse.

Sources

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Rôle et critique des chasseurs de loisir nous mettons en lumière la formation, le pouvoir et l'image de soi des chasseurs de loisir. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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