BBC Future renvoie à wildbeimwild.com dans un grand reportage sur les ratons laveurs
Un article de wildbeimwild.com sur les ratons laveurs sert de source à BBC Future pour le débat autour de la liste des espèces invasives de l'UE. En complément: de nouveaux chiffres du parc national de Müritz et une nouvelle vidéo.
La renommée rédaction scientifique britannique BBC Future a, dans une enquête récente sur l'histoire et la controverse concernant les ratons laveurs en Allemagne, renvoyé à un article de wildbeimwild.com.
Cela montre que notre travail de mise en contexte scientifique de la liste des espèces invasives de l'UE atteint aussi un public spécialisé à l'international.
Ce que rapporte BBC Future
Dans l'article «The controversial story of the North American raccoons wreaking havoc in Germany», le journaliste Matthew Ponsford retrace l'histoire des ratons laveurs en Allemagne, de la légende réfutée selon laquelle le dignitaire nazi Hermann Göring aurait personnellement ordonné le lâcher des animaux, jusqu'à la population actuelle estimée à deux millions d'individus.
La mise en contexte de l'écologue de la faune Berit Michler, de l'institut Thünen, occupe une place centrale dans l'article. Elle a dirigé au parc national de Müritz la plus longue et la plus vaste étude de terrain européenne à ce jour sur le raton laveur et est arrivée à la conclusion qu'il n'existe aucune preuve d'une mise en danger notable de la biodiversité indigène par ces animaux. C'est à ce sujet que BBC Future renvoie directement à notre article «Les ratons laveurs n'ont pas leur place sur la liste des espèces invasives de l'UE», dans lequel nous avons documenté l'absence de fondement scientifique pour le classement du raton laveur comme espèce invasive à l'échelle de l'UE.
Un débat à deux facettes
BBC Future présente la position de manière nuancée. Torsten Reinwald, de la fédération allemande de chasse, conteste l'analyse de Michler et renvoie à des études de l'université Goethe de Francfort, qui démontreraient des effets négatifs sur les amphibiens et leurs pontes. Il s'agit du projet de recherche ZOWIAC. Ce que l'article de la BBC ne mentionne pas : comme nous l'avons montré dans notre article «ZOWIAC et le lobby de la chasse de loisir : comment une étude sur le raton laveur est instrumentalisée», chez ZOWIAC, ce sont en grande partie les chasseurs de loisir eux-mêmes qui collectent les échantillons, tandis que les fédérations de chasse des Länder de Hesse et de Bavière soutiennent le projet et en font la promotion médiatique. Ceux qui ont intérêt à ce qu'il y ait davantage de tirs contribuent donc à façonner la base de données, un conflit d'intérêts méthodologique qui remet sérieusement en question l'indépendance scientifique de tels chiffres. Les études réalisées par des chasseurs de loisir aux fins de la chasse de loisir rencontrent par conséquent peu d'écho dans le reste du monde scientifique.
Cette divergence entre l'apparence publique de prétendus «instituts» ou «projets de recherche» neutres et leur proximité réelle avec le lobby de la chasse de loisir n'est pas un cas isolé. Nous avons également documenté ce schéma dans notre vérification des faits «Quand l'‹institut› défend la chasse de loisir». L'article montre globalement une chose : un récit généralisé présentant le raton laveur comme un «fléau» ne peut pas être scientifiquement étayé de manière univoque, pas plus que l'hypothèse inverse d'une totale innocuité. Selon Michler, cité dans l'article, les répercussions écologiques du raton laveur en Europe restent globalement encore trop peu étudiées; il est d'autant plus important d'examiner qui se cache derrière chaque étude et quels intérêts entrent en jeu.
Cette controverse est également pertinente pour le débat autour de la chasse de loisir en Suisse. Là où des populations sont libérées au tir en invoquant de prétendues menaces pour la faune indigène, il vaut la peine d'examiner l'état réel des données, comme le montrent en détail notre dossier sur les néozoaires et la chasse de loisir en Suisse ainsi que nos articles dans les catégories Chasse et Environnement & protection de la nature.
Ce que montre la recherche à long terme dans le parc national de la Müritz
C'est précisément cette lacune dans les données, que Michler évoque dans l'article de la BBC, qui peut être comblée par des chiffres concrets provenant du parc national du Müritz lui-même. Le directeur du parc national, Ulrich Messner, rend compte d'une étude pluriannuelle au cours de laquelle des milliers d'échantillons d'excréments de ratons laveurs ont été collectés et analysés au microscope. Le résultat contredit nettement l'image courante : le raton laveur est avant tout un omnivore avec une forte proportion végétale, qui mange principalement ce qui est abondant et facile à capturer, comme les vers de terre, les escargots et les moules. Les mammifères ne représentent qu'environ six pour cent de son alimentation, les oiseaux à peine trois pour cent, alors que le raton laveur est justement souvent accusé de chasser les espèces d'oiseaux protégées.
Ces chiffres proviennent de la même région et du même environnement de recherche sur lesquels s'appuie également la déclaration de Michler dans l'article de la BBC, ce qui vient renforcer les raisons pour lesquelles la classification globale comme menace écologique repose scientifiquement sur des bases fragiles.
«Un cœur pour les ratons laveurs»
En lien avec ce sujet, nous avons publié hier une nouvelle vidéo de l'ARD : «Un cœur pour les ratons laveurs». Elle montre la situation dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où les ratons laveurs provoquent des conflits avec les habitantes et habitants dans les jardins, les poubelles et sous les toits. La défenseuse des animaux Heike Gronow y milite pour une gestion objective et respectueuse des animaux, et montre comment les conflits peuvent se résoudre sans violence, plutôt que de recourir de manière réflexe au tir par des chasseurs de loisir.
D'autres articles sur le thème des animaux sauvages se trouvent dans notre catégorie Animaux sauvages ainsi que dans la médiathèque vidéo.
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