7 août 2026, 10h46

Rechercher

Chasse

La chasse au trophée en Valais sert-elle une bonne cause ?

La chasse au trophée est un sujet controversé qui suscite des débats passionnés dans de nombreux pays. Alors que certains partisans affirment que cette pratique peut contribuer à la conservation des populations d'animaux sauvages, il existe tout autant d'opposants qui remettent en question ses aspects éthiques et moraux.

Rédaction Wild beim Wild — 7 août 2025

Un point central des partisans est que la chasse au trophée génère souvent des fonds financiers.

Les redevances que paient les chasseurs de loisir sont censées être investies dans des projets de préservation des habitats, de lutte contre le braconnage et de protection des espèces menacées. Dans certaines régions, ces fonds seraient même décisifs pour le maintien de la biodiversité. Pourquoi les auteurs de ces violences ne font-ils pas simplement don de cet argent en occultant la souffrance qu'ils provoquent ?

Des études documentent que la chasse au trophée décime les populations sauvages, peut manipuler le taux de reproduction, modifie les rapports d'âge et de sexe et porte atteinte aux structures sociales.

Pétition

Aucun tir de lynx en Valais

Le lynx est génétiquement à la limite, et pourtant le Valais devrait être le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

Signer maintenant →

De plus en plus de pays interdisent, pour de bonnes raisons, l'importation de trophées de chasse. Les populations sauvages sont manipulées, la corruption est encouragée, les structures coloniales se consolident et les valeurs éthiques de notre société sont bafouées. La chasse au trophée est rejetée par une majorité considérable en Europe, mais aussi par de nombreuses personnes en Afrique.

Le Valais est le seul canton de Suisse à autoriser à nouveau la chasse au bouquetin par des chasseurs de trophées étrangers.

Le canton montagnard permet à des chasseurs de trophées du monde entier d'abattre des bouquetins contre de l'argent – accompagnés d'un garde-faune valaisan. Ce qui représente une aventure pour les chasseurs de loisir étrangers constitue une affaire lucrative pour le canton du Valais : la chasse au bouquetin rapporte chaque année 650'000 francs aux caisses de l'État. Le canton du Valais utilise notamment ces recettes pour ensuite combattre le loup.

Les loups et autres superprédateurs jouent un rôle important dans les écosystèmes naturels. Au cœur d'une crise mondiale qui entraîne un effondrement généralisé de la biodiversité, les loups contribuent, selon les défenseurs de la nature, à maintenir en bonne santé les espèces qu'ils chassent, en s'attaquant aux animaux faibles ou malades et en réduisant la propagation de maladies telles que la borréliose. Ils tiennent en échec et en mouvement les populations de chevreuils, de sangliers et d'autres ongulés, permettant ainsi aux plantes et aux arbustes qui pourraient autrement être broutés d'avoir une chance de croître. Leur présence est célébrée par les écologistes comme un signe d'espoir pour le rétablissement de la nature.

Jean-Michel Gaillard, directeur de recherche à l'Université de Lyon, indique qu'environ 36 % de tous les bouquetins âgés de plus de 11 ans sont abattus. C'est une proportion élevée. Comme ce sont surtout les bouquetins âgés qui se reproduisent, la chasse menace l'équilibre des hardes. Les autorités de la chasse en Valais ne voient toutefois aucun risque.

L'ancien conseiller d'État Jacques Melly a également réagi en 2019. Interrogé par la RTS, le conseiller d'État alors responsable de la chasse déclare que l'on réfléchit déjà depuis avril à interdire ce type de chasse au bouquetin aux étrangers. «Elle ne correspond plus à l'esprit du temps actuel.»

Tuer des animaux pour des trophées est en partie criminel, mais toujours répréhensible – une inculture.

Le Parc national suisse montre que les chamois ou les bouquetins n'ont pas besoin de régulation humaine. Les populations sont stables depuis des décennies.

Tuer pour la bonne cause ?

1. Considérations éthiques

Les questions éthiques constituent l'un des principaux points de discorde dans le débat sur la chasse au trophée. Beaucoup de gens considèrent comme cruel le fait de tuer des animaux pour le plaisir ou pour décorer des murs. L'idée de considérer les animaux comme des trophées soulève des préoccupations morales et suscite un mécontentement général à l'égard de cette pratique.

La chasse au trophée n'a rien à voir avec «l'entretien du gibier», le contrôle des populations ou le maintien de populations animales saines. Bien au contraire : les chasseurs de trophées pratiquent une sélection non naturelle, car ils visent des animaux particulièrement remarquables d'espèces souvent menacées, qui sont particulièrement importants pour la survie d'une population.

De nombreux rapports démontrent que l'argent issu de la chasse au trophée finit surtout dans les poches des mauvaises personnes.

2. Danger de surchasse

Il existe un risque que la chasse au trophée entraîne une surchasse de certaines espèces. Dans certains cas, des populations d'animaux sauvages ont été menacées et exterminées parce qu'elles étaient chassées de manière excessive.

3. Perte d'habitat

La chasse au trophée peut également avoir des effets négatifs sur l'habitat des animaux. Souvent, des zones sont aménagées pour les activités de chasse, ce qui peut entraîner une fragmentation des habitats et un déclin d'autres espèces animales. De plus, la focalisation sur certaines espèces peut conduire à négliger d'autres espèces moins « attrayantes » et leurs habitats. Chaque activité cynégétique d'un chasseur de loisir constitue une charge inutile pour la flore et la faune.

4. Spécisme

Par analogie avec les termes racisme et sexisme, le spécisme désigne une forme de discrimination – plus précisément, la dévalorisation des animaux sensibles en raison de leur appartenance à une espèce. L'être humain est ici considéré comme supérieur à toutes les autres espèces. Par ailleurs, on distingue aussi entre différentes espèces animales : ainsi, de nombreuses personnes considèrent les chats et les chiens comme des membres de la famille et refusent de les exploiter ou de les tuer, comme les loups, les bouquetins ou les cerfs.

Addendum 2026 : nouveau modèle de régulation

Pour la période de chasse 2026, le canton du Valais a introduit un nouveau modèle de « régulation » du bouquetin : un contingent de base de deux animaux par chasseur de loisir admis, des tarifs adaptés et, en cas de surnombre d'inscriptions, un tirage au sort. L'inscription s'est déroulée en ligne du 1er au 30 avril 2026. Sur le fond, cela ne change rien : le « bon but » reste une commercialisation qui fait passer l'abattage de bouquetins capitaux pour de la protection de la nature. Notre dossier « Le bouquetin en Suisse : passé en contrebande, sauvé puis à nouveau rabaissé au rang de trophée » retrace comment le sauvetage d'autrefois du « roi des Alpes » est redevenu un trophée.

Catastrophe naturelle : le chasseur de loisir

Dans le désordre dans lequel se trouve la nature après des décennies d'entretien et de soins des chasseurs de loisir, la proportion d'espèces menacées n'est aussi grande dans aucun autre pays du monde qu'en Suisse. Depuis des décennies, les tueurs à gages créent un déséquilibre écologique dans le paysage cultivé, avec des conséquences parfois dramatiques (forêt protectrice, maladies, dégâts agricoles, etc.). Plus d'un tiers des plantes, des animaux sauvages et des espèces de champignons est considéré comme menacé. La Suisse est également, à l'échelle européenne, la lanterne rouge en matière de délimitation de surfaces de protection pour la biodiversité. Ce sont précisément toujours ces cercles de chasseurs de loisir qui, par leur travail de lobbying à travers la politique, les médias et les lois, en sont responsables depuis des décennies. Ce sont eux qui bloquent notoirement des améliorations éthiques et modernes de la protection animale et qui sabotent une protection sérieuse des animaux et des espèces. Les chasseurs de loisir s'opposent régulièrement à davantage de parcs nationaux en Suisse, car ce qui les intéresse, ce n'est justement pas la nature, la biodiversité et la protection des espèces ou la protection animale, mais bien de cultiver leur passe-temps pervers et sanglant.

Saviez-vous …

  • qu'en Suisse, on liquide de jeunes loups innocents ?
  • que les chasseurs de loisir mentent lors de l'évaluation de la qualité du gibier et que la viande de gibier transformée est cancérigène selon l'OMS, au même titre que les cigarettes, l'amiante ou l'arsenic ?
  • que, selon une étude, nulle part la contamination au plomb des aigles royaux et des gypaètes barbus n'est plus élevée que dans les Alpes suisses, à cause des munitions des chasseurs de loisir ?
  • que la déontologie de la chasse des chasseurs de loisir contredit diamétralement la loi sur la protection animale et n'est qu'un mirage ?
  • que la chasse est une guerre, où l'on liquide tout simplement les concurrents animaux ?
  • qu'il existe d'innombrables miradors illégaux et non signalés dans notre nature, dont certains sont si vermoulus qu'ils représentent un danger pour les enfants et que des personnes peuvent y trouver la mort ?
  • que, année après année, d'innombrables personnes sont tuées ou blessées par des armes de chasseurs, parfois si grièvement qu'elles se retrouvent en fauteuil roulant ou qu'on doit leur amputer des membres ?
  • qu'en Suisse, environ 120'000 chevreuils, cerfs, renards, marmottes et chamois en parfaite santé sont tués chaque année, le plus souvent inutilement ?
  • qu'à cause des chasseurs de loisir, il est aujourd'hui quasiment impossible de vivre en harmonie avec les animaux sauvages, de voir des animaux sauvages ?
  • que les charges de plomb font hurler les lièvres comme de petits enfants et déchiquettent les entrailles des chevreuils et cerfs « abattus », afin qu'ils laissent, dans leur fuite, des traces pour la recherche au sang ?
  • que l'affirmation des chasseurs de loisir, selon laquelle les cruels massacres d'animaux sauvages seraient nécessaires pour réguler les populations animales, est scientifiquement réfutée ?
  • que les chasseurs de loisir admettent ouvertement que la chasse relève du « plaisir de tuer » et de « la joie de faire du butin », une passion maladive ?
  • que les chasseurs de loisir n'ont pas de sixième sens et prétendent pourtant régulièrement qu'ils ne tirent que des animaux malades et faibles, ce qui, bien sûr, n'est pas vrai dans la pratique ?
  • que les chasseurs de loisir se rendent à l'étranger pour la chasse au trophée, loin de toute réglementation sur la protection des espèces et de la chasse, et qu'il existe même des voyagistes suisses de chasse de loisir pour de tels plaisirs cynégétiques débiles ?
  • que l'écrasante majorité ne sont pas des chasseurs professionnels légitimes, mais pratiquent la chasse comme loisir, sport et divertissement, ce qui n'est pas moral et contredit en réalité la loi sur la protection animale ?
  • que 99,07 % des personnes civilisées en Suisse ne sont pas des chasseurs de loisir, donc que seuls 0,3 % de chasseurs de loisir prennent plaisir à ces activités sanglantes ?
  • que ces tueurs d'animaux sauvages ne chassent pas sur la base de justifications scientifiques ?
  • que les espèces protégées ne devraient en réalité pas relever du droit de la chasse, car les chasseurs de loisir sont dépassés par la protection des espèces et abattent régulièrement, pour le plaisir, des animaux figurant sur la Liste rouge, comme le lynx, le loup, le lièvre commun, la perdrix grise, la caille, etc. ?
  • que les chasseurs de loisir déciment délibérément certaines espèces animales pour ne pas avoir de concurrence, pour leur comportement contre nature (renard, lynx, loup, rapaces, etc.) ?
  • que le gibier meurt avant même que le chasseur de loisir n'ait pu tirer un seul coup, qu'il faut éviter cela et que c'est là probablement l'idée centrale de la gestion et de l'entretien ainsi que de la planification de la chasse ?
  • que chez les sangliers (et les renards), normalement seule la laie meneuse a des petits, mais qu'en raison de son abattage, toutes les femelles au sein de la compagnie se reproduisent, ce qui explique aussi pourquoi nous avons une prolifération de sangliers ?
  • que les animaux de pâturage – cerfs, chevreuils, etc. – vivaient à l'origine principalement le jour dans les champs et les prairies, comme les chèvres, les moutons, les vaches, etc., et non dans la forêt ?
  • que le loup est vital à long terme pour le maintien en bonne santé des ongulés sauvages, car il capture par exemple avec une incroyable précision les animaux malades ou faibles, ce qui le rend largement supérieur aux chasseurs de loisir ?
  • que les renards finissent le plus souvent à la poubelle après une chasse insensée ?
  • que les renards sont aujourd'hui chassés principalement pour qu'il y ait davantage de lièvres, etc. dans la poêle des chasseurs de loisir ? Que le renard ne se nourrit pourtant pas de lièvres à plus de 90 % et n'attrape jamais un lièvre en bonne santé ?
  • que l'on ne peut pas s'attaquer aux chasseurs de loisir dans le domaine de la protection animale uniquement avec de la douceur, des fêtes de rue, des chapelets de prières, etc. (à dur, dur et demi) ?
  • que les chasseurs de loisir, avec leurs histoires de chasseurs, pratiquent une moquerie irrespectueuse des êtres vivants ?
  • qu'il est mal vu de tirer sur le grand gibier à la place de nourrissage ou pendant la période d'accouplement, mais que le chasseur de loisir n'a aucun scrupule à le faire sur son concurrent de proie, le renard ?
  • que dans certains cantons, les chasseurs de loisir ne chassent que pour la chair tendre d'un jeune animal ?
  • que les chasseurs de loisir tirent sur des mères gestantes devant leurs petits, ou seulement sur des jeunes animaux pendant la période d'élevage (chasse spéciale tardive)?
  • que les chasseurs de loisir empoisonnent l'environnement, la nature, l'homme et l'animal avec leur munition ?
  • que la bestialité, la barbarie, la cruauté, l'effusion de sang et les souffrances insensées ne peuvent constituer un bien culturel dans une société civilisée ?
  • que les chasseurs de loisir tirent chaque année environ 10’000 faons de chevreuil ?
  • que les chasseurs de loisir, durant l'hiver rigoureux, attirent des animaux affamés avec de la nourriture, uniquement pour pouvoir les abattre lâchement et sournoisement ?
  • que les chasseurs de loisir lancent des chiens excités dans des terriers pour éliminer renards et blaireaux (déterrage) ?
  • que les chasseurs de loisir attirent des êtres vivants paisibles dans des pièges-cages où, selon les circonstances, ils souffrent pendant des jours en attendant leur tueur, ou infligent souvent aux animaux une agonie de plusieurs heures (piégeage) ?
  • que les chasseurs de loisir assassinent ou blessent lâchement des animaux sauvages paisibles pendant leur sommeil ou leur bain de soleil, embusqués avec des armes de précision ultramodernes ?
  • que les chasseurs de loisir soutiennent les distinctions, les marchés de fourrures, les remises de prix pour le culte du trophée, les expositions de trophées, le commerce de la fourrure, etc. ?
  • que les chasseurs de loisir mettent des armes à feu entre les mains d'écoliers mineurs et s'exercent avec eux à tuer ?
  • que les chasseurs de loisir accomplissent souvent leurs actes cruels dans la solitude, ce qui favorise la maltraitance animale ?
  • que les chasseurs de loisir ne font souvent que grièvement blesser de nombreux animaux sauvages, et que les victimes souffrent souvent pendant des heures dans d'énormes tourments et une grande peur, jusqu'à ce qu'un chien de sang les trouve et qu'elles soient abattues ?
  • que les chasseurs de loisir (hormis la vivisection) infligent aux animaux le plus de souffrances et d'abus, notamment par la manière de tuer ?
  • que l'amour des chasseurs pour les animaux et la nature ne se réjouit pas de l'existence de l'objet aimé, mais vise plutôt à posséder l'être aimé corps et âme, culminant dans le fait d'en faire une proie par l'acte de tuer ?
  • que les chasseurs de loisir favorisent véritablement les dégâts d'abroutissement par la pression de chasse, notamment sur les prédateurs comme le renard, le lynx et le loup ?
  • que les chasseurs de loisir, pour un comportement asocial, contraire à l'éthique et la porte grande ouverte à un comportement antichrétien?
  • que les chasseurs de loisir privent la population d'observations et d'interactions animales normales et naturelles?
  • qu'il n'existe pas de produit de souffrance plus important et plus contaminé par les munitions que le gibier?
  • qu'il n'existe aucune réglementation uniforme à l'échelle suisse concernant le test de vue, la pratique du tir, etc. des chasseurs de loisir?
  • qu'il n'existe aucun test psychologique de personnalité pour les chasseurs de loisir?
  • qu'il n'existe aucune interdiction d'alcool pour les chasseurs de loisir lorsqu'ils tirent sur des animaux avec leurs armes?
  • que des chasseurs de loisir s'introduisent dans des établissements scolaires pour imposer aux enfants leurs histoires de chasseurs et leur violence?
  • qu'un tribunal à Bellinzone a récemment confirmé que les associations de chasse encouragent pratiquement tout ce qui est cruel, inutile et sans cœur? 
  • que l'association «Jagd Schweiz» cultive en premier lieu l'irrespect et une culture de la violence – exactement le contraire de ce vers quoi une personne cultivée devrait tendre dans notre société.
  • que rien que dans le canton des Grisons, plus de 1’000 dénonciations et amendes sont prononcées chaque année contre des chasseurs de loisir?
En savoir plus sur la chasse de loisir: Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons vérifications de faits, analyses et rapports de fond.

RESTONS EN CONTACT!

Nous aimerions te faire parvenir les dernières nouvelles et offres dans la newsletter.

Soutiens notre travail

Avec ton don, tu aides à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant