Les chasseurs amateurs mentent aussi lors de la vente de venaison
Depuis 2017, les chasseurs en Suisse doivent déclarer la qualité de la viande du gibier ongulé abattu. Tous ne le font pas honnêtement.
Dans le canton des Grisons, 43 établissements agréés de traitement du gibier (GHE = Game Handling Establishment) au total, et 6 dans le canton de Glaris, ont fait l'objet d'une inspection officielle des viandes.
Lors de la saison de chasse 2018, dans les Grisons, 57 % des quelque 8’700 animaux abattus pendant la chasse d'automne ont été amenés dans un établissement GHE ; dans le canton de Glaris, ce chiffre s'élevait à 66 % des 606 animaux.
Les chasseurs amateurs se contrôlent eux-mêmes
Pour les animaux de rente, l'hygiène de la transformation est facile à vérifier : des vétérinaires officiels contrôlent dans les abattoirs si la qualité des animaux est conforme. En pleine nature, en revanche, aucun expert indépendant ne peut se poster à l'affût. À la place, et c'est malheureusement le cas, la Confédération a confié le contrôle aux chasseurs amateurs eux-mêmes. Ces amateurs qui, année après année, commettent des infractions aux lois sur la chasse, aux règlements, etc., en nombre à quatre chiffres, et font l'objet de dénonciations ou d'amendes.
Un mauvais tir, une longue recherche à vue ou un animal malade : cela peut rendre la viande d'un animal sauvage encore plus impropre à la consommation. Si le chasseur amateur constate des souillures sur la viande ou les organes, l'animal doit être classé en catégorie B. Il en va de même lorsqu'un animal est retrouvé plus de trois heures après l'abattage, car l'hygiène de la viande a alors déjà sérieusement souffert. Dès que des signes d'une qualité réduite sont présents, la viande doit être examinée en boucherie.
C'est aux chasseurs amateurs de décider si un contrôle est nécessaire
Les spécimens irréprochables, appelés animaux de catégorie A, peuvent être mis en vente sans autre vérification. La viande issue de la chasse amateur est pratiquement écoulée uniquement par la restauration ou à titre privé.
Dès 8 minutes après la mort de l'animal sauvage, le sang commence à coaguler dans les veines. À proprement parler, on a donc affaire, en moins de 10 minutes, à ce que l'on appelle communément de la charogne. Non éviscéré, c'est non saigné.
Le mot charogne désigne à l'origine le corps mort d'un animal qui n'a pas été tué par abattage rituel. Après la mort, le processus de décomposition commence immédiatement, en plusieurs étapes.
La fierté et la cupidité empêchent une déclaration honnête
Les critères de classification correcte sont relativement simples et les chasseurs amateurs devraient être bien formés, du moins en théorie. Le facteur décisif dans la pratique est la fierté et la cupidité. Il s'agit d'un loisir militant où le prestige est important et où personne n'aime admettre ses erreurs. C'est pourtant exactement ce que les chasseurs amateurs devraient faire. Car les longues recherches d'animaux mal touchés sont nombreuses, pas seulement dans le canton des Grisons. Les contaminations résultent souvent de tirs mal placés, par exemple dans les viscères plutôt que dans le cœur, des munitions, du transport, etc. La classification en animal de catégorie B serait donc un aveu de mauvais tir.
Dans les Grisons, par exemple, un cerf sur dix est seulement blessé au lieu d'être abattu. Les chasseurs amateurs grisonnais ont abattu au total 56’403 cerfs, chevreuils, chamois et sangliers au cours des cinq années allant de 2012 à 2016. Dans 3’836 cas, ces animaux n'ont été que blessés.
Des contrôles par sondage du Service grison de sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires ont révélé l'année dernière que les chasseurs amateurs avaient à plusieurs reprises classé des cerfs, chevreuils et chamois comme sans danger, alors qu'il existait des signes de qualité réduite.
La qualité de la viande aurait été mal déclarée pour environ un cinquième des animaux. Le rapport annuel actuel du Service grison de sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires indique que jusqu'à 30 % des carcasses de gibier ont été évaluées de manière incorrecte.
Il est supposé que des irrégularités ont lieu lors de l'évaluation de la qualité de la viande.
Selon l'OMS, la viande de gibier transformée est cancérigène au même titre que les cigarettes, l'amiante ou l'arsenic.
C'est particulièrement chez les chasseurs amateurs qu'il est absolument essentiel de regarder de très près. Nulle part ailleurs on ne manipule autant avec des contre-vérités, des histoires de chasseurs et des fausses informations. La violence et le mensonge sont les deux faces d'une même pièce !
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