Jeune loup blessé disparu : les tirs de loups schwyzois sous pression
Un louveteau blessé par balle de la meute du Chöpfenberg n'aurait pas été retrouvé. Tandis que CHWolf conteste la décision de tir, Wolfshirten exige de la transparence sur la recherche au sang et la gestion des données de télémétrie.
Le canton de Schwyz entend faire tuer, d'ici fin janvier 2027, quatre des six jeunes loups de la meute du Chöpfenberg.
Cette régulation autorisée par les autorités est désormais également critiquée : selon l'organisation Wolfshirten, un louveteau blessé par balle n'aurait pas été retrouvé. Cet incident ne serait pas mentionné dans le rapport de situation cantonal.
Le Conseil d'État schwyzois a ordonné le 18 août 2026 le tir des deux tiers de la portée de cette année de la famille de loups du Wägital. Les six louveteaux appartiennent à la meute du Chöpfenberg, la seule meute connue dans le canton de Schwyz. Les tirs sont prévus du 1er septembre 2026 au 31 janvier 2027.
Un animal blessé disparaît
L'affirmation selon laquelle un louveteau blessé par balle n'aurait pas été retrouvé est grave. Pour un animal sauvage blessé, une recherche au sang infructueuse ou insuffisante signifie le risque d'une longue souffrance évitable. Précisément lorsqu'il s'agit d'un tir ordonné par l'État, il doit être possible de retracer intégralement ce qui se passe après un coup de feu.
L'organisation schwyzoise de recherche au sang affirme elle-même que tout animal blessé par balle doit faire l'objet d'une recherche conforme à la protection animale. Sont prévus l'annonce au garde-faune compétent, la coordination par l'organisation de recherche au sang ainsi qu'un enregistrement écrit du lieu, du moment, de la distance de tir, de la durée, du parcours de recherche et du résultat de la recherche. En cas de recherche infructueuse, les raisons de cet échec doivent également être documentées.
C'est précisément pour cela que des réponses concrètes sont nécessaires :
- Quand et où le louveteau a-t-il été blessé par balle ?
- Le garde-faune a-t-il été informé immédiatement ?
- Une équipe de recherche au sang formée est-elle intervenue ?
- Pendant combien de temps et sur quelle distance la recherche a-t-elle été menée ?
- Quelles traces ont été constatées ?
- Pourquoi cet incident ne figure-t-il pas dans le rapport de situation cantonal ?
Tant que ces points ne sont pas répondus publiquement et de manière vérifiable, le soupçon subsiste qu'un éventuel tir raté ait été traité sans obligation de rendre des comptes suffisante.
Tir sans dommage avéré
CHWolf a déposé une plainte de surveillance contre la décision et exige son annulation immédiate. L'association rappelle que la meute du Chöpfenberg est restée jusqu'ici discrète. Selon l'évaluation de l'Office des forêts et de la nature citée dans le rapport, aucun animal de rente issu de troupeaux correctement protégés n'a été tué durant la période d'alpage en cours dans la zone d'influence de la meute.
La décision de tir ne concerne donc pas une meute qui se serait fait remarquer par des attaques avérées sur des troupeaux correctement protégés. Le canton fait au contraire abattre quatre jeunes animaux d'une famille de loups, alors qu'une protection des troupeaux efficace permettrait de prévenir d'éventuels conflits. Ce n'est pas une politique responsable en matière de faune sauvage, mais une décimation préventive d'une espèce protégée.
CHWolf qualifie la décision de disproportionnée et d'incompatible avec la loi sur la chasse ainsi qu'avec les conventions internationales.
La télémétrie ne doit pas devenir une aide à la chasse
Outre la disparition du jeune loup, Wolfshirten critique une autre question : l'administration de la chasse du canton de Schwyz n'a apparemment pas pu exclure que les données d'une louve radio-marquée puissent être utilisées pour coordonner des tirs. Les données de télémétrie servent à la recherche scientifique, au monitoring et à la protection des espèces. Elles ne doivent pas devenir une aide technique à la chasse pour traquer une famille de loups.
Il s'agit là d'une limite fondamentale. Quiconque radio-marque des animaux à des fins de recherche et de surveillance des populations crée une relation de confiance particulière envers la protection des espèces. Si de telles données étaient utilisées, directement ou indirectement, pour tuer plus efficacement des jeunes animaux de la même famille, le sens du monitoring en serait perverti.
Sources
- CHWolf, communiqué de presse du 3 septembre 2026 : plainte de surveillance contre la régulation de la meute du Chöpfenberg.
- Linth24, 7 septembre 2026 : Résistance contre les tirs de loups de Mörschwil.
- Chasse du canton de Schwyz : directives de l'organisation cantonale de recherche au sang pour les animaux blessés par tir.
Soutiens notre travail
Grâce à ton don, tu aides à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.
Faire un don maintenant →