Épisode du podcast : chasse, animaux sauvages et protection
La saison de chasse 2026/27 dans les Grisons, en Valais et au Tessin : tirs de loups selon des quotas, planification de la chasse selon la demande et ce que 25 ans de statistiques de chasse révèlent de la promesse de régulation.
Cet épisode de «Wild beim Wild» porte sur la saison de chasse 2026/27 en cours dans les Grisons, en Valais et au Tessin, et sur la question de savoir qui régule réellement qui. S'y ajoutent les conflits autour des terrains privés et des accidents de la faune, un parasite introduit avec le gibier et 25 ans de statistiques de chasse.
Régulation du loup : des tirs selon des quotas
Les Grisons entament la saison avec 4’616 tirs de cerfs planifiés et la troisième régulation proactive du loup consécutive, comme le documente le Bündner Ticker. Le canton annonce un record de 88 louveteaux, alors que les animaux de rente tués ont reculé d'environ un tiers pour atteindre 128 jusqu'à fin septembre. Selon compteur de loups, au moins 42 loups ont été tués depuis le 1er septembre. À Schwyz, la régulation a touché quatre louveteaux de la meute du Chöpfenberg, alors que les auteurs de dégâts identifiés individuellement provenaient de la portée de l'année précédente.
Le Valais voulait faire tuer entièrement quatre de ses onze meutes. Pour Réchy-Anniviers, la Confédération a refusé le tir total, car les critères de protection des troupeaux n'étaient pas remplis. Dans le périmètre de la meute du Nanz, le tableau cantonal recense déjà 17 loups tués depuis décembre 2023, et pourtant une famille de loups entière y vivait de nouveau : les territoires libérés sont réoccupés. Au Tessin, le canton verse aux chasseurs de loisir 500 francs par loup tué dans le cadre du programme loup, et en Valais, le tir d'une louve protégée à Herbriggen a coûté au tireur 300 francs.
Politique de la chasse : une planification selon la demande
Dans la consultation en cours sur la loi sur la chasse le Valais réclame des quotas de loups et des tirs de louveteaux dès juin, le gouvernement grison une fenêtre de régulation dès le 1er juin, c'est-à-dire en pleine période d'élevage des jeunes. L'Association paysanne grisonne ne veut tolérer que deux meutes au maximum, alors que 19 sont aujourd'hui présentes, entièrement ou en partie, dans le canton. S'y ajoutent, aux Grisons, 2’159 renards et blaireaux tués sans utilité avérée du point de vue de la biologie de la faune, un grillage anti-gibier autour de la forêt protectrice de Sumvitg pour environ 1,5 million de francs et le tirage au sort de la RTR, lors duquel un garde-faune a de nouveau tiré au sort le permis de chasse une semaine après la contestation de l'IG Wild beim Wild auprès du médiateur.
Dans le Tessin l'office explique le recul de 30 pour cent du chevreuil notamment par un moindre intérêt pour la chasse. L'autorité confirme ainsi elle-même que le tableau de chasse dépend des préférences des tireurs et non du besoin invoqué pour justifier la chasse de loisir.
Protection de la faune et conflits
Deux députées tessinoises au Grand Conseil ont déposé une Interrogazione, parce que des chasseurs de loisir pénètrent malgré les panneaux d'interdiction dans une forêt privée où paissent des ânes. L'intervention n'aborde toutefois pas la pacification de la chasse, c'est-à-dire le droit des propriétaires de refuser la chasse de loisir sur leur terrain pour des raisons de conscience.
Après le changement d'heure le trafic de fin de journée tombe brusquement dans le crépuscule. Dans une étude américaine, le nombre de collisions avec des cerfs a augmenté de 16 pour cent la semaine suivante. Fin octobre, le renard et le blaireau sont ouverts à la chasse dans tous les cantons sauf Genève, tandis que le Tessin limite la chasse du petit gibier à la lumière du jour. La France a placé durablement le Lagopède alpin sous protection après un arrêt de la plus haute juridiction administrative, alors qu'aux Grisons et en Valais, il continue d'être tiré. Et pour la Journée mondiale contre la chasse du 11 novembre, l'IG Wild beim Wild appelle à observer une minute de silence à 11h11, pour les 341 animaux sauvages qui, en moyenne, sont morts chaque jour en 2025 à cause de la chasse de loisir.
Braconnage, parasites et 25 ans de statistiques de chasse
En Sologne, la grande douve américaine a été détectée pour la première fois en France. Le parasite est arrivé en Europe au XIXe siècle avec des importations d'animaux sauvages destinés à l'élevage en enclos et peut être mortel pour les chevreuils et les chamois. Près de Brescia, l'opération «Pettirosso» montre à quel point le braconnage d'oiseaux est organisé: en 2025, les carabiniers ont saisi plus de 2’460 oiseaux le long des routes migratoires des Préalpes.
L'analyse des Statistique de la chasse 2000 à 2025 montre : la chasse au renard a diminué de moitié, la chasse aux oiseaux de plus de moitié. Pour le cerf élaphe, en revanche, les tirs ont presque doublé, et la population a malgré tout continué de croître. La promesse de régulation se dissout dans ses propres statistiques.
Qu'il s'agisse de quotas de tir pour les loups, de clôtures de forêts protectrices ou de parasites issus d'enclos de chasse : ce sont le plus souvent les contribuables qui en supportent les coûts. La question de l'épisode : Qui régule vraiment qui ici ?
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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