1er avril 2026, 23h58

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Psychologie et chasse

Psychologie de la chasse récréative dans le canton de Berne

Le canton de Berne illustre le système classique de chasse à courre en Suisse. Les chasseurs amateurs pratiquent des activités souvent justifiées par la gestion de la faune, la tradition et la réglementation. D'un point de vue psychologique, Berne est donc particulièrement révélateur : comment la chasse à courre armée est-elle socialement légitimée ? Comment la tradition influence-t-elle son acceptation ? Et comment évoluent les perceptions de la violence et de la responsabilité dans un canton où la chasse est considérée comme normale ?

L'équipe éditoriale Wild beim Wild — 13 janvier 2026

Ici, l'expression « chasse de loisir » désigne la chasse pratiquée comme une activité de loisir par des particuliers, et non une activité officielle ou professionnelle. Berne est une vaste région majoritairement rurale où la culture de la chasse est profondément ancrée ; dans de nombreux endroits, la chasse de loisir n'est pas considérée comme une exception, mais plutôt comme une pratique courante.

Typique de Berne : un système de milices, des chasseurs amateurs, des structures traditionnelles et associatives très ancrées, et la chasse comme élément identitaire dans les zones rurales. Les conflits, par exemple au sujet du cerf, du cormoran ou du lynx, sont âprement débattus dans les cercles politiques, mais restent relativement abstraits pour de nombreux citadins tant qu’ils se déroulent sur des territoires de chasse isolés.

La tradition comme légitimation psychologique

Dans un canton comme Berne, la tradition dépasse le simple folklore ; elle constitue un véritable mécanisme social. Les chasseurs s’ancrent dans leurs lignées familiales, leurs appartenances à des clubs et leurs rituels locaux ; de ce fait, toute critique de la chasse de loisir est rapidement perçue comme une atteinte à leur propre héritage. Psychologiquement, cela atténue les contradictions et instaure un sentiment de sécurité : là où pères, oncles et voisins chassent depuis des décennies, « cela ne peut pas être si mal ».

Cette normalisation déplace le débat : il porte moins sur la violence en soi que sur le respect, les coutumes et la loyauté envers son « camp ». Quiconque aborde les conséquences psychologiques des massacres répétés est aussitôt taxé d’ignorance, alors même que les questions d’empathie, de distanciation et de justification sont fondamentales.

Lorenz Hess : Chasse aux milices, lobbying et logique de la violence

Peu de personnalités incarnent aussi clairement le lien entre chasse de loisir, pouvoir associatif etpolitique que Lorenz Hess , membre du Conseil national bernois et président de l'Association de chasse bernoise. Dans ses interventions médiatiques et ses initiatives, il réclame d'abord des mesures plus strictes contre les loups, puis contre les lynx, alors même que les experts et les études mettent en évidence des causes complexes et la menace que représentent ces prédateurs.

Les recherches montrent également que Hess figure parmi les parlementaires les plus influents dans d'autres secteurs. Psychologiquement, cela révèle un lien étroit entre violence liée à la chasse récréative, intérêts économiques et pouvoir politique. L'autorité en matière d'interprétation de la faune sauvage ne repose pas sur la science indépendante, mais sur des chasseurs amateurs bien connectés, aux nombreux intérêts particuliers.

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Loup, lynx, cormoran : les prédateurs comme surface de projection

Dans le canton de Berne, les prédateurs et les espèces protégées sont régulièrement présentés comme des problèmes, souvent avant même que des données fiables ne soient disponibles. Après les campagnes contre le loup, c'est au tour du lynx d'être au centre des préoccupations, alors même que ses populations en Suisse sont réduites, génétiquement appauvries et classées internationalement comme nécessitant une protection particulière. De la même manière, les cormorans et d'autres espèces servent de toile de fond pour illustrer la robustesse et la capacité d'action.

Psychologiquement, ces animaux servent d'écrans de projection aux fantasmes de contrôle et aux craintes de perte : ils sont désignés comme les coupables visibles des évolutions complexes de la foresterie, de l'agriculture et de la pêche. Ceux qui tiennent ce discours n'ont pas à se confronter aux infrastructures, à l'aménagement du territoire, à la qualité de l'eau ou à la pression de la chasse ; ils se contentent de pointer du doigt le prédateur et de réclamer davantage de « réglementation ».

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Des enfants qui pratiquent la chasse par loisir : ils apprennent la violence au lieu de découvrir la nature

La question de la gestion des enfants par le canton de Berne dans le cadre de la chasse récréative est particulièrement délicate. Quiconque emmène des mineurs à la chasse ou présente la mise à mort d'animaux comme une « expérience en pleine nature » les expose délibérément à des images violentes. Des études et le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies mettent en garde contre le risque de laisser des enfants assister à des actes de violence envers les animaux, car cela peut être lié à des comportements antisociaux ultérieurs.

Psychologiquement, les enfants confrontés à de telles situations apprennent que la souffrance animale est secondaire tant que la tradition, le plaisir ou la pression des pairs la justifient. Le message est clair : la violence est normale si elle s’inscrit dans un contexte approprié. Pour un canton soucieux des droits de l’enfant, il faudrait faire l’inverse : une nette distanciation de la chasse de loisir, l’interdiction de toute participation des mineurs à la mise à mort des animaux et l’absence d’un enseignement de la chasse idéalisé dans les écoles.

Lien interne : Pétition : Sanctionner les chasseurs amateurs qui autorisent des mineurs à participer à la chasse

Alcool, armes et banalisation

Dans le canton de Berne, il n'existe toujours pas de limite d'alcoolémie clairement définie pour les chasseurs de loisir. Ce n'est qu'après les pressions exercées par le parti des Verts libéraux que la question de savoir si les particuliers armés devraient être soumis aux mêmes règles en forêt que sur la route a été abordée. Le président de l'association bernoise de chasse s'oppose à une limite d'alcoolémie de 0,5 ou 0,0, soulignant qu'il n'a connaissance d'aucun accident lié à l'alcool.

Psychologiquement, c'est remarquable : dans une société qui exige des pilotes, des conducteurs de train et des policiers sobres, le lien entre alcool et chasse de loisir est minimisé. Ceux qui défendent cette position sous-estiment à quel point l'alcool altère la perception, le temps de réaction et le jugement, et comment cela affecte directement la précision du tir, le pistage et la souffrance des animaux sauvages. L'exigence d'une tolérance zéro en matière d'alcoolémie pour les chasseurs de loisir est donc moins radicale que simplement conforme à la pratique établie de longue date pour d'autres professions armées.

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Système de milice, responsabilité et transparence

Les partisans de la chasse récréative dans le canton de Berne insistent souvent sur la réglementation, la prévention des dommages et la « gestion ». Cependant, la question psychologique cruciale est celle de la répartition des responsabilités : qui décide des abattages sélectifs, qui assure le contrôle, et la transparence des objectifs et des résultats est-elle assurée ? Lorsque les chasseurs amateurs cumulent les rôles de défenseurs, d’agents de contrôle et de commentateurs médiatiques, la frontière entre réglementation et intérêt personnel devient floue.

En l'absence d'une séparation claire des pouvoirs, le contrôle se déplace de la sphère publique vers des cercles fermés. La confiance, l'autorité et les relations établies se substituent aux données objectives, à l'évaluation indépendante et à la transparence des rapports. C'est précisément là qu'intervient la critique psychologique : un système fondé sur des loyautés informelles est particulièrement vulnérable aux angles morts, allant du débauchage et des violations non signalées à la banalisation systématique de la violence.

Évaluation environnementale, vitesse intermédiaire et marche arrière

Les évaluations et analyses montrent que, notamment au sein du Conseil fédéral et du Conseil des États, les forces qui défendent les intérêts de la chasse obtiennent souvent de mauvais résultats en matière d'environnement et de bien-être animal. Le centre est critiqué dans les évaluations environnementales pour son attitude rétrograde concernant la chasse récréative et la protection des prédateurs. Pour le canton de Berne, cela signifie que les forces politiques qui défendent la chasse récréative comme une tradition entravent simultanément les progrès en matière de biodiversité et d'éthique de la faune sauvage.

Psychologiquement, cela renforce l'image d'une tradition servant de prétexte pour se décharger de ses responsabilités. Ceux qui invoquent la coutume n'ont pas à répondre aux questions embarrassantes concernant les alternatives, la gestion de la faune sauvage par les gardes-chasse ou le rôle de la Suisse en tant que pays responsable des populations de lynx et de loups.

Lien interne : Évaluation environnementale dévoilée. Au cœur du Conseil des États : Les partis bourgeois, nostalgiques de la chasse de loisir.

Là où commence la critique psychologique

La question centrale n'est pas de savoir si les individus doivent vivre au contact de la nature ou assumer leurs responsabilités, mais dans quelles conditions la violence envers les animaux est acceptée comme activité de loisir. Les recherches psychologiques sur l'agression, la distanciation et la rationalisation morale montrent que les actes répétés de mise à mort peuvent altérer l'empathie, la perception et les schémas de justification. Il ne s'agit pas d'un jugement moral porté sur des individus, mais plutôt d'une mise en lumière de mécanismes que le canton de Berne devrait prendre au sérieux.

La situation devient particulièrement critique lorsque la chasse récréative n'est pas présentée comme une intervention justifiée, dotée d'objectifs clairs et encadrée, mais plutôt comme une quête de sensations fortes, un rituel de statut social ou une pratique liée aux trophées. Dans ce cas, l'attention se détourne de la gestion de la faune sauvage pour se concentrer sur les motivations de la violence, et de la responsabilité pour se mettre en avant. C'est précisément à ce moment-là qu'un système de milices perd sa légitimité sociale.

Liens internes :

Ce que Berne reflète de la Suisse

Berne illustre la stabilité que peut atteindre la chasse récréative en tant que système social lorsque la tradition, les modèles à suivre et les réseaux locaux lui confèrent sa légitimité. Trois points clés :

  • Modèle à suivre : Les chasseurs amateurs, force d’ordre, porteurs de tradition et porte-parole politique de « la population rurale ».
  • Acceptation : Un fort ancrage social réduit la pression à la critique ; les objections sont rapidement perçues comme culturellement étrangères ou urbaines.
  • Communication : Justification par la tradition, la confiance et l'autorité personnelle, moins par des données indépendantes et la transparence.

Comparativement à Genève et Zurich, il apparaît clairement que le débat sur la chasse en Suisse n'est pas seulement d'ordre biologique, mais surtout social et psychologique. Les systèmes de milices prospèrent grâce à la tradition et à la confiance ; c'est précisément pourquoi Berne est si cruciale : ce canton démontre comment la chasse de loisir peut demeurer socialement stable et où des tensions apparaissent lorsque les droits de l'enfant, la limitation de la consommation d'alcool, la protection du lynx et du loup, ou encore les alternatives non violentes sont abordés sérieusement.

Vous trouverez plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales :

À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.

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