2 avril 2026, 00:07

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Psychologie et chasse

Psychologie de la chasse récréative dans le canton de Fribourg

Dans le canton de Fribourg, bilingue, majoritairement rural et d'une remarquable souplesse dans sa politique de chasse, la gestion de la faune sauvage se pratique comme un art : les saisons de chasse sont prolongées, les quotas augmentés, les abattages sélectifs autorisés dans les zones protégées, le tout présenté comme une réglementation prudente. Ce qui est vendu comme modernisation n'est en réalité que l'érosion progressive des quelques mécanismes de protection restants pour les animaux sauvages. Avec l'aval du gouvernement fédéral, bien entendu.

L'équipe éditoriale Wild beim Wild — 20 février 2026

L'autorisation d'abattages sélectifs dans les réserves de chasse fédérales pose des problèmes juridiques : dans la réserve Hochmatt-Motélon, vingt animaux peuvent être exceptionnellement abattus pendant la saison de chasse au cerf. Ce qui est présenté comme une exception se répète année après année. Ceux qui accordent des exceptions suffisamment longtemps créent une nouvelle norme. La notion de « zone protégée » perd tout son sens lorsqu'elle est régulièrement soumise à des autorisations spéciales.

Pourquoi la chasse récréative échoue comme moyen de contrôle des populations

Quotas, contrôle : la comptabilité plutôt que l'écologie

Pour la chasse au chamois dans le canton de Fribourg, un total de 223 animaux a été attribué dans la zone montagneuse et la colonie de plaine de la Petite Saane pour la saison 2025/26, soit une augmentation par rapport à l'année précédente (214). Des quotas précis s'appliquent au cerf élaphe selon le sexe et l'âge : 35 mâles, 35 faons, 80 femelles et 70 faons. Cela semble scientifique. Il s'agit simplement de comptabilité.

Du point de vue de l'éthique animale, les quotas fondés sur le sexe et l'âge sont particulièrement problématiques : ils reproduisent la logique d'un élevage industriel, et non celle d'un écosystème faunique. Prescrire le nombre de femelles, de veaux et de mâles à abattre ne permet pas de contrôler une population, mais la remodèle en fonction des préférences de chasse. Il en résulte une population faunique qui répond aux désirs des chasseurs de loisir, et non aux exigences d'un habitat sain.

Le cormoran comme symptôme de la hiérarchie des espèces

La saison de chasse 2025/26 a marqué un tournant dans le canton de Fribourg : la période de chasse au cormoran a été étendue. Désormais, la chasse est autorisée de septembre à fin février, soit pendant presque toute la période hivernale. Cette décision s’explique par la croissance rapide de la population de cormorans, qui rend nécessaire une régulation au sein de la zone intercantonale.

Psychologiquement, le cas du cormoran illustre la hiérarchie de la chasse. Ce n'est ni le statut de conservation, ni l'évaluation scientifique de la menace, ni la fonction écologique qui déterminent quels animaux peuvent être chassés, mais plutôt la question de savoir si un animal entre en concurrence avec les intérêts de la chasse. Le cormoran se nourrit de poissons que les pêcheurs de loisir souhaitent capturer. Par conséquent, il est classé comme gibier. De cette manière, les autorités de chasse créent sans cesse de nouveaux « besoins réglementaires » qui sont, en réalité, des conflits d'intérêts entre les groupes de loisirs et les animaux sauvages.

Les opposants à Wolf et la pétition intercantonale

Le 9 mars 2023, une pétition d'opposants à la chasse au loup a été déposée auprès de la Chancellerie d'État du canton de Fribourg. Adressée également au canton de Vaud, cette pétition exigeait des mesures immédiates pour l'éradication du loup dans la région de la Broye. La réaction politique des autorités fribourgeoises fut un silence assourdissant face aux opposants à la chasse et une ouverture discrète envers les pétitionnaires.

Psychologiquement, cette pétition illustre parfaitement la construction d'une image d'ennemi collectif. Les « mesures immédiates d'élimination » ne constituent pas une revendication de droits pour la faune sauvage ; il s'agit d'un ordre donné aux autorités d'éradiquer un prédateur protégé. Lorsqu'une administration cantonale accepte de telles demandes sans s'y opposer publiquement, elle envoie un signal clair : la porte est ouverte aux opposants au loup. Cela compromet non seulement la protection juridique du loup, mais aussi la crédibilité de l'ensemble du système de protection de la faune sauvage.

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Le bilinguisme comme une opportunité manquée

Fribourg est le seul canton à communiquer systématiquement en deux langues, ce qui lui permet de diffuser ses messages relatifs à la politique de chasse auprès d'un public plus large que les cantons monolingues. Cette portée n'est cependant pas mise à profit pour concilier les différentes conceptions des droits de la faune sauvage entre les régions germanophones et francophones. Au contraire, la communication administrative dans les deux langues véhicule le même discours : la réglementation est nécessaire, la chasse de loisir contribue à la conservation de la nature et les animaux constituent des populations.

La Suisse romande a une expérience directe des positions anti-chasse : Genève a interdit la chasse, et cela fonctionne. Canton bilingue, Fribourg pourrait faire profiter la Suisse alémanique de cette expérience et donner un poids politique aux arguments contre la chasse. Au lieu de cela, il choisit le rôle plus rassurant de l’autorité administrative, qui sonne de la même manière dans les deux langues : sobre, factuel et absolument incontestable.

Permis d'été pour la chasse au sanglier : Chasse de loisir sans interruption

Dans le canton de Fribourg, la chasse au sanglier est autorisée certains jours de la semaine (lundi, mardi, jeudi et samedi) en plaine et en montagne, hors forêts, durant le mois de juillet. Des abattages sélectifs sont également effectués dans les zones protégées, avec l'accord de l'autorité fédérale, à des fins de régulation des populations. De fait, il n'existe plus de période de fermeture stricte pour la chasse au sanglier dans le canton de Fribourg.

Psychologiquement, cette évolution est symptomatique de la normalisation progressive de la chasse toute l'année. Ce qui commence comme une « exception pour les situations d'urgence » devient la norme ; la chasse estivale se transforme en quota, et le quota en droit. La frontière entre la période de fermeture et la saison de chasse est repoussée chaque année jusqu'à n'exister plus que sur le papier.

Études sur l'impact de la chasse récréative sur la faune sauvage

Fribourg comme reflet d'une contradiction orchestrée

La psychologie de la chasse récréative dans le canton de Fribourg n'est pas une anomalie locale, mais plutôt un révélateur de la contradiction entre les promesses de protection et les pratiques de chasse. Des aires protégées qui font l'objet d'exceptions chaque année, un cormoran devenu cible de chasse parce qu'il se nourrit de poissons, et une pétition pour la protection du loup acceptée sans opposition publique : tout cela témoigne d'un double discours institutionnel et d'une complaisance politique.

Là où la science, l'éthique animale et le contrôle démocratique étaient pris au sérieux, ce système devrait être fondamentalement remis en question. Avec son bilinguisme et sa proximité avec Genève, où la chasse est interdite, le canton de Fribourg réunirait les conditions idéales pour initier un débat public honnête sur la chasse récréative. Au lieu de cela, il choisit le langage de l'administration et parle de gestion de la faune sauvage.

Cette initiative préconise la création de « gardes-chasse plutôt que de chasseurs amateurs ».
La Suisse chasse, mais pourquoi exactement ?
Exemples de textes pour les motions critiquant la chasse dans les parlements cantonaux

Vous trouverez plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales :

À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.

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